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PROTHÈSES MAMMAIRES : au delà du scandale.

Jeudi 26 janvier 2012 // Le Monde

Après le scandale du Médiator, voici celui des prothèses mammaires de la société PIP. Là encore, il aura fallu attendre le premier décès pour que des mesures soient prises en urgence, y compris sur le plan judiciaire, même si les prothèses suspectes ont été retirées du marché depuis plus d’un an. Une nouvelle fois, notre système de santé se retrouve sur la sellette.

Au scandale médical, il faut ajouter les propos pour le moins cyniques du patron de la société PIP, mis en examen pour « tromperie aggravée » et « homicide involontaire », qui a reconnu avoir utilisé un produit non homologué dans une logique purement financière. Quelque part, il faut rendre hommage à cet aveu ingénu et accablant. Qu’on le veuille ou non, le secteur de la santé est un secteur économique à part entière. Qu’il s’agisse des laboratoires ou des fournisseurs de matériel médical, il y a des entreprises qui travaillent dans un secteur concurrentiel et qui doivent dégager des bénéfices pour demeurer viables et poursuivre leur activité. Ces sociétés ne sont bien sûr pas dirigées par des assassins ou des empoisonneurs, mais il suffit que la pression financière atteigne un certain niveau pour que les considérations strictement sanitaires soient parasitées par d’autres réalités moins nobles.

En face d’eux, ces acteurs économiques trouvent une puissance publique manquant singulièrement de moyens et où le mélange des genres est inévitable. Les organismes de contrôle sont généralement constitués de spécialistes et de chercheurs qui, forcément, auront d’une façon ou d’une autre, travaillé pour ceux qu’ils contrôlent, avec tous les risques de connivences que cela implique. On peut limiter les dérives, les éliminer complètement est une autre affaire.

Enfin, il y a ce redoutable paradoxe : jamais la santé n’a coûté aussi cher et jamais notre système sanitaire n’a été aussi pauvre. Allongement de la durée de vie, progrès technologiques constituent, rappelons-le, autant de réalités qui creusent le fameux « trou de la Sécu ». Résister à la logique du moindre coût ne peut que devenir de plus en plus difficile, aussi bien pour les entrepreneurs privés que pour les médecins et les organismes sociaux.

L’affaire des prothèses mammaires n’a pas fini de poser de redoutables questions à notre système de santé.

SANTORUM

Les réactions au succès obtenu par Rick Santorum aux premières Primaires de la campagne présidentielle américaine témoignent d’une incompréhension et de l’Amérique et des catholiques.

Le 3 janviers dans l’Iowa ; le favori pour l’investiture républicaine, Mitt Romney, n’a pas réussi à s’imposer et a fait jeu égal avec un outsider imprévu, Rick Santorum. Celui-ci, ancien sénateur de Pennsylvanie (1995-2007), est un catholique pratiquant, militant des droits de la vie. On l’a aussitôt qualifié d’évangélique et de fondamentaliste, le mot intégriste n’existant pas en anglais. Mais en l’occurrence ce n’est pas un catholique Lefebriste, il n’est affublé de ces attributs que parce qu’il combat l’avortement et le mariage homosexuel. Mitt Romney, lui, est mormon, ne boit pas d’alcool, ni de boissons fermentées, café inclus, mais il est réputé plus « ouvert » sur les questions de société, donc il n’est pas fondamentaliste !

Santorum ne dit rien d’autre que ce que le Pape et l’Eglise professent. Durant son mandat au Congrès, il a réussi à faire voter deux lois absolument capitales pour la protection des bébés nés vivants, car il était possible de les supprimer en cas d’avortement, et l’interdiction de l’avortement dit partiel, c’est-à-dire lorsque le bébé était à moitié engagé. C’est dire qu’aux Etats-Unis, le droit à l’avortement revêt une acception inégalée nulle part ailleurs. Les législations sur l’homosexualité ont également été développées sans commune mesure avec ce qui se passe chez nous. On s’explique ainsi la vigueur du combat engagé par les partisans du droit à la vie ou des valeurs chrétiennes. Ils ne sont pas plus extrêmes. C’est la loi qui est extrême.

L’originalité du discours de Santorum n’est pas là mais dans le lien qu’il établit entre l’économie et les valeurs morales. Elu d’un Etat industriel, petit-fils d’un mineur italien immigré, il s’est toujours signalé par la défense des « cols bleus ». De la part d’un républicain et d’un catholique, cela n’est pas toujours aussi évident. Et pourtant, il incarne encore cette tradition du catholicisme ouvrier, comme on disait hier, qui fut longtemps vivace en France parmi les mineurs du Nord et de Lorraine, et encore plus dans la tradition polonaise.

Dans le cas de Santorum, le lien est fait à travers la famille. On a connu en France ce que l’on appelait les familles ouvrières. C’est grâce au lien familial que l’ouvrier ne sombrait pas dans l’alcoolisme et conservait une dignité. Famille et Eglise. L’ouvrier qui fréquentait l’Eglise, les cercles paroissiaux, s’élevait ainsi par la culture. La destruction des structures industrielles, notamment avec la mondialisation, est destructrice du tissu familial et religieux local. La destruction de la famille, avec l’individualisme, est destructrice du tissu économique et social de la collectivité, du sens de la communauté.

Santorum se sépare seulement des démocrates par le fait que pour lui ce n’est pas l’Etat providence qui peut sauver la famille, mais c’est la force des familles et de la religion - qui permet de restreindre l’exercice du gouvernement, donc une vision libérale (au sens européen) et moins interventionniste et étatique.

