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Presse et politique : Les liaisons dangereuses.

Vendredi 7 janvier 2011 // La France

C’EST LA RENCONTRE de deux milieux qui souffrent d’un manque patent de crédibilité et qui luttent pour ne pas sombrer dans la spirale du désamour. D’un côté, la presse écrite, audiovisuelle et Internet. La moitié (seulement) de la population française fait confiance aux médias. Selon le baromètre TNS-Sofres qui suit cette évolution depuis octobre 1987, seules la radio et la presse écrite arrivent aux deux premières places des médias quant à la crédibilité de l’information qu’elles délivrent. De l’autre côté : les politiques. Pour faire face à une désaffection grandissante, comme en témoignent les chiffres de l’abstention à chaque élection, les hommes politiques pensent souvent (à tort ou à raison ?) que, pour être crédible, il faut être présent dans les médias et notamment dans les médias de masse comme la télévision.

INFLUENCES

Loin de vivre séparément, les deux sphères se côtoient, se toisent, se rapprochent, se mesurent, parfois s’éloignent, s’affrontent, se taclent, le dernier mot revenant souvent au pouvoir politique qui, seul, fixe les règles du jeu. Et cela bien que, depuis quelques décennies, nos gouvernants aient desserré l’étau... L’ORTF a explosé sur une promesse de Valéry Giscard d’Estaing, les radios sont devenues « libres » ou plus exactement privées sous François Mitterrand. Sans remettre en cause la liberté de la presse (et celle de l’expression ?), la mainmise du politique sur les médias est devenue plus subtile. L’autocensure et le politiquement correct ont gagné les salles de rédaction et ceux qui franchiraient la ligne (blanche) éditoriale sont rappelés à l’ordre. La dépendance économique s’est accolée, pour de nombreux médias, à la dépendance politique. Nicolas Sarkozy le sait bien, lui qui a pour amis proches des grands patrons qui sont à la tête de véritables empires médiatiques : Vincent Bolloré (Direct 8, Direct Soir), Serge Dassault (Le Figaro, Sport24...), Arnaud Lagardère (Elle, Europe 1, Paris-Match, JDD...), Martin Bouygues (TF1, Eurosport, LCI...). Comme ses prédécesseurs, le chef de l’État n’hésite pas à jouer de son influence auprès de l’un ou de l’autre pour infléchir tel titre ou amadouer tel journaliste.

N’a-t-il pas usé de toute son amitié auprès d’Arnaud Lagardère pour faire débarquer Alain Genestar, le rédacteur en chef de Paris-Match après que cet hebdomadaire a montré sa femme, Cecilia Sarkozy, au bras de Richard Attias ? N’a-t-il pas demandé et obtenu la tête d’Arlette Chabot, directrice de l’information de France 2, à cause de la couverture de son divorce ? Patrick Poivre d’Arvor n’a-t-il pas connu un sort identique pour avoir dit (devant des millions de téléspectateurs, il est vrai) que « Nicolas Sarkozy avait l’air d’un petit garçon tout excité » ? Les exemples sont pléthore.

L’accusation lancée par certains journalistes d’être espionnés par l’Élysée, via la Direction centrale du renseignement intérieur (DCRI), a ravivé le débat sur les relations que peuvent entretenir la presse et le pouvoir. Entre copinage, détestation, collusion et désillusion, les rapports que ces deux sphères entretiennent sont souvent tendus.

Reprise en main

Comme toute passion, celle qui lie la presse et Nicolas Sarkozy a commencé sous les meilleurs auspices, l’homme s’étant révélé « un bon client » médiatique. Au cours de la seule première année de son mandat, le chef de l’État a effectué, pour une période équivalente, trois fois plus de voyages que Jacques Chirac et dix fois plus que Valéry Giscard d’Estaing. Pour les médias, surtout les chaînes d’information continue, semblable énergie a pu constituer une source de frictions mais, surtout, une aubaine. Il a également su jouer de son charme à l’ouverture des États généraux de la presse. Avec sa modestie désormais légendaire, il affirmait : « Si je n’étais pas là, la presse serait déjà morte ». Autre gage de sa bonne foi, il a initié, puis promulgué la loi relative à la protection du secret des sources des journalistes en janvier 2010.

Las, la lune de miel n’a duré qu’un temps et, devant les attaques justifiées ou non sur le bilan de l’action présidentielle et gouvernementale, ordre a été donné en haut lieu de « reprendre les choses en main », comme au bon temps de l’ORTF. La nomination des présidents de chaîne publique a été perçue par beaucoup de spécialistes comme un retour en arrière, même si Nicolas Sarkozy entend, par ce procédé, « sortir de l’hypocrisie ». Il suggérait à demi-mot que les nominations par le Conseil supérieur de l’audiovisuel (CSA) étaient « bidon », fortement suggérées par le pouvoir politique. Alors pourquoi ne pas faire nommer les présidents de chaîne par le Parlement, après audition, comme c’est le cas pour LCP-AN et Public Sénat ? Les candidats, qui sont nombreux, ne présentent-ils pas un plan de développement de la chaîne ? Les deux commissions de la communication ne passent-elles pas les candidats sous le feu roulant des questions ? Que dire aussi du ménage effectué ces dernières semaines à Radio France !

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