Politiciens Africains : Quel exemple ?

Mardi 29 novembre 2005, par NKANSA’S Nenthor // L’Afrique

L’Afrique, berceau de l’humanité, est aujourd’hui confronté à divers maux après la triste période coloniale. Le SIDA, grand fléau planétaire, fait chaque jour en Afrique pas moins de 1.000 victimes « innocentes », y compris des enfants. Les guerres civiles et rebellions, fruits des intérêts égoïstes de certains Africains, armés et soutenus par des Occidentaux, brisent l’espoir de nombreux continentaux de pouvoir vivre en paix et en sécurité. Pour l’argent, l’Africain tue son propre frère. Honte à nous, peuple bantou !
L’éducation des jeunes est carrément négligée, la priorité est donnée aux armes. Des jeunes enfants armés et drogués combattent au Libéria ; des hommes et des femmes sont vendus comme des chèvres au Soudan, cela nous rappelle la traite des Noirs. Ce commerce humain doit révolter tous les Africains et interpeller nos consciences. Des femmes mariées se font violer par des personnes sans scrupules, les détournements des fonds publics ne sont plus punis par l’Etat, les anti-valeurs prennent le dessus sur le bon sens. Les journalistes qui osent critiquer librement les politiciens sont intimidés voire arrêtés. Où est passée la liberté d’expression ?
Voilà un tableau sombre que nous présente notre cher continent, riche pourtant en matières premières. Au moment où les Européens, après avoir fait la guerre entre eux, cherchent à s’unir, les Africains se mettent des bâtons dans les roues. Le voisin soutient ouvertement le désordre et l’anarchie dans une nation sœur. Sous d’autres cieux, le Politicien est le plus souvent à l’écoute du peuple, souverain primaire. Il doit chercher à garder le plus longtemps possible contact avec sa base. La population peut l’interpeller à tout moment pour connaître la vérité. Outre-atlantique, l’affaire du Monicagate est un exemple éloquent. Bill Clinton, ancien président des USA, accusé par le procureur Kenneth Starr de subornation de témoins et d’obstruction à la justice dans le cadre des probables relations sexuelles qu’il aurait eues avec une stagiaire de la Maison-Blanche, Monica LEWINSKY, l’ancien « président du monde », avait failli perdre son fauteuil présidentiel. En France, l’actuel maire de Bordeaux, Alain JUPPE risque plusieurs années d’inéligibilité pour une affaire d’emplois fictifs.
En Afrique, les hommes d’Etat et autres politiciens appartiennent à la classe des intouchables. Une autre loi les régit, leurs crimes et abus sont jugés avec beaucoup plus de clémence et de complaisance. Pendant la période de campagne électorale, les politiciens promettent monts et merveilles aux électeurs. Ils soutiennent vouloir baisser les impôts, créer des emplois, améliorer les conditions de vie de la population, ... tout cela juste pour être élus. Une fois que leurs objectifs sont atteints (siège des députés, portefeuilles ministériels, ...), les politiciens montrent leurs vraies faces. Ils profitent de leurs positions pour se servir au lieu d’être à l’écoute du peuple. Celui-là même qui les a propulsés au sommet de l’Etat. Ils jettent à la poubelle leurs promesses et oublient leurs paroles mielleuses. Certains ministres s’entourent des connaissances en lieu et place des personnes compétentes. Dans les bureaux, leurs excellences passent le temps dans des futilités et en compagnie des filles de joie. Très peu sont ceux qui travaillent réellement. Lors des missions officielles vers des pays étrangers, ils se font, la plupart du temps, accompagner par des conseillers et assistants médiocres. Parfois encore, leurs enfants, neveux ou nièces font partie de la délégation.
Forts de leur rang social, certains ministres s’octroient librement le droit de confisquer les biens d’autres citoyens. Ils ont pour cela tout un commando, surarmé, qui les protège. L’homme d’Etat ne se généra pas d’exproprier pour « raison d’Etat et de sécurité nationale » la belle villa d’un simple commerçant et ou sa voiture de luxe. Oublie-t-il simplement que ce monsieur a souffert et consenti d’énormes sacrifices pour acheter ce bien précieux ?
Le développement durable de l’Afrique passe nécessairement par le changement radical de mentalité. Nous tous Africains devons, chacun en ce qui le concerne, donner le meilleur de lui-même pour le bien être et la prospérité de ce cher continent. Que ceux de la diaspora africaine qui le peuvent puissent, autant que possible, investir au « bled » et ainsi créer des milliers d’emplois. Que nos frères et sœurs à qui l’on confie souvent la gestion permanente des Petites et Moyennes Entreprises (PME) nouvellement créées au pays puissent se montrer beaucoup plus responsables. Détourner l’argent investi par votre frère ou cousin ne résoudra JAMAIS tous vos problèmes. Feu, le général MAHELE, ancien Chef d’Etat-major des Forces Armées Congolaises déclarait, sans cesse, à ses subalternes : « Soldats, contentez-vous de votre solde ! ». Grâce au salaire, si maigre soit-il, l’homme responsable peut arriver à s’en sortir.
Frères et sœurs Africains, travaillons tous la main dans la main dans l’amour du prochain. Que la jalousie, la médisance ainsi que l’hypocrisie n’aient plus aucune place dans nos cœurs.
A nos hommes d’Etat, sur qui l’avenir du continent dépend en partie, nous demandons de suivre l’exemple de leurs illustres prédécesseurs qui ont bien voulu mettre l’intérêt général avant tout. Qui est cet Africain qui pourra oublier Senghor, Lumumba, Mandela, Stephen BIKO ... ? Hommes d’Etat et politiciens, l’exemple vient d’en haut !!!

Kinshasa, le 23 avril 2002

MBIENGA NKANSA Erick
Ecrivain - Journaliste indépendant

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