OBAMA - Mc CAIN, LA GUERRE CULTURELLE

Jeudi 30 octobre 2008 // Le Monde

Sarah Palin, la colistière choisie par John McCain, a bouleversé la campagne ; Avec cette « pionnière » de l’Alaska, les républicains veulent séduire l’électorat des petites villes et des contés ruraux. Si besoin, en attaquant l’establishment de Washington. Cette relance de la guerre des valeurs sera-t-elle payante le 4 novembre ? Pour le savoir, nous laissons la parole aux journaux locaux et aux blogueurs de l’Amérique profonde.

SAN FRANCISCO CHRONICLE

San Francisco (California)

Aujourd’hui, alors que les Américains ont les yeux braqués sur l’élection présidentielle et que les deux candidats se retrouvent au coude à coude, les républicains intensifient leur stratégie afin de rallier les électeurs indécis et rallument les guerres culturelles. La version actuelle n’est pas aussi explicite que l’appel à la « guerre culturelle » lancé par Pat Buchanan lors de la convention républicaine de 1992. Elle est également différente de la campagne de 2004, au cours de laquelle les référendums hostiles au mariage homosexuel ont incité les électeurs conservateurs sur les questions de société à glisser leur bulletin de vote dans l’urne dans onze Etats indécis. Cette année, le combat se déroule sur le front, plus personnel, de biographies des candidats. Si l’on en croit les républicains, la course actuelle oppose « l’ancien héros et prisonnier de guerre » et la « hockey mom » [mère de famille qui emmène ses enfants au hockey] à l’universitaire élitiste et sénateur carriériste.

Leur champ de bataille, ce sont les bourgades contre les grandes villes, les radios locales contre les grands médias et les blogs libéraux, le « pays profond » contre « les élites de la côte Est ».

Les observateurs ont vu la stratégie de la guerre culturelle prendre toute son ampleur lors de la convention du Parti républicain, lorsque les conservateurs, comprenant que les médias ne ménageraient pas leur candidate à la vice-présidence, ont fait corps pour défendre Sarah Palin. « Elle vient d’une petite ville, elle défend les valeurs des petites villes, mais cela ne suffit pas à tous ces gens qui l’attaquent, elle et sa famille », s’est ainsi indigné l’ancien sénateur du Tennessee et ex-candidat à l’investiture républicain Fred Thompson. Quand l’ancien maire de New York Rudolph Giuliani, lui aussi ex-candidat à l’investiture républicaine, s’est moqué de l’emploi de travailleur communautaire qu’a occupé Barack Obama à sa sortie de l’université, les conservateur pur sucre présents à la convention ont applaudi à tout rompre. Mais au cas où tous les spectateurs n’auraient pas bien compris l’allusion, Sarah Palin l’a replacée un peu plus tard dans son contexte. En réponse à des critiques qui soulignaient que sa seule expérience avant d’être gouverneur de l’Alaska a été d’occuper la fonction de maire de Wasilla une ville de 7 000 habitants, elle a déclaré : « Je pense que le maire d’une petite ville est comme une sorte de travailleur communautaire, sauf qu’il a plus de responsabilité. Je pourrais ajouter que, dans les petites villes, nous ne savons pas très bien que penser d’un candidat qui, lorsqu’il s’adresse à eux, déverse des louanges sur les gens sui travaillent, mais qui, une fois qu’ils ont le dos tourné, se plaint de les voir se cramponner à leur religion et à leurs armes à feu. »

« Les guerres culturelles font à nouveau rage », estime Rachel Maddow, la nouvelle commentatrice de la chaîne télévisé MSNBC. « Tout le monde attendait le discours d’investiture de Sarah Palin parce qu’on ne savait pratiquement rien d’elle. Mais qui aurait pensé qu’elle allait monter à la tribune et nous rejouer le Pat Buchanan de 1992 ? » Les différences aujourd’hui, c’est que les républicains le font d’une manière plus consciente qu’à l’époque. « Au début des années 1990, la droite, qui avait le vent en poupe, voulait réellement changer l’Amérique en expulsant du pays tous ceux dont elle pensait qu’ils heurtaient l’idée qu’elle se faisait des valeurs américaines. Actuellement, on a plus l’impression que les républicains font de telles déclarations dans le seul but de créer dans l’électorat une fracture qu’ils pourront ensuite exploiter à leur avantage », poursuit Rachel Maddow.

