Prince Jean de France.

Lundi 27 juin 2011, par Paul Vaurs // La France


Ci-dessus : Le Prince allant à la rencontre des populations

La monarchie au service de la France

Cet écrit n’est pas un programme, la monarchie est une institution qui a fait ses preuves en matière de gouvernance. La famille Royale incarne nos valeurs. Elle est l’emblème de la Nation. Cette France que nos rois ont soudé en mille ans. Aujourd’hui, plus que jamais la Royauté s’impose pour unir Français et immigrés. Contrairement à la république la monarchie applique avec rigueur les valeurs républicaines. Le 14 juillet 1790 à Paris, plusieurs milliers de Français commémorent le premier anniversaire de la prise de la Bastille.

La Fête nationale du 14 juillet perpétue le souvenir de quelques anarchistes qui prirent d’assaut « la prison de la Bastille » : en réalité il n’y avait que quatre prisonniers qui avaient commis des crimes atroces. L’histoire devrait nous apprendre que c’est le 14 juillet 1790, et non celui de 1789 qui est fété chaque année par le peuple de France. Il EST IMPORTANT DE LE SOULIGNER.

Il est tout autant important de souligner que L’HERITAGE du TRÔNE par ordre de PRIMOGENITURE permet à la dynastie de perpétuer sa mission qui a pour but d’être garante des valeurs de notre démocratie, et des droits de l’homme ; D’être un acteur infatiguable dans le processus d’intégration de tous les ciroyens, indépendamment de leurs opinons politiques, de leur religion ou de leur origine ethique. Le roi est mort, vive le roi ! point de rupture au sommet de l’Etat.

Très souvent, lorsque l’on évoque une monarchie, c’est le coût de « soi-disant impressionnant » de ce régime politique. Cette position est évoquée par celles et ceux qui ne se sont jamais intéressés à un retour de la royauté. Une Monarchie ne serait pas plus coûteuse qu’une république ; Ce serait « comme en Espagne ou en Suède » le Parlement qui fixerait les indemnités du Souverain ; tout comme il fixerait les indemnités de la Reine ou des Prince en se basant sur les devoirs qu’ils seraient amenés à effectuer pour le compte du Royaume.

Il y a un domaine qui sensibilise la famille Royale ; c’est celui de la justice sociale. Dans un petit livre qui a pour titre INDIGNEZ-VOUS un philosophe Français de 90 ans, relate nombre de vérités sur les conditions sociales qui sont le lot de milliers de citoyens. Gageons que la république, qui prononce le mot EGALITE à chaque discours, engagera des réformes pour que cinq à six millions de Français retrouvent une dignité qu’il n’ont jamais eu, mais à laquelle ils ont droit : Où est l’égalité dans la France républicaine ?

Un célèbre comique français se moquait « grossièrement » mais « gentiment » de l’ensemble de nos élus les traitants de Un pour tous, tous pourris… cette périgrénation, de Coluche était perçu positivement par une partie importante du peuple. Coluche nous a quitté en 1987 victime d’un accident de la route sur les routes du midi. La France de 2011 ressemble à celle que COLUCHE dénonçait en son temps.

Nous avons un Chef d’État qui doit faire fasse à une crise financier international d’une rare ampleur, mais Nicolas Sarkozy n’est pas De Gaulle, lui seul pouvait faire fonctionner correctement les institutions de la V° république ; les raisons sont nombreuses, mais la principale l’unique, est que le Général tenait son pouvoir de l’HISTOIRE DE France ; Ce pouvoir il l’a acquit en 1940 lorsque SEUL il fit face à l’ennemie Nazi. De Gaulle avec l’aide des USA et des résistants Français a gagné.

Si nous étions en Monarchie, comme c’est le cas dans 10 États Européens, le Souverain serait l’emblème de la Nation, celui qui est au-dessus de toutes les administrations du Pays ; Politiques ou autres. Son pouvoir serait de faire respecter la constitution, de recevoir les lettres de créance des Ambassadeurs, de Présider les cérémonies officielles, de ne favoriser aucun parti politique, de ne soutenir que les causes humanitaires, à moins que ce soit le Premier ministre qui lui demande d’en servir certaines ; De porter son attention, sur les citoyens victimes de malheur ou de toutes autres catastrophes. De servir le Pays à travers le Premier ministre issu des élections législatives. Le roi pourrait être notre ambassadeur à travers le monde, être le VRP de la France, être celui qui voyage pour faire connaître notre industrie, notre agriculture, en un mot, VENDRE ET FAIRE CONNAÎTRE LA France. Si un jour notre Patrie était intégré dans une grande Europe, il serait celui qui perpétue la Nation que ses ancêtres ont battis.

Souvent les républicains pourraient adhérer aux idées d’une Monarchie parlementaire, une seule chose les travaille ; C’est le Principe INDISPENSABLE DE L’HEREDITE. Ne soyons pas des républicains stupides ; Ce sont nos Rois qui en 1000 Ans ont battis une Nations qui est la plus visitée au monde, Si le fils d’un Souverain défunt était perçu comme un incapable, aussitôt, une assemblée désignait un autre membre de la famille Royale.

Récemment au Royaume-Uni, le mariage du Prince héritier a été vu par plus de deux milliard d’individus ; au même moment un Français, responsable du FMI était mis en accusation pour avoir eu un comportement odieux aux Etats-Unis d’Amérique. Son arrestation, son jugement ont été vu par pratiquement toute notre planète. Cet homme allait devenir président de la république Française.

Les Français ressentent dans leur mémoire collective ces vérités et le besoin urgent, secret, de revenir à la case « départ ». Ils savent aujourd’hui quels crimes contre l’humanité cache la légende révolutionnaire, et il leur suffit d’ouvrir les yeux sur le monde pour découvrir que toutes les dictatures du XX° siècle sont d’essence républicaine, que les démocraties ne se portent jamais mieux que sous l’autorité d’un roi. Ainsi, se pose leur problème permanent.

L’immédiat, celui qui cause leur désabusement, leur frénésie de l’abstention sourd de leur réaction individuelle au laxisme et aux scandales qu’ils condamnent dans leur unanimité. Quoi de plus naturel que leur défiance à l’égard des partis politiques, puis leur rejet ? D’un côté, ils savent ce qu’ils ne veulent plus cautionner. De l’autre, ils n’imaginent pas les gaullistes renoncer à l’image d’Epinal du général qu’ils vénèrent, les centristes au libéralisme et à l’Europe des marchands, les socialistes à l’internationalisme et à l’étatisme forcené, les communistes au marxisme. La vérité historique et le pragmatisme viscéral des combats pour la vie dissipent en eux, chaque jour, les mirages des idéologies abstraites. Entre leurs rêves et la réalité politique se creuse un fossé qu’ils renoncent à combler dans l’attente de jours meilleurs, imprévisibles dans le contexte contemporain.

Une Monarchie démocratique qui met en exergue les valeurs Républicaine. Les Français ont d’abord cessé de croire, puis de penser et de rêver. Ils vivent maintenant au jour le jour, au gré des sondages et d’une information manipulée par les groupes de pression d’une intelligentsia iconoclaste. Par peur, par paresse, par ignorance, par entraînement, ils copient les caméléons qui savent si bien s’imprégner des couleurs de leurs supports pour passer inaperçus. L’opinion qu’ils affichent en privé, à l’égard des partis politiques dévoile l’immensité de leurs désillusions. Pour eux, la gauche ne survit qu’autant qu’elle renie ses mirages idéologiques, alors même que le débat qui l’oppose à la droite n’est plus de saison. Ils ne se rallient pas pour autant à un centre dont le jeu de balance leur rappelle davantage des marchandages de boutiquiers que la politique selon Platon. L’UMP, avec une main tendue au peuple et l’autre au patronat, leur paraît aussi terriblement guindé et tiraillé sous son symbole phrygien. Enfin les extrêmes les effraient, mais leu permettent parfois d’exprimer un dépit amourex qui ne tient pas longtemps.

Nous vivons dans une société à bout de souffle qui protège ses privilèges, son sustème, et qui ne parvient plus à se renouveler, parce que faute de transcendance dans tout ce qu’elle entreprend, elle se heurte aux dogmes inébranlables des idéologies qui ont maintenant largement apporté la preuve de leurs prétentions et de leurs incapacités à s’incarner dans du concret. A soigner sa propre clientèle, chaque parti méconnaît l’intérêt collectif des Français et se condamne à un monologue qui stérilise une pensée déjà réduite à une seule application commerciale et matérielle, pour mieux devenir populaige et électorale.

La république, nous a fabriqué des idoles totalitaires. Cherchant l’autorité, nous avons sombré dans la dictature. Cherchant la hiérarchie, nous avons vu s’imposer de sombres caricatures. Cherchant la tradition, nous avons été abusés par son apparence, tandis qu’au nom de la nation certains s’abandonnaient à la frénésie nationaliste. Aussi quand les citoyens de ce pays, de plus en plus nombreux, découvrent que la fameuse déclaration des droits de l’homme et du citoyen n’est qu’un slogan de politicien à usage de carotte républicaine, les beaux discours ne suffisent plus à tromper les esprits et à dissimuler son caractère révolutionnaire et démagogique. Alors apparaissent les inégalités qui séparent les travailleurs du secteur public de ceux du secteur privé devant la question cruciale de la sécurité de l’emploi ; celles qui proviennent de l’emploi que l’on trouve ou que l’on ne trouve pas selon ses diplômes, sa formation, le milieu social et les relations familiales ; celles entre les habitants des villes universitaires qui envoient leurs enfants en faculté sans contraintes nouvelles et ceux des villes et des villages avoisinants confrontés à des frais supplémentaires de logement, de nourriture et de transports ; celles entre ceux pour qui l’état paie jusqu’à vingt-cinq ans, et parfois au-delà, des professeurs, des locaux d’enseignement, et ceux qui, à partir de dix-huit ans, ne coûtent plus un sou à l’état /parce qu’ils entrent dans la vie active ; celles entre ceux qui accomplissent leur service militaire et ceux qui en sont dispensés ; celles entre les travailleurs qui, par la masse qu’ils représentent, s’avèrent en mesure de paralyser l’activité économique du pays et ceux qui à cause de leur petit nombre ne gênent personne ; celles entre les partis qui envoientIdes élus dans chacune des assemblées du pays -et les minorités, même importantes, qui restent privées de toute représentation nationale et locale, parce que la loi du nombre prétend abusivement qu’elles ont nécessairement et obligatoirement tort.

Apparaît aussi cette privation de liberté qu’est la liberté sous condition. Nous appelons liberté sous condition celle qu’accorde aux Français la constitution et qui parvient jusqu’à eux encadrée de décrets d’application, d’articles de code et de règlements administratifs. De quoi les Français sont-ils libres sans attestation d’assujettissement, sans autorisation préalable, sans laissez-passer, sans acquit ? Cette vérité est subjective ; Autant la liberté est un droit garanti au citoyen adulte, fort et sûr de ses droits, autant c’est un privilège fragile et menacé pour le petit, le faible, le pauvre et l’abandonné.

Il ne faut donc pas s’étonner si des hommes qui n’adhèrent pas aux idées monarchistes, apportent au débat la conclusion que nous attendons. On peut se demander si les catastrophes qui se sont abattues sur l’Occident, n’ont pas leur origine dans la révolution française. (Claude Levi Strauss, académicien, agrégé de philosophie Race et culture, 1971.) La révolution lance les droits de l’homme mais elle invente le despotisme, qui ne sont pas incompatibles et surtout cet aveu accusateur, sous forme de mise en garde : Il y a plusieurs types de démocratie. Je n’accepte la démocratie qu’avec la liberté et des institutions libres pour tous. (François Furet, historien officiel de la révolution, dans un entretien avec Michel Caffier, paru dans L’Est républicain.) Troisième mousquetaire de ce trio, Alain, le philosophe radical-socialiste de la IIIe République : " Le système démocratique admet que la raison guide les masses populaires quand la vérité est que celles-ci obéissent plus généralement à la passion. Or, toute fiction s’expie, parce que la vérité se venge. C’est pourquoi la démocratie, si belle en théorie, peut dans la pratique, conduire à d’insignes horreurs ". Des jugements sans appel, venant d’adversaires de la royauté Les Français d’aujourd’hui prennent à leur compte l’ensemble de ces variations sur le thème de la démocratie, parce que la durée de la crise qui ne finit pas de sévir et d’accabler un très grand nombre d’entre eux, leur a indiqué les limites d’un régime esclave des lois économiques, toujours inhumaines ; des luttes idéologiques, toujours stériles. Ils n’acceptent pas de placer à perte leurs espoirs dans les rêves vains de la société de consommation et les fantasmes de la Française des jeux ; cette idole qu’un état sans âme, propose à l’admiration des foules. Des femmes et des hommes qui privilégient le jeux, ce dieux au détriment de la famille ; Des couples qui paient leurs dépenses au jeu pour assouvir leurs désirs, alors qu’en fin de mois l’argent des allocutions familiales a été dépensé sur les champs de courses ou dans des lieues de débauches.

