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Polémique : Des hommes libres d’histoire.

Lundi 31 octobre 2011 // Divers

Un film, comme un bon roman nous raconte une histoire. La nature de celle-ci nous fait voyager dans le temps si c’est une fiction historique.

Ainsi le film du franco-marocain Ismaël Ferroukhi Des hommes libres est une fiction historique (la Mosquée de Paris sous l’occupation allemande) dont le récit tient debout. Le film est bon, bien interprété, bien filmé, Alors d’où vient la polémique ?

Pourquoi des historiens aussi compétents que prestigieux, tous spécialistes du Maghreb et de la présence des arabo-musulmans en France, comme Michel Renard et Daniel Lefeuvre, s’opposent au non moins compétent Benjamin Stora conseiller historique du film ? Nous aurions bien tort de traiter à la légère cette controverse car elle n’est pas une querelle de compétence ou simplement une algarade d’école universitaire. Elle est bien plus fondamentale car elle concerne l’interprétation de l’histoire d’un sujet aussi brûlant qu’explosif : les rapports entre juifs et musulmans.

Essayons de résumer la confrontation. Pour Benjamin Stora et le film Des Hommes Libres, la Mosquée de Paris et son recteur Si Kaddour Ben Ghabrit (interprété par l’incroyable Michael Lonsdale) auraient caché et aidé des indépendantistes algériens et des juifs séfarades pendant l’Occupation.

Pour Michel Renard et Daniel Lefeuvre, sans nier tel ou tel cas (comme celui incontestable du chanteur juif Salim Halali, merveilleusement interprété par Mahmud Shalaby), on ne trouve pas trace de ces événements. Michel Renard remarquant « ... prétendre que la Mosquée de Paris a abrité, et,plus encore, organisé un réseau de résistance pour sauver des Juifs ne repose sur aucun témoignage recueilli ni sur aucune archive réelle. Cela relève de l’imaginaire. » Daniel Lefeuvre rappelant, de son côté, que les indigènes d’Afrique du Nord (juifs ou musulmans) étaient considérés comme de nationalité française mais non-citoyens à part entière de la République.

Dans le film le jeune Younès (interprété par Tahar Rahim), trafiquant du marché noir, est recruté par la police française pour espionner la Mosquée. Il deviendra résistant. Le film laisse sous-entendre (mais ne dit pas explicitement) qu’un vrai réseau de résistance construit par des membres de l’Étoile nord-africaine de Messali Hadj (alors enfermé dans un bagne de Vichy) existait.

Rappelons que l’Étoile nord-africaine fut opposée dès l’origine à la Mosquée de Ben Ghabrit qualifiée de « mosquée réclame » lors d’un meeting le 14 juillet 1926. Et que l’attitude de Si Kaddour Ben Ghabrit, recteur de la Mosquée de Paris relevait de celle de Mohammed V sultan du Maroc qui avait refusé d’appliquer les lois antisémites décidées par le gouvernement de Pierre Laval.

Le véritable problème de ce film n’est pas son histoire. C’est un film de fiction sur un sujet peu connu procédant aux simplifications historiques nécessaires. Là où le bât blesse c’est qu’il laisse sous-entendre des événements qui ne sont pas avérés...

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