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Vendredi 10 avril 2009 // La France

Là où vous croyez que c’est affaire d’une poignée d’euros, ce n’est qu’illusion !

Le fond du problème est plus sérieux... Outre-Mer, le fond du problème est affaire de « poétique ».

Notre ami Rodolphe Clauteaux s’en fait l’écho...

Et si sur les terres de la « vieille » France, bien de nos maux étaient aussi affaire de « poétique » ?

Découvrons un nouveau « Manifeste »...

Des noms qui pour nous sont inconnus : Les (neufs intellectuels antillais), Ernest Breleur, Patrick Chamoiseau, Serge Domi, Gérard Delver, Edouard Glissant, Guillaume Pigeard de Gurbert, Olivier Portecop, Olivier Pulvar, Jean-Claude William... Mais, parfois, aussi, la « poétique » tue... Un peu d’utopie ? L’Utopie + Un... Ce qu’il se passe en Outre-Mer...

Ce qui arrive en Guadeloupe, nous montre le chemin, à nous, en Métropole ». C’est pas L’Itinérant qui dit ça, mais le “porte parole” du NPA, le Nouveau Parti Anticapitaliste. C’est un facteur, donc, qui nous montre le chemin. Un chemin déjà emprunté, ne l’oublions pas, il y a quarante ans. En effet, si Mai 68, fut “provoqué” par le “Mouvement du 22 mars”, le “père” de cette révolte devenue Révolution, était Ultramarin. Et plus précisément, déjà, Guadeloupéen. La révolte, les “troubles” comme l’on disait en ces époques lointaines, avait fait 87 morts. Et le sang de ces sacrifiés, avait irrigué et fertilisé la puissance revendicatrice des petits et des humbles du Continent.

Le 20 mars 1967, à Basse-Terre, un riche marchand européen, bien connu des milieux conservateurs français, lance son molosse sur un pauvre artisan noir. Révolté par cet acte digne de l’apartheid, le peuple de Basse-Terre laisse libre cour à la colère accumulée depuis longtemps. Durant trois jours, les 20, 21 et 22 mars 1967, Basse-Terre est en émeute. Dans un appel au calme, le préfet de la Guadeloupe déclare comprendre la colère populaire et jure que cet acte raciste sera puni. Mais comme toujours en pareil cas, et encore de nos jours dans le monde entier, les victimes sont considérées par le pouvoir en place comme les coupables, et c’est ainsi que, malgré la promesse des autorités, les émeutiers seront condamnés à de fortes peines de prison.

Deux mois plus tard, à Pointe à Pitre, le 26 mai 1967 (nous-y voilà) lors d’une manifestation d’ouvriers du bâtiment en grève, l’ordre est donné de tirer sur les manifestants. Le lendemain, les lycéen-ne-s pointois-es révolté-e-s descendent dans la rue exprimer leur soutien aux grévistes et leur colère aux représentant-e-s du pouvoir gaulliste. A nouveau, les forces de l’ordre tirent sur les contestataires. Au jour d’aujourd’hui, le bilan de ces deux journées de répression n’est toujours pas connu précisément (de nombreuses familles ont inhumé secrètement leurs défunts et caché leurs blessés de peur des représailles). La version officielle donne le chiffre de « sept morts et certainement plus » ( ! ! !). Le nombre exact s’approcherait vraisemblablement de 85 victimes.

En sera-t-il de même aujourd’hui ? Cette fin et ce début d’année agités en ces pays de soleil, augurent-ils d’une prise de conscience populaire ? Les devins interrogés, tant dans les cartes que le marc de café sont restés cois. Il est difficile de prévoir l’avenir. Les sorciers de tous poils, sont beaucoup plus bavards en ce qui concerne le passé. Or donc, la réponse sur le futur est plutôt, en ce qui concerne celui des “Îles”, et bien sûr, du Continent qui ne tardera pas à attraper la même affection, à chercher du côté des poètes.

Des poètes ?! Oui. Neuf d’entre eux, des “intellectuels” Guadeloupéens et Martiniquais, viennent de publier une sorte de “manifeste”. Une proclamation qui vaut bien celle de notre facteur bien aimé. Un texte où l’on apprend que les anciens esclaves, hommes libres, plus encore que leurs anciens maîtres, sont sur le point de « saisir l’impossible au collet, [… d’] enlever le trône de notre renoncement, à la fatalité. » ! Voilà un programme ! Voilà une prédiction ! Voilà une marche à suivre pour rejoindre le futur.

Et les détails sont fournis. En effet, le “panier de la ménagère” guadeloupéenne ou martiniquaise, objet quantitatif des revendications antillaises, s’il lui manque deux cents euros mensuels, souffre d’un manque bien plus grand. Et probablement bien plus difficile à satisfaire par M. Fillon, voire par son supérieur hiérarchique. Le panier de la ménagère, porté sur la tête ou démonté dans un caddy de supermarché, manque d’abord et avant tout de “poétique”.

Eh oui. « Toute vie humaine un peu équilibrée s’articule entre, d’un côté, les nécessités immédiates du boire-survivre-manger (en clair : le prosaïque) ; et, de l’autre, l’aspiration à un épanouissement de soi, là où la nourriture est de dignité, d’honneur, de musique, de chants, de sports, de danses, de lectures, de philosophie, de spiritualité, d’amour, de temps libre affecté à l’accomplissement du grand désir intime (en clair : le poétique). ».