Ils veulent les républiques, pas la Marianne qui a partagé la couche de Robespierre ; les libertés, pas celle une et indivisible, anonyme et mythique, au nom de la laquelle tant de crimes ont été commis ; l’amour, la tolérance qui se décrète et qui rend certains citoyens plus égaux que d’autres devant la loi civile ; le royaume de la justice, pas le culte de l’argent et des relations. Il ne nous paraît donc pas concevable de simuler la surprise et de crier hypocritement au scandale s’ils s’aperçoivent, à la lumière des faits et de l’histoire, que la république n’est pas le gouvernement pur, généreux, tabou, que prétendaient leurs instituteurs ; s’ils se demandent, désabusés et angoissés, pour quels motifs valables l’alternance souhaitée au niveau des gouvernants ne l’est pas à celui des régimes politiques ?

Face aux risques de fusion nucléaire et de pollution, face aux menaces de terrorisme et de conflit général qu’accumulent sur nos têtes les nationalismes régionaux et les démographies galopantes des pays du tiers-monde, face à l’échec de la révolution avec un grand R, prisonnière de ses principes universels et des matérialismes de notre civilisation de consommation, quel avenir envisager ? André Malraux, l’ancien combattant républicain de la guerre civile espagnole nous a répondu d’avance : « Le XXI° siècle sera religieux ou ne sera pas. « 

En fait le renouveau orthodoxe en Russie, la montée des intégrismes musulmans partout de par le monde et la vitalité du bouddhisme sur tous les continents, concrétisent la prédiction du grand écrivajn. Et même s’ils ne s’agit encore que d’un très léger frémissement, les Français découvrent que les chemins qui conduisent de la libre conscience à l’union libre ne débouchent que sur des pierres tombales et des corps réduits à la condition de poussière. Pour que les droits de l’homme existent, il faut un garant extérieur aux forces politiques et sociales, qui sont toujours prêtes à les redéfinir selon les intérêts du moment ou du plus fort. Pour que l’unité soit maintenue, il faut dans la nation un lieu où chaque citoyen, de droite ou de gauche, riche ou pauvre, du Nord ou du Sud, se trouve représenté et puisse s’identifier dans une personne. Pour qu’il y ait continuité, il faut pour l’exprimer, un homme placé au-delà des affrontements entre les partiss politiques afin, justement que l’alternance démocratique puisse jouer et que les règles dujeu soient pleinement respectées.

Pour qu’il y ait continuité, il faut pour l’exprimer et l’incarner, un homme placé au-delà des affrontements entre les partis politiques afin, justement, que l’alternance démocratique puisse jouer et que les règles du jeu soient pleinement respectées.
Aujourd’hui plus que jamais l’homme aspire à un changement profond de société qui l’affranchisse de la tutelle des politiciens professionnels. Il avoue sa lassitude des combats fratricides dans lesquels il damne son âme, son respect pour celui dont le « portefeuille est vide, mais où son aide au plus faible est grandiose ». Il court après le temps retrouvé de la fraternité, de la famille, du métier ; Il ne s’attend point à des miracles, mais à l’amour, à l’amour capable de sanctifier les sociétés et les patries comme il sanctifie les couples et les familles. Il veut réapprendre les règles simples de la vie, l’usage des produits naturels, l’acquisition des seuls biens indispensables à l’épanouissement de la personne, l’expression d’un art populaire et humain, ouvert à la Beauté, au Respect de lois justes, des lois équitables.

Y a-t-il aujourd’hui, en France, quelque discours polie qui fasse appel nommément à notre "âme" et qui, sans que son signataire ait crainte du ridicule, ose dire "notre" peuple, nos frères venus de l’immigration ? Il est parlé des citoyens, de leurs droits catégoriels ...moins souvent de leurs devoirs, étant entendu que chacun doit pouvoir se croire écouté, sinon entendu dans ses aspirations légitimes à un mieux-être collectif. Il est rarement question de solliciter l’électeur d’ouvrir son âme à de plus hautes aspirations, ou de l’inviter à se souvenir que, si chacun est unique par définition, il n’en est pas moins solidaire, aujourd’hui comme hier, et comme demain sous peine de disparaître de cet arbre vivant : l’identité française. Nous Français avons des droits, mais, surtout des devoirs, accepter nos frères venus de Nations « d’ancienne colonies ».
 
Toute civilisation connaît rapidement ses limites et déçoit une jeunesse toujours très enthousiaste et très idéaliste. Aujourd’hui les aînés rejoignent les jeunes parce que les crimes contre la nature de la société de consommation rassemblent les hommes, autour de leurs racines religieuses ou d’un panthéisme de remplacement assez inconsistant, dans lequel l’esthétisme observe une grande discrétion et l’athéisme un redoutable militantisme. Les Français, d’accord avec leur Prince, rêvent de surnaturel et n’acceptent plus d’être les produits courants et utilitaires, qu’une grande surface capitaliste et internationale propose aux vastes empires libéro-socialistes du monde.

UN GRAND DESSEIN POUR VOIR ENSEMBLE PLUS LOIN

On n’a jamais plus entendu parler de grand dessein que depuis que le Général de Gaulle a quitté le pouvoir ; Il est vrai que de Gaulle se plaçait au-dessus de ces partis politiques qui pérorent d’impatience à l’Assemblée Nationale. Leur principal souçi est d’assurer leur réélection au printemps 2012. Par-delà les divergences sur le choix des grandes options gouvernementales, l’aveu est grand : le parti au pouvoir n’a pas de dessein pour la France, ou plutôt il n’en a qu’un, celui de tous les partis de l’échiquier politique, l’Europe. L’Europe peut-elle devenir pour les Français le grand dessein dont rêvent nos politiciens ? Certainement pas. Sa construction ne passionne pas la nation. On le constate avec les taux de participation habituels aux élections européennes. L’Europe de l’argent et des idéologies partisanes n’est qu’un dangereux cheval de Troie. Comment réaliser l’unité d’une europe qui veut nous imposer l’Anglais comme langue commune, L’anglais davantage tourné vers les USA que vers la Russie ; Oui une Europe où les salaires, la protection sociale, et bien d’autres mécanismes, qui n’ont aucun rapport entre les nations ; Que ce soit dans le domaine des salaires, de la justice sociale, des heures de travail, la liste est loin d’être exhaustive ; Rien n’est plus abstrait que cette Europe où tout est dissemblable entre 27 Nations qui n’ont rien en commun. Patience patience !

Le grand dessein est un tout, pas seulement un traité économique, pas seulement une théorie politique. Il réclame une couronne étincelante de perles qui se nomment dévouement, désintéressement, spiritualité-, beauté, grandeur, noblesse, mais aussi action, volonté, pragmatisme persévérance, obstination, temps. Il peut être géographiquement européen, africain, international, mondial. Il ne peut prendre son élan que dans nos racines, notre mémoire, notre âme.

Une famille l’incarne, en assume la permanence de Père en Fils ; Nous retrouvons les valeurs à nulle autres pareilles dans cette Royaué Français qui en mille ans nous a laissé un héritage unique au monde. Une Nation, une culture qui chaque année, est visité par près de quatre vingt dix millions de touristes avides de connaître la patrie des Lys.

C’est pourquoi le grand dessein, c’est d’abord notre langue. Celle-ci n’est hélas plus que l’ombre d’elle-même attaquée de l’intérieur et de l’extérieur. L’Académie française essaie bien de résister aux mauvaises modes qui se répandent, aux simplifications qui ouvrent les portes à toutes les interprétations et à tous les barbarismes. Il faut reconnaître qu’elle est seule à se battre pour sa sauvegarde et sa pureté. De son côté, l’Alliance française s’acharne à préserver son universalité. Elle aussi connaît la solitude des vastes déserts. Face à ces deux sentinelles, l’ennemi déploie ses troupes. Ecoutons sa cinquième colonne.

La bataille n’est pas perdue d’avance. L’Anglais nous a provisoirement vaincus.

L’espagnol est la langue de l’Amérique du Sud, cet énorme réservoir d’hommes au XXI° siècle. Lui seul entrera en compétition avec la langue anglaise.

Que l’Allemagne devienne la première puissance de la future Europe et l’allemand deviendra vite sa langue officielle.

Ne méprisons pas non plus l’italien qui peut aussi oser à la surprise générale. Méfions-nous des Italien, de leur débrouillardisme, sinon du dynamisme

Ne cédons pas au défaitisme. Nous possédons un capital admirable qu’il nous appartient de faire fructifier. Il ne dépend, ni de l’expansion commerciale du monde, ni de l’importance des populations de ceux qui le partagent, mais des richesses qu’il octroie, c’est-à-dire une clarté et une précision dans l’expression qui ont assuré sa supériorité sur les autres idiomes pendant des siècles ; une pureté et une musicalité qui dotent notre littérature de sons inimitables.

Notre premier devoir consiste à endiguer son recul, partout ou a sévi la décolonisation, puis à repartir à l’assaut en montrant les trésors qu’il apporte dans son escarcelle d’art : une littérature qui libère l’homme et qui enrichit son esprit par sa grande variété, une civilisation dont tous les pays modernes se réclament, quand ils ne sont pas aveuglés par des intégrismes religieux. " Avec le français, on pouvait se rendre à Ouagadougou jusqu’à Port-Etienne ou jusqu’à Zinder au Niger, il n’y avait pas de problème. Actuellement les pays africains ne pourront jamais développer une industrie du livre, de la communication écrite, tant que le français n’aura pas été enseigné, même aux adultes, jusqu’à un certain niveau. " (Frédéric Guima, ancien ambassadeur de Haute-Volta à l’ONU.) Il importe ensuite de reconquérir les bastions perdus dans le langage commercial, sportif, scientifique.

Nous possédons un capital admirable qu’il nous appartient de faire fructifier. Il ne dépend, ni de l’expansion commerciale du monde, ni de l’importance des populations de ceux qui le partagent, mais des richesses qu’il octroie, c’est-à-dire une clarté et une précision dans l’expression qui ont assuré sa supériorité sur les autres idiomes pendant des siècles ; une pureté et une musicalité qui dotent notre littérature de sons inimitables.

Notre premier devoir consiste à endiguer son recul, partout ou a sévi la décolonisation, puis à repartir à l’assaut en montrant les trésors qu’il apporte dans son escarcelle d’art : une littérature qui libère l’homme et qui enrichit son esprit par sa grande variété, une civilisation dont tous les pays modernes se réclament, quand ils ne sont pas aveuglés par des intégrismes religieux. " Avec le français, on pouvait se rendre à Ouagadougou jusqu’à Port-Etienne ou jusqu’à Zinder au Niger, il n’y avait pas de problème. Actuellement les pays africains ne pourront jamais développer une industrie du livre, de la communication écrite, tant que le français n’aura pas été enseigné, même aux adultes, jusqu’à un certain niveau. " (Frédéric Guima, ancien ambassadeur de Haute-Volta à l’ONU.) Il importe ensuite de reconquérir les bastions perdus dans le langage commercial, sportif, scientifique.

Attention cependant, langue royale , le français s’étiole sans l’imagerie populaire qui le colore et qui l’enrichit. On parle beaucoup, de nos jours, du rang que la France devra tenir en Europe, dans le troisième millénaire qui a déjà 12 ans d’âge. Si elle ne veut pas péricliter, des indispensables efforts de modernisation, d’innovation, d’expansion qui attendent d’ici là nos entreprises dans le futur grand ensemble... Cette réaction saine, salutaire ne réussira qu’à condition. que le prestige et le rayonnement de notre langue ne régressent point. Battons-nous pour ne pas priver nos arts et nos industries de ce support indispensable.

