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Pie XII, Juste des Nations.

Retour sur une désinformation historique, nourrie par un anti-catholiscisme de propagande.

Jeudi 31 janvier 2008, par Christian Wagner // L’Histoire

Le « silence » de Pie XII face à la barbarie nazie.

Le rabbin américain David Dalin rétablit la vérité
Christian Wagner

Spécialiste de l’histoire Juive américaine et des relations entre juifs et Chrétiens, professeur d’histoire et de sciences politiques à l’Ave Mara University aux Étas-Unis le rabbin David Dalin nous offre, dans un ouvrage en touts points remarquable, Pie XII et les juifs, le mythe du pape d’Hitler, une étude historique magistrale et d’une rigueur extrême, nourrie d’une quantité de faits et déclarations qui rendent justice au grand pape Eugenio Pacelli injustement et scandaleusement accusé d’avoir par son supposé silence, favorisé l’extermination du peuple juif par les barbares nazis.

Non seulement Pie XII n’a jamais été antisémite, mais le rabbin Dalin évoque les amis Juifs de ce pape, et notamment l’éminent professeur de médecine Fernando Mendès chez lequel il a participé à un sabbat tout en rappelant - en citant de très nombreux exemples dignes de foi- que ce pontife n’a nullement gardé le silence, qu’il a sauvé sur place de nombreux intellectuels juifs, protégé la communauté israélite italienne et joué, ici et là, en Europe (Slovaquie, Hongrie, Roumanie) dans le secret et par des instructions très précises, un rôle capital dans le sauvetage de centaines de milliers de juifs. Face à ceux qui prétendent réécrire l’histoire a posteriori et sans risques — l’auteur souligne que toute intervention officielle malheureuse de Pie XII aurait été fatale non seulement à l’Église catholique mais aux juifs.

Très à propos l’auteur rappelle qu’en France, dans le prolongement du combat du Saint-Siège les trois quarts des juifs de France et environ 85% des enfants Juifs ont été soustraits la Shoah grâce au concours de nombreux évêques, prêtres, religieux et religieuses sans parler des simples fidèles et des pasteurs et laïcs protestants.

Qu’on se souvienne de Mgr Saliège, évêque de Toulouse ou du pasteur Boegner, des couvents servant d’asile et des faux certificats de baptême abondamment distribués.

Une propagande anti-catholique.

L’auteur qui cite largement les détracteurs tant juifs que chrétiens de Pie XII, n’y voie « qu’une erreur et déformation de la vérité ». Pour lui, les « marais nauséabonds de l’anticatholicisme » dans lesquels s’illustrent notamment d’anciens séminaristes comme Gary Wills ou John Cornwell, voire des prêtres défroqués comme James Caroll, constituent « un détournement de la shoah » et une falsification de l’histoire ». En fait, souligne l’auteur, ceux qui s’acharnent sur Pie XlI, ce pontife résolument anti-communiste et anti-nazi, constituent cette « classe d’intellectuels de plus en plus gauchisants qui cherche à dénigrer, non seulement le catholicisme traditionnel, mais le christianisme en général et même le judaïsme »

Ce que ne supportent pas ces « critiques progressistes », c’est notamment l’enseignement traditionnel de l’Église et, en particulier, ses prises de position sur la « culture de mort » et l’avortement.

Et le rabbin Dalin de jeter un gros pavé dans la mare en rappelant les remerciements après guerre des plus hautes autorités morales et politiques juives envers Pie XII, qu’il s agisse d’Einstein, de Golda Meir, de Chaim Weizmann, Premier chef de f’État d’Israël, du grand rabbin Isaac Herzog, ou de Moshes Sharett, futur ministre des Affaires étrangères de l’État hébreu. Faut-il rappeler qu’à l’issue de la Seconde Guerre mondiale, le grand rabbin de Rome Zolli et son épouse se convertirent au catholicisme, le rabbin Zolli désirant prendre pour nom de baptême celui du pape Pie XII, Eugenio !

Souvenons-nous également de ce geste exceptionnel de gratitude donné au Saint-Siège par l’orchestre philarmonique de l’État d’Israël venu jouer devant le pape le 26 mai 1955.

C’est un livre magistral, une oeuvre de réparation et un témoignage pour la vérité que ces pages du rabbin Dali, qui font justice au passage d’un autre mythe ; celui de la tradition anti-Judaïque de la papauté. Et de citer les juifs du pape dans le « Comtat venaissin » au Moyen-Age et la défense des juifs par tant de pontifes, de Grégoire le Grand, à Paul III, cri passant par Benoît XIV, Pie X et Pie XI.

La conclusion de l’auteur— en prise directe sur certaines réalités — est que ce n’est pas l’Église catholique qui menace les juifs mais « l’Islam radical ».

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