Petits chantages...

Lundi 6 juin 2011 // Le Monde

Monsieur Hamid Karzaï n’est pas un « saint »...

Rebaptisée « Xe Service LLC », l’ancienne société « Blackwater » et les près de 50 firmes de sécurité en tout genre qui opèrent en Afghanistan, ne dégagent pas pour autant une odeur de « sainteté »...

Des « armées privées » qui emploient 40.000 « vigiles », un marché qui pèse des milliards de dollars... et quelques juteuses exemptions d’impôts...

Aux dernières nouvelles Monsieur Hamid Karzaï verrait tout rouge. Il aurait le projet de réclamer des centaines de millions de dollars d’impôts aux entreprises de sécurité, tout particulièrement celles qui protègent les missions diplomatiques...

Pour exemple, rappelons que le Canada, habituellement si discret, a dépensé 41 millions de dollars pour embaucher des firmes de sécurité en Afghanistan. Somme confirmée par le dépôt de documents devant le parlement canadien.

Il s’est avéré également qu’elle a fait appel à « Blackwater » pour l’entrainement de ses propres soldats.

( source : http://www.2solitudes.com/articles/64/1/Ottawa-emploie-des-mercenaires-en-Afghanistan.html)

Cerise sur le gâteau, le Canada est également client d’une société qui dispense les mêmes services et qui porte le joli nom de « Saladin »

En août 2010, le « président » Karzaï » prévoyait déjà de démanteler ces sociétés en faisant valoir qu’elles nuisaient aux forces policières et militaires du pays, tout en contribuant à la corruption...

Ne faut-il pas écouter d’une oreille attentive un « expert » ?...

En Afghanistan ces « armées » privées sont monnaie courante. L’OTAN y fait appel comme tout le monde.

Un expert de la trempe de Monsieur Karzaï, le président Karzaï en personne, faisait valoir en 2010 que les firmes de sécurité extorquaient de l’argent auprès des entreprises de transport, et que ces sommes étaient destinées aux « seigneurs de guerre » et aux talibans, en échange de quoi ceux-ci assureraient une certaine protection...

Dans le même temps, voire avant même la mauvaise humeur du président afghan, des enquêteurs du Congrès américain avaient étudié des allégations selon lesquelles les entreprises de sécurité opérant en Afghanistan – un nombre non négligeable sont afghanes... extorquaient jusqu’à quatre millions de dollars américains par semaine...

Rappelons que le seul gouvernement des « Etats-Unis » feraient appel à près de 35 sociétés de sécurité pour un total de plus de 25 000 agents de sécurité... sans oublier ceux au service de l’ « Agence de développement international des États-Unis » ou encore par son « Département d’État »...

En son temps, les Etats-Unis avaient fait l’effort d’une communication sans pareille... Nous ne résistons pas au plaisir de vous la faire partager : « Nous craignons que tout empressement à faire partir les sociétés de sécurité privées n’ait des conséquences non désirées, notamment un retard susceptible d’affecter les efforts d’assistance à la reconstruction et au développement.[...] Les firmes de sécurité privées comblent actuellement un vide afin de nous permettre de fournir une assistance (...) qui, en fin de compte, a pour but d’améliorer les conditions de vie du peuple afghan » dixit Caitlin Hayden, porte-parole de l’ambassade des États-Unis.

Et l’affaire de trainer en longueur... malgré la publication, alors, d’un décret enjoignant aux sociétés de sécurité privées de se démanteler dans un délai de quatre mois, ceci en vue de la prise en charge de l’ensemble des questions de sécurité par le gouvernement à compter de 2014...

Par ce décret, le président afghan capitalisait de la sympathie auprès d’une population afghane qui supportait mal et qui supporte mal encore à ce jour des « agents de sécurité » qui se « croient propriétaires des rues »...

En son temps, le gouvernement afghan, souverain comme il se doit, avait même tenté d’enregistrer les armes qui étaient en service dans ce fort juteux secteur d’activité...

« Un soldat afghan jette un coup d’œil à des armes confisquées à des firmes de sécurité privées » (source : lire : http://www.radio-canada.ca/nouvelles/International/2010/10/08/002-mercenaires_afghanistan.shtml)

Et l’affaire de trainer... Et Monsieur Karzaï de voir rouge en tentant de taper au portefeuille de ces sociétés. Lesquelles de leurs grosses voix menaceraient de quitter l’Afghanistan... Un mois houleux que le mois d’avril 2010 en Afghanistan...

L’affaire peut durer encore... avec ou sans licence d’ « exploitation » ou permis de port d’armes...

Sauf si...

Si un nouveau juteux marché s’ouvrait en Libye...

Lire aussi... http://opexnews.over-blog.com/article-karzai-appelle-les-prt-a-quitter-l-afghanistan-66764087.html

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