Enfin la connaissance intéressante et utile des langues étrangères ne doit pas s’effectuer aux dépens de la nôtre. Celle-ci doit au contraire s’affirmer comme le véhicule de nos ambitions, de notre résurrection en tant que peuple. Elle doit redevenir la carte maîtresse de notre enseignement, non pas de cet enseignement passif, sans éclat de fonctionnaires oisifs dans leur coin, mais de celui actif, enthousiaste, de véritables missionnaires, ennoblis et stimulés par l’accomplissement de leur vocation.

Le grand dessein, c’est l’Art

Longtemps la France a exporté des cathédrales, des châteaux, des artistes. Ces temps sont révolus. On peut même ajouter que le destin désormais tragique de nos artistes nationaux préfigure celui de notre peuple. En effet l’immigration triomphale de leurs collègues étrangers ne les voue-t-elle pas à la concurrence, à l’affrontement, puis à l’effacement et à la disparition de nos cimaises, de nos jardins, de nos musées ?

La prétention des différentes écoles nationales, l’avilissement de nos propres écoles et de nos ministres devant ces petits maîtres qui viennent chercher à Paris une consécration qui est refusée aux nôtres, le snobisme des modes et des critiques au parfum ou branchés, ont détaché l’art de son plus fidèle soutien, le peuple. Il ne s’agit plus d’embellir son environnement, les murs de sa maison, de s’enivrer d’une beauté à la portée de tous, qui écarte les laideurs qui assaillent trop souvent les yeux, mais de déchiffrer l’indéchiffrable, de choquer ur choquer, de réaliser un placement qui se révèle avec le temps supérieur à ceux qu’offre ordinairement la bourse.

Devenu bourgeois, l’art s’est coupé de ses racines. Il a perdu sa spiritualité et son authenticité auprès des foules. Il n’est plus que la plaie béante de sa rupture avec une continuité qui l’inspirait et qui l’enrichissait. Chassons cette modernité barbare. Délivrons le rêve et la sensibilité des artistes de la chape de plomb des stupides idéologies. La laideur nous entoure. La suffisance submerge notre univers. Il dépend du peuple de rétablir partout le règne de la beauté, le couronnement de l’intelligence, en chassant les marchands du temple. L’exemple nous vient de ces chefs-d’oeuvre en péril, sauvés des ruines au prix de mille sacrifices par un grand nombre de Français, le plus souvent de condition modeste.

Un grand chantier de rénovation s’ouvre à notre peuple. Il concerne tous les arts, tous les artistes, et tous ceux, très nombreux, qui les admirent et qui les honorent de leurs commandes, de leurs achats, parce qu’ils aiment qu’une oeuvre leur restitue le regard de Dieu sur sa création.

Le renom de la France que nous aimons, sa prospérité générale, ne dépendent nullement d’une entreprise individuelle ou d’une réussite personnelle, mais de sa vocation ancestrale, de ce grand dessein dont elle ne peut vraiment pas se passer.

Attention cependant, langue royale , le français s’étiole sans l’imagerie populaire qui le colore et qui l’enrichit. On parle beaucoup, de nos jours, du rang que la France devra tenir en Europe, en 1993, si elle ne veut pas péricliter, des indispensables efforts de modernisation, d’innovation, d’expansion qui attendent d’ici là nos entreprises dans le futur grand ensemble... Cette réaction saine, salutaire ne réussira qu’à condition que le prestige et le rayonnement de notre langue ne régressent point. Battons-nous pour ne pas priver nos arts et nos industries de ce support indispensable.

Enfin la connaissance intéressante et utile des langues étrangères ne doit pas s’effectuer aux dépens de la nôtre. Celle-ci doit au contraire s’affirmer comme le véhicule de nos ambitions, de notre résurrection en tant que peuple. Elle doit redevenir la carte maîtresse de notre enseignement, non pas de cet enseignement passif, sans éclat de fonctionnaires oisifs dans leur coin, mais de celui actif, enthousiaste, de véritables missionnaires, ennoblis et stimulés par l’accomplissement de leur vocation.

Le grand dessein, c’est le travail et son organisation

On peut se demander quelle est son importance pour des dirigeants qui se contentent de gérer la crise économique, et des travailleurs qui n’éprouvent plus aucune satisfaction à admirer le bel ouvrage que façonne leur main ou que conçoit leur intelligence.

Certains qui en sont privés, le cherchent désespérément. D’autres simulent une prospection sans débouché et acceptent les indemnités qui remplacent le salaire, tout en prétextant la misère pour se livrer en toute liberté à des boulots à la sauvette et au noir.

Le travail ne suscite plus de vocations, mais de plus en plus des désillusions, depuis que les machines envahissent les ateliers et les bureaux, chassent les hommes de leurs emplois et se permettent de penser plus vite et d’une manière plus performante qu’eux. Le travail déjà difficile à partager entre les hommes et encore plus difficile à répartir entre les hommes et les machines.

L’homme a désacralisé le travail qui est devenu pour lui le moyen le plus important et le plus commun de gagner sa vie. Quelle erreur ce piédestal vide devant lequel aucun officiel ne dépose plus de fleurs. La fonte d’une nouvelle statue est indispensable dans les délais les plus brefs à envisager, mais son édification ne contribuerait qu’à embellir le décor d’une place publique, si elle ne s’accompagnait pas du retour aux libertés de l’ancien régime que la révolution a supprimées. Certes, le droit de grève existe, et de manière abusive dans le secteur public ; certes, les syndicats défendent les revendications des travailleurs, mais ils ont été voulus pour encadrer les mouvements ouvriers et ils s’y emploient magnifiquement, grâce à leur assujettissement aux partis qui se distribuent le pouvoir et qui leur attribuent label officiel et subventions. L’insignifiance actuelle de leurs effectifs prouve bien leur faiblesse congénitale et la nécessité d’un changement qu’ils rejettent, parce que contraire à leur stratégie, à leur idéologie et surtout à leur raison d’être.

Que ces syndicats politiciens, véritables syndicats de syndicats gouvernementaux, renoncent à la fratricide lutte des classes, qu’ils acceptent de devenir des syndicats d’entreprises, d’industries et de branches d’industries, dans lesquels les représentants élus des ouvriers, de l’encadrement, du patronat, du capital, se réuniront pour établir les programmes de recherches, de productivité et d’investissements, les prix, les salaires, la lutte contre le concurrence ; qu’ils gèrent avec la même harmonie la formation professionnelle, la sécurité sociale, et plus rien ne s’opposera à leur représentation dans les différentes assemblées du pays. Le prix à payer, évidemment, c’est la libre acceptation et le libre partage des responsabilités, la reconnaissance des commissions de conciliation que l’état sera bien obligé de mettre en place, en cas de conflit.

Mais ne vaut-il pas mieux débattre d’un différend que se battre ? Ne vaut-il pas mieux apprendre à se connaître, à s’estimer que s’apprêter à ruiner l’outil de travail collectif ? Ne vaudrait-il pas mieux enfin disposer de ses propres sièges dans les assemblées, afin de faire prévaloir son point de vue sur l’avenir de son activité professionnelle, plutôt que de se reposer sur le bon vouloir d’un parti, parlant en son propre nom ? Rien ne nous semble utopique dans ce projet, si le grand dessein qui fixera les objectifs sait également concevoir les divers organismes capables de prescrire aux instances responsables, la solution la plus juste pour l’entreprise ou la branche d’entreprises.

Nicolas Sarkozy Chef de l’État depuis mai 2007 avait fait des propositions bouleversant la façon de répartir équitablement les salaires des différentes couches sociales et professionnelle de la Nation. Cinq ans, c’est peu pour réaliser de grandes réformes, d’autant que le Président Sarkozy s’engageait à réformer l’ensemble des salaires en divisant par trois les bénéfices des entreprises. Le Président suggérait que l’on fasse la règle de trois : « Un Tiers pour les salariés, un Tiers pour l’Etat, un autre Tiers pour les financiers et pour maintenir en état l’outil de travail. »

Le grand dessein, c’est l’arène mondiale

La France s’est repliée à tort sur l’hexagone et par voie de conséquence sur l’Europe, alors que son passé, sa vocation, lui ouvrent les portes des cinq continents. La langue française d’abord jalonne les immenses territoires des anciens empires coloniaux de la monarchie et de la troisième république. Même si des plaies subsistent encore artificiellement, çà et là, elles tendent à se cicatriser. Ensuite ce que la France a apporté au monde par ses saints, ses artistes, ses savants, ses idées, a laissé des traces indélébiles dans des populations isolées, peut-être plus évoluées, mais qui rassemblées autour de ce prestige initiatique composent un territoire immense, sans frontière, dont les habitants seront toujours prêts à choisir en priorité ce qui provient de France.

Ne fuyons pas les défis que le monde nous lance. Aux atouts que nous venons d’étudier, ajoutons-en d’autres : la qualité française qui est heureusement devenue le souci numéro un de nos industriels, la recherche soutenue des marchés, une commercialisation et un service après-vente à la hauteur de nos ambitions, une grande innovation dans tous les domaines de la technique et de l’esthétique, une baisse de nos prix de revient obtenue par des sacrifices qui seront bien vite payants et des réformes de la fiscalité, la réduction des écarts de salaires, l’affaiblissement de la concurrence nationale. Souvenons-nous aussi qu’impossible, n’est pas français. Pensons également à l’avenir de nos enfants et de nos petits-enfants. L’Europe se prétend un marché, mais un marché où va se dérouler la pire des compétitions. Rien, absolument rien, ne nous assure que les entreprises et les personnels français sortiront vainqueurs de ce combat à mort dont aucun état national n’a pensé à fier les règles. Nous devons penser à la France avant de penser à l’Euroe et nous munir en tous les cas d’une roue de secours en excellent état de marche. A nous d’agir, car si nous n’agissons pas vite, très vite, nous verrons les mêmes sociétés qui auront réduit à la faillite ou absorbé nos entreprises et livré nos ouvriers au chômage, déployer effrontément leur savoir-faire à la place du nôtre sur ces territoires où la France aura versé en vain des larmes, de la sueur et du sang.

L’un des sages de l’Afrique, déjà cité, M. Frédéric Guima, exprime très bien ce que nous ressentons à ce sujet. Les Français devraient cesser de considérer que, la France, ce n’est que l’hexagone. Physiquement oui, mais moralement non. Nous restons quand même, nous Africains, une partie de la France. Il faut cesser de comprendre l’aide en termes de subvention aux budgets nationaux, ou en termes d’activité des organisations caritatives. Pourquoi la France ne propose-t-elle pas à l’Afrique une sorte de contrat social qui aurait pour contenu des valeurs morales autant que des considérations économiques ? Les pays africains qui accepteraient cela constitueraient une communauté d’un esprit nouveau. Bien sûr, le Président Senghor avait parlé d’un commonwealth à la française. Je ne crois pas que cette idée soit morte. Seulement, en attendant que les Africains mûrissent, les Français se consacrent à d’autres aventures. Alors est-on condamné à ne jamais se retrouver ? Ce serait très grave. Si l’on prenait en considération les intérêts moraux, économiques et politiques à harmoniser entre la France et les pays africains, peut-être que certains des problèmes de la France en matière de commerce extérieur, d’emploi, ne seraient pas aussi ardus. Imaginez le marché que constituent les pays africains ! En 1959, la Haute-Volta « devenu Le Burkina » avait cinq millions d’habitants, elle en compte dix maintenant. (Pourquoi, par exemple, aura-t-il fallu des Chinois pour acheter le brevet de Solex, pourquoi la deux chevaux est-elle fabriquée au Portugal ou ailleurs, alors qu’en Afrique on pouvait fabriquer le Solex et la deux chevaux ? Le Portugal réexporte les deux chevaux que nous devions payer en devises tirées sur le fonds commun que nous avons avec la France puisque nous faisons partie de la zone franc. On veut créer une monnaie européenne, mais que deviendra la zone franc ? Cette question préoccupe beaucoup les Africains.

