Producteurs étranglés, et consommateurs abusés.

Racket dans la grande distribution « à la Française ».

Jeudi 4 octobre 2007, par Paul Vaurs // La France

Très souvent, les agriculteurs français bloquent les centrales d’achat des supers et hypermarchés, pour dénoncer la mise en coupe réglée dont ils sont l’objet. Ce racket, dont sont issues les colossales fortunes des patrons des grandes enseignes, devient tellement insupportable que les divers secrétaires d’Etat au commerce ont finalement promis d’en limiter quelques abus. Mais trop d’élus locaux ont perçu des « péages » en échange de l’implantation d’une grande surface pour élever la voix.

La grande distribution est née en France dans les années 1950. A l’époque, dix à douze intermédiaires s’interposent entre l’agriculteur et le consommateur. Le prix payé pour un kilo de pommes est multiplié par quatre lorsqu’il arrive dans le panier de la ménagère. Les denrées sont rares et les prix flambent. Les commerçants bénéficient d’une situation de quasi-monopole. La demande ne rencontre l’offre qu’à la frontière de l’inacceptable. Quelques-uns en profitent pour se constituer des fortunes indécentes. L’idée se répand dans l’opinion que le commerçant est celui qui a prospéré grâce au marché noir, et s’enrichit, au détriment du consommateur. Cinquante ans plus tard, cette réputation demeure.

En 1949, M. Edouard Leclerc ouvre son premier libre-service à Landerneau, petite bourgade de la Bretagne profonde. On ne peut pas parler de grande surface, l’épicerie familiale ne s’étend que sur 50 mètres carrés et, pour la première fois, le client se sert lui-même, Les vitres du magasin ont été teintées enfin que les passants ne puissent reconnaître les visages de ces consommateurs venus « acheter pauvre » et bénéficier de remises de 20 % à 70 % sur des produits de consommation courante.

Aux Etats-Unis, à la même époque, l’automobile se démocratise. Le commerce spécialisé s’effectue en libre-service dans des sortes de hangars implantés à la périphérie des villes. Les acheteurs ont à leur disposition de grands chariots, de vastes parkings, et même des pompes à essence. L’idée traverse l’Atlantique. Des Français s’en emparent en y ajoutant le fameux concept du « tout sous un même toit » des produits frais à l’électroménager. En 1963, en banlieue parisienne, est inauguré l’hypermarché Carrefour, première véritable « grande surface » qui, quelques années plus tard, deviendra le plus important distributeur européen, et le numéro deux mondial. Pour le meilleur, mais aussi pour le pire, la grande distribution « à la française » vient de naître.

Dans un premier temps, les principes traditionnels du commerce sont respectés les marchandises achetées, sont revendues avec une marge bénéficiaire destinée à couvrir les charges et la rémunération du commerçant. Plus les stocks tournent rapidement, plus les profits s’accumulent. Hypermarchés et supermarchés, achètent en grandes quantités, ce qui occasionne la baisse des prix. Les ménagères vont dans ces commerces vertueux, qui s’amorcent, pour le plus grand bénéfice des consommateurs.

Les volumes s’accroissent et, avec eux, les exigences des distributeurs à l’égard de leurs fournisseurs, sommés de baisser en permanence leurs prix. Les relations se font de plus en plus tendues, d’autant que, très vite, les grandes surfaces réclament à posteriori une rémunération complémentaire et totalement arbitraire ; la « remise de fin d’année », qui représente entre 1 % et 2 % de l’ensemble des achats des douze mois précédents inexorablement, un engrenage destructeur se met en marche. Il ne s’arrêtera plus.. « Marges arrière » et « péages. »

Supermarchés et hypermarchés se développent. La France bat tous les records de densité en Europe. En moins de trente ans, le parc passe de 200 supermarchés à plus de 5 000, et d’un seul hypermarché à plus de 1 200. Les magasins ne commandent plus directement les marchandises, mais se regroupent en centrales d’achat pour peser davantage encore lors des négociations avec leurs fournisseurs. L’ère des fusions et des concentrations aboutit à la constitution d’un véritable oligopole. Profitant de leur position dominante, les centrales mettent en place un système inédit de racket, inconnu jusqu’alors dans les états dits de droit : pour des motifs divers, elles réclament tous les ans de 1% à 2 % de remise supplémentaire. Parfois beaucoup plus. Unique au monde, cette taxation, plus connue sous l’appellation de « négociations commerciales » ou encore de « marges arrière », ne rémunère en fait que la situation de quasi-monopole dont bénéficie la grande distribution française à l’égard de ses fournisseurs.

