Cher(e)s ami(e)s internautes.

Merci pour votre fidélité ; les écrits quotidiens seront absents tout le mois de septembre. Vous pouvez cependant parcourir tous les dossiers créés depuis plus de 10 ans et qui figurent sur le site.

Dés le mois d’octobre il vous sera proposé un mensuel auquel vous pourrez participer en me faisant parvenir votre perception des affaires politiques, familiales, sportives ou autres.

Rien ne sera censuré, hormis des articles injurieux et calomnieux.

Je suis attaché aux valeurs chrétiennes, aux valeurs dites républicaines et à une monarchie parlementaire.

Vous pouvez nous contacter en cliquant sur ce lien >>

Quel avenir pour l’Afrique ?

Lundi 4 décembre 2006, par Politique magazine // L’Afrique

En Afrique, la France se dégage, militairement, politiquement,
économiquement de ce qu’il faut bien appeler ses responsabilités. Tout ça à
grands coups de belles théories parfaitement démagogiques et irréalistes qui
n’ont pas empêché mais au contraire couvert les manoeuvres de corruption
dont pâtit malheureusement l’Afrique.

Politique magazine a demandé à trois experts de donner leur point de vue.
Bernard Lugan, bien connu des milieux africanistes, dresse un bilan sombre
de la situation politique et économique. Pierre Chalvidan et Dominique
Souchet, impliqués dans des projets micro-économiques et sociaux en Afrique,
rapportent leur expérience, plutôt positive, et qui pourrait servir d’exemple
à une politique française intelligemment généreuse et profitable à toutes
les parties.

En 1950, à la fin de la période coloniale, l’Afrique rassemblait 9 % de la
population mondiale et totalisait 7 % du commerce planétaire en 2004, avec
14% de la popu­lation mondiale, sa part dans le commerce mondial est tombée
à 2%. À l’exception de la petite dizaine d’États producteurs de pétrole les
autres sont marginalisés plus grave encore, quatre pays qui sont la RSA, le
Nigeria, la Libye et l’Algérie totalisent à eux seuls 25 % de tout le
commerce inter­national africain. La non-homogénéité des situations se
retrouve dans le domaine du PIB puisque 70% de celui de tout le conti­nent
est réalisé par huit pays qui sont par ordre alphabétique, l’Algérie, le
Cameroun, l’Égypte, la Libye, le Maroc, le Nigeria, la Tunisie et la RSA.

Le continent, et plus particulièrement l’Afrique sub-saharienne, est donc
sorti de l’économie internationale. Ce qui frappe dans la catastrophe
africaine c’est qu’elle est totale : Economique, poli­tique, sanitaire,
sociale, morale, etc. Elle s’accentue même et cela en dépit des
décla­rations lénifiantes, puisque la croissance du continent est en baisse
par rapport celle des zones économiques concurrentes d’Asie. L’Afrique ne
sera donc pas en mesure d’atteindre en 2015 les objectifs ambitieux qui
avaient été naïvement fixés à Johannesburg en 2000. Il faudrait en effet aux
pays situés au sud du Sahara une croissance moyenne d’au moins 7% par an
durant deux décen­nies pour simplement contenir la pauvreté ; or nous en
sommes a une moyenne de 4% entre 1999 et 2004, ce qui signifie qu’au lieu de
progresser l’Afrique s’enfonce claque jour un peu plus.

Pourtant les statistiques montrent qu’il y a tout de même un progrès, mais
la démographie africaine efface les 2/3 des avancées économiques quand elles
ont lieu. Ainsi, et selon les chiffres du FMI en date du mois de mais 2005,
le PIB continental a-t-il augmenté de 3,9 % en moyenne de 1966 à 2005. Mais
ce chiffre, brandi par les partisans de la méthode Coué est trompeur et il
conduit même à de graves contresens. Car si nous le ramenons à l’évolution
de la population il s’effondre à 1,6% à peine.

La démographie plombe donc tous les progrès qui peuvent être faits et annule
tous les effets positifs des mesures qui peuvent être prises. Comment
espérer inverser la tendance dans un proche avenir, quand nous constatons
que la population africaine qui était de 872 millions d’habitants en 2004
est passée à 910 millions en 2005, soit près de 40 millions de nouvelles
bouches à nourrir en une seule année ? Nous sommes face à un tonneau de
Danaïdes » démo­graphique.

Le dernier sommet franco-africain a-t-il été positif ?

L’impression qui se dégage de ce sonnet est une grande tristesse. Nous
sommes à l’évidence dans une fin de cycle car les grandes retrouvailles
franco-africaines et leurs fastes appartiennent à des temps révo­lus. La
France n’a en effet plus rien à offrir à ses clients en dehors de creux
discours moralisateurs qui n’engagent personne, d’un credo démocratique
auquel nul ne croit et d’une francophonie désormais vide de sens. Les chefs
d’Etat présents ont pour­tant tenté de faire bonne figure à un prési­dent
Chirac qu’ils aiment bien et qu’ils savent en bout de course. Et pourtant,
il repré­sentait un pays devenu l’ombre de lui­ même et n’ayant plus de
politique africaine. Comment en aurait-il d’ailleurs dans le cadre européen
actuel ? Affaibli et n’ayant guère plus de prise sur les évènements, le
président français qui n’avait rien à dire et encore moins à offrir a donc
été réduit annoncer une taxe sur les billets d’avions afin de financer les
politiques sociales dans le tiers-monde et une augmentation du nombre des
visas pour les ressortissants africains... Et cela dans un contexte nouveau :
Celui des émeutes de banlieue retransmises dans toute l’Afrique par le canal
des télévisions.