Au moment où se pose de manière tragique et inévitable le problème de l’annulation de la dette des pays du tiers-monde, pourquoi ne pas souscrire aux solutions proposées par le comte de Paris dans sa " lettre aux Français " ? Il souhaite que la France consacre en priorité tous ses efforts aux pays que la langue et l’histoire lient à son rayonnement ; qu’elle normalise ses échanges avec eux, en payant à leur juste prix les matières premières qu’elle leur achète. Ainsi, de nouveau fidèle à sa vocation ancestrale règlera-t-elle dans la dignité et la justice cette délicate question internationale. Le DUC DE VENDOME élève le débat à l’Europe. En ce qui concerne la France, son rôle central, en géographie comme en histoire, en fait une médiatrice privilégiée entre la communauté et les nations en voie de développement d’Afrique et d’Asie. Son apport, déjà fortement traduit par la convention de Lomé, doit encore s’intensifier pour que la remontée en puissance du vieux continent profite au développement des jeunes nations sans les incorporer un camp géostratégique qui les aliène.

Si le grand dessein de M. Rocard vole au ras des boîtes aux lettres, celui de M. Fabius n’avait pas dépassé le stade des discours démagogiques sur l’Europe. Les Français s’avouent en secret beaucoup plus désespérés qu’ils ne le laissent paraître. L’instinct politique leur dicte les conditions d’un grand dessein : la continuité, la durée, l’assentiment national. Ce qui les pousse à rejeter les projets à brève échéance et dépourvus d’envergure que les gouvernements de la France d’aujourd’hui destinent à des majorités précaires et de circonstances. On ne gère pas le long terme comme son contraire le court terme. Le premier réclame une grande expérience du pouvoir, un dessein multiséculaire qui ranime les énergies et bande les volontés, l’union quoi qu’il arrive, de la méthode, de la sagesse, de la patience. Le second un programme souple, au jour le jour, des majorités de circonstances, des partenaires sociaux complices, des sondages orientés, la maîtrise des sources d’information et de bons renseignements généraux. L’un sert le pays unanime à travers plusieurs générations ; l’autre les adhérents des seuls partis politiques et les membres d’une classe de la société. L’un prépare et préserve l’avenir ; l’autre administre le présent. Mieux encore, le long terme ancre l’avenir, au présent et au passé, afin qu’il en devienne la quintessence. 

Une couverture sociale sans tabous et faire du chômage une affaire Nationale et Internationale.

Il n’est pas de jour que la presse écrite et parlée ne place le chômage au premier rang des préoccupations du peuple français. Et pourtant son traitement, pour employer le jargon des ministères, continue son petit bonhomme de chemin entre deux statistiques bordées de mises en pré-retraite et de stagiaires qui ne cessent d’errer de stage en stage. Que fait-on en réalité ? Ici, on amuse ses victimes en ravalant des façades sans intérêt artistique et qui s’effondrent d’ailleurs, alors qu’il faudrait innover et construire du neuf à la place. Ailleurs, on prépare un rallye international, uniquement pour faire acte de présence, avec un moteur poussif, complètement dépassé par le temps.

Tout le monde se révolte contre le chômage par principe. Malheureusement, tout le monde l’admet par nécessité. Le pouvoir, le premier... Comment s’étonner dès lors que ceux qui le subissent et qui attendent avec effroi la lettre annonciatrice de leur fin de droits, se sentent enfermés à vie dans un goulag, selon la juste expression du Duc de Vendome..Prince héritier.

Les gouvernements ont jusqu’à présent lutté contre lui en allégeant les charges des entreprises en cas d’embauche, en favorisant les investissements productifs, en essayant de rétablir la confiance. S’ils sont parvenus non sans peine à renverser la tendance, ils n’ont pu ni le repousser vraiment, ni le vaincre. Nous assistons ainsi à une véritable guerre de tranchées qui ne satisfait personne.

Par le passé nous avons eu pléthores de rapports, ils ont inspiré certaines de ces mesures, comme par hasard les moins contraignantes pour les chômeurs et les entreprises. Les autres, toutes celles qui requièrent des efforts, du courage, des sacrifices, ne sortiront jamais du placard dans lequel le rapport a été enterré. Il est regrettable de constater le manque d’invention, d’audace, de dynamisme de nos industriels et de I’Etat. Il démontre, par le modèle japonais, que si on met intelligemment de l’informatique et de la technologie d’avant-garde dans des produits classiques, on provoque l’élargissement des marchés, ce qui débloque l’emploi ; que cette même informatique et cette même technologie peuvent, selon le modèle américain cette fois, créer de très, très nombreux emplois. Il ajoute qu’il faut travailler plus ; faire en sorte que le régime de protection encourage les chômeurs à ne pas refuser les places qu’on leur offre et il conclut qu’il importe de couronner ces mesures par l’invention d’un partenariat local, c’est-à-dire une incitation locale à la création d’usines et d’ateliers. Le Prince Jean cerne d’autant mieux le problème qui se pose aux responsables de cette lutte, qu’il s’inquiète de la mise en application de l’acte unique.

Verser des allocations aux chômeurs et financer des stages de formation ou de reconversion, exempter les entreprises de charges pour certains de leurs employés et favoriser les investissements, agit sur les conséquences, nullement sur les causes profondes. Tout semble perdu si les entreprises et lés personnels attendent leur salut de l’Etat. Par contre, si tous ceux qui contribuent à la vie d’une entreprise se mobilisent contre les difficultés qui l’assaillent, s’ils se concertent, s’ils s’unissent, s’ils mettent en commun leurs idées, leur travail, leurs sacrifices, leurs profits, tout devient possible. Le temps est dépassé des plans sociaux de type réglementaire : même accompagnés d’avantages fiscaux, leur opportunité s’émousse et déçoit.

Seul, ou presque seul, parmi tous les hommes qui revendiquent la prise en charge de notre avenir politique, le Prince Jean redoute une Europe qui livrera nos produits à une rude concurrence sans qu’au préalable toutes les législations et les règles de fabrication aient été unifiées. Un second préjugé doit tomber : celui qui distingue, ou même oppose abusivement, le bilan social au bilan économique. L’Europe est celle des hommes en même temps qu’elle est celle des marchandises ; ce ne sont pas des marchés différents que celui de la consommation en biens commerciaux et celui des prestations en garanties sociales. Les charges de santé, d’éducation, les impôts, les conditions de travail, voire la sauvegarde de l’environnement figurent aussi bien que le prix des matières premières et de la main-d’oeuvre dans l’enveloppe prise en compte par la productivité. Il faudra bien s’accorder sur un code social européen comme condition de la liberté des échanges économiques, ou prévoir différents paliers vers cette unification.

Pourquoi ne pas prévoir aussi, en cas de maintien d’une disparité, un fonds douanier d’égalité des prix de revient, alimenté par une taxe compensatoire dont le montant reviendrait à l’Etat producteur pour alimenter son budget social et des travaux de protection de la nature ? On ne supprimera pas le chômage par une solidarité passive et sélective de l’impôt, mais par l’effort et la solidarité active de tous les Français. Partant de ce constat, quelles sont, chez nous, les faiblesses génératrices de crises ?

  • le manque de diversification et d’ambition de nos entreprises ;
  • des prix de revient trop souvent supérieurs à ceux de nos concurrents étrangers ;
  • une réputation de qualité, d’originalité et d’art à rétablir.

Il nous faut donc :

  • favoriser la construction d’usines sur notre territoire national et la création de main-d’oeuvre par des prises de capitaux dans les sociétés étrangères qui fabriquent les produits que nous importons à 100 % ;
  • baisser absolument nos prix ; veiller à notre réputation, en particulier à celle des services d’entretien.
  • Il ne s’agit pas bien évidemment de baisser les salaires, mais si tous les Français acceptaient quelques sacrifices, le temps de tordre le cou au chômage, ainsi que cela s’est déjà accompli à plusieurs époques de notre histoire, nous apercevrions très vite le bout du tunnel.
  • Que tout le personnel des usines et des ateliers effectue chaque semaine gratuitement quelques heures supplémentaires de travail ; que les commerçants acceptent de réduire leur marge bénéficiaire ; que ceux qui ne produisent rien de monnayable décident d’investir une partie raisonnable de leurs émoluments dans l’édification des usines ou des investissements qui ’nous manquent, que l’Etat, lui le premier, donne l’exemple en réduisant les impôts et son train de vie, nous rétablirons notre balance commerciale et nous redeviendrons compétitifs. De plus, nous serons doublement gagnants les uns et les autres puisque l’embauche redémarrera et que le coût de la vie baissera.

Il n’est pas juste, il n’est pas normal que seuls, quelques salariés soient touchés par les cyclones du chômage. La solidarité devrait jouer à plein dans ce domaine plus que dans aucun autre. Si notre société n’était pas aussi égoïste qu’elle s’applique à le prouver, des réductions collectives de la durée du travail remplaceraient les suppressions d’emplois. Hélas, la solidarité reste un vain mot de tribun et les malheurs des uns continuent de faire le bonheur des autres.

Quelques solutions et non des moindres dépendent donc d’une autre conception de la société, mais nos dirigeants n’osent pas partir en guerre contre les syndicats complices et passer pour d’ignobles machos, auprès des féministes distingués de leur parti. Ils préfèrent le mal au remède, la mort à la vie. Dommage pour eux qui s’enfoncent chaque jour davantage dans la crise, par leur faute ! Sur leurs lieux de travail, les Français raisonnent autrement. Pour eux, les changements dans l’industrie sont aujourd’hui si fréquents et si rapides, que seules les entreprises confrontées à la compétitivité et plongées dans le combat quotidien de la recherche du haut niveau des carnets de commandes, peuvent les prévoir et les préparer.

Ils pensent en conséquence que les orientations et la mise en place de la formation professionnelle, des débouchés scolaires émanent de leurs options et de leurs prévisions, non de l’Etat idéologue et technocrate, trop lentement informé ; que les structures de classes sociales et de guerre civile de l’organisation du travail ne conviennent plus à la situation de crise actuelle ; qu’il faut en inventer de nouvelles plus représentatives, plus conviviales, plus responsables. Ils ne comprennent pas pourquoi les directeurs et les cadres sont toujours sanctionnés en cas de faute et d’échec, alors que les responsables syndicaux ne le sont jamais quand leurs actions entraînent les mêmes effets. Ils ne s’expliquent pas non plus à quoi servent les lois qui limitent les licenciements, si d’autres favorisent les négriers du travail intérimaire ? Il est scandaleux, il est immoral, que des sociétés tirent des bénéfices du travail et du chômage, quand l’Etat, par l’intermédiaire des contribuables, les subventionne tous deux.

Un nouveau régime ?

« L’ affaire » dont tout le monde parle, ne peut qu’inciter à une nouvelle réflexion politique. Car ce sont les principes mêmes du régime qui sont remis en cause.

I.A RÉPUBLIQUE est fondée sur la vertu

Le mérite individuel en est la loi fondamentale. C’était, ce sont encore, en France, les « grands » principes, appris des « grands » auteurs, qui se répètent dans les « grands » discours et qui s’enseignent dans toutes les « grandes » institutions.

Les Français qui ne sont pas tous des sots, savent bien qu’il y a les mots et la chose ; et les mots sont loin d’être en adéquation avec la chose. L’histoire républicaine est un long tissu de scandales qui sont autant de défis à la vertu, le plus corrompu osant s’offrir comme le plus méritant. Mais il n’empêche que l’idée apprise domine les esprits, même encore aujourd’hui, de telle sorte que tous les vainqueurs électoraux et c’est vrai singulièrement en France en raison de cette éducation spéciale à la chose politique se croient toujours comme auréolés d’une sorte de gloire vertueuse qui manifeste et authentifie leurs mérites essentiels.

Cela se vérifie à tous les niveaux mais plus encore quand il s’agit du sommet de l’État. Des Giscard, des Mitterrand, des Chirac, des Sarkozy, parce qu’ils ont obtenu 52 ou 53 % des voix des votants, ont aussitôt conçu le plus sincèrement et le plus narcissiquement du monde cette idée simple et forte qu’ils étaient les meilleurs. Il suffit de les voir et de les écouter. Sur ce point, ils sont tous inaccessibles au doute. L’heureux élu est persuadé d’être, du coup, le plus intelligent, le plus doué, peut-être le plus retors mais en l’occurrence pour le bien qui se confond avec sa personne, et en tout cas le plus apte à exercer la fonction. Voilà ce qu’ils pensent. C’est leur mérite qui, dans leur esprit, est justement couronné ; et ce mérite leur donne le droit de commander aux autres et de disposer du sort, voire de la vie de leurs compatriotes. Intime et inébranlable conviction qui les autorise aussi à s’affranchir des règles ordinaires, pourvu que l’apparence soit sauve. Dieu seul sait ce qu’il leur a fallu faire pour parvenir là où ils sont parvenus. Et pour y rester.

