Ou bien la France ouvre ses frontières aux Africains, ou elle quitte l’Afrique et la laisse entièrement aux Africains

Vendredi 27 octobre 2006, par Paul Vaurs // L’Afrique

« L’immigration partagée », « immigration choisie » ou « immigration zéro »,
sont tous dès concepts démagogiques. Le choix à faire est simple : Ou la
France ouvre grandement ses frontières aux Africains, ou elle quitte
totalement l’Afrique et la laisse entièrement aux Africains. Qu’en pense
Nicolas Sarkozy ?

Je me rends au Sénégal à l’invitation du président Wade, qui est l’un des
très grands chefs d’Etat Africain, qui est un homme sage, compétent
qui a des idées très précises sur la politique d’immigration, qui ne veut
pas de la fuite des cerveaux dans son pays ». Voilà la déclaration que te
ministre français de l’intérieur, Nicolas Sarkozy, a faite à une télévision
française, le vendredi 22 septembre, soit à la veille de son voyage à Dakar
au Sénégal. Si très souvent les propos de ce ministre de Dominique de
Villepin vont plus vite que sa pensée, on n’oublie pas que c’est ce même
président Wade qu’il avait traité de tous tes noms, en mai 2006, quand le
président sénégalais avait osé s’élever contre son très démagogique concept
« d’immigration choisie ». La polémique entre les deux hommes avait alors
fait les choux gras de la presse française, pour une fois qu’un chef d’Etat
africain tenait tête À...l’invincible de la Place Beauvau. Avec raison, le
chef de l’Etat du Sénégal avait souligné avec force qu’il ne voulait rias
que le Sénégal forme à grand frais des cadres, notamment des ingénieurs et
des médecins, pour les voir ensuite recrutés en France.

Le chef de l’UMP qui est l’un des rares dirigeants français actuels, (avec
certainement le patron du Front national Jean-Marie Le Pen) à ne pas être
le bienvenu en Afrique noire francophone. (Pour preuve, les deux précédents
voyages de Sarkozy au Mali et au Niger il y a trois mois, a tout de même
fini par changer de fusil d’épaule, après avoir compris (peut-être) qu’il
est impossible de gagner une présidentielle en France si on est en conflit
ouvert avec les Africains et leurs dirigeants. Mieux vaut tard que jamais.
Maintenant, le ministre Sarkozy ne parle plus « immigration choisie », mais
« immigration concertée ». On se demandera où est la différence ou les
subtilités de la simple sémantique mises de côté.

Car disons le tout haut, l’immigration et surtout l’immigration africaine a
de tout temps constitué un fonds de commerce électoral pour certains partis
politiques de droite. Il suffit que le commerce extérieur de la France se
maintienne dans une position déficitaire sur plusieurs mois, pour qu’on
indexe les étrangers surtout noirs et arabes. Il suffit que des agressions
se multiplient pour lorgner du côté des immigrés, à l’origine, disent-ils,
dans ces partis xénophobes, de l’insécurité. Dès que la pente du chômage
repart à la hausse, on crie aux étrangers qui « volent le travail des
Français de souche. Oui des Français de souche car les Noirs et les Arabes
titulaires d’une carte d’identité française et d’un passeport européen,
sont (systématiquement) considérés comme des « Français économiques » que
personne ne prend au sérieux dans une candidature À exercice d’une
fonction dans une entreprise hormis môme le fait qu’ils s’appellent souvent
Moussa, Arouna ou Mohamed.

Parce que Nicolas Sarkozy a trompé e président Abdoulaye Wade on lui
proposant un emballage présentable alors que le contenu de celui-ci est le
même, le texte de loi sur « l’immigration choisie » voté au parlement, n’a
nullement changé. Voici ces principales mesures qui n’ont rien à envier à la
politique d’immigration de Jean-Marie le Pen qu’il entend appliquer avec
rigueur si les Français l’élisaient à la magistrature suprême en mai 2007.

Des mesures citées ci-dessous.

