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Primaire : Un succès ambigu.

Vendredi 21 octobre 2011 // La France

Les primaires du Parti socialiste ont remporté un succès populaire... qui ne fait pas nécessairement l’affaire de François Hollande et de Martine Aubry.

Le premier tour de la primaire organisée par le Parti socialiste pour désigner son futur candidat a mobilisé plus de deux millions de citoyens qui ont déposé un bulletin dans l’urne le 9 octobre et ceux encore plus nombreux qui ont suivi les débats télévisés qui ont établi le succès de cette formule inédite en France. Le Parti ne pourra plus faire machine arrière et désigner son candidat à la présidence par une procédure réservée aux seuls adhérents. C’est là une transformation profonde dont François Hollande ne voulait pas et qdi a été durement contestée par des socialistes qui annonçaient que les primaires marqueraient la fin du « parti militant ».

L’argument est curieux car depuis une trentaine d’années le Parti socialiste n’est plus un parti militant mais un parti d’élus et de fonctionnaires travaillant pour ces élus. La victoire de la primaire, c’est celle d’un ensemble d’adhérents de base et de sympathisants qui n’ont pas tous suivi les injonctions médiatiques (François Hollande et Martine Aubry avaient la cote) et qui ont fait mentir les sondages : Arnaud de Montebourg a fait une percée qui n’était pas prévue sur le thème réprouvé de la « démondialisation » et Ségolène Royal se retrouve loin derrière lui, en quatrième position. Les primaires ne sont pas une victoire de la démocratie, comme on le répète à satiété, car la démocratie se réalise dans les élections prévues par la loi constitutionnelle ; mais une nouvelle procédure démocratique a été massivement entérinée malgré les critiques des dirigeants de 1’UMP. Le thème du fichage des électeurs n’a pas impressionné ceux-ci.

Cela dit, s’agit-il d’une victoire du socialisme, comme s’en réjouit Jacques Julliard dans l’hebdomadaire Marianne ? C’est toute l’ambiguïté du scrutin : le Parti socialiste se présente comme le premier parti de gauche et laisse entendre que son candidat va représenter toute la gauche, celle-ci étant définie par des valeurs républicaines liberté, égalité, fraternité, justice sociale qui ne sont pas spécifiques à la gauche. On peut même soutenir que la gauche, depuis 1983, a accepté des idées très éloignées de la tradition socialiste qui s’était constituée contre le libéralisme économique. De fait, les dirigeants socialistes ont plus ou moins accepté l’économie de marché et la mondialisation. On pouvait même penser que la gauche social-libérale l’avait emporté après l’enterrement du débat sur le « traité constitutionnel ».

Or les primaires ont révélé, à gauche et à l’intérieur du Parti socialiste, la vigueur du courant favorable à la « démondialisation » incarné par Arnaud de Montebourg. Qu’on l’approuve ou qu’on le rejette, ce courant est proche de la tradition socialiste originelle qui cherchait à prof téger les ouvriers de la violence économique. Au contraire, François Hollande et Martine Aubry se situent dans la tradition de la gauche favorable au libre-échange présenté comme une expression de l’internationalisme.

Pour les deux candidats arrivés en tête le 9 octobre, les primaires constituent une amère victoire. La compétition entre les personnes, promue par la presse et les instituts de sondage, a tourné au conflit sur les idées et le programme : les libre-échangistes doivent faire face aux tenants d’un protectionnisme européen qui a les faveurs de larges secteurs de l’opinion publique. Ce conflit survivra aux primaires, marquera la campagne présidentielle et ira bien au-delà des échéances électorales de 2012. La droite aurait tort de s’en réjouir car elle n’échappera pas à ce débat sur la protection économique.

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