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Quand « le risque n’est plus une anarchie passagère »...

Mardi 28 juin 2011, par Paul-Marie Coûteaux // La France

« Mais une dissolution définitive de notre peuple, de la nation française, de l’État, et de la politique quelle qu’elle soit... »

Dans le cadre d’un débat autour de l’urgence de « la constitution d’un programme commun de salut public » nos amis de « L’Action Française 2000 » donne la parole à Paul-Marie Coûteaux, président du Rassemblement pour l’indépendance de la France.

Un débat qui se poursuivra...

Rétablir le service du bien commun ne saurait se nourrir d’un esprit partisan. Nos temps sont difficiles...

Nous ne cessons jamais de le marteler ! « Le politique » est en danger.

Désarroi et incertitudes sont le lieu commun d’un nombre grandissant de Français...

La « Politique » ? « … une forme supérieure de la charité » !

Un entretien à ne pas manquer.

L’Action Française 2000Nicolas Sarkozy a été élu sur un mensonge. Loin de rendre les Français à la France, il a continué de dessaisir le politique de sa mission : l’indépendance de la nation et le service du peuple. En sommes-nous à une étape historique ?

Paul-Marie Coûteaux

« On ne saurait mieux dire : M. Sarkozy a dessaisi le politique de ses missions.

On pourrait aller plus loin encore et montrer que, contrairement au discours claironné, il réussit même à dissoudre le politique tout court. Aucun des principes fondamentaux sur lesquels repose nécessairement la politique de la France n’est aujourd’hui respecté, à commencer par le principe en effet cardinal de "service". Mais il y en a d’autres tout aussi essentiels comme les principes de légitimité, d’impartialité et de souveraineté.

La légitimité est évidemment essentielle : si M. Sarkozy a pu susciter un temps une certaine espérance populaire, il a vite perdu la confiance de la grande majorité des Français et le parti sur lequel il semble avoir tout misé pour assurer sa réélection, l’UMP (parti qu’il dirige en fait, et dont il continue à dire qu’il est "son parti", ce qui, soit dit en passant, est une infraction au principe d’impartialité), ne représente plus guère que 10 % de l’électorat - moyenne de ses résultats aux trois dernières consultations, européennes, régionales et cantonales, calculée par rapport au nombre des inscrits, le seul qui compte.

Dans ces conditions, il n’y a plus de légitimité, et donc plus de gouvernement possible. Or, un gouvernement est comme un joueur de tennis : s’il n’a pas une bonne position de pieds, c’est-à-dire une légitimité forte, aucune balle ne passe, aucune réforme n’est possible ; on l’a bien vu lors de la réforme des retraites, pourtant de faible ampleur - bien inférieure à ce qui serait nécessaire - et qui fut fort édulcorée sous la pression de la rue : c’est qu’il n’avait aucune légitimité forte à lui opposer.
Dans ces conditions, "gouverner" ne veut rien dire ; tout au plus expédie-t-on les affaires courantes, un peu comme en Belgique - le cas belge d’ailleurs me hante, voilà un pays sans aucune politique digne de ce nom : succès complet des féodalités et oligarchies de tous poils, à commencer par les partis qui règnent tout à l’aise sous couvert des "pouvoirs locaux".

Nos voisins belges ont tout tenté : « grève du rasage », « révolution de la frite » pour protester contre l’incapacité de leurs « politiques » à s’entendre...

Depuis le 22 avril 2010, la Belgique vit avec un gouvernement démissionnaire, faute d’avoir pu en constituer un nouveau... Un record du monde !

Cinq gouvernements régionaux ou communautaires et autant de parlements qui ne manquent pas de « voix » pour se livrer à une guerre de positions...

