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Quand la droite lorgne… à droite.

Samedi 27 août 2011 // La France

Le fait que le collectif « Droite populaire » ait dévoilé sa charte le 14 juillet dernier n’a rien d’anodin. Le symbole se veut fort, ancré dans l’histoire de France, en lien avec l’un des épisodes dits fondateurs de la nation. Créé au début du mois de juillet à l’initiative des députés Lionne ! Luca (UMP, Alpes-Maritimes) et Thierry Mariani (UMP, Var), ce collectif s’est engagé, dans sa charte, à atteindre et défendre six grands objectifs : la reconnaissance de la Nation, du patriotisme et de la République ; la liberté d’entreprendre et la solidarité nationale ; l’école de la République et la politique familiale ; la sécurité, première des libertés ; la saine gestion des finances publiques ; le rayonnement de la France. Très vite, les esprits malveillants de l’échiquier politique ont raillé le profil « pétainiste » de cette déclaration d’intention, la résumant très lapidairement par la formule : « Travail, Famille, Patrie... et Sécurité » quand d’autres l’ont affublé du vocable de « droite populiste ».

GAUCHE LATITUDINAIRE

L’ambition des 35 députés signataires de cette charte est claire : peser sur le débat interne de l’UMP, faire avancer l’idée que la droite doit retrouver ses vraies valeurs, effectuer un retour aux sources, aux fondamentaux. Ces 35 parlementaires qui, ironie de l’histoire, sont aussi nombreux que les élus du Front national à l’Assemblée nationale en 1986, ont constaté que le terrain des idéaux qui ont forgé la droite, qui ont été son terreau, a été abandonné. Car, à trop vouloir faire du chiffre électoral au détriment de l’action (et de l’application des promesses), la droite a laissé filer ses valeurs. En premier lieu à gauche, notamment en 2007 quand Ségolène Royal s’est alignée (avec sincérité ?) sur le programme sécuritaire de Nicolas Sarkozy. Trois ans plus tard, l’ancienne candidate socialiste n’entend toujours pas céder de terrain sur ce sujet. D’ailleurs, n’a-t-elle pas demandé, début septembre, l’expérimentation de l’encadrement militaire des jeunes délinquants, en particulier par le 519e régiment du Train de la Rochelle qui, touché par la réforme de la carte militaire, est par ailleurs voué à disparaître en 2011 ? Même si le ministre de la Défense, Hervé Morin, lui a opposé une fin de non-recevoir, en affirmant que « ce n’est pas le boulot des militaires », cet encadrement des jeunes délinquants « constitue des réponses fcaces, fermes et claires à la question de la sécurité », continue-t-elle d’affirmer. Le Collectif entend aussi revendiquer les convictions fortes d’une partie de la droite face à une gauche qui, en matière sécuritaire, s’est souvent plus située du côté des délinquants que des forces de l’ordre et qui, en matière de flux migratoires, a été plutôt latitudinaire et tolérante envers nos hôtes...

COMBLER L’ESPACE

Les 35 parlementaires souhaitent également récupérer un électorat qui a déserté les rangs de la droite classique depuis 2007. Si de nombreuse militants et sympathisants ont gonflé les rangs des abstentionnistes, tout aussi nombreuses sont les voix à s’être éparpillées à droite. Certains, déçus par le manque de courage du gouvernement et l’apathie parlementaire, ont décidé de reporter leurs suffrages sur les candidats du Front National. Ce phénomène résulte de plusieurs causes.

Aujourd’hui, les électeurs de droite sont une minorité à se retrouver dans les idées de l’UMP qui, depuis l’union en mouvement voulue par Jacques Chirac, s’est écartelée du centre gauche à la droite de la droite. La volonté de rassemblement l’a emporté sur le débat d’idées et le parti fourre-tout qu’est devenu le Mouvement Populaire (Il a perdu son U, d’union) ne rassemble plus qu’une frange de convaincus. Les cinglantes défaites aux élections municipales et régionales le rappellent. De même le Sénat, qui sera renouvellé en septembre 2011, s’apprêterait-il à tomber.., à gauche. Ce qui ne lui est jamais arrivé depuis les débuts de la Ve République ! En somme, la droite classique est, depuis la présidentielle de 1969, déchirée entre trois grands pôles : la droite sociale, inspirée par Chaban-Delmas et incarnée un temps par Chirac et Séguin ; la droite libérale, dont Alain Madelin fut l’une des pièces maîtresses ; et la droite souverainiste notamment personnifiée par Charles Pasqua. C’est cette dernière que les 35 tentent de reprendre à leur compte et, si possible, d’incarner. Cette droite populaire représente-t-elle le chaînon manquant entre toutes les droites ? Les signataires de la Charte prennent, en quelque sorte, la place occupée un temps par Charles Pasqua ou Philippe de Villiers qui a rejoint le camp de 1’UMP, au travers du comité de liaison de la majorité présidentielle. La nature ayant horreur du vide, il est important de combler cet espace...