Le renforcement de la lutte contre l’immigration illégale en mettant fin aux
régularisations automatiques. Autrement dit, pour Sarkozy, un étranger
présent illégalement sur le territoire français depuis 10 ans n’aura plus
droit automatiquement à un titre de séjour comme c’était le cas avant la fin
du détournement des procédures d’immigration l’égale, sera menée à travers
ce qu’on appelle au ministère de l’Intérieur la lutte contre les mariages de
complaisance. De ce fait, le mariage d’une personne étrangère en situation
illégale avec un(e) Française(e) n’impliquera pas la reconnaissance
automatique du droit au séjour. D’autre part, la carte de résident de dix
ans ne sera attribuée au conjoint de Français qu’après trois ans de mariage,
au lieu de deux ans, À condition que le conjoint manifeste son...intégration
à la société française et fasse preuve, notamment, d’une connaissance
suffisante de la langue française. Pour acquérir la nationalité française,
le conjoint de Français devra attendre quatre ans de vie commune (contre
deux actuellement) et démontrer qu’il a respecté le contrat d’accueil et d’intégration.
Pour obtenir une carte de séjour temporaire, les conjoints de Français
devront justifier d’un visa long séjour de plus de trois mois.

Sarkozy parle de « rupture » alors qu’il est sponsorisé par les grands
groupes industriels et financiers dont le pillage des ressources africaines,
est systématique.

Le ministre français de l’intérieur entend aussi mieux encadrer le
regroupement familial : un étranger ne pourra déposer une demande de
regroupement familial qu’après une durée de séjour régulier sur le sol
français de 18 mois (contre un an auparavant). Tout étranger qui demandera à
être rejoint par sa famille devra prouver qu’il peut la faire vivre à partir
des revenus de son travail hors prestations sociales. Enfin, autre chose
ignoble, le maire de la commune devra attester de l’intégration du
demandeur, en particulier, de son respect des principes républicains et de
sa maîtrise de la langue française.

Jean-Marie Le Pen ne dit pas autre chose quand il parle de renverser le
courant et inverser les flux migratoires. Pour lui, il faut tout simplement
mettre fin à toute immigration, abroger le regroupement familial en France,
qui devra se faire dans le pays d’origine, ramener le droit d’asile à sa
vocation initiale, lutter contre le faux tourisme ( Les touristes noirs et
arabes seront soumis à un contrôle mensuel). La non-soumission à ces
contrôles les fera entrer dans la catégorie des clandestins expulsables.
Quant aux ressortissants des pays avec lesquels la France n’aura pas passé d’accords
similaires, ils devront, avant de pénétrer sur le territoire français à
titre touristique, verser une caution qui leur sera restituée au moment de
leur départ de France. Le procéder l’expulsion effective des immigrés
clandestins. Sarkozy dit la même chose quand il se donne des objectifs
chiffrés d’expulsions par charters. C’est pour contrer Le Pen, qu’il l’a
suivi sur ce terrain.

Jean-Marie Le Pen dont le thème de prédilection est l’immigration va un peu
plus loin que Nicolas Sarkozy même si ce dernier commence à lui contester la
dureté de sa politique d’immigration. Ainsi, Le chef du Front national
entend-il réaffirmer le droit de filiation « naît français tout enfant né de
père ou de mère française » (point à la ligne.)

Si on appliquait ce principe, Nicola Sarkozy qui est lui-même de père
hongrois n’obtiendrait pas la nationalité française.

Le Pen souhaite aussi interdire double nationalité, fonder la naturalisation
sur l’assimilation d’où l’abrogation « du droit du sol », instaurer une
période probatoire pour obtenir la nationalité et appliquer la déchéance de
nationalité à l’encontre de tout assassin, terroriste, preneur d’otage,
trafiquant de drogue, violeur de femme ou d’enfant, kidnappeur d’enfant,
etc.

La loi Sarkozy encourage une immigration professionnelle et étudiante de
qualité, et ce par un meilleur ciblage des travailleurs étrangers en
fonction des besoins de l’économie française. Trois nouvelles dispositions
sont prévues. Pour les travailleurs saisonniers, un titre de séjour triennal
renouvelable est créé. Il leur donne la garantie, avant de rentrer dans leur
pays, de pouvoir revenir en France l’année suivante. En ce qui concerne
les talents étrangers, une carte de séjour « compétences et talents » d’une
durée de trois ans renouvelable sera proposée aux migrants hautement
qualifiés « scientifiques, informaticiens, intellectuels, artistes »,
susceptibles de participer de façon significative et durable au
développement de l’économie française ou du pays dont il a la nationalité.

