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Quand je te tiens par le robinet...

Dimanche 24 mai 2009, par Pierre-Marie Gallois // Le Monde

Le cinquième forum mondial de l’eau à fermé ses robinets à Istanbul...

Il semblerait que la déclaration politique de fin de forum laisse à désirer...

Une semaine de travaux du 16 au 22 mars 2009 qui a réuni plus de 10.000 ingénieurs, écologistes, ministres, élus locaux, qui devaient proposer des solutions à la crise de l’eau, due surtout à une très forte hausse de la demande.

De recommandations aussi vagues que modifier la consommation de l’eau, en particulier dans l’agriculture, lutter contre la pollution des cours d’eau et des nappes phréatiques, collecter et traiter les eaux usées... la déclaration finale n’a pas retenu la notion de « droit à l’accès à l’eau » potable et le droit à l’assainissement, qui constituent plutôt qu’un « besoin », un véritable "droit" humain fondamental. Au grand dam de certains...

La France, l’Espagne et plusieurs pays d’Amérique latine et d’Afrique n’ont pas obtenu gain de cause.

La secrétaire d’Etat française à l’écologie, Chantal Jouanno, a déclaré : "Je suis déçue, car je pense que c’est un droit très important", et le sénateur français Jean-François Legrand, qui animait un collège de 300 parlementaires originaires de près de 90 pays, a qualifié la déclaration de : "incolore, inodore et sans saveur".

Organisé tous les trois ans par le Conseil Mondial de l’Eau en étroite collaboration avec les autorités des pays d’accueil, c’est le plus grand événement international dans le domaine de l’eau.

Le prochain Forum aura lieu en 2012 à Durban (Afrique du Sud) ou à Marseille (France). La décision revient au Conseil d’Administration du Conseil Mondial de l’Eau et sera prise en juin 2009.

Pour Loïc Fauchon, président du Conseil mondial de l’eau, « Le problème aujourd’hui en termes d’eau, c’est la démographie...  On sera 1 milliard de plus dans dix ans  », faisant remarquer qu’à cela s’ajoute la littoralisation de la population et des grandes mégalopoles : la moitié des habitants habitent à moins de 50 km de la mer. « L’Inde et la Chine représentent 40% de la population mondiale. Ce qui n’est pas sans velléités politiques sur les ressources en eau : la Chine veut par exemple contrôler toute l’eau qui descend des massifs de l’Himalaya ».

Maitrisant son sujet, Loïc Fauchon s’est attardé sur le concept d’eau virtuelle, pour expliquer les stratégies de production industrielle liées : « combien faut-il d’eau pour produire une pomme de terre ? Moins que pour un steak de bœuf. Cela a des implications sur la politique de production industrielle. Faut-il importer ? Ou produire sur place, au risque d’épuiser les ressources nationales ?  » Autre donnée à prendre en compte selon lui, en termes stratégiques : le paludisme, choléra, et autres maladies, conséquences malheureuses qui accompagnent l’accès à l’eau en milieu rural. « Le temps de l’eau facile est révolu » pose le président du Conseil Mondial de l’eau.

Le président de l’organisme international reste optimiste néanmoins sur la capacité humaine à coopérer : « avec de la volonté politique, les choses se règlent. Les tensions entre la Turquie, la Syrie et l’Irak se sont apaisées depuis que la Turquie a annoncé le doublement des allocations d’eau à l’Irak et la Syrie sur le Tigre et l’Euphrate. »

Si nous sommes aujourd’hui en crise de l’eau, c’est aussi à cause du gaspillage : en Californie, le gouverneur a déclaré l’Etat d’urgence pour l’eau, « Un Etat assoiffé car il dépense 1000 litres d’eau par jour et par personne, contre 200 litres par jour et par personne à Paris ».

Seule réponse : « cesser les politiques de l’offre pour une régulation de la demande. Développer les technologies de dessalement, les pompages plus profonds, les transferts longue distance, améliorer l’aménagement du territoire et l’urbanisme, asseoir le droit à l’eau ».

