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Qui c’est la France ?

Vendredi 29 janvier 2010, par Luc de Goustine // L’Histoire

Poser la question n’est-ce pas tendre l’oreille à la réponse ? Une curieuse oreille, non point en feuille de chou mais en forme de cœur ! Toutes les réponses peuvent bien se bousculer, se piétiner, s’étouffer les unes les autres. Une seule nous livre la clef de la genèse : le Roi régnant et gouvernant ! Prémonitoire, un livre chant d’amour, dès 1978, nous invitait au cœur de la question. Nous le devons à Luc de Goustine : « Le Printemps, la Commune et le Roi ». Quand il est urgent de s’en imprégner…

En ces temps de mauvais débat, de doutes, temps où un ministre peut oser, sans crainte ni honte, déclarer : « La France n’est ni un peuple, ni une langue, ni un territoire, ni une religion, c’est un conglomérat de peuples qui veulent vivre ensemble. Il n’y a pas de Français de souche, il n’y a qu’une France de métissage », lire ou relire le livre de Luc de Goustine…

« Pourquoi la question royale ?

Un énorme avantage : parce que, en apparence du moins, d’après la presse, les sondages, la TV, la rumeur, elle ne se pose pas. Curieuse attitude dites-vous ! En voilà un qui ne court pas après l’actualité, le point noir, l’affaire fraîche, la question brûlante ! Non. Choisir la question qu’on ne pose pas présente un énorme avantage : c’est qu’on est relativement libre, tranquille, en paix. On n’est pas tenté d’infléchir perfidement le cours des événements en feignant d’en être le promoteur. Le Roi n’est pas à moi. La France non plus…

[…] Aurait-elle voulu se faire oublier, la monarchie, la royauté chrétienne, la dynastie du lieutenant de Dieu sur terre ; aurait-elle voulu se faire oublier, rester incarcérée dans la prison du Temple ou dans exil ignoré, se retirer, s’enfuir, abdiquer pour le passé comme elle semble l’avoir fait pour l’avenir ; aurait-elle voulu se décharger entièrement de sa primauté d’ordre sur le peuple devenu à sa place souverain, que cela eût été impossible. Après avoir tenté d’écrire l’histoire sans elle, je veux dire, sans la considérer comme le centre, le nœud de l’événement, il a fallu revenir en arrière : l’économie, la sociologie, la démographie expliquaient tout –comme c’est facile !- mais l’histoire s’évadait, s’évanouissait. Elle n’était plus racontable, l’histoire. Et c’est un étrange phénomène que cette élision : éludez le Roi, expliquez tout sans lui, et vous décapitez le pays de son sens, de son intérêt proprement historique.


Charles le Fol

Sans le Roi, le Roi régnant et gouvernant, même s’il échoue, même quand il perd la tête au sens figuré – et propre, si cela vous plaît-, il n’y a plus de genèse possible de la nation française, mais des instantanés microscopiques, des analyses d’humeurs, biopsies, frottis, autopsies, qui exigent le point final, l’inhumation, et de la terre par-dessus… »

« La tournure est ancienne. Elle a de quoi surprendre dans la bouche d’un contemporain. Et dans cette affaire, comme en toutes aujourd’hui, l’argument d’anachronisme : « Vous êtes dépassé, vieux jeu, réactionnaire » glisse facilement de l’indignation qui vous disqualifie à la louange inattendue : « Ce que vous êtes rétro, vous, alors, c’est merveilleux ! »

Charmé de vous décevoir. Ni vos ravissements ni vos anathèmes n’ont ici raison d’être. Ou bien, c’est que la question royale ne vous est pas posée.

Je vous envierais presque. Vous vivez dans ce pays depuis votre naissance, vous subissez depuis vingt ans, quarante, soixante ans, les crises d’identité qui le secouent. Vos parents, vos amis ont laissé leur peau pour le défendre, et vous besognez jour après jour pour qu’il reste le cadre de votre petite vie. Et jamais, non, jamais, vous n’avez demandé : « Qui c’est, la France ? A quoi ça sert, la France ? »

Ou bien, vous êtes-vous contentés de la réponse docte de nos théoriciens : « groupement économico-culturel défini par l’unité territoriale susdite », ou de nos politiques : « pays des Droits de l’homme », ou de nos dépliants publicitaires : « châteaux de la Loire, vins et fromages, Mirage et Mystère, parfums, fourrures, armes blindées, tour Eiffel et Concorde » ?

Franchement, examinez si vous n’avez pas cherché un peu plus loin, du côté de la race ? En bon Français, quoi ! Et alors, quel risque de se perdre dans ce bouillon d’ethnies et, pour ne pas se perdre, de se rallier à, quelque fumeuse mythologie raciste dont on ne parle pas mais qui transparaît tout à coup bêtement, brutalement, quand ça chauffe, quand le métro est bondé, en grève, ou quand l’approvisionnement en pétrole est menacé !

Est-il possible que, pour ne pas dire qui nous sommes, nous soyons prêts à inventer n’importe quoi ? Alors qu’il est si simple, si naturel, de nommer la France ce qu’elle est depuis qu’elle est : un royaume.