LA THÉORIE DES « MEILLEURS »

On dira que c’est partout pareil. En Europe, en Asie, en Amérique... et en Afrique donc ! Soit. Cependant c’est en France que le discours a été le plus fondamentalement, le plus rationnellement théorisé, même si les excès n’y sont pas nécessairement les pires, les satrapes de tous les pays se faisant facilement concurrence dans ce genre d’exercices. Les Français croient volontiers ce qu’on leur enseigne et leur répète à longueur de temps en la matière, en dépit des innombrables affaires et des ténébreuses pratiques qui leur prouvent régulièrement le contraire. Jusqu’où ne va pas la crédulité ? Eh bien, il n’y a pas à hésiter à l’affirmer :
c’est cette théorie même du pouvoir qui est inepte. Radicalement inepte. Peut-être admissible, tolérable, même efficace, pour des raisons historiques, en certains pays, en certains États, elle est absurde en France. Comme l’expérience le montre amplement. La seule, première et grande réforme constitutionnelle que la Frace doit faire, c’est sur ce point précis : trancher avec cette coêception du pouvoir suprême. Et c’est possible.

« L’AFFAIRE » RÉVÉLATRICE

Voilà un homme qui passait pour extrêmement doué, charmeur et aux yeux de tous par conséquent essentiellement bon. Ses mérites véritables ou supposés, sans cesse loués, avaient été les meilleurs agents de ses succès électoraux comme de ses ambi- tions politiques que chacun, même l’adversaire, trouvait justi- fiées. Il avait été ministre ministre de gauche ! qualifié d’excellent et disculpé, en raison de ses capacités reconnues et de sa valeur personnelle, de tous les soupçons de prévarication dont il avait pu être accusé au cours de sa carrière, en cela semblable à tant d’autres depuis les origines de la République. Combien d’affaires jamais élucidées ?

Il avait été nommé directeur du Fonds monétaire international, toujours en raison de ses mérites et de ses compétences, si incontestables que tout le monde convenait, y compris le président de la République française, son adversaire théorique, que nul n’était mieux placé que lui pour remplir cette fonction. En raison précisément de ce qu’il était. Et pour cette même raison de ce qu’était sa personne, depuis plus d’un an, le monde politique et médiatique trouvait normal, donc légitime, qu’il puisse revendiquer la première place en France. Il était fait pour devenir, pour être président de la République. À ses côtés, les plus nobles et les plus justes ambitions pensaient à s’effacer devant sa candidature. L’évidence était là. Aux dires des sondages, le pays même, presque dans son ensemble, semblait approuver cette préférence.

Homme d’argent, homme de sexe, cela se savait, mais qu’importait ! La République se retrouvait en lui et lui reconnaissait ce mérite républicain, cette vertu non moins républicaine qui suffisait à justifier la prétention. Et patatras ! La révélation fut cruelle. Surtout pour les hommes du système. Ce n’était pas tant la femme de chambre que la définition même de la République qui était chiffonnée, forcée, violée, profanée. Où est la liberté dans une répugnante agression ? Où est l’égalité dans une relation violemment imposée ? Où est la fraternité dans le mépris que supposent de tels actes ? Où la vertu ? Où le mérite ? Où la République, cette République pourtant déjà si intimement assimilée à l’homme qui avait toutes les chances d’en devenir le président, l’incarnation même du régime ? La sélection républicaine ne l’avait-elle pas déjà... sélectionné ? Alors ?

UNE AUTRE SOLUTION

Quelle démonstration a contrario ! Qui ne comprendrait maintenant que ce système de sélection pour la plus haute fonction nationale peut et doit être remis en cause ? Il est voué à l’échec ; il le sera de plus en plus. Cet homme ou un autre, une autre, la réalité n’en changerait pas pour autant. Le président de 2012 n’arrivera à rien qu’à empirer les affaires de la France, quel que soit son mérite ou sa vertu. La question n’est pas là ; le système est inapproprié : nul, par ce mode de sélection défectueux, n’est en situation de remplir correctement la fonction de chef de l’État. Le système a donné le sentiment de marcher pendant tant d’années par un jeu d’illusions successives, mais avec l’usure du temps il est fini. « L’affaire » aura été une illustration supplémentaire de sa perversité.

Cette « affaire » ne contient-elle pas, d’ailleurs, un aveu ? N’est-ce pas l’homme lui-même qui, par une sorte « d’acte manqué », parfaitement réussi, comme les plus fins observateurs le notent, a, d’une certaine manière, contrarié le destin ? Voulait-il vraiment de cette présidence française ? Voulait-il même encore de la direction du FMI ? Tout ce qu’il dit et écrit depuis l’incident est fait pour laisser la plus excellente image ; il le fait à dessein, car mieux qu’un autre il sait ce que les meilleurs experts savent, à savoir que les peuples et les marchés, étrangement mais profondément conjurés et sans même s’en douter, sont sur le point de réduire à néant la politique qu’avec tout un réseau de financiers et de politiques, surtout français, il a mené au cours de ces dernières années pour sauver la zone euro et le système monétaire international.

Aucun homme politique, aucun financier n’est de taille aujourd’hui à affronter la situation qui se crée peu à peu et de manière irréversible. Comment arriver à se défausser ? Terrible question, surtout si l’on veut rester comme celui qui... Oui, encore et toujours, le meilleur, le parfait et, en quelque sorte, le plus méritant et, pourquoi pas, le plus vertueux des dirigeants ! Cela au moment précis où tout commence à s’effondrer.

Esquive consciente, inconsciente, devant une responsabilité trop lourde et qui lui permettra de se refaçonner une innocence. Il lui sera plus facile de prouver qu’il a été méconnu dans sa vertu profonde qui va bien au-delà des sinistres équivoques de « l’affaire » dont d’autres, bien sûr, ont profité ! Mais oui !

UN AUTRE RÉGIME ?

Ainsi il aura échappé aux lendemains tragiques qu’au plus profond de lui-même il se refusait à assumer, au prix certes d’un déshonneur... mais dans l’espoir d’une réhabilitation qui se conjuguerait avec un regret universel de ce qu’il fut et de ce qu’il aurait pu être...Est-ce trop inventer ? Tout va si vite. Comme celui de Deauville, les sommets internationaux vont se succéder sous la pression terrible de nécessités de plus en plus prégnante§ .. et jusqu’où ? Les lecteurs de Politique magazine se souviendront qu’ils auront été avertis. Crise financière, crise institutionnelle, crise de régime, tout est là demain que compliquent encore les catastrophes naturelles. II importe assez peu de savoir si Strauss-Kahn sauvera son image. La seule question qui vaille la peine d’être posée, est de savoir si le système dont nous vivons et qui va à sa perte, mérite d’être maintenu. La réponse 1 devient de plus en plus clairement : npn.. Aucun candidat ne saura transformer sa mécanique. Ce n’est pas une question d’hommes, c’est une question d’institutions.

Il faut à la France un autre régime

Celui qu’elle a connu pendant mille ans, évidemment modernisé, comme il a toujours su le faire, en s’adaptant aux temps, vrai nouveau régime où la responsabilité politique au sommet de l’État est totalement assumée, en vertu d’une charge historique dont la légitimité tient au service rendu et non à quelques concours de discours et de votations. L’exercice de la fonction suprême en charge du bien commun exige le temps, la vision et la stabilité dans le progrès. A l’heure où, comme le souligne excellemment un jean-Christophe Fromantin, maire de Neuilly, dans un essai remarquable intitulé Mon village dans un mondeglobal (François Bourin éditeur, 160 p., 19 €), il convient pour tirer notre pays de son marasme de renouer avec un fort sentiment d’appartenance et de mieux ancrer dans ses propres territoires les réelles capacités de notre pays afin de mieux affronter le développement inéluctable de la mondialisation et s’en faire même un atout, il apparaît qu’une ambition française ne peut plus se concevoir qu’avec la plus tenace et la plus intelligente des politiques dans le long terme.

Aucun parti politique, aucun homme, aucune femme, si remarquable, si vertueux, si supérieur aux autres soit-il, n’est à la hauteur de l’enjeu. Leur échec est programmé. Ce n’est pas eux dont la France a besoin. Puissent un jour les Français au bout de l’épreuve accepter de retrouver leur histoire en retrouvant leur dynastie.

Les Français qui ne sont pas tous des sots, savent bien qu’il y a les mots et la chose ; et les mots sont loin d’être en adéquation avec la chose. L’histoire républicaine est un long tissu de scandales qui sont autant de défis à la vertu, le plus corrompu osant s’offrir comme le plus méritant. Mais il n’empêche que l’idée apprise domine les esprits, même encore aujourd’hui, de telle sorte que tous les vainqueurs électoraux et c’est vrai singulièrement en France en raison de cette éducation spéciale à la chose politique se croient toujours comme auréolés d’une sorte de gloire vertueuse qui manifeste et authentifie leurs mérites essentiels. Il est souvent reprocher à la monarchie « le Principe de l’hérédité », c’est ce droit à succéder à son Père qui fixe les valeurs monarchiques. Le PRINCE qui un jour sera Roi a été formé pour cela, il aura appris les principes et les actions qu’il devra faire pour être le Père de la nation, garant des valeurs inscrites dans la morale et le devoir de servir.

De nos jours, les fils DE… font le même métier que celui de leur géniteur. Combien d’élus sont les fils de leur Père ? Combien de membre de ce qu’il est coutume

L’union nationale

Des fêtes civiques spontanées organisées çà et là dans les départements ont inspiré l’idée de cette grande fête d’union nationale aux députés de l’Assemblée constituante et au marquis de La Fayette, homme de confiance du roi.
Les députés et les délégués de tous les départements, les « Fédérés » forment un immense cortège qui traverse la Seine et gagne la vaste esplanade du Champ-de-Mars.

Dans les tribunes, sur les côtés de l’esplanade, on compte 260.000 Parisiens auxquels s’ajoutent une centaine de milliers de fédérés, rangés sous les bannières de leur Province.
La tribune royale est située à une extrémité du Champ-de-Mars, sous une haute tente. À (qui ne se cache pas d’être athée), célèbre la messe sur l’autel de la patrie, entouré de 300 prêtres en l’autre extrémité, un arc de triomphe. Au centre de l’esplanade, Talleyrand, évêque d’Autun surplis de cérémonie.

Ensuite vient la prestation de serment. La Fayette, commandant de la garde nationale, prononce celui-ci, le premier, au nom des gardes nationales fédérées : « Nous jurons de rester à jamais fidèles à la nation, à la loi et au roi, de maintenir de tout notre pouvoir la Constitution décrétée par l’Assemblée nationale et acceptée par le roi et de protéger conformément aux lois la sûreté des personnes et des propriétés, la circulation des grains et des subsistances dans l’intérieur du royaume, la prescription des contributions publiques sous quelque forme qu’elle existe, et de demeurer unis à tous les Français par les liens indissolubles de la fraternité ».

Après La Fayette, c’est au tour du président de l’Assemblée de prêter serment au nom des députés et des électeurs.

Enfin, le roi prête à son tour serment de fidélité aux lois nouvelles : « Moi, roi des Français, je jure d’employer le pouvoir qui m’est délégué par la loi constitutionnelle de l’État, à maintenir la Constitution décrétée par l’Assemblée nationale et acceptée par moi et à faire exécuter les lois ». La reine, se levant et montrant le Dauphin : « Voilà mon fils, il s’unit, ainsi que moi, aux mêmes sentiments ». Malgré la pluie qui clôt la journée, le public retourne ravi dans ses foyers.

La famille royale est entourée du peuple de Paris qui acclame les Souverains.

En 1792 la France est une Monarchie constitutionnelle ; Par malheur, des criminels commirent un Régicide ; D’un Royaume enfin apaisé, notre patrie connu bien des drâmes. Des républicains fanatiques firent régner une abominable terreur, qui se termina avec la dictature de Napoléon 1er. Le retour à la monarchie apaisa les esprits, mais il lui était difficile de retrouver la sagesse suite aux crimes commis par l’empire. Aujourd’hui, en ce début du troisième millénaire, ce sont les Nations qui ont eu le bon sens de conserver la Royauté, qui appliquent les valeurs républicaines. Cest valeurs doivent êtres efficaces, pour que le peuple puisse jouir des bienfaits que procurent les richesses, et les fortunes de notre pays ; Il est nécessaire que notre société puisse nous reverser les bienfaits d’une démocratie au service de tous, et non au service des riches. Faire du social ne veut pas dire que l’on soit socialiste ; Tout comme être de droite ne signifie pas que l’on est inhumain.

