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Quand les « pinceaux » sont aussi des armes…

Lundi 6 avril 2009, par Pierre-Marie Gallois // L’Histoire

Quand les « pinceaux » sont aussi des armes

Et notre Maître d’Ecole ne les a jamais négligés…
Le général Pierre Marie Gallois décrypte mieux que quiconque les grandes cartes du monde… Il décrypte aussi les « toiles » des nouvelles idoles… Le Veau d’or est nu…Là encore, une histoire de « Revanche »…

Au cours de notre dernier entretien, nous avons quelque peu « sauvé » la tête de Bacon et nous remercions ici Yvonne Bollmann d’être venue à notre secours… 

Une « Revanche » décapante que nous tenons à vous faire partager ! Une « facette » méconnue de notre « Maître d’Ecole ».

Encore « Merci mon Général ! »

Portemont, le 11 mars 2009

LES REVANCHES

Pierre Marie Gallois… Années 30… Etudiant aux Beaux-Arts lors d’une soirée festive… Déjà en « Chasseur » de l’absurde !

De Picasso à Rothko revanche de l’incongru

Pierre Marie Gallois devant une de ses œuvres : Angleterre- Mess des officiers…
La France… toujours la France chevillée au cœur…

 « Ce furent de grands peintres que Giotto, le Titien, Rembrandt et Goya, je suis seulement un amuseur public qui a compris son temps et a épuisé le mieux qu’il a pu l’imbécillité, la vanité, la cupidité de ses contemporains » a écrit Picasso, en 1952.


La mise au tombeau - Giotto

Vénus Anadyomène, vers 1520 -Le Titien

Rembrandt…

« Tres de Mayo » Goya

Non seulement il a été un grand peintre, non seulement il fait preuve, ici d’une excessive humilité mais, fort intelligent, il avait saisi le parti qu’il pouvait tirer de l’ « imbécillité » de ses contemporains tout en révolutionnant la peinture.

En avait-elle besoin ? Sans doute et pour de nombreuses raisons, la plupart bien connues et qui ne sont rappelées ici que pour mémoire.

L’avènement de la photographie et sa généralisation. Nicéphore Niepce réussit la première photographie en 1826.


Point de vue pris d’une fenêtre du Gras à Saint-Loup-de-Varennes, 1826.
Lire : Invention de la photographie, Niepce, Daguerre)
http://www.niepce.com/

Onze ans plus tard Daguerre mit au point le daguerréotype qui lui valut le soutien de l’Académie des Sciences. Mais c’est seulement en 1908 qu’a été réalisée la première photo polychrome et un demi-siècle plus tard que le procédé est devenu d’un usage commercial courant. Durant cette longue gestation, et dans une première phase, la photographie s’inspira de la peinture. D’ailleurs, Nadar (1820-1910) était peintre, dessinateur, écrivain (et passionné par l’aérostation) et ses portraits photographiques (d’Alexandre Dumas, d’Emile Augier, de Théophile Gautier, d’Edmond de Goncourt….) rivalisent avec l’œuvre d’un peintre.

Nadar - Autoportrait

Baudelaire par Nadar

Ainsi, la photographie s’est ajoutée à la peinture, du moins dans l’expression plastique de l’art alors officiel. Mais, au lendemain de la guerre de 1870, un certain nombre de peintres et de sculpteurs se réunirent pour « rompre l’art officiel » que plagiait la photographie. Celui-ci interprétait au plus près la réalité, tandis que la photographie la représentait intégralement. Or, le dessinateur et le peintre avaient d’autres libertés que la photographie. Au milieu du siècle, Eugène Delacroix avait matérialisé sur la toile ces libertés et s’était posé la « question du beau », ouvrage publié en 1854 et, vingt ans plus tard, Claude Monet « invente » le mot en intitulant un de ses tableaux « Impression, soleil levant ».

« Impression, soleil levant » Claude Monet

D’où les « impressionnistes », rassemblant Cézanne, Degas, Monet, Pissarro, Sisley, les plus célèbres d’entre eux.

« Mont Sainte Victoire Cézanne » Cézanne - 1900 -

De si grands talents ont consacré la « rupture », l’académisme battu en brèche et, iconoclaste, le mouvement allait déborder sur la sculpture et même sur la musique (Debussy, Ravel). Ainsi, la photographie avait substitué à la représentation de la réalité, sa traduction par la créativité du peintre.

