Innovation démocratique, une volonté politique pour retrouver des valeurs républicaines lutter contre l'injustice et conduire une politique de droite éclairée en France. Paul Vaurs
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>>Paroles sur le Liban.Pierre Gemayel, victime des extrémistes ! Comme on aimerait pouvoir assurer que le ministre de l’industrie, et fils de l’une des plus illustres familles chrétiennes du pays du Cèdre n’aura pas sacrifié en vain Sa jeune vie à la cause de l’indépendance libanaise ! Comme on aimerait pouvoir affirmer que l’horreur et la colère provoquées par ce nouvel assassinat suffiront à permettre le rétablissement de l’autorité de l’État sur ce malheureux pays déchiré par mille factions ! Hélas, le Liban est faible et ses soutiens incertains, Il est bien loin le temps où un Louis IX proclamait, dans une missive solennelle à la « nation maronite » « Quant à nous et à ceux qui nous succèderont sur le trône de France, nous permettrons de vous donner à vous et votre peuple protection comme aux Français eux-même. »Paroles de roi ! Pendant près de huit siècles, tous les régimes français se crurent tenus d’honorer ce serment. Or,depuis trois décennies, pour la première fois de notre histoire, nos dirigeants successifs ont failli la promesse, trop conscients qu’ils étaient du tragique déclin de notre puissance. Dans les années quatre-vingt François Mitterrand envoya bien la flotte française au large des côtes libanaises. Mais elle n’y fit que des ronds dans l’eau. Soucieux surtout de venger son ami Hariri, Jacques Chirac aura au moins le mérite d’obtenir le consentement de Bush junior pour faire adopter à l’ONU la résolution 1559 qui permit de pousser les troupes syriennes hors du Liban. C’était suppléer, par le recours à l’alliance américaine, la faiblesse par trop évidente de la France. Mais les proches de note président semblent affolés par les conséquences de ce défi posé à la Syrie. Il fallait les voir à l’Assemblée nationale après l’assassinat de Pierre Gemayel ! Spectacle pitoyable des pudeurs de rosière d’un Douste-Blazy expliquant aux députés qu’il fallait « se garder de désigner des coupables, même si après ce nouvel attentat qui fait suite à tant d’autres, chacun peut se faire une opinion ». Spectacle affligeant des palinodies d’un Villepin dénonçant avec emphase « la lâcheté contre le courage et la violence contre la paix ». Mots sonores et vides dont le seul but, était d’éviter de désigner le maître de Damas et de partir en guerre contre un ectoplasme ! À la même heure, George Bush, si souvent moqué, vilipendé, sortait, sur le perron de la Maison Blanche pour proclamer sobrement son soutien aux Libanais « conte les tentatives de la Syrie et de l’Iran pour déstabiliser leur pays ». Il montrait ainsi du doigt ceux à qui profite le crime. Initiative méritoire car l’actuel président américain le sait bien c’est son propre père qui commit l’infamie de livrer le pays du Cèdre au régime syrien en échange de sa participation à la première guerre contre l’Irak. Ce troc, le fils Assad ne l’a sûrement pas oublié et l’on devine quel ravissement doit être le sien envoyant aujourd’hui l’ancien secrétaire d’État James Baker, celui-là même qui conclut naguère le sordide marché avec Damas, présider une Commission d’experts appelée à proposer des solutions pour sortir du bourbier irakien. Un James Baker qui dit ne voir aucune issue au conflit irakien sans une médiation de l’Iran et de la Syrie... Bachar el-Assad est conscient qu’il ne se remettrait pas de la perte définitive du Liban. Il a choisi depuis longtemps l’alliance iranienne. Mais quand deux diables soupent ensemble, chacun des deux a besoin d’une longue cuillère. Sans le Liban, la cuillère du Syrien est beaucoup plus petite que celle d’Ahmadinejad dont il risque de devenir le vassal. Or, voilà que les ennuis intérieurs de Bush et le retour sur scène de James Baker lui font miroiter la possibilité d’un marchandage très profitable. Avec l’assassinat de Pierre Gemayel, c’est donc un message sanglant que Damas adresse à Washington : La tranquillité en Irak contre l’abandon du Liban. Le sort du Pays du Cèdre est entre les mains du président américain... Qu’il se laisse fléchir et le Liban est perdu. Dans ce contexte, ô combien dangereux les soldats du contingent français risquent vite de se transformer en autant d’otages. De notre participation militaire à la FINUL, Jacques Chirac voulait faire un instrument d’influence. Mais il n’y a pas d’influence sans vraie puissance. De toute façon, dans moins de 140 jours, il ne sera plus à l’Élysée. S’agissant du Liban comme de tant d’autres questions, que pensent, que veulent ceux et celles qui brûlent de lui succéder ? Nul ne le sait et ils ne le savent sans doute pas eux-mêmes. Pour le malheur du Liban et pour le nôtre, il ne s’élève plus à Paris de paroles de roi. |