Mondial 2014.

Pourquoi les pays africains doivent se préparer dès le 12 juillet 2010.

Lundi 19 juillet 2010 // L’Afrique

Au nombre de six au début de la compétition, le 11 juin 2010, seul le Ghana a pu passer le premier tour, comme il y a 4 ans, contredisant la thèse selon laquelle les Black Stars avaient fait une mauvaise préparation, avec des effectifs surcotés, dans un contexte où la pression qui s’exerçait sur eux, était démesurée. On peut diviser les six sélections africaines en trois groupes : ceux, qui ont bien préparé le Mondial mais qui, malgré cela, n’ont pas pu aller loin, à l’instar des Bafanas Bafanas qui avaient eu 5 mois de stage bloqué, et des millions de vuvuzelas à leur entière disposition ; ceux qui ont véritablement mal préparé le tournoi en s’y prenant au dernier moment : il s’agit du Nigeria et de la Côte d’Ivoire, notamment ; enfin, le Ghana, qui est arrivé en quart de finale.

Symbole, de cette impréparation, les Eléphants de Côte d’Ivoire n’ont pu recruter un sélectionneur, le Suédois Sven Goran Eriksson, que le 28 mars, soit, deux mois et demi, à peine, du début du Mondial. Pour quelqu’un qui ne connaissait rien à la Côte d’Ivoire avant de s’y rendre pour prendre en main sa sélection, et qui savait, à peine, dire « Bonjour » en français, un tel choix, au regard des urgences, était pour, le moins, osé.

Le Nigeria a fait à peine mieux, confiant ses Super Eagles à un autre Suédois, Lars Lâgerback, le 28 février, venu juste un mois avant son compatriote de l’équipe nationale de football de Côte d’Ivoire. Comment pouvait-on croire que ces « sorciers blancs », comme on les appelle communément, en Afrique, auraient fait des miracles ? Les gris gris (« des fameux préparateurs psychologiques »), en football, font partie des légendes. Sinon, le Nigeria, pays africain, par excellence, où règnent la magie et le fétichisme comme nulle part ailleurs, aurait fait des miracles. Et pourtant...

Les Africains, doivent comprendre que là peu près doit être prohibé. L’amateurisme doit, désormais, céder la place au professionnalisme, en football, comme dans d’autres sports de haut niveau pratiqués sur le continent. Ce qui suppose de la rigueur dans le travail, de l’assiduité dans l’effort et de la modestie dans les comportements.

Les Lions indomptables, par exemple, dont les performances ont scandalisé tout un peuple dont leur supporter numéro 1, Paul Biya, qui leur avait tout donné afin qu’ils ne manquent de rien pendant la préparation, et ils le reconnaissent volontiers, sont radicalement aux antipodes de ces valeurs. Dans une autosuffisance qui n’a d’égale que son propre ego, le capitaine Samuel Eto’o avait annoncé, urbi et orbi, avant le début de la compétition chez notre confrère l’Equipe, qu’il voyait le Cameroun en finale. Une telle sortie venant d’un footballeur de sa trempe, je me demande ce qu’il faudrait en penser ? A moins qu’il ait voulu donner raison, une fois de plus, à ses détracteurs qui pensent qu’il parle, souvent, avant d’avoir réfléchi.

Le Ghana mis de côté, les équipes africaines n’ont guère été à la hauteur, et la faute n’est pas toujours au niveau des moyens. Les véritables problèmes qui minent le football africain sont connus : l’improvisation, l’indiscipline, la corruption, le clanisme, pour ne citer que les plus courants. Rien ne s’obtient dans le désordre. Même en alignant 11 ETO,O ou 11 DROGBA l’équipe sera toujours défaite. Si ces problèmes ne sont pas sérieusement résolus, il faudra cesser de croire au miracle.

Les équipes africaines ont quatre ans pour mettre de l’ordre dans leurs sélections, pour apprendre à y instaurer le calme, la discipline et la sérénité, comme dans des sélections asiatiques ( Japon, Corée du Sud, Corée du Nord).

Le fait de recruter un étranger comme sélectionneur sous prétexte qu’il sera plus respecté qu’un sélectionneur national, est une fuite en avant. Deux équipes ( Japon et Corée du Sud) où la tradition du football n’est pas encore établie comme en Afrique, sont arrivées au deuxième tour, avec à leur tête, des sélectionneurs nationaux. Quelle leçon pour celles d’Afrique qui laissent en chemin des entraîneurs nationaux, parfois, plus compétents que les étrangers qu’ils font venir à grands frais !

Les pays africains doivent radicalement changer d’état d’esprit, en commençant dès le 12 juillet 2010, la préparation de la Coupe du monde 2014, qui se jouera au Brésil. Sinon, la honte qui nous attend sur cette lointaine contrée sera plus grande que l’humiliation que nous venons de subir sur nos propres terres.

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