Autre facteur déterminant, la photogravure, la liberté d’imprimer et de vulgariser par l’image les chefs-d’œuvre du passé. Hier, il fallait se rendre à Florence ou à Rome pour admirer la peinture du « Quattrocento » et du « Cinquecento » (15ème et 16ème siècles). Face à sa toile encore blanche la peinture de la fin du XIXème siècle, se gardant de copier Botticelli, Raphaël ou Léonard de Vinci, cherchait une autre voie pour représenter le « motif ».

« La naissance de Vénus » Botticelli

Après de tels maîtres, il semblait que tous les artifices du dessin et de la couleur, largement vulgarisés par le livre et ses reproductions, avaient été épuisés et qu’il fallait rechercher d’autres ressources pour atteindre le « beau » réclamé par Delacroix.

Au cours de la moitié du XIXème siècle personne ne pouvait prévoir à quels absurdes débordements allait aboutir, dès cent ans plus tard, cette « rénovation » de l’art de peindre. Paradoxalement, l’argent facile a sa part de responsabilité dans la promotion de ce qu’on désigne par « art contemporain » bien que le mot art soit, ici, abusivement utilisé. Jadis les mécènes ne vivaient pas dans l’actuelle ambiance de technicité, laquelle ne prédispose pas au développement de la sensibilité du goût. L’industrialisation n’a que faire de l’esthétique, du « beau », qui ne sont pris en considération que s’ils contribuent à attirer la pratique. De surcroît, l’œil s’est formé par la vue des techniques… des « machines » qui peuplent la vie contemporaine, dont l’impératif est la fonction pour laquelle elles ont été imaginées, construites, mises en œuvre.

En revanche, l’argent abonde, cette technicité est d’autant plus payante qu’elle est plus exploitée, absorbant les pensées et l’énergie de nos nouveaux mécènes. Aussi n’est-il pas surprenant qu’une œuvre, dite d’art, soit maintenant appréciée, non pas pour ce quelle est réellement, mais par le prix auquel on la négocie. Si c’est très cher, c’est très beau. Spéculant sur « l’imbécillité », la vanité, la cupidité de ses contemporains », ainsi que le reconnaît Picasso, un fructueux commerce fonctionne, fondé sur l’incongru, la laideur, le surprenant, voire le scatologique, domaines de « l’art » d’aujourd’hui, heureusement fort ignorés au cours des siècles précédents.
Né à la fin du XIXème siècle et prodigieusement actif jusqu’à sa disparition en 1973, Picasso a été le témoin, puis l’artisan de cette dérive après les chefs d’œuvre des premières années du XXème siècle (période
bleue, période rose).

« Pauvres »…

« La Famille acrobate au singe »

On peut imaginer comme suit son cheminement. Il oscille d’abord entre une certaine abstraction et le classicisme encore en vogue.

« Les Demoiselles d’Avignon »

Dès 1906 il a peint les « Demoiselles d’Avignon » mais aussi, douze ans plus tard, le portrait de madame Rosenberg et aussi celui de Gustave Coquiot, représentations traditionnelles de la réalité.

« Portrait de Madame Rosenberg et sa fille » - Biarritz, 1918

Il a dû se demander s’il ne s’engageait pas dans une impasse. Allait-il suivre Bouquereau (1825-1905) estimant que Raphaël avait établi, une fois pour toutes, les règles de la peinture et qu’à ses côtés, selon sa manière il y avait encore place pour l’innovation ?

Raffaello Sanzio, dit Raphaël (1483-1520)
Portrait de Lorenzo de Médicis, vers 1518

Reproduire la réalité, la photographie s’en chargeait. Pour le peintre la photo serait un instrument de travail. Déjà, au milieu du XIXème siècle, Delacroix l’avait utilisée pour préparer ses toiles. Plus tard, Salvatore Dali aura recours aux diapositives pour projeter, sur un futur tableau, des formes qu’il redessinera et peindra à sa manière de surréaliste (Dictée de la pensée, en l’absence de tout contrôle exercé par la raison, en dehors de toute préoccupation esthétique ou morale selon A. Breton). Définition proche de celle qui s’appliquerait à la peinture contemporaine si la « pensée » n’était pas aussi aride, la préoccupation financière aussi dominante et si l’exploitation de l’inculture générale, aussi profitable.

Le Christ de Saint Jean de la Croix - Dali 1951

Après des siècles d’une représentation rationnelle de la réalité, tout ayant été réalisé dans ce domaine, on a cru être en mesure d’émouvoir encore par une démarche toute différente : renoncer à toute imitation de ce qui est et réduire par l’abstraction que permettent l’imagination, le dessin et la couleur combinés. Mais gare aux dérives, la voie ayant été ouverte au « n’importe quoi » ; Nombreuses et extrêmes sont ces dérives. Elles couvrent même l’ensemble de ce que l’on persiste à appeler « l’art contemporain ».