On est bien loin de la caricature diffusée par les médias de masse. On peut comprendre pourquoi ce message a quelque résonance au moins dans certains secteurs de l’Amérique, moins dans les zones les plus « libérales », au sens moral, comme les Etats de Nouvelle Angleterre où le candidat mormon modéré et centriste a toutes ses chances, mais dans l’Amérique profonde. Santorum ne sera peut-être pas le candidat républicain ni le futur président des Etats-Unis mais il permettra de faire bouger les lignes.

QUI VEUT DES EMPLOIS EN FRANCE ?

Nicolas Sarkozy a surpris deux fois son camp la semaine dernière en mettant les Français au pied du mur en ce qui concerne l’emploi. La première a été quand il a obligé son gouvernement à soutenir une proposition de reprise de l’armateur Sea-France, par ses 880 salariés sous la forme d’une Société coopérative ouvrière. Ces marins ne semblent pourtant pas disposés à risquer leurs primes de licenciement pour devenir leurs propres actionnaires sous l’égide du syndicat CFDT dont la réputation locale est très discutée... La deuxième surprise concerne la TVA sociale. Cette mesure faisait partie du programme présidentiel. Elle avait été abandonnée en 2007 après des élections législatives décevantes pour le pouvoir...

Mais les fêtes de fin d’année ont prouvé une fois de plus que les Français n’achètent pour ainsi dire (en dehors de l’alimentaire) que des produits d’importation. Il ne faut pas s’étonner de l’accroissement du chômage ! Il n’y aura des emplois que si l’on produit sur notre territoire des biens qui puissent faire jeu égal avec les importations. Une hausse de la taxe sur la valeur ajoutée (largement importée) et une baisse des taxes sur les salaires (français) est à priori une mesure de bon sens. François Hollande crie pourtant à la trahison des consommateurs pauvres, des retraités, des fonctionnaires... et Alain Madelin au gadget économique. Mais ils n’ont rien à proposer de mieux. Gageons qu’un Hollande président ne reviendrait d’ailleurs pas sur cette hausse de la TVA.

Nicolas Sarkozy se coupe de ses amis et, paraît-il, de toutes chances de se faire réélire, en prônant le bon sens, mais un peu tard... puisque ces mesures n’entreraient en vigueur qu’en juillet.

Et puis on apprenait, le 6 janvier, que Nicolas Sarkozy envisageait de mettre en route une taxe sur les transactions financières sans attendre l’accord de ses partenaires européens ! On dit que certaines personnalités ne révèlent leur pleine efficacité que dans les périodes de catastrophe... Encore faut-il qu’elles se soient ménagé un minimum de temps pour réagir. Et le quinquennat n’y aide pas.

INDIGNITÉ ET DIGNITÉ

L’année 2011 a été, par certains côtés, celle des indignés, que cela vînt des apprentis révolutionnaires du monde arabe ou des groupes plus moins spontanés qui, dans les pays occidentaux, dénonçaient l’austérité engendrée, la crise financière et économique. Leurs interpellations renvoyaient, même inconsciemment, au succès de librairie que fut l’opuscule de Stéphane : Hessel, Indignez-vous ! - dont les 32 pages viennent d’être récemment étoffées.

Il est facile d’observer que le vieux Monsieur jouant à Don Quichotte n’aura en réalité fait figure que de pontife du politiquement correct et de la nouvelle morale enseignée par le camp du bien et de la vertu. Ce genre d’indignation, c’est un peu comme les applaudissements du public sélectionné et formaté que l’on voit sur certains plateaux de télévision. Elle relève surtout de l’art d’utiliser la bonne conscience et les sentiments populistes avec une bonne dose de démagogie.

Plus profondément, il faut se demander si l’indignation sert à apporter des réponses aux problèmes. Ce n’est pas parce qu’on laisse s’exprimer ses sentiments et qu’on fait montre de sincérité qu’on se comporte de façon sage et utile. Il est assez facile de surfer sur une vague et de mettre en forme ce que ressentent beaucoup de gens, cela l’est moins de formuler des propositions et, à plus forte raison, d’oeuvrer concrètement à une amélioration de la condition humaine ou, plus modestement, de certaines de ses conditions de vie.

Un gros problème réside dans notre manie de reporter les responsabilités sur les autres. Dans le langage courant, cela se traduit par l’usage intempestif du « ils », voire du « on », qui nous désolidarise d’autrui. Dans la vie quotidienne, cela s’exprime par la multiplicité des intérêts corporatifs politiques, économiques, syndicaux, associatifs qui ne prennent plus en compte le bien commun et qui, délaissant toute vision d’ensemble, ne cherchent pas à participer à une approche globale des problèmes ou en repoussent l’examen à une prochaine fois. Si l’Europe se trouve aujourd’hui dans cette situation face aux questions monétaires et budgétaires, la France n’a pas encore commencé à s’atteler réellement aux grandes réformes : ni dans le domaine de la fiscalité ou dans celui de la sécurité, ni dans l’organisation de la protection sociale ou dans celle des retraites, ni dans le rôle de l’éducation ou dans celui des religions, ni dans la place des résidents d’origine étrangère ou dans celle des diverses sources d’énergie.

Pour s’indigner, il faudrait d’abord se montrer digne. Non seulement de son pays et des siens, mais aussi de soi-même. Cela exigerait de renoncer au comportement libertaire et permissif récusant modèles et règles et qui fait tomber dans l’esclavage du nouveau conformisme bêtifiant et insouciant. Serait alors peut-être retrouvée la dignitas romaine au sens d’honneur.

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