Pourquoi continuer à vivre sous de faux papiers ? Sommes-nous si menacés, ou si célèbres, que l’incognito se justifie ? Ou croyons-nous que depuis deux cents ans - ou presque – elle a changé ? Nous sommes en république, non ? Mais cette république est française, et ce qu’elle accentue et désigne sans cesse : le bien commun, précède de beaucoup la Révolution. Comment expliquer la Constitution, la croissance et l’épanouissement de la nation française sans que ses chefs aient été dès l’origine de fameux et consciencieux républicains ?

D’ailleurs, la république n’est pas une chose contraire à nos traditions. A de multiples reprises, il a fallu le peuple et son intervention volontaire pour rendre au Roi son trône et la gestion des choses publiques. S’il faut absolument marquer la grande rupture et en donner la véritable ampleur, c’est de la Démocratie qu’il faut parler. Car, il est vrai, le transfert du règne du Roi au peuple, acte métaphysique, nouveau credo, dont le symbole est la Déclaration des Droits et la messe sanglante, la décapitation du Capet, cette, transfusion du droit divin a changé radicalement la religion du pouvoir en France. Est-ce à dire cependant que cela a changé rétroactivement ce qui était la France en autre chose ? Est-ce à dire que l’on a réellement fait table rase ? Que sous son nouveau maître, la maison démolie (l’a-t-elle même été ?) s’est entièrement ré-assemblée en « démocratie », qu’elle a banni tout souvenir antérieur (nous savons bien que non), et que le pouvoir ne s’est plus exercé qu’en fonction de la rituelle délégation populaire ?


Certes pas.

Et c’est pourquoi ce débat un peu suranné (ne se croirait-on pas au faubourg Saint-Germain à conspirer contre la « Gueuse » ?) n’est pas inutile. Il instruit sur le fait qu’une nation ne peut pas se
confondre avec ses institutions et que donc, si vous m’accordez que la France ne peut pas se confondre la république démocrate, je vous accorderai sans peine qu’elle n’est en rien assimilable à la monarchie en tant que système politique.

Notre échange vous paraît avantageux (pour vous). Je vous ai donné une douzaine de siècle et vous ne m’en avez concédé qu’un (les années de république depuis 1792 ne dépassent guère cent dix). Méfiez-vous.

Ou plutôt, ouvrez grand votre coeur, car c’est du coeur qu’il est question, cette fois. Et reconnaissez dans mes douze siècles la réponse positive, l’amen implicite et quotidien d’un peuple à la question royale, et dans le siècle républicain, écoutons le silence - pas le refus déclaré de la splendide révolte de 92 - mais le silence gêné d’un pays qui n’ose pas, qui ne peut pas dire oui parce que, un jour d’hiver, il a vu consommer en son nom une rupture jusqu’alors inouïe. D’où la question royale, postée comme une garde devant tous nos palais. Le mot de passe est pourtant simple. Oui. I1 suffirait de dire oui.

Mais on dit oui à tout pour ne pas acquiescer à cela avant que le temps n’y contraigne. On se bande les yeux. Quel roi ? Quelle royauté ? A quelles conditions ? On ne voit pas le Roi, on ne reconnaît pas sa Royauté, on ne se rend pas compte qu’il n’y aurait, pour une fois nul besoin de poser des conditions.

Et la question demeure en faction devant la guérite bleu-blanc-rouge. Elle se met au repos entre deux va-et-vient de présidents de la République, leur présente les armes selon le règlement et bien au-delà de tous les règlements, se porte volontaire pour toutes les campagnes. Fidèle avec ça, et pas mauvais esprit. Quand on parle de France, elle est là. On la congédie, elle s’efface, mais sa trace est plus présente encore. Comme un vieux serviteur têtu, ou comme une femme qui vous aime en secret. Un peu gênant parfois. Mais ça fait du bien qu’elle existe.

Cela fait du bien. Et c’est commode.

Commode d’avoir derrière soi un « glorieux passé » et un « patrimoine prestigieux ». Comme ce militant de mai, fils de bourgeois, qui savait des rues calmes où garer sa Ferrari pendant la manif. Incohérence symbolique qui scandalisait l’ouvrier.

Mais, revenu de mai, l’ouvrier ne s’est pas indigné que l’Etat ait rétabli l’ordre au nom de 1a... légitimité. Vieux meuble pourtant, dont l’expertise démontre qu’il n’est pas l’oeuvre de la Révolution.

Vieille commodité de la conversation démocratique dont l’usage s’impose dès que le vent forcit. Avez-vous remercié l’histoire de l’avoir charpenté si solidement, ce vaisseau national, vous qui en tenez élégamment la barre ? Bien sûr que non ! Que diraient les sondages ? Et que diraient les sondages en vérité si on leur faisait poser la question centrale, oui, la question royale de notre actualité ? Etes-vous gouverné selon la France ? Etes-vous nourri, logé, blanchi, animé et encouragé, dans le quotidien comme dans l’exceptionnel, de la famille à la nation, par le même tout, la même constellation d’Europe et la terre qui se nomme France ? Vous sentez-vous dans la continuité de ce corps historique et mental ?