C’est ainsi, par exemple, qu’un tableau peint par M. Poutine a été aussitôt vendu un bon prix. L’acheteur a payé la signature mais aussi la rapidité d’exécution, M. Poutine, peintre TGV n’ayant mis qu’un quart d’heure pour réaliser son chef-d’œuvre et s’en félicitant.

Le peintre Poutine adjugé 860 000 euros

Vladimir Poutine a eu raison de prendre le pinceau. Un tableau peint par ses soins en à peine un quart d’heure a été vendu samedi aux enchères à Saint-Pétersbourg pour la somme de 37 millions de roubles (860.000 euros). L’ex-président devenu Premier ministre aurait donc un talent caché…

Nature morte, adjugée, vendue. Une fenêtre aux vitres gelées, encadrée de rideaux brodés, vue depuis l’intérieur d’une cabane en bois… « Vladimir Poutine a peint son tableau en un quart d’heure. Il a tout fait lui-même, sans aucune aide », a affirmé Nadejda Anfalova, responsable de l’exposition qui a précédé la vente aux enchères. (Un artiste professionnel a tout de même peaufiné la toile en ajoutant des perles et de la dentelle aux rideaux…) http://www.gala.fr

Autre « artiste ». Damien Hirst incruste près de 9000 petits diamants dans un crâne humain factice. Mis en vente, 50 millions de livres sterling, le prix garantissant la « valeur artistique » de l’objet.

Spéculant sur le fait qu’un acheteur, actuellement, ne sait plus faire la différence entre la peinture en bâtiment et l’œuvre d’art, Mark Rothko en a profité. Faites comme lui : prenez une toile rectangulaire ou un panneau de contreplaqué de la même forme et remplissez le tiers supérieur de couleur orangée, au-dessus peignez une bande blanc cassé et terminez, en dessous encore par un badigeonnage rouge pâle. Reste à affirmer que c’est là un chef d’œuvre. Et c’est effectivement un chef d’œuvre puisque ce barbouillage s’est vendu 73 millions de dollars.

72.8 millions de dollars c’est le prix payé par la famille régnante du Qatar pour une œuvre de Marc Rothko « Centre blanc (jaune, rose et lavande sur Rose) », 1950. La vente a eu lieu à New York chez Sotheby’s. C’est le prix le plus élevé pour une œuvre d’art d’après-guerre.

L’ « artiste » a peut-être été également un peintre TGV, son œuvre ayant été réalisée en peu de temps. Au cours de la même vente, la reproduction fidèle d’un tube de shampoing a rapporté plus de 2 millions de dollars au vendeur tandis qu’une reproduction volontairement maladroite des dessins d’élèves en enfantine B, inspirant à la vue un sentiment de répulsion tant la laideur y a été magnifiée, a trouvé preneur pour près de 15 millions de dollars.

Vous voulez gagner des millions sans, pour autant, vous « creuser la cervelle » ? Prenez, par exemple, un seau de peinture verte – le bleu a déjà été accaparé – enduisez un panneau, en plein, avec cette couleur, plongez ensuite dans le seau une dizaine d’éponges achetées chez le droguiste du quartier et collez ces éponges sur le panneau, au hasard. Vous aurez réalisé un chef- d’œuvre de l’art contemporain. En bleu, le même procédé a été vendu plus de 21 millions de dollars (pour un investissement d’une vingtaine de dollars, en fait un bon rendement, en une demi-heure de travail).

Depuis longtemps consacrés, Francis Bacon et Mark Rothko sont censés, l’un célébrer la tragédie du XXème siècle, sinistrement belliqueux à l’initiative de l’Allemagne, l’autre, peut-être, le vide moral et spirituel de l’époque par ses toiles unies ou bicolores auxquelles le critique d’art veut bien prêter un pouvoir mystérieux, au point « d’irradier » le spectateur.

Les personnages, ou plutôt, les portions d’êtres humains du premier, contorsionnés et désarticulés comme des animaux en abattoir, offrent le plus répugnant des spectacles. Mais, souvent, en art contemporain, la laideur est appréciée, ne serait-ce que parce que pendant des siècles, elle a été totalement écartée.

