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Question financière, question politique.

Samedi 24 septembre 2011 // La France

Barroin - Lagarde

Malgré les propos péremptoires d’Alain Minc et de Valéry Giscard d’Estaing, il n’y a plus aucune assurance à avoir dans le système financier et monétaire européen.

QUELQUES CHIFFES : dans l’année qui vient, environ mille milliards d’euros de dettes vraisemblablement plus, inscrits dans le système bancaire européen, vont arriver, comme disent les financiers, à maturité. Dans les deux ans qui viennent, selon le dernier rapport du FMI, le besoin de refinancement des banques dans le monde s’élèvera à 3 600 milliards de dollars, sans doute bien davantage, car tout le monde ment ou dissimule.

Les banques européennes sont exposées non seulement à la dette souveraine grecque, pour laquelle elles ont déjà en partie provisionné, mais à toutes les dettes souveraines, toutes, et pour lesquelles elles n’ont pas encore provisionné et pour lesquelles il leur sera tout simplement impossible de provisionner. L’Europe ne pourra y pourvoir ; les Etats surendettés non plus. La Grèce, l’Irlande, le Portugal ont déjà entraîné le déblocage, tous comptes faits, de près de 350milliards d’euros, soit déjà versés, soit encore prévus. Le Fonds européen de stabilité financière (FESF), doté de 440 milliards, est dès maintenant au trois quarts entamé. Les mises du Fonds monétaire international (FMI) de 250 milliards, assurées ou seulement garanties, ne pourront jamais former qu’un complément. Quant aux fonds d’urgence de la Commission européenne, ils sont limités nécessairement à 60 milliards d’euros.

Ces chiffres déjà énormes sont cependant dérisoires par rapport à ceux qui se profilent. Avec ce qui vient les ordres de grandeur changent. Les chiffres se multiplient par dix, voire par cent. L’Espagne où déjà les premières demandes de recapitalisation des banques s’élèvent à 75 milliards, l’Italie où, pour simple exemple, les banques françaises se trouvent engagées pour plusieurs centaines de milliards d’euros, vraisemblablement 400, en dépit de leur plan d’austérité, de l’inscription de la prétendue règle d’or dans leurs textes constitutionnels, seront évidemment dans l’oeil du cyclone qui se prépare. Or les dettes cumulées espagnole et italienne que l’Europe devrait donc soutenir au cas où..., s’élèvent à 2 300 milliards. Qui peut, qui pourra, qui pourrait ?

L’IMPOSSIBLE DETTE FRANÇAISE

Et la France ? Car l’Etat français place sa dette et, même si elle est détenue, en raison de son apparente sécurité et de son rapport, pour une part importante par l’étranger, elle constitue aussi un placement obligé et obligatoire des fonds à la disposition des organismes financiers et bancaires français. Certes, il n’est pas question pour le moment de crier « au feu ». Les intérêts de la dette, déjà colossaux, et qui représentent la part la plus importante du budget annuel de la France, plus de 50 milliards d’euros, sont encore honorés. Mais les montants sont tels,— plus de 1500 milliards d’euros qui s’accroissent et s’accroîtront nécessairement tous les ans, même en cas de réduction des déficits, sans compter les autres dettes cumulées de tous les organismes publics, parapublics, de toutes les collectivités et de toutes les grandes entreprises nationales, qu’il n’est pas douteux qu’au moindre ébranlement la panique sera généralisée. Ce qui est arrivé à la Grèce est peu de chose par rapport à ce qui risque de survenir. Et soudainement !

VERS LE KRACH OBLIGATAIRE

Le krach boursier de cet été n’est en fait qu’un prélude. Il était d’ordre essentiellement psychologique comme souvent les krachs boursiers qui atteignent des valeurs qui n’ont en elles-mêmes aucune raison d’éprouver de telles pertes. Tout se ramenait à des doutes, mais à des doutes fondamentaux dans une ambiance générale de récession économique et de déclin d’activité. Sauf que les entreprises du CAC 40 continuent à faire des bénéfices mais qui ne reflètent plus l’activité nationale.

Mais que sera-ce quand frappera le krach obligataire ? Dans ces colonnes cette question est déjà posée depuis deux ans. Les Etats-Unis sans doute s’en sortiront parce qu’ils sont maîtres de leur dollar qu’ils imposent au monde. La dégradation de leur note n’a pas changé leur taux ni leur capacité de refinancement. Mais l’Europe ? Elle explosera. La BCE se voit contrainte de faire ce qu’elle s’était interdit de faire, injecter des liquidités dans le système bancaire européen pour sauver les banques et les Etats surendettés, autrement dit faire comme la FED aux Etats-Unis, racheter massivement des obligations d’Etat, mais qui valent quoi ? La voilà bourrée d’actifs sans valeur qui seront appelés demain toxiques. Rien ne représente l’Europe dans ces papiers qui ne sont que des lignes électroniques, une Europe mythique d’ailleurs ! La prétendue garantie n’est donnée que par des Etats vellement en faillite et la caution de la BCE n’y ajoute rien. Le système bancaire européen ne peut que se gripper ; les stress tests de juin n’auront servi à rien.

