Point de vue sur l’éducation nationale.

Vision naïve, ou vision pragmatique ?

Vendredi 27 novembre 2009 // La France

Nous étions en septembre, mois intermédiaire où les effluves de l’air sont encore pacifiques et tendres en la maturation générale de la terre livrant ses fruits-en récompense du dur travail des hommes au printemps initial.

Puis, progressivement la vie locale reprit son cours naturel, voguant vers cet automne aux feuilles jaunies et au repos d’une terre ayant fourni ses fruits, dans la fermentation de son être.

Cependant, le repos de la terre n’était pas exactement celui des étudiants « recalés » en juin -pour affronter leur seconde « chance » dans les épreuves du Baccalauréat âpres des vacances moins paisibles et incertaines.

Mais pourquoi ce « forcing » dans les études, où Parents et Professeurs rivalisent d’ardeur à battre des records de vitesse pour les enfants.

Un bon enseignement primaire n’est jamais à négliger, car il est à la base de la vie concrète, avant la culture générale du secondaire, ce premier enseignement devrait se poursuivre au moins jusqu’à 14 ans inclus (peut-être jusqu’à 16 ans inclus) quitte à l’étoffer intellectuellement (civisme et sociologie élémentaires, artistiquement informatique, musique, dessin, peinture, danse, théâtre..., sports) avec l’apport nécessaire de travaux pratiques par exemple notions de menuiserie, d’électricité, mécanique.., pour les garçons.

Notions de couture, tricotage, puériculture.., pour les filles notions d’informatique, de bricolage aménagements divers d’une maison, agriculture, dactylographie, éléments très simplifiés des techniques modernes : « photo, cinéma, radio, T. V., électronique, enregistrement sonore.., pour tous. Bien entendu, des moniteurs de ces diverses « disciplines » devraient être mis à la disposition des élèves, dans des salles équipées en conséquence.

Et je dirais même pour leur « détente » - dont nos contemporains ont un impérieux besoin (témoin les nombreux petits ateliers qui peuplent les maisons individuelles avec leur petit bout de jardin.., la maison individuelle se révélant Idéal pour une famille...).

Un homme ou une femme ne sont jamais complets dans leurs connaissances intellectuelles pures s’ils ne savent pas se servir de leurs mains qui constituent, avec la « matière grise », le complément de leurs activités diverses en tous domaines, assurant de surplus un dérivatif à la paperasserie de plus en plus envahissante.

De plus, les petits travaux manuels permettent de faire soi-même des tricots « personnalisés » et à meilleur compte (avec l’appoint, par exemple, d’une petite machine à tricoter), de savoir coudre un bouton, de faire des reprises, de mieux élever des bébés... (ceci pour les femmes). Ils permettent aux hommes de réparer une armoire ou une table..., de changer un interrupteur électrique cassé..., de pallier à une petite panne de leur voiture... Ils permettent à tous, hommes et femmes de « bricoler », de mieux aménager leur logement — de savoir semer ou planter dans leur petit jardin du persil - des salades -des fleurs..., de savoir se servir d’un ordinateur et de « jouer » avec internet, (de plus en plus nécessaire..), la liste des différents travaux manuels, n’est pas exhaustive et d’ailleurs, on trouve de moins en moins d’artisans ou d’ouvriers disponibles pour ces menus travaux, qui ne payent pas - et il est plus rapide qu’un propriétaire ou locataire d’une maison fasse lui-même ces « mini travaux... » - de même qu’il est plus souhaitable qu’une Mère de famille s’occupe mieux - en connaissance de cause - de son bébé - (plutôt que de laisser ce soin à une nourrice ou à une garderie, si consciencieusement soit-il accompli dans les deux cas -et si bien « aménagée soit-elle en plus dans le second cas).

De tout cela il résulte qu’une bonne et plus longue éducation primaire -intellectuelle morale - artistique - manuelle..., constituerait une base solide de départ répercuté sur toute la vie - avant la culture générale plus abstraite du secondaire.

Les classes de transition n’auraient plus, de ce fait, les mêmes raisons d’être, ce qui simplifierait les choses - (tellement on se perd dans les dédales des « classes différenciées » - et éviterait de surplus ce « cloisonnement » qui engendre un réflexe malsain de différenciation sélective, préjudiciable à »l’ honorabilité » sentie par les enfants - et « réfléchie » dans le « miroir » des parents.

Bien entendu la réussite à cet écrit donnerait d’office un « Certificat d’études primaires » délivré à l’élève en guise de « Diplôme » - ce qui lui donnerait une première grande satisfaction pour son âge. D’office, ai-je dis, ce Certificat - puisque les épreuves orales ne seraient qu’un jugement d’ensemble sur la « personnalité » du candidat - qui ne viendrait qu’en complément de l’orientation envisagée, « cela serait meilleur pour l’enfant, après consultation des Parents. »

Certaines entreprises ou « professions », qu’elles soient privées ou publiques - en ont toujours besoin.