Portrait du pape Innocent X - Bacon

Autoportrait - Francis bacon

Le vide, la pauvreté d’imagination, l’industrialisation de la production déclarée artistique (Damien Hirst, pape des arts outre-Manche, anime une équipe de 120 collaborateurs pour dessiner et fabriquer les élucubrations du maître) obtiennent quand même la notoriété – et font de bonnes affaires en développant l’incongru. Il ne s’agit pas seulement d’étonner – à l’usage le mot a perdu de sa force initiale – mais d’épater leur saugrenu fût-il grotesque et de fort mauvais goût. Picasso avait vu juste quant au jugement de ses contemporains et il y a là un vaste marché à exploiter. C’est ainsi que les médias ont salué la « force monumentale » du bunker à demi démoli d’Anselm Kiefer, l’arrangement des ruines en béton étant déclaré œuvre d’art et, par conséquent, admiré par le public et… par les autorités officielles.

Il y a mieux, si l’on peut dire avec Daniel Firman qui présente un éléphant grandeur nature afin qu’il paraisse tenir en équilibre sur sa trompe, celle-ci formant pivot. Cette absurde œuvre d’art, pollue la somptueuse galerie-bibliothèque du Palais de Fontainebleau.

Le homard…

 

Jeff Koons, avec l’assentiment et le soutien des autorités officielles, s’est illustré au château de Versailles en y étalant son « animalerie » en plastique multicolore et en faisant pendre, dans une merveilleuse galerie conçue et décorée au 17ème siècle, un homard gigantesque en plastique rouge, laideur, vandalisme et bêtise réunis, cela encore censé être un témoignage de l’art contemporain, le pouvoir politique surenchérissant sur Picasso en finançant ces tristes exhibitions.

Le tandem Mitterrand-Lang après les facéties « artistiques » de Pompidou, avait repris et accentué l’ampleur du mouvement afin de surprendre l’électorat et de récolter ses votes. Aussi la démarche avait-elle deux caractéristiques :
- Saccager le patrimoine artistique de la France afin d’isoler le contemporain du prestigieux passé culturel de la nation.
- Recourir à l’étranger pour exécuter le saccage, les « artistes » d’autres nationalités s’en donnant à cœur joie en spéculant sur la crédulité du pouvoir, sa démagogie permanente et l’inculture des commanditaires.

Le bilan ?

Avec la « Grande Arche » la « voie royale » a été détruite et Paris enclavé (architecte danois) tandis qu’à son origine, la gigantesque pyramide, à l’entrée minuscule, oblige les visiteurs du Louvre à patienter en longues files, exposés aux intempéries, la cour Lefuel étant défigurée par la verrière et sa ferraille (Américano-chinois).

A son tour, la belle ordonnance des jardins du Palais Royal a été défigurée par le semi de troncs de colonnes rayés verticalement et tenu pour une œuvre d’art (Hollande), 

et masse informe, l’Opéra de la Bastille condamne pour longtemps l’aménagement circulaire, centré sur la colonne, de la place (Canada).

Il est vrai que, Pompidou aidant, l’homogénéité d’un très vieux quartier parisien, avait déjà été rompue par la fameuse « raffinerie » (Italo-britannique) de Beaubourg.

Des milliards ont ainsi été consacrés à greffer du saugrenu sur l’ordre ancien. Pas surprenant que les « monuments historiques soient de plus en plus délabrés ». (Le Monde daté du 11 septembre 2008).

Et pourquoi pas poursuivre ? Il reste fort à faire. Par exemple, peindre un Airbus sur le ciel de la Joconde puisque la mode est à corriger l’œuvre du passé.

Ou mieux encore…

Et aussi transformer en poupées « Barbie » les femmes bien en chair de Rubens du Louvre. Afin de conquérir l’électorat musulman ériger une mosquée face à Notre-Dame et utiliser l’ex trou des Halles pour y créer un village de paillotes, avec rivière, crocodiles et baobabs afin d’accorder à l’Afrique sa part de France ? En octobre dernier, Philippe Bourcier de Carbon avait rédigé un remarquable document révélant l’agencement du marché de l’art contemporain. On y exploitait la crédulité – et la cupidité – des acquéreurs, les « arrangements » entre galeristes faisant monter les enchères pour des tableaux ou des objets présentés comme des œuvres d’art, bien que n’ayant d’autre valeur que celle qui leur est arbitrairement attribuée par eux. Et Picasso, en donnant l’alerte est bien d’avis que « plus c’est cher plus c’est beau » et plus l’achat est une bonne affaire. Les mécènes sont involontairement complices et aussi, souvent, les autorités de tutelles qui veulent paraître « à jour » et qui subventionnent, avec l’argent du contribuable, cette entreprise d’anesthésie adressée à l’art.

D’ailleurs, cette forme d’arnaque est internationale – et Picasso a su en tirer parti et, mieux encore, la dénoncer en célébrant la revanche de l’ « imbécillité, la vanité, la cupidité de ses contemporains ».

Pierre Marie Gallois

 

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