Ceci dit, et bien, si le devoir de tout “intellectuel” est de clarifier celui de tout un chacun en général, des petits et des humbles en particulier, on ne peut pas dire que ce “manifeste de neuf intellectuels antillais” remplisse son office. Non pas que les petits ne comprennent pas ce qu’ils désirent le plus au monde. A choisir entre un flacon de sauce tomate et cinq minutes de danse au soleil, je suis bien certain qu’ils se mettront à danser pour manger ensuite leurs nouilles à l’huile.

Non, un « manifeste », comme le « Manifeste », celui de Karl, est beaucoup plus écrit pour ceux qui oppriment que pour ceux qui sont opprimés. Un “manifeste”, ce n‘est pas un mode d’emploi pour “manifester”. C’est une recette de médecine, et en l’occurrence, de médecine douce, destinée aux Médecins en Chef, à savoir Ceux qui nous dirigent.

Et c’est bien là le problème. Les “neufs intellectuels antillais”, Ernest Breleur, Patrick Chamoiseau, Serge Domi, Gérard Delver, Edouard Glissant, Guillaume Pigeard de Gurbert, Olivier Portecop, Olivier Pulvar, Jean-Claude William, qui ont établi ce mode d’emploi, cette recette, cette ordonnance, se sont compris entre eux. Et sont probablement compris de la poétique population antillaise. Mais là s’arrêteront la lecture et la compréhension profonde de leur texte. Que vont en effet pouvoir y entendre, à Paris, les hôtes de Matignon et de l’Elysée ? Et qu’alors, qu’ordonneront ces “chefs” à leurs sous-chefs préfectoraux concernés ? Ce “Manifeste pour les ‘produits’ de haute nécessité”, je ne sais s’il aidera nos imaginations à prendre le pouvoir, ce que je sais, c’est que celles de ceux qui devraient tant en apprendre, ne le comprendront pas.

Et c’est bien malheureux !

Rodolphe Clauteaux

 

Manifeste pour les "produits" de haute nécessité

Extraits : Derrière le prosaïque du "pouvoir d’achat" ou du "panier de la ménagère", se profile l’essentiel qui nous manque et qui donne du sens à l’existence, à savoir : le poétique. Toute vie humaine un peu équilibrée s’articule entre, d’un côté, les nécessités immédiates du boire-survivre-manger (en clair : le prosaïque) ; et, de l’autre, l’aspiration à un épanouissement de soi, là où la nourriture est de dignité, d’honneur, de musique, de chants, de sports, de danses, de lectures, de philosophie, de spiritualité, d’amour, de temps libre affecté à l’accomplissement du grand désir intime (en clair : le poétique). Comme le propose Edgar Morin, le vivre-pour-vivre, tout comme le vivre-pour-soi n’ouvrent à aucune plénitude sans le donner-à-vivre à ce que nous aimons, à ceux que nous aimons, aux impossibles et aux dépassements auxquels nous aspirons.

La "hausse des prix" ou "la vie chère" ne sont pas de petits diables-ziguidi qui surgissent devant nous en cruauté spontanée, ou de la seule cuisse de quelques purs békés. Ce sont les résultantes d’une dentition de système où règne le dogme du libéralisme économique. Ce dernier s’est emparé de la planète, il pèse sur la totalité des peuples, et il préside dans tous les imaginaires – non à une épuration ethnique, mais bien à une sorte "d’épuration éthique " (entendre : désenchantement, désacralisation, désymbolisation, déconstruction même) de tout le fait humain. Ce système a confiné nos existences dans des individuations égoïstes qui vous suppriment tout horizon et vous condamnent à deux misères profondes : être "consommateur" ou bien être "producteur".

Le consommateur ne travaillant que pour consommer ce que produit sa force de travail devenue marchandise ; et le producteur réduisant sa production à l’unique perspective de profits sans limites pour des consommations fantasmées sans limites. L’ensemble ouvre à cette socialisation anti-sociale, dont parlait André Gorz, et où l’économique devient ainsi sa propre finalité et déserte tout le reste. Alors, quand le "prosaïque" n’ouvre pas aux élévations du " poétique ", quand il devient sa propre finalité et se consume ainsi, nous avons tendance à croire que les aspirations de notre vie, et son besoin de sens, peuvent se loger dans ces codes-barres que sont "le pouvoir d’achat" ou "le panier de la ménagère". Et pire : nous finissons par penser que la gestion vertueuse des misères les plus intolérables relève d’une politique humaine ou progressiste. Il est donc urgent d’escorter les "produits de premières nécessités", d’une autre catégorie de denrées ou de facteurs qui relèveraient résolument d’une "haute nécessité" Par cette idée de "haute nécessité", nous appelons à prendre conscience du poétique déjà en œuvre dans un mouvement qui, au-delà du pouvoir d’achat, relève d’une exigence existentielle réelle, d’un appel très profond au plus noble de la vie. Nous appelons donc à ces utopies où le Politique ne serait pas réduit à la gestion des misères inadmissibles ni à la régulation des sauvageries du "Marché", mais où il retrouverait son essence au service de tout ce qui confère une âme au prosaïque en le dépassant ou en l’instrumentalisant de la manière la plus étroite.

Nous appelons à une haute politique, à un art politique, qui installe l’individu, sa relation à l’Autre, au centre d’un projet commun où règne ce que la vie a de plus exigeant, de plus intense et de plus éclatant, et donc de plus sensible à la beauté. Ernest Breleur, Patrick Chamoiseau, Serge Domi, Gérard Delver, Edouard Glissant, Guillaume Pigeard de Gurbert, Olivier Portecop, Olivier Pulvar, Jean-Claude William

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