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Quand ATT laisse expulser les Maliens de France.

Dimanche 27 avril 2008, par Djokoa Kagouehi Bignini // La France

Peut-on parler du Mali et des Malidewn (fils du Mali on langue bambara) et oublier les pays bozo, diogormè, dogon, mandé, mianga, sénoufo songhaï ? Une infinie liste de régions où foisonnent une incroyable diversité culturelle et des pouvoirs spirituels, gérés par des kémokobé (peuples du Mail), bougouti-mori va-en-France. Les Soninké, diseurs de vérités... qui ont la faculté de rendre l’avenir positif, à travers les dires des jets de sable, légués par les ancêtres. Ces richesses et savoirs, bradés par les Maliens, font d’eux un peuple en perpétuelle errance aujourd’hui. Depuis le Moyen-Age africain (10°siècle), jusqu’à l’arrivée des colonisateurs, le Mali fut le centre intellectuel le plus florissant, fécond de l’Afrique de l’ouest avec ses nombreuses universités. Djenné, Gao, Tombouctou, furent à l’Afrique de l’Ouest, ce que furent Rome et Venise à Europe occidentale.

Pourquoi les Maliens qui furent les « maîtres » incontestés de l’Afrique de l’Ouest, se retrouvent de nos jours au bas de l’échelle continentale. ? Pourquoi la diaspora malienne de France et d’ailleurs, est-elle victime d’expulsions récurrentes ? Alors qu’elle n’est pas la plus nombreuse, 120 000 dont 60.000 sans-papiers. Même si ces expulsions ne perturbent pas le sommeil des autorités du Mali, force est de reconnaître que cette diaspora qu’on appelle dans ce Pays, « les va-en-France », participe activement au budget de fonctionnement de cet Etat enclavé, menacé par le désert dans sa partie septentrionale.

180 Millions d’euros/an rapatriés, l’équivalent de 10% du budget de l’Etat malien dont le déficit prévisionnel sera de 123 milliards 346 millions de f cfa en 2008 pour un budget de 962 milliards 426 millions de f cfa.

Les événements de la rue des terres-aux-curés

En France, il n’y a pas que la communauté malienne. L’Hexagone est un carrefour de tous les peuples. Mais comment se fait-il, que des citoyens maliens sont-ils souvent victimes d’expulsions massives. ? En 2000, plus de 100 Maliens sont rapatriés d’Angola, les biens confisqués. Janvier 2008, 85 Maliens refoulés de Zambie, les biens toujours confisqués par les forces de l’ordre. Il est inhumain de se réjouir de la douleur du voisin. Ce qui est arrivé à Paris, dans le 13e arrondissement, rue des terres-aux-curés est hallucinant, impressionnant, grave.., dans un Etat de droit. Où sommes-nous. ? Des pratiques d’une république bananière.

Le 12 février 2008, au petit matin, le mercure est à O°, le foyer d’immigrés africains dort encore. Certains occupants ont déjà fini les ablutions, pour la première prière du matin. C’est en ce moment précis, à la demande de la préfecture de police de Paris, que 400 fonctionnaires débarquent et embarquent 116 citoyens du Mali. Des dégâts impressionnants : 29 portes fracturées. On ne demande pas aux corps habillés de faire des contrôles ou de rétablir l’ordre à l’aube. La devise des corps habillés se résume en ceci. Exécution avant réclamation. On les appelle Forces de l’ordre mais quand ils interviennent, ils sèment désordre et décrépitude. Cette intervention musclée, digne de l’époque napoléonienne, est orchestrée à cause des municipales à venir. Et ce n’est pas parce que nous sommes en « çarcosie ». 106 Maliens sous la cohabitation en 1986, souvenez-vous, enchaînés, battus, couchés à même le sol. Et expulsés manu militari au pays de Bâ Bomba, de Soundjata Kéita, de Sony Aliber (dit Ali le Grand)... On froisse l’image du Mali, pour de maigres subventions d’équilibre de son budget. C’est ça la coopération entre la France et le Mali. ? Entre l’Afrique et la France. ? Quelle honte !

Mais pourquoi les expulsions visent particulièrement et très souvent les Maliens ? Nul ne le sait ! Des esquisses de réponses pourraient nous guider.

Probables raisons des expulsions.

Une première tentative d’explication pourrait remonter à 1960 où le Mali accède à l’indépendance, en septembre. Au même moment, le FLN Front de libération nationale) algérien est dans le maquis pour son indépendance. Modibo Kéita, président du Mali, n’hésite pas à déployer un contingent de son armée, au secours de son « frère Ben Bella. Pendant six ans d’affrontements sanglants.