Les républicains entendent donc faire de Sarah Palin, nouvelle venue sur la scène politique nationale, leur émissaire auprès des habitants des petites villes de l’Amérique profonde. « Lorsque vous habitez Fresno, en Californie, et qu’il s’y passe quelque chose, cela constitue une nouvelle à Fresno », souligne le stratège républicain Ken Khachigian, qui faisait partie de l’équipe de l’ancien sénateur du Tennessee Fred Thompson lors de sa brève campagne en vue d’obtenir l’investiture républicaine. « Mais ce n’est en aucun cas une nouvelle de dimension nationale. »

A notre époque, pourtant, quiconque possède un téléphone portable équipé d’un appareil photo est un journaliste potentiel. Il sera donc difficile pour les républicains de faire l’impasse sur les apparitions de Sarah Palin à Ypsilanti, dans le Michigan, ou à Lima, dans l’Ohio. La moindre gaffe de la candidate circulera sur internet dans les minutes qui suivront.

Rien d de tout cela ne semble pourtant ébranler les conservateurs purs et durs qui ont accueilli la colistière de McCain comme une rock star lors de la convention républicaine et qui, depuis, se pressent en nombre à ses meetings de campagne en scandant : « SA-rah ! Sarah ! Sa-rah ! » Ils méprisent les médias et sont ravis de la position intransigeante de la candidate sur l’avortement, auquel elle est opposée même dans les cas où la mère a été victime de viol ou d’inceste. Et les conservateurs sociaux approuvent le fait que l’Eglise évangélique conservatrice de Sarah Palin à Wasilla ait apporté son soutien à un programme en cours dans la ville voisine d’Ancjhorage, proposant de convertir les homos en hétérosexuels grâce au pouvoir de la prière.

« Elle est dure, elle est forte, elle a une attitude qui serait fort utile à Washington », souligne Matt Hayes. Ce consultant de Dallas considère le discours prononcé par la candidate lors de la convention républicaine conne « le meilleur qu’il ait jamais entendu. Et elle présente particulièrement bien quand on la compare avec les élitistes de l’autre camp ». Pourtant Mark Baldassare, qui préside le Public Policy Institute de Californie, pense que la rhétorique de la guerre culturelle pourrait disparaître dés les prochaines semaines si les sondages effectués par l’équipe de campagne de McCain montraient qu’elle ne rencontre pas un écho suffisant chez les électeurs indécis. « Les républicains ont profité du discours de Palin pour tester toute une série de concepts. Ils ont testé le message anti-Washington, le message anti médias et le message antidémocrate. Nous en saurons plus sur leurs intentions d’ici à une quinzaine de jours. Cela dépendra également de la façon dont les démocrate vont réagir », conclut-il.

Joe Garofoli

 

MINNESOTA Ce sera la revanche des petites villes

Les républicains flattent l’électorat populaire et rural. Un calcul payant ?

La convention républicaine a quitté notre ville, amis laissé matière à réflexion. On retient surtout, peut-être le rôle donné à la gouverneure de l’Alaska, Sarah Palin, érigée en ambassadrice des vertus et du courage de l’Amérique des petites villes.

Telle est la ligne de faille qui semble se dessiner pour les soixante jours à venir : petites villes contre grandes métropoles, radio à libre antenne et Fox News contre médias dominats, pays profond contre élite. La campagne « va se jouer dans les villes comptant entre 50 000 et 100 000 habitants », a confirmé aux journalistes Frank Luntz, sondeur pour le parti républicain. « Ce n’est pas à Détroit ou à Cleveland mais dans les petites villes que vous verrez le plus de candidats républicains. »

Frank Luntz, pourtant, n’a rien du gars de l’Amérique profonde parlant le bon sens commun : c’est l’un des spécialistes de l’opinion publique les plus en vue à Washington, et un homme passé maître dans l’art valuer les lieux (et les rancœurs) sur lesquels Palin et McCain doivent concentrer leurs efforts.