Si bien que les Africains d’Afrique ont découvert, stupéfaits, et surtout
indi­gnés, qu’à eux seuls, quelques dizaines de « jeunes » voyous issus de l’immigration
africaine pouvaient faire vaciller l’ancienne puissance coloniale, réduite à
se couvrir la tête de cendres. Ils ne reconnaissent plus la « France du
général De Gaulle » dans celle qui a eu peur de célébrer la bataille d’Austerlitz.
Et que dire du sort réservé au général Poncet et à ses subordonnés ? Pour
les Africains d’Afrique une chose est claire la France marche sur la tête.
Chez eux, des hommes qui libèrent des populations terrorisées par des
coupeurs de route, par des assassins sadiques, par des violeurs, sont fêtés,
admi­rés, adulés, tandis qu’en France, ils sont jetés en prison.. Ne nous
leurrons pas, les résultats politiques de ces évènements seront
incalculables car la France a perdu la face ; Or en Afrique, perdre la face
est le pire qui puisse arriver. Le prestige de la France étant atteint, le
temps du mépris s’annonce... Nous sommes loin de la Françafrique !

Où en sont les relations entre notre pays et le continent noir ?

Économiquement parlant, et à l’excep­tion du Maghreb, l’Afrique ne compte
pas pour la France, puisque le con :: Maroc, Algérie, Tunisie. Pour la
France, les 45 pays situés au sud du Sahara pèsent donc moins que le seul
Maghreb. Il ne reste donc que le discours francophone qui est d’ailleurs de
plus en plus en décalage avec les réali­tés françaises et africaines. La
francophonie institutionnelle est devenue un monstre administratif
budgétivore aux immenses pesanteurs et dont la principale fonction semble
être d’offrir, en dehors de bien des prébendes à ses cadres, le sésame
permet­tant l’émigration des intellectuels en France ou au Canada. Il est
désolant de constater que la francophonie s’est même transformée en un des
principaux canaux de cette fuite des cerveaux qui achève de tuer l’Afrique
en la privant de ses rares cadres. C’est d’abord grâce à elle que ces
déserteurs du dévelop­pement restent en France une fois leurs diplômes
obtenus, alors que leurs pays ont tellement besoin d’eux. Est-il moralement,
humainement, politiquement et écono­miquement admissible que la région
parisienne abrite plus de médecins béninois que le Bénin lui-même

Il est question d’une percée américaine et chinoise en Afrique ?

Si nous voulons être réalistes, laissons une fois encore parler les chiffres
 :: L’Afrique dans sa totalité ne représente que 2% du commerce extérieur
allemand, moins de 3 0/o de celui de la Grande-Bretagne et à peine I % de
celui du japon ou des États-Unis. Et encore, ces chiffres particulière­ment
bas sont-ils réalisés avec trois ou quatre pays producteurs de pétrole ou de
minerais rares. Il n’y a donc que dans l’ima­ginaire fantasmagorique que l’on
peut soute­nir que certains cherchent à évincer la France d’un continent
dont tous se détour­nent. La seule exception - et elle est de taille -,
concerne les zones productrices de pétrole qui sont majoritairement
litto­rales ou situées en mer et qui, étant deve­nues stratégiques pour les
États-Unis, sont âprement disputées. Pour le reste, l’indif­férence l’égard
de l’Afrique est totale.

Mieux que de longs discours le volume des investissements privés démontre
que les capitaux privés se sont détournés du continent. Non seulement moins
de 20/o de tous les investissements privés mondiaux sont faits en Afrique
mais encore sont-ils en majorité écrasante réalisés dans le seul domaine
pétrolier. En 2004, 50% de tous les investissements privés faits en Afrique
l’ont ainsi été en Algérie, en Angola, au Nigeria, au Tchad et en Tunisie.
En dépit de l’explosion pétrolière, les investisse­ments privés en Afrique
sont passés de 8,3 milliards de dollars en 1995 à 4 milliards en 2002. Pour
l’heure, une tendance à la hausse se manifeste, mais elle demeure
négligeable.

Nous en revenons donc peu à peu à la situation qui prévalait au XVII° et
XVIII° siècles quand les Européens ne s’intéres­saient qu’à quelques
comptoirs côtiers, ignorant l’intérieur du continent. L’Afrique qui avait
disparu de la géopolitique mondiale avec la fin de la guerre froide est, de
plus, sortie de l’économie planétaire et cela paral­lèlement à un mouvement
régulier de retrait opéré par les pays industrialisés.

Une nouveauté intéressante concerne cepen­dant l’Afrique orientale où les
Indiens ainsi que les Chinois semblent être de plus en plus présents. Mais,
il est encore trop tôt pour mesurer les effets de cette nouvelle politique.

A lire politique magazine.

Répondre à cet article