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Pourquoi il faut accueillir les réfugiés de Tunisie.

Mercredi 4 mai 2011 // L’Europe

Depuis le mois de janvier, plus de 600 personnes sont mortes noyées en essayant de quitter l’Afrique du Nord pour gagner l’Europe. Selon les chiffres de l’organisation Fortress Europe, au moins 10 000 réfugiés ont ainsi trouvé la mort depuis 1988, soit autant de victimes que dans une guerre de moyenne importance. Les pêcheurs remontent régulièrement des corps dans leurs filets, certains ont encore leurs chaussures Nike aux pieds. La Méditerranée est devenue un tombeau. Il faut se souvenir de ces chiffres lorsqu’on parle de l’immigration en Europe car on a trop tendance à aborder cette question sous un aspect technique et à parler de quotas de réfugiés, de barrières aux frontières et d’accords sur le rapatriement.

Certes, toutes ces questions sont importantes mais, au risque de paraître un brin sentimental, disons que c’est avant tout d’êtres humains qu’il s’agit ici. Des êtres qui risquent leur vie pour fuir la guerre et la misère. Des hommes qui veulent tenter leur chance sur ce continent fabuleusement riche qu’est l’Europe. De quel droit voudrions-nous empêcher un père de famille tunisien de vouloir ce qu’il y a de mieux pour ses enfants, si ce mieux se trouve en Europe ? Qui voulons-nous être ?

Non, M. Berlusconi, les plages européennes ne sont menacées par aucun raz-de-marée migratoire. La révolution arabe ne nous a pas encore atteints. Au contraire, ils sont peu nombreux à tenter la traversée. A titre de comparaison, la petite Tunisie a déjà vu affluer près de 400 000 réfugiés de Libye et le pays n’a pas fermé ses frontières. La puissante Europe, avec ses 500 millions d’habitants, ne serait donc pas capable d’ingérer 20 000 réfugiés débarquant à Lampedusa ?

Oui, je parle bien de l’Europe. Car les flux migratoires vers le continent concernent la totalité des pays membres de l’UE. Certes, il existe une division du travail et, lorsqu’un Etat est dépassé, comme Malte aujourd’hui et aussi, à dire vrai, la Grèce, c’est la communauté européenne qui supplée.

Silvio Berlusconi fait aujourd’hui appel, mais il est le dernier à pouvoir y prétendre. Berlusconi cherche tellement à duper ses partenaires qu’il ne mérite aucune solidarité. Délivrer des visas touristiques aux réfugiés de Lampedusa afin de les voir disparaître d’Italie pour gagner la France ou l’Autriche, c’est ce qu’on appelle jouer un mauvais tour au voisin. Le ministre allemand de l’Intérieur, Hans-Peter Friedrich (CSU), a raison de s’y opposer. Néanmoins, lui aussi se trompe - d’une tout autre manière que Berlusconi - sur le sens de la solidarité européenne lorsqu’il veut laisser l’Italie se débrouiller et demande un renforcement des contrôles aux frontières. C’est une erreur. Ce qui se passe aujourd’hui à Lampedusa est un problème européen.

A court terme, l’augmentation potentielle du nombre de réfugiés pourrait obliger tous les pays membres de l’UE à assumer une partie de cette charge. A moyen terme, les immigrés d’aujourd’hui seront peut-être les travailleurs de demain auxquels l’Europe vieillissante fera les yeux doux pour maintenir son niveau de vie. Mais, surtout, la question des réfugiés et de leur traitement nous incite à nous demander si les révolutions arabes peuvent avoir une influence sur notre propre réflexion. Allons-nous garder nos vieux réflexes face à ce grand bouleversement qui va de la Tunisie à la Syrie ? L’Europe a besoin d’une meilleure, d’une vraie politique d’immigration.

Oui, la droite populiste agite - avec succès - la peur des flux migratoires dans toute l’Europe. La crainte d’être envahi par les migrants, notamment d’origine musulmane, est profondément enracinée. C’est pourquoi il ne faut pas abandonner cette question à la droite de la droite. L’Europe doit définir ses intérêts propres et les expliquer aux Européens. Rien ne permet de penser que ce soit peine perdue. Selon le Conseil des experts pour l’intégration et la migration, une nette majorité de la population [allemande] est favorable à l’immigration de main-d’oeuvre qualifiée.

Outre l’investissement à long terme dans les pays d’origine, cette réponse est la meilleure solution pour l’Europe et pour les migrants : encadrement de l’immigration qualifiée, bourses d’études pour les jeunes et quotas temporaires pour les travailleurs non qualifiés qui entrent aujourd’hui illégalement. C’est ainsi que la Méditerranée redeviendrait ce qu’elle a toujours été : une plaque tournante des échanges commerciaux, non un cimetière.

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