L’Algérie reconquiert son indépendance face à la France de De Gaulle. Les hommes s’en vont, mais les Etats demeurent. Cette indépendance est restée en travers de la gorge de la France. Cette explication peut s’avérer insuffisante, car ce ne sont pas des Algériens qui sont massivement expulsés.

Deuxième tentative d’explication, en mars 1991. au Mali, on a provoqué une démarche de soulèvement. On a dit aux Maliens, si « Balla » est écarté du pouvoir et qu’il s’en aille, vous serez heureux. Comme présentement en France, on fait croire à une frange de la population frappée par l’illettrisme que ce sont deux millions d’immigrés et leurs mômes qui menacent leur identité et sécurité, leur paix et pain. Voilà le discours républicain de l’actuelle majorité. Donc pour revenir au Mali, le général Moussa Traoré est déchu. Les premières élections démocratiques ont lieu, proprement en 1992, après un an de gestion du soldat Amadou Toumani Touré (ATT). Alpha Oumar, Konaré est élu démocratiquement avec la caution et la bénédiction du peuple du Mali. Il fait dix ans à Koulouba (présidence de la République), remet le pouvoir à son complice ATT. 17 ans ont passé. Pendant ce temps, les Maliens n’ont pas vu le bonheur qu’on leur avait promis. Lorsque les nullités d’un régime politique deviennent chroniques, et que ce régime s’alanguit, les intellectuels se lèvent en bloc et disent non ! Comme présentement en France, avec cette pétition, adressée comme une gifle à l’UMP et signée par des patriotes de tous bords politiques : Dominique de Villepin, François Bayrou, Jean-François Kahn, Ségolène Royal... pour dire non à l’actuel régime du 21° siècle des Français.

Qui peut le faire au Mali ? Le peuple oui ! Les intellectuels non ! Aminata Traoré qui nous avait donné espoir avec ses positions tranchées, impitoyables vis-à-vis des dirigeants de son pays, parle plus souvent de mondialisation que du Mali son pays, qui broie du noir.

Entre temps, les élections ont eu lieu en avril 2007, entachées de fraudes. En 1997, elles s’étaient déroulées dans les conditions similaires qu’en 2007, « sauvées » par un vendeur de peaux de bêtes Mamadou Maribatrou Diaby. Dans ces conditions, comment nos dirigeants qui sont très mal élus peuvent avoir le respect de leurs homologues européens ? C’est pourquoi nous sommes à l’image de nos dirigeants, ici, en France : faibles et impuissants. L’on pourra rétorquer que la plupart des dirigeants africains sont mal élus, mais leurs concitoyens ne sont pas victimes d’expulsions massives ? La plupart des dirigeants africains n’appellent pas Jacques Chirac « Papa » ne prennent pas le déjeuner avec « çarcosi ». Le président malien veut être un gouverneur aux cocotiers.

Troisième esquisse de réponse, si la deuxième n’est pas pertinente, la France veut désormais des immigrés bac+8, des informaticiens, des médecins... Bref, une immigration choisie comme au Canada et en Amérique. Mais ce qu’elle oublie, c’est que ces pays n’ont pas de colonies et ne veulent pas en avoir pour le respect de la dignité humaine. Aux dernières nouvelles, les Maliens dont les titres de séjour arrivaient à expiration, auraient reçu 1 an, parce que ne sachant ni lire ni écrire. Enfin, depuis 1991, le Mali est « indépendant ». La bonne gouvernance, la démocratie, sont en place. Les droits de l’homme respectés, les citoyens maliens ne sont pas menacés par le pouvoir en place. Dans ces conditions là, les Maliens doivent rester chez eux. Ces explications à la fois politiques et techniques, seraient à l’origine de cette chasse aux Maliens. Des Maliens qui ne sont pas les seuls sans-papiers en France. Il y a aussi un fait non moins important, c’est que de toutes les communautés étrangères en France, seuls les Maliens ont cette outrecuidance d’aller à RFI pour dire sur les antennes de cette radio qu’ils travaillent avec Les « papiers de leurs proches. Plusieurs fois, ces témoignages de Maliens ont été suivis sur cette radio, par des auditeurs bouleversés ; oubliant que RFI est la voix de la France.

Seuls les Maliens ont ce courage ! Niaiserie ? Stupidité ? Bravoure ? En tout cas, personne n’arrive à comprendre ce comportement. Il est impensable que le Mail qui fut la figure de proue du mouvement anti-colonial devienne le bras avancé de la France dans les tropiques. Il est curieux que le pays des célèbres royaumes de Sikasso, de Gao... flambeau de la fierté dans la pauvreté, puisse du jour au lendemain devenir le chantre du « shiraquisme » et du « çarcosisme » Et cela, depuis la chute de Moussa Traoré. Même si celui-ci n’était pas un saint. Moussa est parti, non seulement, on n’a enlevé aux Maliens leur dignité mais en plus, on a appauvri le Mali. L’aide étrangère n’a été aussi régulière que par le passé. Mais où va cet argent ? Et ce n’est pas le virtuose de la musique mandingue, Salif Kéita qui dira le contraire : Alpha et ses acolytes ont trahi les Maliens. Alpha s est servi de la naïveté des Maliens pour se faire les poches.

