Cher(e)s ami(e)s internautes.

Merci pour votre fidélité ; les écrits quotidiens seront absents tout le mois de septembre. Vous pouvez cependant parcourir tous les dossiers créés depuis plus de 10 ans et qui figurent sur le site.

Dés le mois d’octobre il vous sera proposé un mensuel auquel vous pourrez participer en me faisant parvenir votre perception des affaires politiques, familiales, sportives ou autres.

Rien ne sera censuré, hormis des articles injurieux et calomnieux.

Je suis attaché aux valeurs chrétiennes, aux valeurs dites républicaines et à une monarchie parlementaire.

Vous pouvez nous contacter en cliquant sur ce lien >>

POLITIQUE C’EST-À-DIRE..

Jeudi 31 décembre 2009, par Claude Wallaert // La France

Voici, d’un de nos lecteurs, une participation à la grande enquête sur l’identité nationale. Comme dans cette enquête identitaire, il n’est question que de République et de principes républicains abstraits et donc faux qui pourraient être vaticinés aussi bien du fond du Kamtchatka qu’au sommet du Kilimandjaro, le citoyen français, qui aime son pays et qui se confie à notre journal, a cru bon de rappeler ce qu’est pour lui, et vraisemblablement encore pour la majorité des familles Françaises ; notre identité nationale.

À propos d’identité nationale.

MONSIEUR LE MINISTRE, L’enquête sur « l’identité française » lancée par Votre Excellence, n’a pas fini d’agiter le landerneau politico-médiatique.
On aurait pu dire plus simplement l’identité « de la France » : ainsi nous nous mettons en situation d’appeler notre patrie par son nom, car elle a un nom..
Pour s’interroger sur notre identité, surtout en un temps où elle est menacée, il ne faut pas y aller par quatre chemins. Ne convient-il pas de s’adresser directement à elle, comme du Bellay le faisait du fond de son exil : « France, France, réponds à ma triste querelle... » ? Et de se demander pourquoi nous l’aimons, et pourquoi elle nous manque lorsque nous en sommes loin. Cette initiative du gouvernement, à laquelle nous sommes invités à participer, nous met sur la piste du temps, de la durée ; elle nous invite à regarder une silhouette qui s’estompe, que nous voudrions pourtant retenir, mais qu’un étrange brouillard dérobe à nos regards...

Comment et pourquoi aimons-nous la France ?

Car nous aimons la France d’un amour qui ne doit rien à l’intellectualisme froid d certains de nos contemporains ; nous l’aimons simplement, de manière très concrète et pourquoi pas, charnelle, comme une personne amie, à cause de sa taille, de sa physionomie, du son de sa voix, de son mystère, et même de ses imperfections. C’est ainsi qu’il nous plaît d’être d’un pays tempéré accroché à la tête cornue du rhinocéros eurasiatique, aux dimensions limitées par trois mers, avec ses campagne, ses villes, sa cuisine et ses vins, et ses îles exotiques aux quatre coins du monde. Nous sommes heureux de faire partie de son peuple, dont la nature profonde est d’être gouailleur et fin, travailleur et fidèle, batailleur et léger, mystique et conquérant, rêveur et concret, avec ses paysans, ses guerriers, ses entrepreneurs, ses bâtisseurs, ses savants, ses artistes et ses mères de famille !

UNE FRANCE CHARNELLE

Nous sommes naturellement des amoureux passionnés de notre Histoire, et de cette épopée merveilleuse, qui commence par un baptême ! Parler d’Histoire, c’est évoquer les fastes et la gloire de notre pays, une construction lente et obstinée, un héritage inlassablement transmis et arrondi, comme un pré carré ! La France, c’est aussi de longues pages d’héroïsme et de tragédie : En effet, à l’image de celle de l’humanité ; Notre histoire est tragique ; les sillons sanglants n’y manquent pas, depuis les invasions normandes, jusqu’aux terribles massacres et charniers du barbare XX° siècle ! Et cette histoire, si belle et si cruelle, si sanglante et si rayonnante, est peuplée de héros, dont les exploits nous font vibrer : Clovis à Tolbiac, Philippe-Auguste à Bouvines, le Grand Ferré et sa cognée, Jeanne et son étendard, François1er et Bayard, le maréchal de Saxe à Fontenoy, Napoléon et le soleil d’Austerlitz, le Poilu à l’assaut des tranchées, Leclerc entrant dans Paris et dans Strasbourg...

La mémoire de notre pays nous rappelle encore que, chez nous, et depuis très longtemps, on parle, on chante, on écrit en français : Charles d’Orléans, Rutebeuf et François Villon, Ronsard, Corneille et Racine, Hugo, Balzac et Baudelaire, et tous ceux dont cette énumération clairsemée bat le rappel sont à la fois éducateurs et serviteurs de la France.