Cette taxation, constituée essentiellement de prestations fictives ou survalorisées, est passée de 10 % il y a une décennie à 35 %, puis 40 % et 45 %, pour dépasser largement la barre des 50 % du prix du produit et, dans des cas extrêmes, atteindre le taux de 70 % au début de l’année 2006. Elle augmente chaque année. Le superbénéfice ainsi obtenu n’est jamais répercuté auprès du consommateur. Il permet de servir de substantiels dividendes aux actionnaires de ces usines à consommer. Il sert aussi à financer la corruption du pouvoir politique, habitué à monnayer sa signature pour les autorisations d’ouverture. Le « péage »obligatoire, de 1 million d’euros minimum pour un hypermarché, est né à la fin des années 1970. Avec les « années Mitterrand », les enchères montent et les enveloppes se font plus épaisses. On passe à 1,5 puis 2, puis 3 millions d’euros. Monsieur Michel Edouard Leclerc, fin connaisseur, l’a d’ailleurs reconnu publiquement. « La vérité oblige à dire que près de la moitié des grands ensembles commerciaux, ont été soumis à ce trafic. »

Dans ce système, les fournisseurs doivent non seulement consentir des prix, mais aussi payer pour tout ; Payer un droit d’entrée pour être référencés ; offrir à l’ensemble des magasins du réseau des marchandises gratuites lors des premières livraisons ; payer pour voir leurs produits exposés à un emplacement privilégié ou en tête de gondole ; payer pour financer les campagnes promotionnelles ; payer pour figurer dans les catalogues ; payer lors de l’implantation de nouveaux magasins ; payer lors de la réfection ou de l’amélioration des plus anciens ; payer même pour se faire payer leurs propres factures. Payer et payer encore... Payer sans plus savoir pourquoi, puisqu’il n’y a plus aucun lien entre le prix payé et la réalité de la prestation fournie par le distributeur à son fournisseur.

À tel point qu’en mai 2005, un très médiatique grand distributeur français a, pour la première fois, lancé une massive campagne de communication, reconnaissant implicitement le phénomène de facturation sans cause. Les députés français ont identifié plus de 500 motifs invoqués par les centrales d’achat pour exiger ainsi des avantages supplémentaires de leurs fournisseurs. Ces derniers sont placés devant un choix très simple ; Ou bien se soumettre ou « ne plus figurer dans les rayons du grand distributeur ». C’est-à-dire garder pour eux leurs marchandises et fermer leurs usines Les excellents rapports parlementaires présentés à l’Assemblée nationale en 1995 et 2003 démontrent que le pouvoir politique, a une parfaite connaissance de l’étendue des pratiques déloyales de la grande distribution de biens de consommation ( 70 000 entreprises, 400 000 agriculteurs ) et les 63 millions de consommateurs sont analogues au passage dans le goulot d’étranglement d’un sablier. A tel point d’étranglement, que « cinq groupements de distributeurs contrôlent la vente de plus de 90 % des produits de grande consommation. » Certains fournisseurs sont seulement référencés par une ou deux centrales d’achat, ce qui aggrave encore leur situation de dépendance.

Trop longtemps bénéficiaire des circuits de financements occultes mis en place par ces grands réseaux, le pouvoir politique français a, là aussi, rendu les armes. Les médias ne manifestent guère plus d’empressement pour parler de ce sujet qui dérange. « L’importance des recettes publicitaires en provenance du secteur de la grande distribution explique-t-elle la prudence de certains confrères ? », s’interrogeait Philippe Cohen dans Marianne. Pour avoir posé la question de la responsabilité des grandes surfaces dans la course à la baisse des coûts, lors de l’affaire des farines animales, cet hebdomadaire a été exclu des campagnes de publicité de la grande distribution. Faut-il dès lors s’étonner que la presse écrite, devenue un simple « support » dans le jargon des publicitaires, se contente désormais d’énoncer vaguement les conséquences, les délocalisations, les licenciements, et les désindustrialisations de certaines pratiques, en prenant bien soin de ne jamais les relier à leurs causes réelles et profondes.

L’augmentation continue du taux de marge arrière, a un impact désastreux sur les entreprises, qui, peu à peu, se trouvent privées de leurs moyens d’investir et de financer leur recherche et leur développement, et sont poussées à recourir à des délocalisations. Les intermédiaires ont, certes disparu, mais, avec eux, les emplois qu’ils représentaient. En schématisant, il n’y a plus actuellement dans un prix que deux composantes essentielles ; La rémunération du fournisseur (agriculteur ou entreprise industrielle), de plus en plus comprimée, et celle du distributeur, qui se taille la part du lion. Les cinq centrales d’achat qui se partagent le marché français ont une très lourde responsabilité dans la disparition du commerce de proximité, dans l’écrasement de l’agriculture à taille humaine (et donc dans la désertification de l’espace rural), dans les délocalisations industrielles et les importations massives.