Le principe de souveraineté est sans doute le plus important – tant il est vrai qu’il n’y a sans lui ni État, ni légitimité, et un jour, même plus de peuple. Qu’il s’agisse de l’alignement de notre diplomatie et de notre défense sur l’Otan, de notre politique monétaire sur la banque de Francfort, de notre droit même sur les oukases de Bruxelles, tout n’est plus qu’alignement sur des pouvoirs dits supranationaux, en réalité étrangers - on vit même, lors de l’affaire de la grippe HAN1, une ministre de la santé obéir à une injonction de l’OMS, sans plus de vérifications !

En somme on a pris l’habitude d’obéir sur tous les plans. Quant à la souveraineté intérieure, je veux dire l’autorité de l’État et son autonomie de décision vis-à-vis des puissances de fait, il est loisible de voir tous les jours qu’elle n’est plus qu’un filet de discours : à très peu près, la politique éducative est faite par les syndicats d’enseignants, la politique judiciaire est à la discrétion des magistrats - comme l’application des lois d’ailleurs ! -, la politique industrielle par une poignée de grands groupes oligarchiques, etc.

Oui, on peut dire que nous sommes à un tournant, et même à une plongée dans cette dissolution du
politique qui s’appelle l’anarchie.

N’oublions pas ce que disait Bainville, que l’anarchie est le démon qui accompagne, longe et guette toute l’histoire de France ; de temps en temps, elle l’emporte : nous y venons. Mais cette fois, c’est d’autant plus grave que le substrat même de toute politique, la seule chose qui lui permette de rebondir un jour, le peuple, est miné dans ses bases ; il est miné dans sa mémoire (notez que, dans un nombre croissant de filières éducatives on n’enseigne plus l’histoire, laquelle, quand elle l’est, n’a plus grand-chose à voir avec l’histoire de la France) ; il est miné dans sa substance même notamment par une immigration qui, contrairement aux moulinets périodiques, est voulue, notamment par le patronat et Bruxelles ; il est nié comme corps politique, puisque l’on s’assoit sans aucune honte sur le résultat d’un référendum (celui de 2005), nié et même insulté puisque, dès qu’il se rebiffe, on hurle au "populisme".

Dans ces conditions le risque n’est plus une anarchie passagère, mais une dissolution définitive de notre peuple, de la nation française, de l’État, et de la politique quelle qu’elle soit... »

L’Action Française 2000-Vous appelez à un « programme minimal de salut public ». Vous adressez-vous à tous les patriotes sans exception ?

Paul-Marie Coûteaux - « Bien entendu ; et notamment aux premiers des patriotes que sont les royalistes. Le RIF ne l’a pas précisé dans l’appel qu’il a lancé en mars dernier en faveur d’une large "alliance des patriotes", puisque cet appel mentionnait des mouvements politiques, les déçus de l’UMP ou de feu le "Pôle républicain" de Chevènement, le FN, les morceaux dispersés de la nébuleuse souverainiste (MPF, DLR, RPF, etc.), cela en vue d’une alliance électorale lors des législatives de 2012. Or, les mouvements royalistes en tant que tels ne se situent pas sur ce plan-là. Je me souviens parfaitement que, dès que nous parlions d’élections, Pierre Pujo se retirait de nos tribunes, ce que je comprenais tout à fait. Le royalisme est une école de pensée, on pourrait dire qu’il est par excellence l’école de la pensée française, et non un parti. Cela n’empêche qu’il y ait beaucoup de royalistes parmi les souverainistes, en particulier au RIF ! »

L’Action Française 2000- Le RIF « constate l’écho croissant » que Marine Le Pen reçoit « dans les composantes les plus diverses du peuple français ». Les Français ont-ils vraiment pris conscience de la trahison des élites politiques, droite et gauche confondues, et sont-ils enfin prêts, sur le plan électoral, à jeter aux orties un PS et une UMP également discrédités ?

