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Pandas - Coups de bambous...

Dimanche 26 février 2012 // Divers

Il s’en est fallu de peu qu’une catastrophe gâche nos relations avec la Chine. De source diplomatique, notre ambassadeur à Beijing, Sylvie Bermann, déclarait à la presse : « Quand je me suis plongée dans les dossiers de l’ambassade, celui-là faisait déjà partie des plus importants. »

Affaire d’État - huit ans de négociations âpres, jusqu’à la dernière minute en suspend : elle faillit échouer lors du G 20 à Nice, du fait de la crise grecque et des dettes souveraines, alors que les présidents Sarkozy et Hu Jintao l’avaient à leur agenda. Leur entretien téléphonique de décembre permit de rattraper le dernier round des discussions quant aux moyens et conditions du transfert. Contrats signés entre les partenaires, Yuan Zi et Huan Huan furent admis à résider en France.

À Orly le 15 janvier, trois ministres les accueillirent : Nathalie Kosciusko-Morizet, qui les visita en captivité le 7 novembre à Chengdu, son collègue au même ministère de l’Écologie, du Développement durable, des Transports et du Logement , Thierry Mariani, enfin Maurice Leroy, ministre de la Ville et président du Conseil Général du Loir-et-Cher accompagné du Préfet, du député Patrice Martin-Lalande et de l’ambassadeur de Chine. L’appareil affrété pour 700 000 € est un Boeing 777F, surnommé FedEx Panda Express et le convoi protégé par les CRS et la Garde républicaine permet au couple de gagner enfin le lieu de son séjour.

Asile mérité. La communication chinoise a enveloppé l’opération des fleurs de rhétoriques familières. Il fut question de trésor national chinois, d’un signe politique fort attestant la parfaite entente avec la France, et, dans la joie de cet exploit humanitaire, c’est ainsi qu’il nous plaît ici de l’interpréter à la lumière de l’histoire : quelles que soient nos divergences avec la grande puissance d’Asie, l’axe de nos relations passe par la diplomatie du panda.

Le panda, dites-vous ? Le panda, dis-je. Mais alors, les captifs accueillis en Loir-et-Cher ?

Aucun lien avec Chen Wei, condamné le 23 décembre pour « incitation à la subversion du pouvoir de l’État  » ? Ni avec l’avocat des droits de l’homme Gao Zhisheng (…) renvoyé en prison le 1er janvier, pour « viol des conditions de sa mise en liberté » ? Vous n’y êtes pas. Yuan Zi est le mâle, Huan Huan la femelle. Le petit couple a trois ans, une fourrure blanche maculée de cendres par un deuil tragique, dit la mythologie. Chacun d’eux a six doigts, dont un faux pouce pratique pour saisir les tiges de bambou dont il raffole et 42 dents pour en broyer 20 kilos en 14 heures par jour (seul 17 % est digéré, faute de cæcum). Leur transit intestinal dure 8 à 10 heures pendant lesquelles il sommeille. La vue basse, mais l’ouïe et l’odorat affinés, il est nonchalant et sa faible libido rechigne à perpétuer sa race en captivité où 10 % s’accouplent, et seulement 30 % des femelles accouplées font des petits. C’est une cause possible de son séjour ici : développer la recherche croisée sur la reproduction de ce plantigrade en péril en fonction des soins et de l’environnement climatique.

Quant aux premiers, le contrat prévoit un soigneur , Zhang Hao, un vétérinaire, et le stage en Chine des membres de l’équipe. L’environnement créé sur 30 ha dans le parc animalier de Beauval est, quant à lui, adapté au biotope : « grands enclos avec arbres, chutes d’eau, végétation fournie et brouillard artificiel pour rafraîchir les pandas lors des grandes chaleurs  ». Salle vidéo et laboratoire. Des bambous plantés en abondance, le tout sur fond de « vrai quartier chinois avec des décors achetés là bas : pagode, lions de marbre, vases de porcelaine, etc.  »

D’après l’accord, les animaux resteront10 ans à Beauval. Car le temps est passé où la République populaire de Mao offrait ses plantigrades. Il s’agit d’un prêt - à l’image de celui que la Chine consent aux finances défaillantes de l’Union européenne : Rodolphe Delord, directeur du parc, paye 110 000 € d’assurance vie à Allianz et 750 000 € par an pour prendre en pension les ursidés ; autant dire 1,5 million d’euros de droit de garde plus l’entretien. Au reste, si ce prêt chinois faisait des petits chez nous, ceux-ci appartiendraient au pays d’origine...

S’est-on avisé que la Chine, pays de symboles, place chez nous deux pandas au moment où nous sommes dévalués à deux A  ? Qu’en beaux idéogrammes ces choses-là sont dites ! Complices de la cruelle réalité, Nicolas et Carla ont été le 27 janvier souhaiter la bienvenue à Yuan Zi et Huan Huan.

Luc de GOUSTINE

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