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Quel avenir pour le syndicalisme ?

Mercredi 17 février 2010 // La France

Le 49e congrès de la CGT, qui s’est déroulé à Nantes du 7 au 11 décembre,
n’a pas permis de définir une ligne de conduite précise. C’est l’ensemble du
mouvement syndical qui se trouve aujourd’hui dans l’incertitude, en raison
de l’absence d’opposition politique crédible.

Principal enjeu du congrès de la CGT vérifier que Bernard Thibault serait capable de confirmer le virage réformiste de sa confédération, contre une opposition minoritaire et hétérogène tentée par le repli identitaire et un retour au syndicalisme de classe. Ceci dans un contexte de crise qui contribue à l’exacerbation des tensions sociales.

Les délégués et les observateurs qui souhaitaient repartir de Nantes avec des idées claires sont restés sur leur faim. Certes, le rapport d’activité et la motion d’orientation ont été adoptés à une large majorité ; certes, Bernard Thibault a été brillamment réélu pour un quatrième et probable dernier mandat de trois ans à la tête de son organisation ; certes les délégués ont pu largement s’exprimer sur le devenir de leur confédération ; certes l’opposition a été contenue. Mais la ligne stratégique de la centrale de Montreuil demeure floue, sinon quant à ses revendications, du moins
principal enjeu du congrès de la CGT vérifier que Bernard Thibault serait capable de confirmer le virage réformiste de sa confédération, contre une opposition minoritaire et hétérogène tentée par le repli identitaire et un retour au syndicalisme de classe. Ceci dans un contexte de crise qui contribue à l’exacerbation des tensions sociales.

Les délégués et les observateurs qui souhaitaient repartir de Nantes avec des idées claires sont restés sur leur faim. Certes, le rapport d’activité et la motion d’orientation ont été adoptés à une large majorité ; certes, Bernard Thibault a été brillamment réélu pour un quatrième et probable dernier mandat de trois ans à la tête de son organisation ; certes les délégués ont pu largement s’exprimer sur le devenir de leur confédération ; certes l’opposition a été contenue. Mais la ligne stratégique de la centrale de Montreuil demeure floue, sinon quant à ses revendications, du moins quant à ses modalités d’action. Il ne suffit pas de se présenter en héraut du syndicalisme rassemblé pour que cela devienne une réalité.

Une intersyndicale symbolique.

L’intersyndicale qui a été à l’origine des manifestations de l’hiver et du printemps 2009, si elle n’a pas volé en éclat, n’a plus qu’une existence symbolique.

Il y a au moins trois raisons à cela :

  • d’abord l’échec des rassemblements de mai et juin derniers montrant, dans le meilleur des cas, que les salariés désirent passer à un autre type d’actions et, dans le pire des cas, qu’ils ne comptent que sur des solutions individuelles pour résoudre leurs problèmes. On peut également voir dans cet essoufflement du mouvement social le couronnement de la stratégie de la CGT d’encadrer le mécontentement jusqu’à ce qu’il s’éteigne lentement :
    • ensuite, la volonté de la CGT-Force ouvrière de se démarquer de l’intersyndicale en appelant à la grève générale,
    • enfin, la loi du 23 août 2008 réformant la représentativité syndicale en la fondant sur l’audience obtenue par chaque syndicat dans les entreprises ce qui oblige à être en permanence en campagne électorale, donc en concurrence. Si, à ce petit jeu, la CGT s’en tire mieux que d’autres, elle n’a pas réussi à préserver sa représentativité, début décembre, au siège de Renault où la CFE-CGC a raflé la mise...

Ce scrutin révèle que les bataillons de la CGT ne se trouvent plus dans la métallurgie mais dans les entreprises de service. Ce qui n’est pas sans poser de problèmes car les emplois, plus précaires dans ce secteur, ne favorisent pas la syndicalisation, à la CGT ou ailleurs.

Finalement, seuls trois axes stratégiques ont été clairement identifiés à Nantes : la poursuite des nécessaires réformes des structures inadaptées aux enjeux actuels du monde du travail et la réforme du circuit de cotisation ; les liens privilégiés avec la CFDT ; la fusion avec la FSU (issue d’une scission intervenue au sein de la FEN en 1993). Mais il n’y a rien de nouveau dans tout cela. Depuis sa création, la CGT a toujours eu pour souci d’éviter l’éclatement du syndicalisme en plusieurs mouvements ; le retour de la FSU dans le giron confédéral qu’elle a quitté en 1947 constituerait une victoire pour Bernard Thibault, mais elle est la suite logique de la stratégie adoptée au lendemain de la chute du Mur. Quant au rapprochement avec la CFDT, il est loin de faire l’unanimité : en témoigne l’annulation de la visite de François Chérèque au congrès de Nantes de peur qu’il ne soit hué, voire agressé.

Il s’agit là d’une victoire de l’opposition à la ligne incarnée par l’équipe confédérale qui, à plusieurs reprises durant le congrès, a manifesté sa crainte d’une CFDTisation de la CGT. Une crainte d’ailleurs fondée, car dans les négociations interprofessionnelles en cours, les délégués de la CGT et de la CFDT sont souvent sur la même ligne.

Impuissance syndicale Ce congrès, comme celui de l’Unsa en novembre, a révélé l’impuissance des syndicats à répondre aux attentes du monde du travail. Ce n’est pas faute de les avoir identifiées. De ce point de vue, la motion d’orientation présentée par la CGT à Nantes est très clairvoyante, notamment sur la crise actuelle. Mais la plupart des dirigeants syndicaux refusent d’envisager les moyens d’action qui permettraient d’obtenir la satisfaction de leurs revendications, notamment la grève générale. Qu’ils le veuillent ou non, ils sont devenus co-gestionnaires du système : ils doivent se contenter, comme la CGT, d’encadrer les mécontentements et d’éviter les débordements ; ou bien ils accompagnent le système, comme la CFDT. Il faut dire que l’absence d’un relais politique ne leur facilite pas la tâche. Pour la première fois dans l’histoire sociale, ils se trouvent en première ligne et ce n’est pas leur rôle. L’avenir du syndicalisme dans notre pays, mais aussi ailleurs, passe par l’émergence d’un parti politique d’opposition digne de ce nom.

Autant dire qu’il est plutôt sombre.

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