Christine Lagarde a pris la succession de Strauss-Kahn à la direction du FMI. Malgré les apparences, lui est très heureux d’en être libéré comme d’être libéré d’une présidence possible de la République française, car voilà quelque temps qu’il se doute de ce qui risque d’arriver. C’est à Christine Lagarde qu’il revient maintenant d’avertir. Elle sent la crise venir dans laquelle le Le Premier ministre, il y a quatre ans, avec sa fiche de comptes sous les yeux, avait déjà déclaré qu’il était à la tête d’un gouvernement d’un État en faillite. Bien sûr, virtuellement en faillite. Mais le passage du virtuel au réel en ce domaine financier se fait à des vitesses que personne ne peut contrôler. Le savent bien les chefs d’entreprise, les vrais banquiers, les financiers sérieux. Dire qu’un État ne peut pas faire faillite relève de l’utopie économiste. Ce n’est d’ailleurs pas pour ça qu’il doit nécessairement en mourir. La faillite peut être pour lui un assainissement. Cruel, terriblement cruel, en particulier pour les petits... Mais qui peut permettre de se relever... Comme en ont témoigné assez récemment quelques États d’Amérique du Sud.

DÉFAITE INTERDITE ?

L’autre intérêt de la campagne,sénaxorjale est qu’elle s’avère très : confortable : moins de personnes à rencontrer, de meetings à courir, de promesses à faire (puisque c’est l’Assemblée qui a le dernier mot). La campagne est plutôt courte et par conséquent moins onéreuse. L’ouverture officielle du dépôt des candidatures est fixée au 5 septembre pour se clore le 16. Seule la constitution de listes pour les départements possédant quatre sénateurs et plus se révèle parfois un casse-tête. Car, en plus, il faut respecter les règles de stricte parité en « panachant » un homme/une femme...

Malgré ces obstacles, à droite, on n’envisage pas dç,défaite. Car la gauche qui avait gagné une vingtaine de sièges lors du renouvellement de septembre 2008 devra en gagner autant (22 exactement) pour être sûre de l’emporter. Elle sait que les, négociationsentre les Verts et les socialistes sont très tendues. Forts de leur score aux dernières élections en particulier les européennes où ils ont souvent franchi la barre des deux chiffres, les écologistes réclament au PS un plus grand nombre de sièges gagnables. Rien n’est joué et des candidatures dissidentes sont à craindre, notamment au sein du Front de Gauche. Son allié, le PCF n’a pas l’intention de se faire dépouiller du peu de sièges qui lui reste. C’est pourquoi l’actuel président du Sénat, Gérard Larcher (UMP), juge que son camp a « deux chances sur trois de l’emporter en septembre ». Il pronostique même une avance de « 6 à 16 voix ».

Après lesgésultats qui devraient être serrés, se tiendra un véritable troisième tour : celui de l’élection du président. La victoire, si étroite soit-elle, n’assure pas, automatiquement une élection au Plateau (l’équivalent du Perchoir). Il faut compter sur les courants, les amitiés, les petits arrangements entre amis. Certains ont la mémoire courte, d’autres plus longue. On négocie un poste de président de commission, de vice-président, de questeur très recherchés en raison des avantages. Au pire, on monnaie son vote par le montant de la prochaine réserve parlementaire. Les deux président, René Monory (UDF) et Christiàn Poncelet (RPR-UMP) l’ont appris à leur dépens. Ils n’ont pas été réélus le jour de leur élection, la majorité de droite leur ayant préféré un autre candidat... qui avait peut-être plus promis.

« FRÈRE, TROIS-POINTS »

Il n’est pas non plus exclu que Gérard Larcher reste le deuxième personnage de l’État, même si la gauche devenait majoritaire le 25 septembre. Un groupe charnière, celui des RDES sera particulièrement courtisé en cas d’un scrutin sans vainqueur ni vaincu. Il constitue une tête de pont entre la gauche et la droite. Il est composé de radicaux valoisien et de radicaux de gauche et comprend 18 membres... Jouera-t-il le même rôle que le Marais sous la Convention qui faisait et défaisait les majorités ?

Il faudra aussi compter sur les réseaux francs-maçons très influents au Palais du Luxembourg. Selon des sources bien informées, les « frères trois-points » se comptent presque une centaine. Beaucoup à droite se camouflent derrière le secret d’appartenance, laissant croire qu’ils ont été initiés. Christian Poncelet a joué de son adhésion (réelle ou fausse) à la franc-maçonnerie. Au point que pour sa première élection en 1998, alors qu’il était opposé à deux candidats centristes, une quinzaine de sénateurs de gauche lui ont très « fraternellement » donné leurs suffrages. « Son côté républicain séduisait des frères », a concédé le sénateur de la Drôme Jean Besson (PS), membre du Grand Orient. S’il tient les deux premiers tours, Gérard Larcher pourrait espérer l’emporter au 3e tour où seule la majorité simple (et non absolue comme pour les deux. premiers tours) est requise.

En somme, ces élections marqueront une tendance et ne constitueront pas un véritable test comme celui de la présidentielle et des législatives dont le caractère est nettement plus structurant. Il n’en reste pas moins qu’une victoire de la gauche, même d’une courte tête, juste avant les présidentielles constituerait un signe fort...

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