Si je défends ainsi l’instruction primaire (plus longue, donc plus complète et plus variée), c’est que me suis aperçu que des Bacheliers, faisaient d’énormes fautes d’orthographe (l’orthographe faisant, quoi qu’on en dise, la « poésie », l’élégance et la précision du langage) ; L’orthographe « phonétique » n’est qu’une solution de facilité, rompant tout le charme de la langue française, magnifiée par nos Grands Classiques. Veut-on les renier ?).

Mon cheminement m’a démontré, que de nombreux Bacheliers étaient incapables de résoudre des problèmes d’arithmétique « primaire » et élémentaire - alors qu’ils savaient mieux résoudre des problèmes que l’on dit savants. Mais, précisément, dans la vie courante - de quoi avons-nous surtout besoin pour le commun moyen de nos activités professionnelles ? Sinon de bonnes bases d’orthographe, de calcul, d’arithmétique simple - et même de bonnes bases simplifiées de géographie ou d’histoire qui ne nous imposent pas de savoir l’altitude exacte du Mont Kilimandjaro, ou les dates secondaires exactes des diverses et très nombreuses victoires ou défaites de notre « épopée guerrière. »

Tout cela est si vrai que nos Instituteurs ou nos Maîtres (ou Maîtresses) dotés du « Bac » (après leur inscription dans cette branche Professionnelle à partir de la troisième jusqu’à une année passée en Ecole Normale, après l’obtention de ce fameux Baccalauréat) -sont obligés - pour un certain nombre non négligeable de réviser leurs « éléments primaires » pour faire valablement leur classe, et cela est d’autant encore plus significatif, que la grande majorité des Instituteurs affiliés à leur Syndicat National, réclament à cor et à cri deux ans de séjour en Ecole Normale (au lieu d’un), pour se remettre pleinement dans le « bain » de la pédagogie primaire.

Dans cette perspective nous aurions, en France, des Instituteurs de 18 ans - ce qui multiplierait leur nombre pour le plus grand bien de nos « écoles primaires -chez lesquelles la pénurie de Maîtres se fait cruellement sentir (classes trop nombreuses en élèves - ou suppression de classe dans les villages...). C’est une solution à méditer.
Cet ensemble pourrait mieux assurer dans l’immédiat (après le « Bac », réussi ou non), un accès plus facile -plus compétent et plus adaptable aux débouchés professionnels qui représentent finalement le but essentiel de l’instruction..

Un tel Baccalauréat pourrait donc - à la fois - synthétiser un « Terme » en soi, ou un « Terme » tremplin pour « sauter » dans le terre-plein de l’Université...
Bien entendu, dans de telles perspectives, le service militaire étant supprimé pour cause de modernisation de nos armées, il est impératif que nos jeunes tirent un bienfait d’une certaine discipline bien conçue (et non à grands coups de gueule abrutissants) et les former à la vie communautaire dans la fusion bénéfique des classes sociales et, d’autre part, sous une forme « civile », dans une complémentarité de main-d’oeuvre presque gratuite, fourni à certains organismes de travaux d’intérêt général en France ou à l’étranger, favorisant un climat de paix et de compréhension mutuelle.

Bien entendu, dans certains cas, cette forme « civile » de Service National et International - pourrait être un stage supplémentaire de perfectionnement dans le métier manuel ou spécialité intellectuelle de « l’Appelé » ce qui serait un élément d’enrichissement complémentaire...Or, précisément, l’Armée de Métier apparaît comme la solution de l’Avenir et le Présent, pour l’ utilisation technique valable des armes modernes. Cela n’empêcherait pas l’obligation d’une armée de réservistes (mi-militaire- mi-civil) pour tous les Français, à moins, d’un désarmement planétaire, pour l’instant, hélas, trop problématique.

Cependant, « dans un espoir, ce dernier espoir futuriste » et « fruit » d’une évolution merveilleuse..., le « Service National » serait quand même maintenu, mais sous sa forme strictement civile et coopérative .
Il est bien évident que, dans un Pays véritablement Démocratique, la Liberté du choix de l’école »laïque ou privé » doit être préservée, les Parents devant rester libres et responsables, à l’encontre de leurs enfants, qu’ils ont appelés à la vie -par priorité naturelle à l’État -qui doit respecter leurs convictions et les traduire dans les faits (choix donc de l’école laïque « neutre » ou de l’École « confessionnelle »...
Vis-à-vis de la « mixité », pour en revenir à ce dernier point, l’on dit, que cette mixité déclenchait (et déclenche encore parfois, mais plus rarement) une crainte et une terreur ridicule des rapports garçons et filles (généralement très anodins) engendrant une ambiance puritaine qui voit partout le « péché »... (dans les établissements Religieux.)