Sonder la plaie ouverte de l’antagonisme entre ruraux et citadins n’a rien de bien nouveau. Déjà, aux premiers jours de la République, Thomas Jefferson et Alexander Hamilton incarnaient le contraste ville / campagne, les plaidoiries du premier en faveur des vertus rurales gagnant alors le cœur des Américains. Mais dans les faits, ce sont les villes de Hamilton qui, malgré le surpeuplement, le manque d’hygiène et la tour de Babel de l’immigration, s’imposèrent en grands vecteurs de l’influence américaine dans le monde. Les grands vainqueurs furent New York et Hollywood, pas Wasilla en Alaska [Sarah Palin a été maire de cette petite ville].

Dans son ouvrage paru en 1995, The Revolt of the Elites, Christopher Lasch retraçait l’exode rural du talent et de l’ambition survenu pendant les vingt-cinq dernières années du XXe siècle. « Les gens ambitieux savent que la migration permanente comme mode de vie est le prix à payer pour avancer socialement. Et c’est un prix qu’ils paient avec plaisir car, à l’idée de région d’origine, ils associent parents et voisins intrusifs, ragots mesquins et conventions indécrottables. Les nouvelles élites sont en rébellion contre « la classe moyenne américaine » telle qu’elles l’imaginent : technologiquement arriérée, politiquement réactionnaire, dotée d’une morale sexuelle répressive, sans grandes prétentions intellectuelles, suffisant et arrogante, terne et mal fagotée.

Les nouvelles élites tournent le dos à l’Amérique de l’intérieur, » affirmait Christopher Lasch.

Parmi ceux qui restent à la traîne dans les petites villes, beaucoup entretiennent des rancœurs. Barack Obama n’avait pas tort de les décrire comme des gens qui se cramponnent de façon obtuse aux armes et à la religion ; il a eu tort, en revanche, de le dire tout haut. Et il pourrait en payer le prix politique. Le fait véritablement nouveau est la multiplication des tromperies : les électeurs des petites villes sont utilisés comme des pions par une fraction des élites des grandes villes (républicaines) contre une autre fraction des élites des grandes villes (démocrates, cette fois). C’est là un stratagème cynique, dont beaucoup d’électeurs des petites villes semblent ne pas se rendre compte pour la simple et bonne raison qu’ils n’ont pas un sens de l’ironie très développé.

Les démocrates interprètent cet intérêt accru pour les petites villes comme une redite de la guerre culturelle qui a caractérisé le fonctionnement politique des républicains il y a dix ans. Mais ce qui était auparavant l’expression authentique d’une colère populaire a davantage l’ai aujourd’hui d’une posture tactique. « A l’époque, l’aile droite, en pleine ascension, cherchait véritablement à changer les Etats-Unis en engrangeant le maximum de voix parmi les ruraux. Aujourd’hui, ces républicains sont plus calculateurs, ils veulent créer dans l’électorat une fracture qu’ils pourront exploiter à des fins politique », explique Rachel Maddow, une analyste progressiste.

Il ya quatre ans, le scrutin s’est joué dans une poignée de petites bourgades du sud de l’Ohio. Si les électeurs des petites communes votent en fonction de leur portefeuille, Obama pourrait bien l’emporter. Mais, s’ils s’en tiennent à leurs racines culturelles, c’est McCain qui gagnera. L’ultime ironie est peut-être pour les démocrates : ces toutes petites villes pèsent finalement bien lourd.

Steve Berg,
MinnPost. Com, Minneapolis

ALABAMA De Wasilla à Washington

Grâce à Sarah Palin, ancienne maire d’une bourgade de l’Alaska, l’Amérique rurale est pour une fois à l’honneur.

Près de soixante-dix ans ont passé depuis que Mr Smith est allé à Washington. Si vous n’avez jamais vu le film de Frank Capra Mr Smith Goes to Washington [connu en France sous le titre Mr Smith au Sénat], courez-y. James Stewart y joue le rôle de Jefferson Smith, un Américain ordinaire qui se retrouve au Sénat après avoir été désigné à pile ou face. Le personnage joué par James Stewart est typiquement américain. Son but : permettre aux enfants de profiter de la vie au grand air. Il se garde de la corruption qui sévit à Washington et finit par devenir un grand homme d’Etat qui améliore la vie de ses concitoyens.

Je ne peux m’empêcher de penser à Jimmy Stewart quand j’attends le nom de Sarah Palin. Sa désignation par John McCain est une bonne chose pour nous autres, habitants des petites villes.

