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Où en est l’Afrique du Sud ?

Jacob Zuma sera-t-il l’anti-Mbeki ?

Mercredi 17 juin 2009 // L’Afrique

Personnellement, je ne pensais pas que c’est dans une telle indifférence que Jacob Zuma allait se faire élire président de l’Afrique du Sud. Car même si le pays de Nelson Mandela n’est pas les Etats-Unis d’Amérique et Jacob Zuma n’est pas Barack Obama, l’Afrique du Sud reste un grand pays qui suscite beaucoup d’espoir et énormément d’intérêt. On a entendu beaucoup plus parler de la réélection de l’Algérien Abdelaziz Bouteflika que de l’élection de l’homme le plus puissant du continent africain. Bizarre non ?

Pays le plus industrialisé d’Afrique, l’Afrique du Sud, et ce n’est un secret pour personne, est candidate à un poste permanent au Conseil de sécurité. C’est le seul pays africain à détenir la technologie de la bombe nucléaire. C’est également le seul pays africain à réunir toutes les conditions d’un pays émergent, ce qui explique qu’il fasse partie du G 20 qui compte les membres du traditionnel G 8, ainsi que les pays nouvellement industrialisés comme la Chine, l’Inde, le Brésil, la Corée du Sud et d’autres.

Deuxième président post-apartheid, régulièrement élu par le parlement, ayant succédé à Nelson Mandela, Thabo Mbeki avait fait de la modernisation de l’Afrique du Sud son principal cheval de bataille. Mais considéré comme un leader élitiste et froid, il est accusé d’avoir beaucoup privilégié la bonne tenue des agrégats de la comptabilité nationale au détriment du contenu réel du panier de la ménagère : Mbeki s’est vu reprocher de n’avoir pas suffisamment fait pour réduire la pauvreté. Au sein de l’ANC, son nom est, aujourd’hui, hué quand on le prononce. C’est tout dire quand on sait que c’est le parti qui l’a fait partir de la présidence de l’ANC et de l’Etat.

En Afrique, il fait partie des chefs d’Etat qui ont lancé le Nepad avec le succès qu’on sait. Une sorte de contradiction par rapport à la Renaissance africaine qu’il avait prônée et qui consistait à redonner confiance à l’homme africain, après son lourd passé d’ancien esclave, de colonisé et de néocolonisé. Cependant, l’incohérence avec le Nepad est dans le fait qu’il donne énormément de place au partenariat privé extérieur (non africain), replaçant au centre de la stratégie d’industrialisation du continent ceux qui n’en ont jamais voulu, à savoir, les anciens maîtres d’hier devenus aujourd’hui les néocolonisateurs.

Ce n’est pas l’unique grief à l’endroit de Thabo Mbeki. Le top de son reniement (je dirais même de sa trahison) a été, sa participation supposée au putsch du Britannique Simon Mann qui visait à chasser le président de la Guinée équatoriale, Teodoro Obiang Nguema Mbasogo, du pouvoir. Les Occidentaux peuvent penser ce qu’ils veulent de la gestion de la Guinée équatoriale. Mais qu’un fils de l’Afrique de la trempe de Thabo Mbeki puisse collaborer avec eux pour déstabiliser un de ses homologues du continent qui, soit dit en passant, lui avait tellement fait confiance au point de lui attribuer la mission de restructurer les services secrets nationaux par des experts sud-africains envoyés par le gouvernement, je dis et je redis que cela dépasse mon entendement. C’est à partir de cet instant que Mbeki sorti de mon coeur.

Jacob Zuma, j’en suis sûr, ne fera pas les mêmes erreurs même s’il n’a pas étudié dans une prestigieuse université britannique comme son prédécesseur. Autodidacte âgé de 67 ans, il est un père polygame mari de quatre femmes qui lui ont donné dix-huit beaux enfants. Le nouveau président sud-africain assume fièrement ce statut et il en est très heureux. Il est un Africain authentique, égal à lui-même, naturel, spontané, et pas calculateur du tout. S’il n’était pas un homme vrai comme on l’aime chez les militants de base, il n’aurait pas ravi la direction de l’ANC à Mbeki en décembre 2007 avant de le pousser dehors neuf mois plus tard C’est parce que toute la base l’ANC était derrière lui comme un seul homme.

C’est peut-être pour cette raison Nelson Mandela s’est autorisé à lui demander ouvertement de tout faire pour réduire la pauvreté (surtout dans la communauté noire) alors que sous Thabo Mbeki, Madiba tournait sept fois sa langue dans la bouche avant de lui adresser une recommandation (je ne parle même pas de critique). A titre d’exemple, ce n’est trop tard qu’il a osé donner sa position sur la fameuse politique sur le sida suivie par le gouvernement Mbeki et conduite de main de maître « Docteur Betterave ». Les dégâts étaient déjà profonds.

En Afrique, on observe que les pays qui s’en sortent le mieux sont généralement tenus par des dirigeants qui n’ont pas poussé leurs études trop loin. Pourvu que cela se confirme aussi en Afrique du Sud sous la Présidence Zuma sinon le continent perdrait un leadership incalculable.

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