A titre d’exemple, Barcelone en Catalogne s’est trouvée assoiffée pour des raisons de désaccords politiques internes à l’Espagne. La France a dès lors transféré de Marseille 30.000 tonnes d’eau par bateau citerne, pendant 40 jours. Une opération humanitaire à prix coûtant, facturée « 7 euros le mètre cube d’eau », raconte Loïc fauchon. Aventure qui a néanmoins coûté cher à l’Espagne : un euro de plus par mètre cube au prix de vente commercial observé sur Marseille. Ce procédé de trasnfert par bateau a également été mis en œuvre à d’autres moments pour la Sardaigne et l’Algérie.
« Il faut une coopération internationale mieux affirmée. L’hydrodiplomatie est nécessaire aujourd’hui ».

Ces problématiques de l’eau préoccupent aussi nos militaires... qui se penchent sur les « stratégies de pénurie ».

Le déséquilibre entre les modes de développement et la finitude de la ressource en eau augmente la probabilité des conflits. Ce qui débouche sur la militarisation excessive de zones stratégiques, à l’image de la piraterie en Somalie : « on ne pourra pas mettre un bateau militaire derrière chaque bateau marchand » prévient Nicolas Régaud, directeur adjoint de la Délégation aux affaires stratégiques du ministère de la Défense.

L’alternative est donc de modifier les voies maritimes et de passer par le grand Nord. « Le fait que Medvedev ait déplacé des unités du FSB dans le grand Nord est symptomatique : aujourd’hui, les Etats sont mis devant la nécessité de penser les relations internationales dans un contexte de pénurie », estime-t-il. « La sécurisation de bassins énergétiques au Moyen-Orient par les Etats-Unis est une des réponses à la pénurie de ressources ». En Afrique, les sources d’énergie sont aussi sécurisées par des milices privées ou des bataillons armés nationaux. La France, avec son énergie nucléaire, est moins dépendante du pétrole.

Equipements militaires verts. Le Livre blanc de la défense a aussi été influencé par ces enjeux, d’une nécessité de capacités « propres » : « l’emprunte écologique minimale du combattant est une préoccupation », affirme Nicolas Regaud. Dans le cadre des recherches faites pour une force européenne de défense, les britanniques ont par exemple calculé la perte d’efficience d’un rotor d’hélicoptère en cas de réchauffement climatique !

L’eau a besoin d’énergie et l’énergie a besoin d’eau. L’eau est un bon indicateur du changement climatique.Un litre d’eau mobilise 3 kWh en France, contre 11 kWh en Israël. « Problème : quand le prix du baril augmente, on ne peut pas tirer l’eau du puits », explique Loïc Fauchon, qui déplore les « effets catastrophiques du yoyo du prix du pétrole pour l’accès à l’eau en Afrique subsaharienne ». Le coût de l’énergie représente 60% à 70% du coût du service de l’eau dans ces économies rurales, et le prix du gazole y a augmenté de 200% à 300%. « Les besoins de stockage d’eau vont augmenter très fortement », prévoit-il. Ce qui pose la question des barrages, très critiqués. Reste en effet à inventer un barrage en adéquation avec le développement durable et le climat, les précipitations fortes posant problème. Suez, qui compte Areva dans son conseil, se pose par exemple la question du dessalement d’eau de mer au service des centrales nucléaires à un horizons de 70 ans. Veolia, au contraire, considère que ce n’est pas un sujet.

Quelques chiffres clés :

  • 79% des précipitations tombent sur les océans, 2% sur les lacs et 19% seulement sur les terres émergées.
  • L’eau salée représente 97.5% de l’eau de la planète. L’essentiel des 2.5% d’eau douce est immobilisé dans les glaciers.
  • Seulement 0.007% de l’eau douce de la planète est accessible pour l’usage humain.
  • 70% du globe est recouvert d’eau.

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