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Quelle gouvernance mondiale ?

Vendredi 3 septembre 2010 // Le Monde

Vladimir Poutine

ALORS, que la bulle de l’endettement mondial ne cesse de gonfler à des niveaux encore jamais atteints, il s’agit d’une dette publique mondiale de l’ordre de 35 000 milliards de dollars le sommet de Pittsburgh n’a pas daigné traiter ce sujet pourtant majeur, se contentant de déclarer qu’il convenait de ne pas mettre fin aux plans de relance de manière trop rapide.

Cependant cette spirale de l’endettement public est des plus inquiétantes. N’oublions pas que, de surcroît, lorsque les États assèchent le marché des capitaux, c’est autant d’épargne en moins pour les entreprises. Quant au chômage, ici et là galopant, il a certes été mentionné comme priorité mondiale sans que pour autant des mesures concrètes soient proposées. Quid d’un droit du travail rigide et paralysant et d’une fiscalité souvent confiscatoire ? Comment proposer du travail sans capitaux d’entreprise ? Enfin, force est de constater que l’Europe a perdu dans l’affaire un certain nombre de pouvoirs, ce qui n’a été le fait ni des États-Unis ni de la Chine, mais plutôt de sa propre incapacité.

Certes, les signes de stabilisation de l’économie se dessinent, mais la rémission est encore toute relative et le système bancaire n’est pas totalement guéri. Plus profondément, il y a un déséquilibre mondial entre des États-Unis qui consomment trop et une Chine qui économise plus que de raison, des Américains surendettés et des « Fils du Ciel » qui épargnent 40 % de leurs revenus. Ainsi voilà le monde désormais dominé par les relations ambiguës et perverses de Washington et de Pékin dont les intérêts sont pour l’heure complémentaires, hormis, sur la question de la parité dollar-yuan. Mais jusqu’à quand ? Avec pour conséquence que l’euro fort par rapport au dollar renchérit fortement les produits « made in Europe ».

AFGHANISTAN : QUELLE STRATÉGIE ?

Barack Obama, a radicalement changé le discours des États-Unis sur la scène mondiale et rompue avec les projets unilatéraux qui avaient souvent caractérisé l’époque Bush. Se mettre à l’écoute du monde et tenter de forger des compromis par le dialogue et le refus de postulats idéologiques trop rigides peut sembler fort sage. Reste que l’on peut se demander ce qu’a obtenu jusqu’ici le nouveau locataire de la Maison Blanche, après avoir renoncé au bouclier anti-missile pour complaire à la Russie, proposé aux Iraniens des négociations « dans le respect mutuel », offert le dialogue à la Corée du Nord, assoupli l’embargo sur Cuba, voire même avoir entr’ouvert la porte à l’exécrable junte birmane.

Pour l’heure, en ce qui concerne l’Afghanistan, le débat en cours à Washington porte sur la méthode à suivre pour empêcher Al Qaïda de rétablir ses sanctuaires. Faut-il mener une politique de contre-insurrection alliant société civile et engagement militaire solution qui a la faveur du général Stanley Mc Chrystal, commandant en chef des troupes américaines et de la force de l’OTAN ou se contenter d’une approche limitée au contre-terrorisme avec recentrage sur des opérations ciblées ?

En attendant se posent le problème des moyens militaires largement insuffisants pour des missions difficiles et celui de la corruption rampante du gouvernement Karzaï, une menace aussi grave que l’insurrection, car elle n’incite aucunement les Afghans à soutenir le gouvernement de Kaboul. Quant aux Européens, rétifs à s’engager davantage, ils devraient comprendre que, manifester sa faiblesse face à un ennemi aussi implacable et fanatique que les talibans, est irresponsable. Et que la guerre sans victimes ni bavures, n’existe pas, hélas. Afghanistan, Pakistan, Irak, Iran, la vérité est que tout s’aggrave. Jusqu’où ?

IRAN : LA STRATÉGIE DE LA TENSION.

Les grandes puissances attendaient de Téhéran un geste d’apaisement après la révélation de l’existence d’une nouvelle usine clandestine d’enrichissement d’uranium. La réponse ne s’est pas fait attendre : deux jours après, l’Iran procédait à trois essais de missiles à courte portée. En perte de vitesse, divisé et contesté au plus haut niveau, le régime des mollahs s’enferre dans la provocation et l’agressivité. Toute discussion semble vouée à l’échec, car Téhéran est incapable de faire la moindre proposition constructive. Il se pourrait même que la « main tendue » de Barack Obama soit prise pour un aveu de faiblesse.

À l’évidence la diplomatie iranienne ne cherche qu’à gagner du temps pour mettre les Occidentaux devant le fait accompli. Si l’on en croit d’ailleurs l’Élysée, l’ouverture du président américain vis-à-vis de l’Iran a échoué. Et Paris de s’agacer de « l’idéalisme » de la nouvelle administration. Deux nominations récentes semblent donner raison au gouvernement français : celle du général Vahidi à la Défense et de Heydar Moslehi au Renseignement, deux durs du régime dont le premier va continuer à soutenir les groupes terroristes de la région et le second poursuivre la répression à l’intérieur du pays.

