Offense à la pudeur.

Vendredi 9 mars 2007, par Paul Vaurs // Mes poèmes

L’inspecteur était caché dans les troènes, marquant la séparation des sexes dans la cour de l’école. Un affût qu’ignorait l’innocence de mon collègue.

Il faisait chaud en cette matinée de juin, à l’heure de la dictée au CMI. Perché sur un radiateur devant la fenêtre ouverte, il égrenait lentement des segments de phrases, les reprenant avec des intonations poussées, ces intonations qui guidaient les plumes sergent-major hésitantes. De Sa position assise, il pouvait contrôler les probables petits coups d’oeil en biais sur le cahier du voisin.

L’entrée de l’inspecteur guillotina la déclamation...

Quelques semaines plus tard, le rapport d’inspection parvint au directeur, qui le transmit à son subordonné afin que celui-ci le recopie en double exemplaire, retourne l’original et le fac-similé à leurs destinations hiérarchiques.

Le ton en était sévère et s’en prenait à cette pédagogie assise à la façade de l’école : montrant son... postérieur aux passants. Quelle moralité pouvait-on ainsi présenter aux parents d’élèves dc l’école de la France. ?

Il n’était pas séant pour un instituteur de présenter ainsi le bas de son anatomie...

L’intéressé se montra penaud et repentant Cependant les collègues firent des gorges chaudes mais néanmoins surveillèrent furtivement la haie dc troènes où pouvait se cacher l’oeil qui poursuivit Caïn dans sa tombe.

Moi, je pensai à la théorie de la relativité exposée sans ambages par mon professeur de physique.

« Le pauvre tombe sur son cul, le bourgeois sur son postérieur, le prince sur son fondement. »

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