Bref, la question royale, la voici, même si elle doit faire mal.

« Pouvez-vous aimer la France, aujourd’hui ? »

On m’en voudra d’introduire ici le sentiment. O sainte pudeur ! Parler-nous plutôt chiffres sociololo, P.N.B., balance des paiements et droite-gauche.

Je vous demande pardon au nom de ceux qui vous ont si longtemps dupés compatriotes. Car c’est en faisant battre le grave et mystérieux tambour du sentiment qu’ils vous ont, tous les vingt-cinq ans expédiés sur le front vous faire trouer la peau. Alors le sentiment marchait à la baguette, pas vrai ? Et ne fallait-il pas vraiment y aller, vraiment tenter de la sauver des loups, cette patrie à nous ? Même manipulée, roulée par l’utopie, même vermineuse de fric et de superprofits, même lassée de se battre. Il fallait obéir, au tambour, n’est-ce pas ? Alors pourquoi le reléguer d’autorité parmi les accessoires du conditionnement exceptionnel ? De quel droit nous en interdire l’usage paisible et quotidien ? Je vous le demande maintenant calmement avant que de nouveau on ne vous lance à l’ennemi comme un paquet de billes, car vous irez, pauvres de vous ; je vous demande si vôtre amour de ce pays dépasse l’image politique qu’on s’en fait.

Si oui, notre essai se justifie car déjà, le tri est fait : ceux qui ont mal, et qui cherchent autre chose que l’anesthésie m’ont reconnu des leurs.

Anticipant de peu d’années sur un état d’urgence où ni 1es arguties ni les scrupules n’auront la parole, ils veulent faire le point en pensée et de coeur aller au-devant de l’épreuve pour en savoir le sens. Ce préambule s’achève sur un acte de foi qui finira de dégoûter les comblés d’ici-bas. Notre histoire nous aime. Voilà qui est dit.

Il faut, pour oser, croire en soi aussi bien qu’alentour, malgré toutes les préventions, malgré l’obstacle apparemment insurmontable d’une mentalité collective si soigneusement travaillée par nos animateurs, malgré l’évanouissement accéléré des références stables et des consensus traditionnels, oui, il faut croire que l’histoire, notre histoire, nous porte une grande et méconnue tendresse pour oser aborder cette question aujourd’hui.

L’histoire qui nous aime n’est pas la veuve grincheuse des manuels, ou plutôt si, c’est elle, la douairière ineffable, cette pauvre concierge de la modernité. Voyez-la tout à coup dans sa métamorphose libérée de sa loge et de son escalier, sortie des poubelles à quoi nous l’avions condamnée, l’histoire-Cendrillon - comme la fable est juste ! – attend chaussure à son pied.

Il y a, dans la genèse continue de la France, une évidence si forte et si contraignante que n’avons cessé de nous débattre contre elle, soit en l’édulcorant, soit en la bannissant, au point qu’elle a dû, pour survivre, prendre un vêtement de mystère. Et qu’à présent, croyant l’avoir incarcérée et circonscrite, nous nous en proclamons émancipés.

Au moment même où le lieu et le temps de rendez-vous sont le plus proches.

Qu’est-ce qu’un Pays royal ? En quoi le sommes-nous demeurés ?

Observez combien, au point où nous en sommes, ce sont les questions qui portent. Le simple fait de poser les questions. Nous sommes comme cet enfant du conte d’Andersen qui cria dans la foule : « Le Roi est nu ! II est nu ! » Seul à voir, à travers les slogans et les conditionnements, le corps et la chair du pays. La France est nue. Ses tisserands et tailleurs n’ont taillé et tissé que du vent. Un enfant le sait et le dit - contre l’opinion des spécialistes, contre l’augure des astrologues, un enfant, un fou, un bouffon-. Mais la question fait le tour de la ville plus sûrement que par l’organe des crieurs. Et la question se suffit, se répond à elle-même.

Interroger la France sur sa royauté, c’est puiser à la source de toutes les réponses, jusqu’aux plus personnelles, et, par là, cesser de courir après les vaines et contradictoires explications.

Connaissance poétique ? Mystique ? Pourquoi pas ? La classe politique dans les démocraties a suffisamment traîné le peuple sur un autre terrain que le sien, pour le domestiquer. Comment veut-on qu’un peuple réponde à l’idéologie ?

Il n’est pas chez lui, le peuple. Sa résistance est gauche, brutale par accès, et fragile, puisqu’une bonne police ou mieux un « train de mesures sociale » suffisent le plus souvent à lui tourner la tête. De là naît cette particulière condescendance du démocrate parvenu au pouvoir : il les a eus ! Entre pécule et spécule, il les a coincés et, bien entendu, c’est le fric qui a été déterminant car -oyez, braves gens ! vous êtes terriblement vénaux. Moi, l’idéaliste, j’ai été forcé de vous corrompres pour me faire élire. Voilà à quoi vous m’avez obligé : pour votre bien, j’ai dû me salir les mains... Et de déposer auprès d’on ne sait quelle haute assemblée d’archanges une proposition de loi portant augmentation du civisme supplément d’âme. »

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