Il faut se rendre à l’évidence, les petites villes sont rarement représentées dans les hautes sphères politiques. Le président Clinton avait beau être né dans un patelin nommé Hope, il a passé le plus clair de sa vie dans des grandes villes. Jimmy Carter est sans doute le dernier grand dirigeant politique que l’on considérait comme un gars de la campagne.

Mais, pour une fois, nous avons une candidate à la vice-présidence qui sait ce que c’est que de gérer une ville de 10 000 habitants. Certains se gaussent peut-être de l’expérience de Palin en tant que gouverneur de l’Alaska et maire de Wasilla, mais cela devrait être considéré comme un plus. J’en aurais dit autant de Barack Obama s’il avait choisi un démocrate au parcours comparable. Pourquoi ? Eh bien, parce que nous autres, habitants de petites villes, on nous oublie trop souvent. Grâce à la désignation de Palin, le reste des Américains seront peut-être sensibilisés aux problèmes auxquels sont confrontés quotidiennement leurs concitoyens des petites villes.

Nos candidats à la présidence vont visiter des petites villes pendant la campagne parce que cela fiat bien devant les caméras. Mais c’est rare qu’ils se déplacent dans des petites villes d’Etats non décisifs. Et encore plus quand on n’est pas à la veille d’une élection.

C’est dommage. Les Etats-Unis comptent environ 50 millions de ruraux, soit 17% de la population américaine. L’importance qu’on accorde à la politique étrangère dans cette élection est tout à fait justifiée. Palin doit montrer aux électeurs qu’elle comprend les équilibres fragiles entre les Etats-Unis et la Russie, la Corée du Nord, la Chine et les pays du Moyen-Orient. Sans quoi Joe Biden apparaîtra comme un candidat à la vice-présidence bien plus solide. Et dans ce cas Obama aura toutes les chances d’être notre prochain président. Mais les problèmes de politique intérieure, qui touchent les villes petites et grandes, sont tout aussi importants, et les électeurs ne devraient pas les négliger. C’est là que Palin pourrait faire la différence. Nous serons fixés dans les semaines qui viennent. En fait, j’attend avec plus d’impatience le débat entre les deux candidats à la vice-présidence [le 2 octobre] que ceux qui opposeront Obama à McCain[le premier aura lieu le 26 septembre].Espérons que ce débat Palin-Biden (qui ne vit pas vraiment dans une grande ville, lui non plus) donnera un coup de projecteur sur les petites villes, de l’Alaska à l’Alabama.

Patrick Johnston,
Eufaula Tribune, Eufaula
 

 

IOWA Ruraux, citadins, même combat

Dans l’Iowa, la stratégie républicaine d’opposer grandes villes et petites localités risque de faire long feu.

On se trompe sur les effets de la nomination de Sarah Palin sur l’électorat rural. Dans les petites villes de l’Iowan, en tout cas, les faits ne correspondent pas aux hypothèses que j’entends formuler sur les chaînes nationales. Dans son discours d’acceptation, la gouverneure d’Alaska a employé à cinq reprises l’expression « petite ville ». « J’ai eu le privilège de passer le plus clair de mon existence dans une petite ville », a-t-elle déclaré. « Je pense que la maire d’une petite ville est comme une sorte de travailleur communautaire, sauf qu’il a plus de responsabilités », a-t-elle poursuivi dans une allusion à peine voilée au passé de Barack Obama.
Si l’insistance avec laquelle Palin rappelle qu’elle a longtemps vécu dans une petite ville peut séduire certains ruraux, il serait simpliste d’en déduire que de telles déclarations les décideront à voter pour elle. Lorsque le gouverneur de l’Iowa, Tom Vilsack, lança son éphémère campagne présidentielle peu après les élections de mi-mandat de 2006, les commentateurs se demandèrent si s candidature, du fait que l’Iowa organise les premiers caucus du pays, allait couper l’herbe sous le pied aux autres candidats. Il ne fallut qu’une semaine pour comprendre que ce ne serait pas le cas. A l’époque, dans les cafés, j’entendis des électeurs de l’Iowa faire des réflexions du genre : « Je l’aimais bien comme gouverneur, mais pense-t-il sérieusement qu’il est capable d’être président ? » Dans les régions les plus modestes de notre Etat, les électeurs connaissent bien leurs responsables politiques locaux. Bien souvent, ils les apprécient. Alors que l’équipe de John McCain tente d’attirer les suffrages ruraux en clamant que critiquer Palin trahit un manque de respect pour les petites villes, les électeurs de l’Iowa vont commencer à se demander s’ils aimeraient voir le maire de leur petite ville accéder au seuil de la présidence. S’ils ont déjà du mal à imaginer leur gouverneur en leader du monde libre, il est probable que la perspective de voir leur petit maire local devenir le commandant en chef de la plus grosse armée du monde, gérer la plus puissante économie et fixer les grandes lignes de l’avenir du pays ne leur apparaisse que moyennement séduisante.