J’avais, en effet, constaté un « puritanisme » trop restrictif et abusif parmi quelques enseignants « privés « , et à l’inverse un certain relâchement moral parmi quelques enseignants publics.
J’avais l’impression que les élèves des écoles privées (et confessionnelles paraissaient les seuls « élus » -des « notables » en quelque sorte ce qui les différenciait trop injustement et a-socialement des autres. Les « autres »(avec une pointe péjorative) étant cependant aussi appelés à bénéficier de cette morale « humaine » qui régit toujours en gros (malgré de trop nombreuses infidélités) notre Civilisation occidentale - exportée sur tous les Continents.

Mon sentiment, en était finalement après « mûres réflexions « , acculé à admettre l’intégration de l’Ecole Privée dans l’Ecole publique, pensant qu’elle serait en dernier ressort - le meilleur moyen pour détruire les rivalités et assurer la Paix Scolaire en France, cette Paix, pensait-il, s’avérant encore plus bénéfique que la liberté - car il n’y a pas de Paix Véritable dans une liberté divisée.

Une telle coexistence pacifique pourrait fort bien s’instaurer sur des « positions neutres » valables pour tous les enfants ou étudiants surtout dans les matières telles que le français (orthographe et composition de phrases...) - le calcul ou l’arithmétique - la géographie - le latin ou les langues vivantes - le dessin simple ou industriel - toutes les sciences pures qui n’engagent pas directement la philosophie ou la métaphysique..., etc.

Quand à ces derniers « problèmes » de philosophie ou de métaphysique - (ou d’interprétation de l’Histoire - ou des fondements religieux ou moraux) - ils seraient traduits en « termes chrétiens, ou hébraïque, ou musulmans », par la présence effective de Prêtres ou Religieuses, de Pasteurs, Rabbins ou Coranique dans tous les établissements scolaires de la maternelle au primaire et du secondaire au supérieur.

Cette « Aumônerie » générale et compétente - aux cours diversifiés suivant les clivages scolaires - (du catéchisme à l’exégèse philosophique et même théologique...) rendrait cette liberté aux Familles, dans la Paix) pour celles qui, croyantes, désirent expressément (et elles sont très nombreuses) des cours d’instruction religieuse pour leurs enfants) et pour celles qui, non croyantes, ne désirent nullement de tels cours.

Cours religieux non minimisés, mais « placés » suivant des horaires très accessibles et d’un temps convenable (trois ou quatre heures, par exemple, par semaine). Ainsi, la Paix et la Liberté se trouveraient-elles consolidées - harmonisées - confondues - dans l’Égalité de toutes les Familles et de tous les élèves - ce qui engendrerait fatalement une Fraternité retrouvée dans le respect des convictions de chacun.

C’est certainement à mes yeux la solution de l’avenir, à plus ou moins longue échéance, la coexistence « séparée » créant trop d’antagonismes larvés au sein d’une même Nation.

Ainsi, le cauchemar presque centenaire de la division et de la lutte s’estomperait- il progressivement, assainissant le climat politique français trop sensibilisé à ce problème scolaire spécifique.
La confraternité des Enfants - assis sans discrimination sur les mêmes bancs de l’Ecole Unique Nationale serait renforcée, et l’on ne verrait plus, dans les Manifestations Publiques — officielles ou autres - ce mur de séparation - et cette écharde dans leur jeune chair, qui transparaît à l’extérieur, par une rivalité qui se trouve dans leurs coeurs et transposée souvent toute leur vie...

C’est ainsi que j’avais été profondément troublé, lorsque assistant aux cérémonies patriotiques (11 novembre ou du 8 mai) devant le Monument aux Morts de ma petite Commune, je constatais la présence de deux groupes distincts devant ce Monument National - (comme sil y avait « deux France ») et qui chantaient la « Marseillaise », non pas à l’unisson, mais dans un désaccord musical confus qui me laissait perplexe et même « révolté », en ce non-mélange vocal inter-enfants français.

Tout irait pour le mieux, « du moins me semble-t-il », dans le meilleur des mondes - et l’Union serait réalisée dans la Liberté de Conscience de chacun si l’école, surtout en milieu rural, ne faisait qu’une, dans la diversité du choix voulu par les parents. Je refusais absolument à croire -dans mon esprit imprégné de « Liberté » et de « Paix » pour tous et entre tous, que ces « fruits » ne fussent pas « bons » en France — mon Pays, qu’il soit de l’est ou de l’ouest, oriental ou occidental - par cet exemple majeur nécessairement « extrapolé » un jour ou l’autre.

En définitive - et pour terminer - « nous devons apprendre à tous les enfants à se connaître, à s’estimer quelles que soient leur race, leur religion, leur origine sociale, leur situation économique - sur les mêmes bancs de l’école, et cela depuis la maternelle » .

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