COMPLICITÉ ET LAXISME

En conséquence, et manifestement, le Collectif de la droite populaire mord sur l’électorat du parti de Jean-Marie Le Pen. Sur un certain nombre de sujets (identité nationale, nation, sécurité, etc.), « les proximités entre le collectif de la droite populaire et l’extrême droite sont importantes », confirme Jérôme Fourquet (Marianne 2-5 août 2010), directeur-adjoint du département « Opinions » à l’IFOP. Et ceci, bien qu’il modère son propos en estimant, « qu’en matière de filiation, d’héritage historique, on n’est pas forcément sur les mêmes cheminements, les mêmes créneaux ». le co-fondateur du collectif, Thierry Mariani le reconnue lui-même : « Deplus en plus de sympathisants de l’UMPfont remarquer que Marine Le Pen n est ni raciste ni antisémite, qu’elle n’a jamais été condamnée, qu’elle exprime tout haut ce que les deux tiers de nos adhérents pensent tout bas et, surtout, qu’elle dit ce que disait k RPR ily a quinze ans ». Les habits de la respectabilité du FN feraient-ils peur à l’UMP ? La frange souverainiste du parti présidentiel aurait-elle peur d’être taxée de complicité et de laxisme sur les dossiers de la nationalité ou de la sécurité ? L’initiative de Lionnel Luca et de Thierry Mariani a été plutôt mal accueillie à l’UMP où les ténors ont joué profil bas : pas de communiqué officiel. Juste une réaction lapidaire du porte-parole,£’ Dominique Paillé : « Lionnel Luca, Thierry Mariani, et leur colctif se trompent. Ils ont mal lu leprogramme de 2007 : c’est une évidence, Nicolas Sarkozy a mis en oeuvre son programme », a-t-il déclaré.

COMBAT LOUABLE

Toujours est-il que les signataires de la Charte veulent, à travers leurs six objectifs, tenir compte des attentes d’une partie de l’électorat, eux qui viennent de circonscriptions en proie à des problèmes de sécurité, d’immigration, où le Front National réalise des très bons scores et constitue une sérieuse menace électorale. Si cette Charte cristallise l’expression d’un ras-le-bol, en particulier de la non-application du programme de Nicolas Sarkozy de 2007, elle se nourrit aussi des nombreuses attaques dont la France et les valeurs du pays font l’objet au quotidien : attaques répétées contre l’identité nationale avec notamment l’affaire du concours photo de la FNAC qui a primé un cliché montrant un énergumène s’essuyant le séant avec le drapeau national ; impunité manifeste contre des voyous notoires ; agressions répétées contre les forces de l’ordre...

Certes le chef de l’État et le gouvernement ont tenté de reprendre la main avec le débat sur l’identité nationale, l’expulsion des Roms, le renforcement de l’arsenal répressif contre les délinquants, la déchéance de la nationalité française... Mais ces initiatives se sont révélées maladroites et inefficaces, répondant plus à l’émotion et au clientélisme qu’à la résolution du fond du problème. La droite est coutumière du fait. Depuis 2002, pas moins de 17 lois sécuritaires ont été votées. Pour quel résultat ? Dans ce contexte, le combat des 35 députés est fort louable, utile, nécessaire. Mais que vont devenir ces belles intentions ? Comment vont-elles concrètement se traduire dans les actes, sur le terrain ? Ne faut-il pas craindre une fois encore que cette Charte rejoigne le long cortège des déclarations restées lettre morte ? Réponse dans quelques mois, à l’occasion de la présentation des programmes politique pour 2012...

« La nature ayant horreur du vide, il est important de combler cet espace. »

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