À l’aube du troisième millénaire ce sera aux élus de définir un projet social et politique, un projet économique, un projet du gouvernement durant une législature. Un Premier ministre issu d’une majorité parlementaire librement élue devra présenter au roi, la personnalitée appelé à gouverner. Le scrutin concernant les élections législatives, devrait prendre pour référence celui qui est utilisé aux élections municipales ; Ce mode de scrutin permettra à l’opposition d’avoir des élus alors qu’aujourd’hui RIEN ne lui permet d’être représenté à l’Assemblée nationale.

La France doit renouer les liens qui l’ont uni avec sa famille Royale, avec une Monarchie vieille de 950 ans, une Monarchie Parlementaire dois-je le redire, pour que notre démocratie soit plus vivante, plus respectueuse des valeurs républicaines ; Ce qui n’est pas le cas aujourd’hui, où les Présidents de la République exercent un pouvoir quasi absolu.Trop souvent, et pour le malheur des peuples, des Royaumes ont été victimes d’un coup d’État militaire ; Une république s’est vue imposer pour établir une régime despotique qui engendre le malheur et l’horreur personnifié par des massacres d’où l’horreur est facilité par des Dictateur sans foi, ni loi.Vive le Roi pour que notre Patrie devienne un exemple de démocratie. La Dynastie Capétienne est née en l’an 987 ; C’est elle qui unifia le royaume. Certes, elle a commis des erreurs, mais le bilan de son action est plus que positif. Notre richesse culturelle, la position de notre Pays dans l’Europe de l’ouest, et bien d’autres ressources, attirent chaque années plus de 80 millions de touristes venant de tous les horizon, c’est la nation le plus visités au monde.En renouvelant notre confiance à la dynastie, nous rendrons notre démocratie plus vivante. Elle sera au service du peuple, elle sera son emblème vivant. Notre Royaume sera éclairé comme le sont les dix monarchies de notre vieille Europe.

Le roi

En conclusion du projet, il y a le roi qui « symbolise la patrie dans sa permanence et sa durée, il est, à ce titre [...] l’arbitre, le justicier ainsi que le fondement de l’autorité et du pouvoir ». La légitimité du monarque est historique : elle est issue de la tradition dynastique ontologiquement mêlée à l’histoire de la nation française.

Les pouvoirs du roi sont limités : il intervient essentiellement en cas de conflits ou de blocage dans les institutions. Le comte de Paris justifie cette position : « Si certains [...] critiquent l’insuffisance de ses pouvoirs politiques, qu’ils n’oublient pas ceci : la dynastie a le temps pour elle et le monarque, s’il veut être l’arbitre en même temps que le garant des libertés, ne peut pas gouverner. » Le concept est ainsi clair et pertinent : Le roi n’est pas un Führer ni un Duce, il est le lien entre le passé, le présent et le futur, il inscrit l’action politique dans la stabilité et le long terme mais il ne se mêle pas ou peu des affaires internes car cela impliquerait nécessairement pour le roi de prendre parti alors qu’il ne doit être que le fédérateur des Français dans l’aventure commune qu’est la France.

En conséquence, le roi est indépendant des partis : « Indépendant des clans, le roi se tient en dehors d’eux, les arbitre et ne prend jamais part aux luttes qui dressent les citoyens les uns contre les autres. » Et c’est bien cela le rôle essentiel du roi. Quand bien même les fonctions que lui attribue ou la constitution ou la coutume lui permettraient de nommer le gouvernement ou de s’opposer à tel ou tel organe, la mission première du roi est d’être le roi de tous les Français qui, en lui, voient le représentant de la nation, représentant historique et mystique. Représentant car héritier d’une dynastie intrinsèquement liée à l’histoire de la patrie.

C’est ainsi que le roi ne peut et ne doit appartenir au camp des contre-révolutionnaires, avec lesquels feu le comte de Paris marquait ses distances. Devant être le souverain de tous, il ne peut appartenir à un camp. Le roi n’est ni de droite ni de gauche, ni libéral ni socialiste, ni réactionnaire ni progressiste : le roi est le roi. Il est, cela suffit, c’est tout ce que la nation lui demande.

Le pouvoir du cœur

Le pouvoir serait entre les mains d’un Premier Ministre élu par l’assemblée Nationale ; Cette dernière serait conseiller par le Sénat qui pourrait trouver des insuffisances au projet voté par le parlement. Le Sénat, aurait la possibilité de modifier le projet gouvernemental ; Dans se cas, il repasse devant les Députés qui décident ou non de son maintien. Pourtant, n’oublions pas que la monarchie s’inscrit dans le long terme, elle est « la négation du césarisme », populisme éphémère et fondé sur les pulsions de la table rase.

En ce sens, cette monarchie nous semble souhaitable, même si elle ne nous semble pas aller assez loin : nul n’a pu prétendre que la monarchie serait le remède miracle qui ranimerait le juste équilibre dans l’esprit des Français. On respecterait l’immigration, rétablirait le patriotisme, restaurerait l’ordre... Nous ne sommes pas des charlatans qui promettons demain le paradis terrestre. L’expérience tirée de l’histoire nous permet simplement d’affirmer que la monarchie traditionnelle, qui donne la parole au pays réel, est l’outil le plus pertinent pour combattre les idéologies nihilistes, car le peuple, lorsqu’il est libre, sait se défendre. Le roi n’est alors que le rassembleur des Français et l’incarnation de la France dans le cœur des citoyens.

La monarchie nous permettra de rassembler ses fils efficacement car la république est le terreau des idéologies alors que le roi est le socle du concret et du réel. « Après deux siècles de délires dialectiques, de haines mutuelles, la France peut-elle redécouvrir le pouvoir du cœur ? « C’est à cela que je convie mes compatriotes. Le roi est amour. » Et si la monarchie, se faisant aimer des Français, elle serait le prélude nécessaire à un regain de l’amour des Français et des Immigrés pour la France et, au final, pour eux-mêmes ? La république, fondée sur la haine du passé, guidée par la monologue idéologique des partis, ne peut conduire qu’à une longue chute nihiliste là où la monarchie, s’incarnant dans une histoire et un héritage, conduit nécessairement à les aimer.

Si le retour de la monarchie ne serait pas suffisant à lui seul, si le retour du roi ne signifierait pas la fin du combat patriotique et contre-révolutionnaire, il apparaît cependant indispensable... pour que vive la France !

Son Altesse Royale le Prétendant au trône de France nous livre son Editorial.

Ce que je souhaite, avant tout, chers amis, c’est agir. Je sais à quel point il est important de communiquer. Cela a été vrai à toutes les époques, et, parmi les rois de France, il y eut d’excellents communicants, le meilleur ayant sans doute été Henri IV. Mais tous Henri IV le premier ont d’abord été des hommes d’action.

Ma situation n’est pas comparable à la sienne mais il me faut « dire » un certain nombre de choses pour que non seulement mon action soit visible, mais aussi qu’elle soit comprise, que le sens que j’entends lui donner soit clairement perçu.

J’ai voulu marquer cette année 2011 en prenant plusieurs initiatives dans le domaine de l’action sociale. La manière dont le « tissu social » de la France est mis à mal m’oblige, en tant que prince de notre pays, à réagir, et je veux le faire en actes.

Avant que tout cela ne se mette en place, j’ai répondu à une proposition de la Chambre de commerce de Pau. Mon intervention devait avoir lieu fin 2010 mais les grèves m’ont obligé à la repousser début 2011. Il s’agissait de montrer en quoi les « bonnes pratiques » de la politique capétienne pouvaient servir le management des entreprises. Question tout à fait passionnante, qui présentait en outre le mérite de pouvoir clarifier, aux yeux des jeunes notamment, la caractéristique la plus constante de la politique des rois capétiens.

Je tiens, à ce sujet, à faire une mise au point. Certains ont pensé que, dans cette conférence, je ramenais la conduite de la France à celle d’une entreprise, et le rôle des rois de France à celui d’un membre du « MEDEF » ou aux patrons du « CAC 40 » ! Rien n’est plus étranger à ma vision des choses. En revanche, il m’a semblé qu’il y avait d’évidentes analogies entre la manière dont les Capétiens ont peu à peu construit la France et celle que peut utiliser le chef d’une entreprise pour la développer et en assurer la durée. C’est cela que je me suis très simplement attaché à montrer.

Pendant que je préparais mon intervention ont éclaté les dramatiques attentats contre l’église N.D. du Perpétuel Secours à Bagdad et devant une église copte à Alexandrie. Les nombreux voyages que j’ai effectués dans cette région et les amitiés que j’ai conservées au Liban et ailleurs m’ont poussé à m’exprimer. J’ai adressé une tribune à l’hebdomadaire Valeurs actuelles et, avec Mgr Philippe Brizard, directeur général émérite de l’OEuvre d’Orient, nous sommes intervenus lors d’un débat à Neuilly pou évoquer la situation et dire tout ce qui unit la France aux Chrétiens d’Orient.

Ceci est venu s’intercaler dans la mise en oeuvre de mon projet « d’action sociale », qui a commencé à prendre corps. Vous pourrez lire, dans cette Lettre, la visite à la Basilique Saint-Denis qu’a effectué un groupe de lycéens issus de « quartiers sensibles » : ne connaissant pas tout de la signification de cette basilique, ils ont révélé une curiosité et une soif d’apprendre qui à elles seules justifiaient ma démarche.

J’ai aussi contacté plusieurs associations qui agissent dans des quartiers défavorisés en région parisienne ou dans d’autres grandes villes. Déjà pour l’une d’elles, qui agit dans les quartiers nord de Paris, rendez-vous a été pris pour des rencontres avec les jeunes et une journée de découverte de la forêt au cours de leur colonie de vacances d’été.

Dans les deux cas, votre association, Gens de France, s’est directement impliquée dans un soutien actif, notamment financier, aux actions concernées.

Ce qui va dans le sens que je souhaite, mes chers amis : agir, en étant constructif. Non pas que je pense résoudre seul les problèmes de la société française. Mais je voudrais que les actions que j’entreprends soient exemplaires de ce que je crois juste, utile, nécessaire pour la France.

L’engagement social du prince Jean.

Le 20 novembre 2010, à l’occasion d’un séminaire de travail réunissant une trentaine de cadres de l’association gens de France, le prince a annoncé son souhait de lancer dès 2011 des actions concrètes visant à consolider le tissu social.

L’un des axes qu’il a privilégiés est de rendre manifeste l’intérêt qu’il porte aux populations demeurant dans les quartiers « sensibles », où l’on trouve réunis tous les maux qui minent notre société : chômage, pauvreté, déracinement, délitement du lien social, familles éclatées... Comment ? En soutenant par des actions concrètes les initiatives prises par des associations de terrain.

FAIRE AIMER LA FRANCE

Dans un récent entretien accordé à Axel Tisserand, pour AF 2000, le prince Jean, fidèle à une tradition depuis longtemps présente dans la Famille de France (Lettre sur les ouvriers du Comte de Chambord en 1865, Le Prolétariat publié par son grand-père en 1936), a tenu à préciser le cadre de ces nouvelles initiatives. Voici quelques extraits parmi les plus significatifs de ses déclarations.

La question sociale était la grande préoccupation de mon grand-père : la Fondation Condé, qu’il a créée pour les personnes âgées, en est l’illustration. Personnellement, je me suis toujours engagé auprès des personnes handicapées, le handicap faisant partie, à travers ma soeur et mon frère, de mon quotidien. De plus avant mon mariage, j’allais régulièrement à Lourdes comme brancardier. Je souhaite désormais aller plus loin, c’est du reste un des objectifs de l’association Gens de France cette année.