Enfin, dans certains secteurs d’activité et dans certaines régions qui
connaissent des difficultés de recrutement, il sera possible de surseoir à
la règle qui stipule qu’une entreprise ne peut recruter un étranger que si
la compétence est introuvable sur le territoire national. C’est le cas par
exemple dans les secteurs de la « mécanique, maintenance industrielle,
froid, hôtellerie, restauration, travaux publics, infirmières. »

La loi Sarkozy ajoute : par une meilleure attraction des étudiants les plus
qualifiés, les étudiants accueillis seront admis en fonction de plusieurs
critères : nationalité, niveau d’études, filière... La priorité sera donnée
à un étudiant qui choisira une voie universitaire pour laquelle on manque d’étudiants.
Les étudiants bénéficieront d’une carte de séjour d’un an (prolongeable
jusqu’à 4 ans pour préparer un master), un titre de séjour complémentaire
de 6 mois sera accordé à ceux qui souhaitent compléter leur formation par un
premier emploi en France.

Jean Marie Le Pen dit la même chose on allant droit au but : il faut
organiser le retour chez eux des étudiants étrangers à l’issue de leurs
études, il faut supprimer les cartes de séjour de dix ans tacitement
reconductibles. Les immigrés en situation régulière mais à la recherche d’un
emploi devront rentrer dans leur pays. Pour cela, il faudra accorder la
priorité d’emploi aux Français, assurer aux nationaux la priorité d’accès
aux logements sociaux, réserver les allocations familiales aux familles
françaises et réserver aux Français les aides sociales.

Si Nicolas Sarkozy et Jean-Marie Le Pen rivalisent sur le terrain de l’extrémisme
et de la méchanceté, aucun des deux n’a recherché vraiment à arrêter l’immigration
en s’attaquant à ses causes profondes. On sait que les pays africains
ditsposent d’un sous-sol riche en pétrole, en gaz, en uranium, en mangané,
en bauxite, etc.. Et dont l’exploitation faite, dans l’intérêt des
populations locales, permettrait de s’attaquer véritablement aux causes de
la pauvreté. Mais, à cause des politiques impérialistes imposées par les
différents gouvernements français, on maintient à la tête des États
africains des dirigeants qui ouvrent contre le bien-être des populations
dont ils ont pourtant la charge. Quand Nicolas Sarkozy par exemple parle de
« rupture », il fait attention à ne pas toucher à la « vache à lait » de
la France, c’est-à-dire, l’Afrique. Le peut-il en réalité quand on sait que
ses principaux sponsors de campagne se recrutent parmi les grands groupes
français qui se distinguent particulièrement par leur pillage systématique
des richesses africaines.

On cite entre autres Bouygues, Dassault, Bolloré, Pinaut, etc. Tout comme
Jean Marie Le Pen, son objectif est de perpétrer la domination française
sur les richesses africaines (qui continueront d’échapper aux Africains)
mais en même temps d’interdire le territoire français aux Africains
désireux d’échapper à a misère ambiante que leurs dirigeants leur imposent
localement.

Cette politique à sens unique est vouée à l’échec parce que rien, absolument
rien, ne pourra interdire l’arrivée massive des affamés d’Afrique sur le sol
français par une simple loi sur l’immigration. Car la souffrance endurée
dans le pays d’origine est incomparable à l’espoir d’un avenir meilleur
rêvé par tout un chacun en France. On ne peut pas refuser le sol français
aux Africains et continuer d’exercer une main-mise (totale) sur leurs
richesses en Afrique au travers des multinationales qui ne connaissent que
le langage boursier. Aucune demi-mesure n’est possible :: Ou bien la France
ouvre ses frontières aux Africains, ou, elle quitte l’Afrique et laisse l’Afrique
aux Africains.

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