Dans le même temps, la concurrence disparaît et le choix du consommateur se restreint au fur et à mesure que de nouvelles concentrations s’opèrent. Cette spirale infernale a conduit à un appauvrissement de la qualité des produits et à une consommation à deux vitesses. Les plus pauvres doivent se contenter de ce qu’on leur présente comme étant « moins cher » :: Le poulet élevé en batterie à 1,50 euro le kilo, les tomates poussées dans du sérum et même, jusqu’en avril 1999, des volailles nourries avec des boues de stations d’épuration d’eau. Ces produits dénaturés laissent cependant de substantielles marges à ceux qui les exposent sur leurs rayons. En fait, loin d’être bon marché, ils sont extrêmement chers. Peut-on encore parler sérieusement de prix « écrasé » lorsqu’un kilo de tomates acheté 0,60 euro à l’agriculteur est revendu 2,20 euros au consommateur, soit un rapport de 1 à 6, comme en 1949.

Après avoir capté la majeure partie du secteur de l’alimentation, la grande distribution française, insatiable, s’attaque aux marchés de la parapharmacie (soins, santé, beauté), de la communication, de l’informatique, de la bijouterie, des fleurs, du vin, de la billetterie, des voyages, de l’artisanat, de l’automobile, de la banque, de l’assurance, des services, d’Internet, du sport et même de l’apprentissage de la conduite automobile. Déjà, le premier bijoutier de France s’appelle Leclerc, et le premier armateur de pêche inter-marché

Ces richissimes grands réseaux, qui ont fait la fortune de leurs créateurs et de leurs actionnaires, partent avec les mêmes méthodes, mais avec des moyens décuplés, à la conquête de l’Europe, des pays de l’Est, de l’Amérique du Sud, de l’Asie du Sud-Est, et de la Chine. C’est maintenant à l’échelle de la planète que se met en place une véritable dictature de la distribution sur les producteurs et les consommateurs.

Le commerce de proximité en chute libre.

Entre 1966 et l’an 2001 notre pays a vu disparaître 17 800 Boulangeries, 35 800 Boucheries, 2 600 Poissonneries 73 800 Epiceries, 3 500 Crémeries et Fromageries, 1 300 Commerces de Librairies Journaux, 5 000 Horlogeries Bijouteries, 4 700 Commerces de chaussures, 20 400 Commerces de Vêtements, 2 000 Commerces d’appareils électroménagers, et 4 100 Commerces de Quincaillerie. Seul, les Commerces de fleurs ont augmenté de + 4 000. Comme l’on s’en aperçoit, si des mesures drastiques ne sont pas prises rapidement, la situation d’un nombre considérable d’agriculteurs et de commerçants va être confrontée à une mort, qui a fait, déjà, d’énormes dégâts ; Sans compter les milliers de « Paysans » qui dans toutes les disciplines sont les victimes des « grandes surfaces et de l’organisation mondiale du commerce. » ( OMC).

Vu cette situation qui n’a de cesse d’empirer je propose une solution.

L’aménagement du territoire ne saurait faire l’économie d’un débat sur la survie du commerce de proximité et sur notre paysannerie. Une activité dont personne ne songerait à nier qu’elle est essentielle, mais qui n’a jamais bénéficié des mesures indispensables à son maintien. Un maintien qui passe par un encadrement des prix pratiqués par les grandes surfaces dont l’implantation n’a été que peu, et très souvent, mal maîtrisée.

Les grandes surfaces, par le biais des groupements d’achats, « fixe » leurs prix à des industriels qui n’ont d’autres choix que celui d’accepter, tout en sachant pertinemment que la défaillance d’un groupe d’achat mettra l’entreprise en difficulté, quand elle ne provoque pas sa faillite, Chaque création de grande surface provoque, dans le commerce traditionnel, la suppression d’un emploi sur deux. La multiplication des « Hyper-Marché » a entraîné, et particulièrement en milieu rural, la cessation des activités liées au commerce traditionnel, à telle enseigne qu’à ce jour, les collectivités en sont réduites à subventionner les commerces de premières nécessités dans de nombreux bourg.

Il faut remettre en question le principe de la libre concurrence et rétablir les équilibres qui, s’ils ne sont pas respectés, nécessiteront, au mieux, une intervention financière massive des collectivités, au pire, créeront des situations irréversibles et en parfaite contradiction avec les objectifs fixés par la politique de l’aménagement du territoire.

Moyens.

Rétablir les équilibres « Grandes Surface- Commerce traditionnel  », par le biais d’une taxe différentielle. Cette taxe serait établie à partir de la fixation d’un prix moyen qui permette au commerce traditionnel de soutenir la concurrence des hypermarchés « Prix fournisseur unique et sans tarif dégressif ». L’application d’une taxe différentielle, calculée à partir du prix moyen, sur les prix pratiqués par les grandes surfaces. Plus les prix sont bas, plus la taxe est importante, et permet de rétablir une parité. A l’inverse, pour lutter contre les prix abusifs, plus les prix sont élevés (relativement au prix moyen), plus la taxe est élevée.