A Toulon, lors de la présentation de mon livre, j’ai eu l’occasion de visiter un quartier « difficile » et d’y observer l’action de l’association Le Rocher, qui vise à rétablir une « verticalité » et une « horizontalité » : la verticalité, c’est la difficulté qu’éprouvent ces populations, installées depuis peu de temps et touchées par le chômage, à s’enraciner ; l’horizontalité, c’est surtout le mal-être des jeunes et le divorce des générations, particulièrement sensibles dans ces quartiers. Or un prince a toute capacité à agir sur ces questions : qui, mieux qu’un prince qui incarne l’histoire de France dans toute sa continuité vivante mon père comme chef de Maison et moi comme dauphin , peut expliquer à ces populations ce qu’est l’enracinement et leur proposer des perspectives de sortie, en faisant de la question éducative au senslarge (les relations avec la famille et l’enseignement) et de l’accès au travail des priorités ? Il convient de leur redonner espoir. Ces quartiers, où vivent des populations diverses tant sur le plan culturel que religieux, sont un vivier naturel de réflexion et d’action pour un prince, apte, de par sa position, à leur faire partager un destin commun. Les politiques ne le peuvent pas parce qu’ils défendent des intérêts particuliers. Lui, au contraire, défend le seul bien commun, il est au service exclusif du pays : c’est tout l’intérêt d’avoir des rois et des reines. »

IMMIGRATION : LE NÉCESSAIRE SOCLE INTÉGRATEUR

Puis le prince Jean a été amené à aborder la question de l’immigration : Monseigneur, l’immigration, notamment de travail, est encouragée par Bruxelles : n’est-ce pas le type même de la fausse bonne idée du fait que cette immigration pèse sur les salaires, vide les pays émergents de leurs cerveaux et de leur jeunesse, incite les pays développés à la paresse en termes de formation et de débouchés pour leur propre jeunesse qui s’exile à son tour ? Enfin, elle aggrave les problèmes liés au communautarisme...

Vous avez raison. Un pays a besoin d’un socle commun. Comme le montrent les banlieues, la France n’est plus un modèle d’intégration, contrairement au sortir de la guerre où des Français de toutes origines avaient partagé un destin commun. Il faudrait déjà que les diverses composantes de notre pays réussissent à partager des valeurs communes avant que nous ne pensions à en faire venir d’autres. En l’absence de socle intégrateur, il n’y a pas d’immigration réaliste possible. La priorité, c’est de travailler à ce socle intégrateur.

Alors que 10 % de la population active n’a plus de travail, est-ce en favorisant l’immigration que nous résoudrons le problème du chômage ? Donnons d’abord du travail aux chômeurs. Attention, le vase pourrait déborder ! Absorbons et intégrons les immigrés présents sur notre sol avant d’en faire venir d’autres ! Quant à Bruxelles, c’est une administration qui se contente de poser des additions sans rien connaître des réalités concrètes des nations qui composent l’Europe. »

AGIR CONCRÈTEMENT

Le Prince a pu enfin expliquer le cadre précis de ses futures interventions dans le domaine social. Dans ses voeux aux Français, publiés sur le site-de Gens de France, il avait évoqué sa détermination à accentuer sa présence dans la vie publique. « Je ne me contenterai plus de prendre la parole », avait-il ajouté, souhaitant « agir concrètement dans un sens qui contribue à faire régner plus de justice ». Axel Tisserand lui a demandé de préciser sa pensée.

Comme je vous l’ai dit, Gens de France se consacre cette année à la question sociale. Nous cherchons à faciliter l’action de plusieurs associations en mettant en relation des réseaux susceptibles d’apporter des fonds. Nous souhaitons également accompagner certains projets, comme l’organisation de sorties ponctuelles ou de camps d’été, non seulement en trouvant les fonds nécessaires pour faire partir un nombre toujours croissant de jeunes en difficulté, mais également en leur faisant découvrir concrètement de nouveaux centres d’intérêt : par exemple, si le camp se trouve en forêt, je peux leur apporter mon expertise de forestier pour les intéresser à la filière bois, qui est une activité d’avenir en raison de la nécessaire diversification des sources d’énergie (exploitant d’une forêt, le Prince est très au fait de cette question, ndlr). Un tel environnement leur permettra également de se pacifier intérieurement.

Il s’agit aussi, sur le plan culturel, de leur faire découvrir des lieux châteaux, cathédrales... Qui sont l’expression de nos racines : rien ne vaut une appréhension concrète, d’autant qu’à cette occasion, ils pourront découvrir, là encore, de nouveaux métiers restauration, artisanat, compagnonnage. Notre objectif est de suivre ces jeun, des quartiers sensibles dans leur évolution.

UN PRINCE ENGAGÉ

Depuis le séminaire de travail de novembre, des initiative importantes ont pu être prises. Une équipe a été constituée pour sélectionner des projets à proposer au Prince Jean (le territoire du social est particulièrement vaste !) Il a retenu trois idées, dont deux ont déjà été engagées.

La première est de faire visiter de hauts lieux du patrimoine français à des jeunes issus de la « diversité ». Ainsi, le 23 mars, le Prince a pu faire découvrir la basilique Saint-Denis à un groupe d’élèves de terminales réunis par l’association « Réussir aujourd’hui » et venus à Saint-Denis dans un car loué par Gens de France. Devant les tombeaux des rois de France, ces jeunes ne manquaient pas de questions à poser au prince Jean. Et les réponses qu’il leur a faites n’étaient pas de celles qu’on entend dans les établissements scolaires... Le site Internet de Gens de France a rendu compte de cette initiative du Princes.

La seconde idée est de soutenir une association qui mène une action de terrain dans un quartier du nord de Paris. Après avoir rencontré les jeunes et leurs animateurs à plusieurs reprises dans l’année, le Prince, accompagné de la princesse Philomena et du prince Gaston, ira passer une journée avec eux à leur camp de vacances en juillet. Gens de France prendra à sa charge l’inscription à ce camp de plusieurs jeunes désireux d’y participer et dont les familles n’auraient pu l’assurer.?)

Pour limitées qu’elles puissent paraître, ces actions sont d’une importance capitale. Elles montrent clairement le sens que le prince Jean entend donner à son action. Elles sont un appel lancé à tous les Français : Le regard qu’il jette sur notre société et les mutations qu’elle subit doit constituer pour chacun, quel qu’il soit, quelle que soit son origine, un repère. Ou, mieux encore, une boussole, qui indique l’orientation que le Prince entend suivre, et nous faire suivre.

Rendre la parole au peuple : tel était le projet rassembleur du Prince Jean.

POUR NOUS, Français, la comparaison est cruelle. D’un côté, l’homme présenté, il y a peu, comme appelé à présider aux destinées de notre pays, était montré menotté, les mains dans le dos, rejoignant, crispé, défait, disgracié, le box des accusés. À l’inverse, quelques jours auparavant, l’homme destiné à régner un jour sur l’Angleterre apparaissait, joyeux et triomphant, avec celle qu’il venait d’épouser. D’un côté un homme vieilli, honteux, pitoyable et déjà enfoncé dans le passé, de l’autre un jeune homme rayonnant de jeunesse et de santé, incarnant gaiement l’avenir. Le contraste est saisissant, et ce n’est pas forcer la note que d’y insister : il y a là, au contraire, matière à réflexion. Ne laissons pas passer une occasion si manifeste de nous pencher sur notre destin.

Traditionnellement, nous autres, Frenchies, n’aimons pas beaucoup les Anglais : depuis Crécy et Azincourt, la longue litanie de défaites retentissantes inscrites sur les plaques de rues et les frontons des gares de Londres reste une épine fichée dans notre dignité nationale. Un contentieux qu’aggrave le souvenir de notre pure héroïne, Jeanne d’Arc qui plus est, une sainte... « qu’Anglais brûlèrent à Rouen » ! Sans oublier de plus récentes humiliations : Sainte-Hélène, Fachoda... Comment expliquer, dans ces conditions, que de ce côté-ci de la Manche les souverains anglais bénéficient depuis si longtemps d’une telle popularité ?

Toute une génération se souvient d’avoir vu, dans des boutiques ou des lieux publics, la retransmission en direct du couronnement d’Elisabeth II. C’était en juin 1952, Hitler venait à peine de nous quitter et, au fond du Kremlin, Staline commençait à passer pour immortel. En France, l’atmosphère politique était étouffante : avec déjà 19 gouvernements depuis 1946, la Ve République s’enfonçait dans l’impuissance qui allait l’abattre. Le couronnement de cette jeune femme de 27 ans survenait comme un bain de fraîcheur. Il alliait la tradition d’un protocole quasi-médiéval à la modernité la plus pointue : cette première retransmission en Eurovision dont l’archevêque de Cantorbéry et le gouvernement britannique ne voulaient pas, c’est la jeune souveraine qui l’imposa fit en France un véritable triomphe.

La monarchie au service des Français.

A Paris d’abord, le 25 février, et le 29 mars à Pau, devant la Chambre de commerce, puis devant les étudiants de l’École supérieure de commerce et un public assidu, le prince Jean a montré comment la dynastie capétienne a, sans le vouloir, sans le savoir même, inventé une méthode politique qui peut aujourd’hui inspirer le management d’entreprise. Il y a là, pour le prince, une manière neuve, vivante, moderne, de parler de la monarchie « à la française », c’est-à-dire, en fin de compte, de la France. Il redonnera cette conférence dans d’autres villes, en la nourrissant d’exemples historiques et en l’adaptant aux publics qui l’accueilleront.

En parlant de « management capétien », le prince Jean n’entend pas soutenir l’idée que la politique capétienne poudrait être ramenée à une bonne gestion d’entreprise. Cette idée-là serait plutôt l’apanage de -ceux qui, réduisant la France à une entité économique, considèrent qu’elle est « opéable » et préconisent de l’intégrer dans un grand ensemble qualifié d’ »européen », supposé économiquement plus viable. Illusion dont on n’a pas fini de subir les conséquences.

À l’inverse de ces illusions techr « management capétien » s’apparente beaucoup plus à la gestion « en bon père de famille », qui veille à ne rien gaspiller de l’héritage et à travailler pour le développer et le transmettre. Loin de tout rêve de domination du monde, de tout mythe « impérial », les rois de France ne voulaient rien d’autre qu’arrondir leur « pré carré », Cette construction progressive mais non agressive, patiente mais obstinée, s’appuie sur huit principes caractéristiques :

  1. L’échange de services rendus
  2. La prise en compte de la durée et de la continuité
  3. Des principes fondamentaux admis par tous
  4. Le sens de la mesure
  5. La volonté d’indépendance
  6. Le sens de la fidélité
  7. Un objectif : assurer le bien commun, la pria l’intérêt général
  8. Le respect de la justice à l’égard de tous.

Ce sont ces huit « piliers » qui ont permis à la France de devenir une nation. L’intention du prince Jean est de montrer qu’appliqués à une entreprise, ils ont aussi toute chance de lui apporter croissance et prospérité dans l’harmonie et la paix sociale. Utopie ? Les Capétiens ont prouvé que ça marchait ! L’enseigne de leur entreprise pourrait être : Maison Capet, de père en fils depuis 987, entreprise de construction et de travaux publics... Une maison dont le succès est lié au respect constant de ces huit principes.