Chacun à notre manière, tous, que ce soit par le calembour, le poème, la plaisanterie gouailleuse de comptoir, le roman sombre ou à l’eau de rose, la période ample des orateurs ou la vague courte des polémistes, nous sommes amoureux de notre langue, non seulement extraordinairement belle, souple, précise, souverainement féminine, qui est, peut-être, notre bien le plus précieux, avec notre histoire. Certains peuples malmenés, victimes d’exodes brutaux, aux territoires envahis ou dépecés, survivent aujourd’hui grâce à la mémoire collective qui est aussi un respect collectif, grâce à la préservation de leur langue et à la transmission obstinée du savoir propre et de la culture nationale. Ce constat nous conduit à l’élément le plus fondateur de l’identité d’un peuple, car il est le véritable ciment, la référence plus ou moins consciente et explicite de tous les autres caractères, la religion des ancêtres, la religion fondatrice ; même contestée, même apparemment ignorée, elle continue à irriguer les esprits et les cœurs comme elle rythme et ponctue chez nous nos paysages avec ses clochers. Et puis, il y a la foule innombrable des morts anonymes, hommes, femmes, enfants, qui se sont couchés dans la paix entourée de leur famille, ou seuls, ceux aussi que l’épidémie ou la guerre a fauchés : ils sont la semence de notre patrie. Ils ont constitué cet héritage qui explique le rayonne- ment de la France dans le monde.

LA RELIGION FONDATRICE

Oui, le rôle de la France dans le monde... Notre patrie est frappée d’une étrange amnésie et il a fallu un Pape polonais pour lui lancer ce beau et terrible rappel : « France, souviens-toi de ton baptême ! ». Or, la France, a brillé de tous ses Saints, confesseurs, docteurs de l’Église, moines et humbles prêtres, éducateurs de peuples, et de ses saintes incomparables qu’aucun autre peuple n’a eues. C’est cette étroite union de volontés politiques et de volontés religieuses inspirées qui a préalablement justifié le rôle de la France dans le monde ; rôle fécond de génitrice et de médiatrice : « France, mère des arts, des armes et des lois... », chantait encore du Bellay. Un rôle de conquérant, qui ne fut pas seulement tenu les armes à la main, mais aussi pacifiquement, par l’audace et l’abnégation de ses missionnaires, par l’excellence de ses soldats, de ses artistes, de ses philosophes, de ses hommes de science...

UN TRÉSOR UNIQUE

Et aujourd’hui ? Qu’en est-il en 2009 ? Le constat est rude pour notre pays : laïcisme, hédonisme, athéisme, laxisme, communautarisme, les mots en —isme ne manquent pas pour décrire la situation, et les gouvernements alternants se réfugient dans un européisme sans imagination ni histoire !

Il est malheureusement vrai que recenser les biens qui constituent notre héritage de Français, nous conduit à constater que ce trésor unique au monde, admiré, envié même par les étrangers francophiles ou francophones, est menacé de décrépitude : des églises désertées, un enseignement saboté, une société sans cohésion, des institutions dévoyées et tout à l’avenant. La responsabilité et la légitimité plus qu’incertaines de nos dirigeants politiques, l’ordre public si souvent défaillant, tout cela est effectivement signe de faiblesse et de déclin pour notre identité.

Faut-il désespérer ? Non. Cette situation, pour grave qu’elle soit, n’est pas irréversible une promenade en France loin des tapages médiatiques et des cortèges débraillés de la mode nous ramène aux douceurs revigorantes de notre identité. Malgré un gallicanisme frileux et vaguement progressiste, l’Église de France garde une belle vitalité par l’engagement de ses jeunes prêtres et de ses jeunes familles chrétiennes ; les communautés nouvelles, la générosité de très jeunes gens pour qui la notoriété n’est pas le souci premier, la floraison d’écoles hors contrat, signe de renouveau dans l’éducation, tout cela incite à l’espérance. De plus, à côté de l’imposture abondamment tarifée du marché de l’art contemporain, il existe un flux de rigueur et d’exigence, d’innovation et de tradition qui irrigue de jeunes générations d’artistes, peu subventionnés, certes, mais enthousiastes et vigoureux ; tout cela et bien d’autres choses montrent assez que si notre identité est en crise, elle s’abreuve toujours à la bonne source ! On peut se demander ce qu’il manque pour que cette vitalité éclate en un véritable printemps français : l’identité de la France est comme une partition multiple et complexe ; elle a besoin pour s’épanouir d’être protégée et que ses éléments soient harmonisés, voire coordonnés. Un ordre stable, une saine laïcité, la garantie des libertés en sont les plus sûrs instruments ; autrement dit, nous avons très certainement besoin d’institutions rénovées et d’un gouvernement qui s’assume totalement comme gouvernement français, c’est-à-dire oeuvrant pour la prospérité et la gloire de la France. Les problèmes seraient résolus en grande partie et dans leur essentielle portée, y compris et d’abord celui de l’identité française et par conséquent celui de l’immigration. D’abord la France... C’est elle qui est la référence, et non l’idéologie. Tout le monde s’y retrouvera. Mais, Monsieur le Ministre, c’est trop demander sans doute à un gouvernement dont le principe repose sur l’opinion du moment et qui est fondamentalement passager et aléatoire.

La France ne vit que de l’éternel.

Répondre à cet article