Ce qui s’est passé À la rue des terres-aux-Curés, est malheureux, indigne... On ne réservera jamais ce traitement aux Polonais, Italiens, Roumains, Espagnols, plus pauvres que nous, Ils sont respectés Car leurs dirigeants sont convenablement élus. C’est un autre combat que nous allons débuter, à savoir, élire proprement nos dirigeants pour que nous soyons respectés par les Occidentaux.

Foyers de contrebandes et d’affaires.

Les foyers de travailleurs africains appelés autrement foyers SONACOTRA, construits à l’orée des années 1970, ont pour rôle essentiel d’abriter des travailleurs sans leurs familles, restées au « bled . » Ces foyers fonctionnent de nos jours comme des confréries. La vie en communauté est monnaie courante. Ces foyers sont devenus des crèches, des jardins d’enfants ne servant plus les causes pour lesquelles ils ont été bâtis. On ne peut accéder à ces foyers si on n’est pas Maliens, Sénégalais, Nigériens, Guinéens... même ceux qui sont en situation régulière n’y ont pas accès. Les activités en sous-main et le commerce illicite y font florès. Les cas de tuberculose, en constante évolution, depuis plusieurs années. Nos ancêtres bambaras disaient régulièrement « loger, sécuriser, donner à manger à ceux qui sont dans le besoin, quelle que soit leur origine. » . Les descendants des Bambara ont-ils souscrit à cet engagement ? La vie en communauté a des avantages mais elle a aussi des revers. Et un événement triste comme celui du 12 février aurait été évité. On ne doit pas se réjouir de la douleur des autres, s’exhiber et mettre au grand jour sa joie, comme un jeune marié qui sort fier d’une nuit de noces après avoir découvert intact l’hymen de sa dulcinée.

 Ce comportement n’est pas africain. 2005 nous avait malheureusement donné à voir, une communauté malienne, désemparée. Des enfants, surpris en plein sommeil, dévorés par le feu, calcinés comme des branchages et feuillages d’une future rizière, incendie criminel ? Cynisme ? On ne saura jamais la vérité La culture africaine veut qu’on partage la douleur, quelle que soit son Origine. C’est ce que nous faisons depuis cette agression barbare. Sachez bien que la violence n’est plus un secret pour personne en France, depuis que les organisations des droits de l’homme ont épinglé ce pays au début des années 2000. Personne ne nous dira le contraire face à cette montée du non respect des droits de l’individu et de la dignité de l’homme. Personne de nos jours en France n’est à l’abri de quoi que ce soit, surtout, depuis que la politique du chiffre a été instaurée.

L’immigration, une culture au Mali.

Revenons au Mali avant de terminer. On a toujours présenté ce pays comme un pays pauvre, où les citoyens vivent avec moins d’un dollar par jour. Constat des administrateurs de Bretton Woods, jamais sorti de leurs bureaux à air conditionné, aux expressions techniques hermétiques. Ces administrateurs assimilent constamment la pauvreté d’un Etat à son peuple. L’Etat malien est certes pauvre, dépourvu de ressources, mais le peuple malien est riche, parce que c’est un peuple de commerçants. Et qui parle de commerce parle de trafic. Il y a plus de milliardaires au Mali que dans n’importe quel Etat d’Afrique.

Rares sont des familles maliennes où n’existent : bicyclette, motocyclette, machine à coudre, voiture qui sont des signes extérieurs de richesse en Afrique. Il y a autant de Mercedes et 4x4 à Bamako qu’à Berlin. Mais à quoi servent ces immenses fortunes ? Si elles ne peuvent pas créer des emplois et rendre les Maliens heureux, nous voulons bien savoir à quoi serviront-elles ? Que fait le Haut Commissariat des Maliens de l’extérieur ? Créée en 1991, cette instance sensée gérer les Maliens de l’étranger est aphone. Que fait-elle ?

Les Maliens ont besoin de rêve disait le célèbre cinéaste Souleymane Cissé, originaire de cet EtatNation, en poursuivant « Les Maliens disent qu’ils veulent aller derrière la lune, s’il y a de la place. Parce que, selon eux, les Soninka sont là-bas ». Le problème de l’immigration malienne prend tout son fondement là.

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