  1. Au départ de tout, il va un échange des services rendus. En 987, la France s’est constituée sur la confiance faite à Hugues Capet par les grands féodaux du domaine carolingien en pleine décomposition. Ceux-ci lui ont délégué, prêté en quelque sorte, comme un apport en capital, certains attributs de souveraineté. En échange, Hugues Capet, l’entrepreneur, leur rendait un service en assurant la sécurité de leurs territoires.®De même, une entreprise ne peut fonctionner’c’ue sur le principe de l’échange de services rendus à la fois entre le chef d’entreprise et ses collaborateurs, et entre l’entreprise et ses clients.
  2. En se préoccupant à la fois du passé et de l’avenir, de l’héritage reçu et de l’héritage transmis, Hugues Capet s’est tout naturellement inscrit dans une durée qui allait durer huit siècles ! Une entreprise aussi sera gagnante à miser sur le temps long, grâce auquel on a une meilleure prise sur les évolution progressives. Ignorer le temps long,, c’st se vouer à la courte vue !
  3. C’est aussi en faisant admettre par tous le respect des règles fondamentales que la dynastie capétienne a pu franchir le temps (huit siècles) et l’espace (le pré carré peu à peu « arrondi »). Quand il y a une règle, qu’elle est simple, forte et acceptée de tous, il n’y a pas besoin de police, pas besoin de psychanalystes, pas besoin non plus de réglementations pointilleuses et tatillonnes : c’est vrai pour un pays, c’est vrai pour l’entreprise.
  4. La France s’est construite contre les tentatives hégémoniques et la démesure impériale en ne cessant de revendiquer sa propre mesure. Sa stratégie constante fut de sauvegarder à tout prix les équilibres extérieurs. Devant les superpuissances, elle joue les unes contre les autres ou mise sur l’alliance des petits contre les gros.. Une entreprise aussi a tout à gagner à garder le sens de sa propre mesure, ce qui ne signifie pas s’interdire de grandes ambitions, mais bannir les aventures.
  5. L’indépendance vis-à-vis des féodalités politiques ou financières est un fondement majeur de la tradition capétienne. Que d’avantages par rapport à un système où pour être élu, il faut pouvoir payer ! L’argent devrait servir d’abord à la France et aux Français. C’est la politique de Colbert, contre Fouquet privilégiant ses entreprise personnelles. Aujourd’hui, une entreprise en état de dépendance vis-à-vis de sa banque, de ses fournisseurs ou de ses propres clients ne peut établir avec eux de relation fiable et durable. De même la dépendance vis-à vis d’une catégorie de personnel est funeste si ce sont les commerciaux, par exemple, qui décident de la qualité des produits en fonction de leurs seuls critères.
  6. La notion de service rendu implique celle de fidélité. Dans l’espace capétien, tout repose- sur la fidélité, qui joue naturellement dans les deux sens : entre suzerain et vassaux, entre le peuple et le roi. Ainsi l’entreprise doit-elle fidéliser ses fournisseurs, ses clients, son personnel et ses actionnaires : en échange, l’entreprise leur apporte le maximum de sécurité dans leurs relations avec elle, à l’inverse des relations fondées sur les rapports de force et les conflits.
  7. Le bien commun : la fonction du monarque est de garantir en toutes circonstances le respect prioritaire du bien commun du pays, de l’intérêt général de la France et des Français, de la respublica. De même, le chef d’entreprise doit sans cesse lutter contre les intérêts particuliers dont la somme ne constitue jamais l’intérêt général. Mais cela passe par le respect du domaine de souveraineté propre de chacun : c’est le principe de subsidiarité.
  8. La justice à l’égard de tous : le besoin de justice est inscrit dans la nature même de l’homme, et la pérennité capétienne a été principalement fondée sur la réponse que la dynastie apportait à ce besoin. L’image de Saint Louis rendant la justice sous son chêne illustre bien la « fontaine d’équité » qu’il entendait être. Mais la justice pour tous n’a rien d’un égalitarisme idéologique : il n’y a pas de justice à donner autant à celui qui travaille qu’à celui qui ne fait rien. Ce qui n’obère en rien l’ardente obligation de porter la plus extrême.attention aux plus pauvres. Ce qui menace le plus la justice, c’est l’individualisme : quand chacun crée ses propres règles, tout se dérègle, il n’y a plus de justice possible, et c’est la ruine de l’entreprise ou la désintégration du pays qui se profile.

Aujourd’hui, la France traverse une crise majeure. Pour la première fois depuis des siècles, elle commence même à pressentir la possibilité de sa disparition. En l’absence d’alternative possible l’Union européenne n’offrant, à cet égard, rien de crédible se développe un sentiment de sourde angoisse, de peur du vide.,A cette angoisse, les politiciens peinent à apporter de bonnes réponses : quand ils veulent rassurer, on ne les croit plus, sans pour autant savoir quoi faire.

Le langage que le prince Jean veut tenir aux Français est celui d’un retour aux sources mêmes de la nation. Que tous ceux qui l’ont oublié découvrent qu’il existe une famille, une dynastie, dont la raison d’être et le domaine d’expertise est de construire la France ! Il est tout de même significatif que la méthode qu’elle a mise au point pour bâtir ce pays puisse, aujourd’hui, inspirer des techniques de management parfaitement adaptées à la gestion des entreprises.

EN FRANCE, SAUF LA COUPE DU MONDE DE FOOTBALL...

Soixante ans plus tard, le mariage du prince William avec Kate Middleton mobilise dans le monde le nombre invraisemblable de 2 milliards de téléspectateurs. Que de leçons à en tirer ! La première ne vient-elle pas du spectacle offert par le peuple anglais, rassemblé autour de son futur souverain ? En France, sauf à gagner une nouvelle fois la coupe du monde de football, qu’est-ce qui pourrait ainsi nous rassembler ?

L’engouement des Français pour la monarchie britannique prend ainsi une saveur bien particulière. Rien à voir avec une réaction du type de celle de Jacques Bainville qui n’appréciait la république que... chez les autres. Faudrait-il y voir un simple goût pour l’exotisme qui ferait applaudir aussi bien le Grand Moghol ou un maharadjah chamarré débarquant avec ses éléphants ? Certainement pas : quand il planta sa tente dans le parc Marigny pour y recevoir ses invités « comme au désert », Kadhafi fut-il pris par les Parisiens pour un prince des Mille et une nuits ? On peut aussi noter que les autres monarchies européennes, belge, hollandaise, espagnole ou scandinaves, ne provoquent pas chez les Français un enthousiasme comparable à celui que suscite la couronne britannique. L’attachement des Français aux monarques anglais est d’un autre ordre.

Il y a quelques années, citant une note diplomatique anglaise déclassifiée, la presse anglaise fit état d’un incroyable projet datant de 1956. Alors que, dans la foulée de la création de la CECA (la Communauté européenne du charbon et de l’acier), le futur traité de Rome commençait à poindre, Guy Mollet, président du conseil, rencontrant à Londres son homologue britannique Anthony Eden, lui proposa rien moins qu’une... fusion entre la France et la Grande Bretagne, sous l’égide de la Couronne britannique ! Il affirma que les Français ne feraient pas de difficulté à admettre la souveraineté de Sa Majesté ! Dans cette proposition grotesque bien qu’apparemment tout à fait authentique de l’un des derniers gros bonnets de la IVe République en perdition, il importe cependant de discerner une part de réalité. Car l’année suivante, en 1957, quand Elisabeth II effectua sa première visite d’État en France, c’est bien un véritable triomphe que lui réserva la foule parisienne. Depuis, au fil des voyages officiels de la reine jusqu’au mariage du prince William, en passant par le succès du film TheQueen, l’engouement ne s’est jamais démenti. Comment l’expliquer ?

LA DURÉE, LA JUSTICE ET LA MESURE

Illustrant ce qu’il appelle le « management capétien », le prince Jean de France y voit trois dimensions principales : le sens de la durée et de la continuité historique, le sens de la mesure qui rejette idéologies et extrémismes.

On voit bien, d’abord, en quoi l’attachement spontané qu’exprime tout un peuple est lié à un profond besoin de durée et de stabilité. Alors qu’il se manifestera facilement à l’égard d’une famille régnante, comment le ferait-il à l’égard d’un homme politique élu pour un temps limité, incapable d’incarner la collectivité nationale dans sa durée ? Les Français sentent que la France n’a pas été ramassée dans un caniveau, l’image de la famille qui a créé ce pays continue de hanter comme un fantôme notre inconscient collectif. La monarchie anglaise représente l’image la plus proche de ce que, de ce point de vue, nous pourrions vivre aujourd’hui si nous ne nous en étions pas si stupidement privés. S’il y a un passé qui ne passe pas, c’est bien cette déchirure artificielle de 1793 qui nous coupe des sources de notre propre existence. Les « valeurs de la République », dont certaines sont critiquables et d’autres plus que respectables, restent terriblement abstraites à côté de ce « fluide » capétien qui irrigue tout ce qui porte le nom français. Même en coupant la tête de son roi, l’Angleterre a eu la sagesse après le bref intermède « républicain » de Cromwell de renouer aussitôt avec ses institutions traditionnelles, non sans avoir trouvé l’équilibre des pouvoirs qui lui convenait. Le régime était, pour longtemps, inscrit dans la durée, la continuité, la stabilité. Tout ce qui nous manque... comme le ressentent confusément les Français.

Le sens de la justice, deuxième point souligné par le duc de Vendôme, c’est fondamentalement la reconnaissance qu’au fond de chaque homme, il y a son humanité, et qu’elle doit être reconnue comme telle. Impossible de rappeler ici tout ce que cela implique, du respect de la vie à celui de toutes les franchises traditionnelles, en’ passant par le principe d’impartialité. L’essentiel peut être dit d’un mot : la justice, même restant un idéal toujours à atteindre, a eu pour l’esprit public un visage, celui du roi. Les défaillances humaines de tel ou tel souverain n’y changeait rien : l’espoir, pour chacun, de se voir reconnu son droit à la justice s’incarnait dans une figure vivante, concrète, réelle. Cela, un Anglais d’aujourd’hui peut le vivre, pas un Français. Ou pas encore...

Reste un dernier point. C’est de la sinistre affaire Strauss-Kahn qu’on peut se risquer à tirer une ultime leçon. Un psychanalyste, Jacques Arènes, a tenté de dénouer les fils du comportement « suicidaire », autodestructeur, de l’inculpé de Manhattan. Il évoque à ce propos « l’étrange propension de l’être humain à parfois refuser la plus haute marche, ou à désirer l’échec ». L’angoissant vertige du pouvoir pourrait ainsi pousser celui qui en est tout proche à le fuir inconsciemment. On le croit volontiers. En revanche, si un homme sait, depuis sa naissance, que son sang est royal, qu’il n’a pas d’autre ambition à satisfaire que d’assumer au mieux son destin de prince et de roi, cet homme a, mieux que tout autre, la capacité d’échapper au vertige du pouvoir, et de conférer à sa personnalité cet équilibre qui l’aidera à accéder à la troisième grande vertu capétienne : le sens de la mesure.

La bataille de Westminster, cette dernière grande victoire anglaise, n’aura fait, on le voit, qu’une seule victime collatérale : un certain « républicanisme » français, désuet et moribond.

Le fondement de toute action politique, notamment lorsqu’elle vise au renversement des institutions en place, se doit nécessairement de présenter un contre-projet concret au système dont les paradigmes sont actuellement dominants. Les royalistes ne font pas exception à la règle (hormis peut-être quelques royalistes de salon qui ne sortent leur fleur de lys que pour les rallyes mondains de Versailles ou de Paris). Feu le comte de Paris (1908-1999), héritier des rois de France, a proposé ce projet en 1948 : une « esquisse d’une constitution monarchique et démocratique » qui a été rapportée et commentée par Xavier Walter dans son ouvrage Un roi pour la France *.

Il s’agit d’un projet rassembleur et fédérateur, loin d’une quelconque idéologie revancharde que l’on trouve parfois dans nos milieux : « le Prince désavoue ceux qui rêvent d’une "revanche" monarchiste [...] la monarchie restaurée sera "une union salvatrice entre la nation et la famille royale" ».

Le projet du comte de Paris ne s’inscrit pas dans une haine farouche et idéologique de la démocratie : ce qu’il dénonce, c’est la démocratie républicaine qui « manque du ressort sain qu’est le dialogue ». Il s’explique ainsi : « Le dialogue est le contraire de la polémique ; [...] qu’on rassemble les peuples pour quelque chose et non contre quelqu’un, il faut leur proposer des buts, non des cibles. » Ce qui est ici dénoncé est le régime des partis, des factions, qui dressent par idéologie les Français les uns contre les autres au lieu de les rassembler autour de l’aventure commune qu’est la France. À cette démocratie républicaine s’oppose « l’exemple des monarques qui, pendant un millénaire, apprirent aux Français à se rassembler et à s’aimer ».

Le Prince veut rendre au peuple français la parole, parole jusqu’à présent confisquée par les partis et donc déformée : « La volonté du pays n’est pas ce que disent les urnes, ni les partis, originellement voués à être les porte-parole de la nation, mais vite perdus par leurs intérêts. » Et d’ajouter : « Le pays sait ce qu’il veut, encore faut-il que le message qu’il adresse aux dirigeants ne soit pas caricaturé et faussé par un interprète partisan. » La France a besoin de faire des réformes profondes, celles-ci devront avoir l’aval du Parlement. Le Premier ministre sera issu du bon vouloir des élus du peuple souverain. Le Roi chef des armées avec le Premier Ministre veillera au bon fonctionnement de la démocratie.

Le Royaume d’Espagne devrait servir de modèle à la restauration monarchique.

Une fleur de lys ornera le blanc du drapeau nationnal et le coq restera notre emblème sportif.

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