L’obligation pour les grandes surfaces de se plier aux mêmes délais de paiements que le commerce traditionnel. On peut également envisager un rétablissement du « contrôle des prix « qui fixerait les tarifs des produits de consommation et les encadrerait tant à la baisse qu’à la hausse. D’une façon comme de l’autre, il s’agit de rétablir les équilibres en faisant davantage porter la différence sur les notions de prestations de service et de qualité des produits.

Les citoyens qui ne disposent que de moyens financiers faibles, voire nul, doivent être aidés. Pour cela, ils devraient bénéficier de « bons de commande gratuit » délivrés par les services sociaux du Chef Lieu du Canton où ils demeurent. Soit ils bénéficient de la gratuité d’une partie des achats, soit, ils ne paient qu’une somme correspondant à leur moyen financier.

Justice et équilibre, fraternité et dignité. Voilà des mots qui résonnent, ou qui doivent résonner dans tout coeur de démocrate.

Notre Pays, c’est doté d’un Conseil Général dans chaque Département. Comme si cela ne suffisait pas, nous avons créé, en plus, des Régions. Vu toutes ces autorités qui ont pour but de décentraliser les pouvoirs, et de donner à la Province une plus large « Autonomie » il devient nécessaire que les Présidents de Régions régulent le fonctionnement des « Grandes surfaces et des hypermarchés ».

C’est à eux de contrôler le fonctionnement de ces Mammouths qui peu à peu détruisent nos services de proximité ce qui est inadmissible, et prennent aussi le contrôle de notre paysannerie. Il doit être mis un terme aux manipulations honteuses qu’exercent ces « monstres » sur notre économie. Pour cela, les marchandises « alimentaires ou autres » devront voir les prix fixés par la Région. Cette mesure permettra aux agriculteurs ou autres fournisseurs de travailler en toute quiétude, ce qui n’est pas le cas aujourd’hui. Les Mammouths font la loi, et les fournisseurs pleurent et font faillite. Les responsables de notre démocratie doivent retrouver le respect des citoyens.

Comme je l’ai écrit en amont, les « Grandes surfaces » taxent les fournisseurs, pour que ces derniers aient la possibilité de voir leurs produits figurés en première place sur leurs étales, il faut même payer pour avoir l’espoir d’y entré. Toutes ces Grandes surfaces font un RACKET scandaleux, cette façon d’agir est inhumaine.

Puisque les gouvernements qui se sont succédés depuis cinquante ans, ont voulu décentraliser les pouvoirs, c’est aux régions d’assumer leurs responsabilités, et de protéger les citoyens qui sont aussi leurs électeurs. S’il le faut les « REGIONS » devront créer de nouveaux postes d’inspecteurs pour veiller aux bons fonctionnements des « Grandes surfaces » et des Services de Proximités.

La création des Régions commanderait que l’on supprime les Départements, et que les impôts locaux « Taxe foncière, taxe d’habitation et taxe professionnelle « soient centralisés à Bercy, et reversés par une péréquation de bon sens à l’ensemble des Régions. Le réseau dc distribution des carburants doit être préservé, ainsi une tarification unique s’impose, sur l’ensemble du territoire.

Ecrire, c’est exprimer, et apporter à ses lecteurs, ses idées, ses réflexions ; Le tout fondé sur des lectures des écoutes, des dialogues que l’on doit emmagasiner dans son cerveau, car toutes connaissances sont le reflet de ses vérités, de ses souffrances, mais aussi de son bonheur. Pour que des réformes se fassent, il faut que notre Pays dispose d’hommes et de femmes pour qui la politique est un « Sacerdoce plus qu’un métier », La France a des personnalités politiques de grande valeur. Des Parlementaires honnêtes et compétents, tant à
Gauche, qu’à droite, mais toutes ces qualités ne suffisent pas pour diriger une Nation.

Nicolas Sarkozy « Nouveau Chef de l’Etat », est l’homme qui peut réformer une administration ainsi que des corporations qui veulent conserver des privilèges que la Royauté avait abolis. Il en a les compétences, et la volonté, il a démontré qu’il faisait ce qu’il disait. C’est si rare de nos jours, que cela valait la peine de le souligner.

Mon appréciation sur le Président repose certes, sur une amitié et un respect de sa personne, mais plus que tout autre, Nicolas Sarkozy est un homme d’Etat. Il a une épouse discrète et efficace, il jouit d’un courage, d’une volonté et d’une capacité d’écoute importante. Gageons que le peuple l’aidera dans cette lourde tâche qu’il lui a confié le 6 Mai 2007.

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