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Sommet D’Accra.

Quand les Africains se moquent d’eux-mêmes.

Jeudi 6 septembre 2007, par Paul Vaurs // L’Afrique

Le président de la République de Mauritanie, Sidi Ould Chelkh Abdallahl, vient d’adresser un message solennel à son peuple dans lequel il s’engage à prendre en charge les problèmes liés à l’unité nationale et à l’esclavage, à réconcilier les Mauritaniens entre eux, à panser les plaies ouvertes des douloureux événements du passé. L’Union Africaine (UA) devrait se féliciter que le nouveau président mauritanien réponde à cette préoccupation essentielle de son peuple, que le bimensuel Afrique Education relayait régulièrement, et qui lui avait valu une interdiction totale d’être vendu sur l’ensemble du territoire mauritanien de novembre 2003 jusqu’à la chute (heureuse) du dictateur Maaouiya Ould Sid Ahmed Taya le 5 août 2005.

L’UA avait peur d’aborder ce dossier de l’esclavage en Mauritanie. A aucun moment, il n’a été évoqué même quand son actuel président démissionnaire, Alpha Oumar Konaré, en avait été informé en 2004, à Addis Abeba, par les responsables des FLAM (Forces de libération africaines de Mauritanie). En voisin peureux de la Mauritanie, le Malien Konaré qui sait donner de la voix sur des dossiers irréalistes (quand il voit les caméras du monde braquées sur lui) et qui connaît très bien le triste sort qui est réservé aux Négro-Mauritariens, depuis des années, a préféré, par faiblesse, faire le dos rond. Le président de la Commission de « UA » qui dit fort vouloir une Afrique digne, debout a oublié qu’il lui sera difficile d’atteindre cet objectif avec des peuples encore couchés comme en Mauritanie. Autre fait récent qui montre le manque de courage politique de l’UA.

Le Premier ministre de Côte d’ivoire Guillaume Soro revient de loin, après l’attaque à l’arme lourde de son avion sur le tarmac de l’aéroport de Bouaké. Dans le dossier Côte d’ivoire, aussi, l’ »UA » a laissé d’autres, en l’occurrence, les Français lui dicter la conduite à tenir. Personne à l’U A, à commencer par Alpha Oumar Konaré, n’a osé critiquer le président du Burkina Faso, Blaise Compaoré, de favoriser la déstabilisation d’un Pays frère, la Côte d’ivoire, poumon de l’économie de toute la sous-région ouest africaine. Les chefs d’Etat disaient à demi-mot que « Blaise n’est pas sérieux » mais personne n’osait le confondre publiquement. Une lâcheté que les Ivoiriens paient cher. Quand UA a enfin pris son courage à deux mains pour confier cette médiation au Sud-Africain Thabo Mbeki, Jacques Chirac s’est mis à le malmener après avoir vu qu’il ne serait pas sa marionnette. Mbeki s’est retrouvé fatalement seul, sans appui de l’UA, comme si les chefs d’Etat du continent avaient peur de soutenir un président frère à qui ils venaient de confier la difficile mission de pacifier la Côte d’ivoire.

Début juillet, à Accra, les Africains ont succombé aux sirènes d’un vendeur d’illusions appelé Mu’ammar al Kadhafi. Mais ils ont la mémoire courte. Sinon, ils allaient se rappeler qu’il a trompé leurs enfants en 1998, quand après avoir largement diffusé qu’ils mettraient 3.000 bourses étrangères, chaque année, à leur disposition sous la gestion de l’UNESCO, il a, dès le lendemain, oublié sa promesse. Les Africains ne se rappellent pas non plus qu’en juillet 2000, à Lomé, pour lancer l’union Africaine, il avait juré la main sur le coeur devant un parterre de chefs d’Etat que la Jamahiriya libyenne arabe socialiste serait désormais la terre d’accueil de tous les Africains.

 Aujourd’hui, c’est par centaines qu’il les expulse quotidiennement (à la demande des Européens) alors qu’ils ne font que transiter par la Libye pour se rendre en Europe. Tout anti-impérialiste qu’il dit être, Kadhafi baisse la queue devant les Européens qui lui font faire ce sale boulot. Le dernier slogan en date lancé par le même Kadhafi, c’est la constitution d’un gouvernement unique pour l’Afrique, étape préparant le lancement des Etats-Unis d’Afrique. S’il est vrai que les Africains « doivent s’unir, pas seulement politiquement, mais aussi économiquement », comme l’a déclaré, à Accra, big brother Robert Mugabe, il faut dire clairement au colonel libyen d’arrêter de se moquer et de manipuler les Négro-Africains. S’il veut un gouvernement unique en Afrique, il n’a qu’à montrer l’exemple en le réalisant d’abord avec ses frères arabes de l’Afrique du Nord. Ces frères, je le dis en passant, le prennent pour un déséquilibré mental.

A la tête d’un pays riche, Mu’ammar al Kadhafi croit acheter les Négro-Africains parce qu’ils sont pauvres. C’est à dessein qu’il les a réunis dans une organisation à l’utilité contestable qu’il a dénommé CENSAD (Communauté économique des Etats sahélo-sahariens) où il impose ses vues sans contradiction. Pourtant il n’est pas crédible, il ne mérite pas qu’on lui fasse confiance sinon, ses principaux avocats au sein de l’UA seraient les dirigeants de l’Afrique du Nord. Il faut donc que l’Afrique dise Non à Kadhafi. Car comme chef d’Etat, et je regrette de le dire - il n’est pas du tout sérieux.

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