RUSSIE ÉTATS-UNIS :
À QUI PERD GAGNE ?

L’abandon par Washington du bouclier anti-missile en Pologne et en République tchèque un abandon mal accepté à Prague et Varsovie qui devraient cesser de rêver à une relation privilégiée avec le États-Unis, constitue un tournant important dans la politique étrangère d’Obama. La vraie question qui se pose est de savoir si Moscou, après cette première victoire, entend aider vraiment l’Amérique à faire rentrer l’Iran dans le rang, ou bien, au contraire, pousser son avantage en demandant des garanties à propos de la Géorgie et de l’Ukraine ?

Pour l’heure, le Kremlin a simplement confirmé son renoncement à installer des missiles à Kaliningrad, l’enclave russe près de la Pologne. Alors même que Vladimir Poutine, tout en louant une « décision juste et courageuse », a dit espérer « la complète élimination des restrictions sur la coopération avec la Russie et sur les transferts de haute technologie ainsi que l’intensification de l’extension de l’Organisation Mondiale du Commerce à la Russie et à la Biélorussie et au Kazakstan ».

Il n’y a donc aucun signe tangible permettant d’entretenir l’espoir d’un ralliement de Moscou à des sanctions dures contre Téhéran. Certains mauvais esprits n’hésitent d’ailleurs pas à penser qu’une frappe israélienne sur le nucléaire iranien qui ferait remonter le prix du pétrole richesse russe importante et qui détruirait tout espoir de rapprochement entre Téhéran et Washington, ne pourrait que servir les intérêts du Kremlin.

L’APOGÉE DE LA CHINE ?

La célébration des 60 ans de la République populaire de Chine a donné lieu de la part de Pékin à un étalage qui se voulait grandiose de sa puissance retrouvée. Seconde puissance économique mondiale, ayant dépassé un Japon en crise et talonnant les États-Unis, la Chine a acquis une importante stature internationale. Courtisé par le monde entier et, en premier lieu, par son ami-ennemi les États-Unis pour ses immenses réserves en devises, l’Empire du Milieu est devenue une grande puissance militaire dont la diplomatie éclipse celle de tous ses voisins asiatiques, Inde comprise. Par ailleurs, la crise économique semble avoir causé moins de ravages en Chine.

Désireux d’entretenir le culte du mythe fondateur de Mao, le « Grand Timonier », le régime se garde bien de « réévaluer » la politique de celui-ci et préfère l’amnésie. On ne saurait oublier toutefois que « le Grand Bond », ce fut quelque 40 à 50 millions de victimes. Certes, aujourd’hui même s’il a conservé le même nom, le Parti communiste chinois n’a plus rien à voir avec son idéologie d’origine. II n’en garde pas moins le pouvoir absolu et le contrôle de l’armée. Malgré l’éclosion d’une certaine classe moyenne, la société civile et l’État de droit n’existent toujours pas en Chine, même si de plus en plus de personnes osent penser différemment du pouvoir. Très vieux pays mais puissance encore jeune qui peut s’enorgueillir de sa vitalité, du poids de son droit de veto à l’ONU, de sa capacité nucléaire, d’une économie en mesure de rivaliser avec l’Oncle Sam, la Chine n’en doit pas moins faire face à des défis énormes : corruption, appauvrissement des paysans et des ouvriers, manque d’eau, désertification, crise alimentaire, prostitution.

PROCHE-ORIENT, UN PROCESSUS AU PONT MORT.

Malgré neuf mois d’une intense navette diplomatique, George Mitchell, l’envoyé spécial de la Maison Blanche, a échoué à arracher un accord entre Israéliens et Palestiniens. La relation d’Israël avec les États-Unis est vitale pour l’État hébreu, qui reçoit près de trois milliards d’aide financière et militaire chaque année de Washington. Politicien rusé et quelque peu lié par sa majorité de faucons, Benyamin Nétanyahou n’en a pas moins donné aucun gage quant à un gel de la colonisation en Cisjordanie, opération sans laquelle les Palestiniens refusent de s’asseoir à la table des négociations.

En parallèle, les États-Unis n’ont pas arraché aux puissances arabes modérées des mesures de confiance envers Israël, comme l’ouverture de missions commerciales de l’État hébreu ou l’autorisation de survol par l’aviation de Tsahal. Non seulement le processus de paix semble au point mort, mais il apparaît que le fossé aurait tendance à se creuser entre les deux parties. Benyamin Netanyahou refuse le gel total des constructions dans les colonies de Cisjordanie et de Jérusalem-Est, y compris l’arrêt de leur extension, ce que réclament les Palestiniens. Enfin les désaccords de fond sur le tracé des frontières de l’État palestinien et le statut de Jérusalem demeurent plus importants que jamais. L’impasse est totale. Le projet élyséen d’un sommet, cet automne, de l’Union pour la Méditerranée, consacré au Proche-Orient, permettra-t-il de déboucher sur un déblocage du processus ? L’espoir fait vivre. Pour l’heure, les contacts se poursuivent notamment avec l’Égypte.

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