Paul-Marie Coûteaux - « Oui, je crois qu’ils sont presque prêts, en tous les cas ils y viennent. Songez que, déjà, lors des trois dernières élections, les deux partis faussement dits majoritaires n’ont pas réuni à eux deux le quart des électeurs inscrits !
Maurras disait que les seules batailles que pouvaient remporter les républicains étaient les batailles électorales ; ce n’est même plus vrai, le fameux "front républicain" étant désormais minoritaire.
Les Français sont en attente d’autre chose, une réappropriation de la politique par le peuple, qui est le grand impensé de la période, mais qui pourrait bien sortir de son placard un jour ou l’autre ; à la faveur d’un événement grave par exemple – rien ne se fait sans "les circonstances".

Sans doute Marine Le Pen est-elle en train d’ouvrir cette porte ; mais il se trouve que, pour plusieurs raisons d’ordre historique, elle ne pourra sans doute par réunir à elle seule une nette majorité de Français, ce qui, je le répète, est indispensable pour exercer le pouvoir - et, pour commencer, le rétablir comme pouvoir légitime. Voilà pourquoi je suggère qu’elle entre dans une large alliance qui dépasse son parti, et de beaucoup ; ce à quoi je suis en train de m’employer, avec mes amis du RIF.

L’Action Française 2000- Toutefois, rien ne sera possible sans une majorité de gouvernement. Il faut gagner les législatives... Cela suppose un rassemblement de toutes les forces nationales. Comment comptez-vous y travailler dès à présent ?

Paul-Marie Coûteaux - « J’ai été plusieurs années en fonction dans divers cabinets ministériels, puis celui du président de l’Assemblée nationale (Seguin) ; j’ai été dix ans député français au Parlement européen ; j’ai connu de nombreux cercles ou partis politiques, adhérant quelquefois à l’un ou à l’autre (j’attache trop peu d’importance aux partis pour penser qu’on ne peut adhérer simultanément ou successivement à plusieurs - le RIF pratique ouvertement la "double appartenance"), servant tour à tour ceux qui paraissaient, à l’horizon, vouloir relever le flambeau de l’espérance nationale – mon premier patron fut Michel Jobert...

En un mot, je connais beaucoup de monde et crois pouvoir, avec mes amis du RIF et bien d’autres, jouer un rôle de pont entre les patriotes de tous les horizons - un petit pont, pour commencer, fût-ce un pont de lianes... »

L’Action Française 2000-Sur un plan plus personnel, accepteriez-vous de livrer à nos lecteurs vos projets éditoriaux ?

Paul-Marie Coûteaux - « Je reprends ces temps-ci une étude que j’avais faite il y a vingt ans sur "De Gaulle et la tradition capétienne" ; c’est l’ossature du deuxième tome d’un De Gaulle philosophe sur les sources philosophiques de ce qu’il a fait, dit et pensé, droit sorti de l’école d’Action française - n’oublions pas que les premières conférences qu’il a prononcées le furent au cercle Fustel de Coulanges, cercle royaliste réputé des années vingt et trente. Ses filiations intellectuelles le confirment, comme je m’emploie à le montrer - sans parler des innombrables royalistes qui l’ont accompagné dès les premiers jours de Londres et plus tard, tels le grand Boutang, et combien d’autres. Je crois d’ailleurs qu’il a sincèrement essayé de rétablir le roi : j’en réunis des preuves souvent passées sous silence, notamment par les gaullistes qui encombrent les pavés de la bienpensance...

Je fais aussi un petit essai sur la Belgique, cas intéressant, et effrayant, notamment pour les raisons dites plus haut ; un autre sur l’identité chrétienne de l’Europe, de la Grande Europe, celle qui va de l’Atlantique à la Sibérie et qu’il faut réconcilier autour de ses véritables racines ; je corrige également mes "journaux", pour donner une suite à mon journal 1999- 2003 publié chez Bartillat - et dont je mets une bonne part en ligne chaque semaine sur mon blog For intérieur ; enfin, j’ai commencé un roman sur l’assassinat à Rabat, en septembre 2008, d’un de mes cousins Lusignan, Alexandre - c’était quelques jours après la conférence.

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