Dans les petites villes de l’Iowa en proie aux difficultés économique, c’est vrai, beaucoup de gens éprouvent du ressentiment à l’égard de ces politiciens des grandes villes qui veulent régenter leur vie. La différence entre ruraux et citadins ne tourne pas autour des questions d’identité. Il ne s’agit pas de savoir où est né tel candidat, ni où il vit à présent. Les élections rurales sont influencées par les mêmes facteurs qui pèsent partout ailleurs sur n’importe quelle élection. Les électeurs des petites villes interpellent les candidats sur les questions économiques et sociales. Et s’il arrive parfois que les électeurs ruraux soutiennent des candidats différents de ceux qui ont la faveur des urbains, c’est que leurs intérêts et leurs priorités sont différents. S’il y a bien un lieu où les problèmes d’identité _ des questions comme « D’où vient-il ? » ou « De quelle origine ethnique est-elle ? » _ déterminent l’issue des élections, c’est bien dans les grands centres urbains de l’Amérique, pas dans ses campagnes. Pour l’emporter dans l’Amérique rurale, les candidats doivent parler vrai et s’en tenir aux problèmes essentiels. Car, n’en doutons pas, les électeurs ne se laisseront pas abuser par le reste.

Chase Martyn,
The Iowa Independent, Des Moines

 

Une dizaine d’Etats clés

Cette année plus encore que par le passé, une poignée d’Etats décideront du scrutin.

THE STAR-LEDGER
Newark (New Jersey)

A moins de deux mois de l’issue de la campagne présidentielle la plus longue de toute l’histoire des Etats-Unis, la désignation du locataire de la Maison-Blanche semble désormais dépendre de moins d’une dizaine d’Etas. Ces Etats disputés, dont beaucoup sont situés dans la Rust Belt [la « ceinture du rouille » formée des régions d’implantation de l’industrie lourde, aujourd’hui sinistrée, entre les Grands lacs et la côte Nord-est] et dans l’ouest des Etats-Unis, détermineront lequel, du sénateur Barack Obama ou du sénateur John McCain, deviendra le 44ème président des Etats-Unis.

Certains Etats jouent traditionnellement un rôle crucial dans chaque élection. C’est le cas de la Floride et des trois vieux géants industriels de la Rust Belt que sont l’Ohio, le Michigan et la Pennsylvanie. La Floride a été l’enjeu d’un âpre combat au cours des quatre dernières présidentielles, tandis que les Etats de la Rust Belt pèsent depuis des décennies d’un poids déterminant sur l’issue des élections. Mais les changements démographiques intervenus à travers tout le pays remettent aujourd’hui en question le vote de plusieurs Etats considérés jusqu’ici comme acquis aux républicains. Il s’agit de la Virginie et du New Hampshire dans l’Est, du Colorado, du Nevada et du Nouveau-Mexique dans l’Ouest.

Ensemble, ces neuf Etats très convoités totalisent 121 grands électeurs _ soit 45% des 270 voix nécessaires pour remporter l’élection. La plupart des autres Etats sont considérés comme étant d’ores et déjà acquis à Obama ou à McCain.

Ce rétrécissement de la carte électorale n’est pas nouveau. Il a commencé avec le lent basculement des Etats du Sud dans l’escarcelle républicaine à la fin des années 1960. Combiné à l’explosion démographique dans les Etats conservateurs de l’Ouest, ce phénomène a rendu les démocrates de plus en plus dépendants des Etats côtiers de Californie et due Nouvelle-Angleterre, de l’Etat de New York et du New Jersey et, surtout, des Etats de la région des Grands Lacs. Chaque fois que les républicains, comme cela a commencé à être le cas avec Ronald Reagan, ont emporté la Maison-Blanche. Du fait de l’impopularité du président Bush et du fléchissement de l’économie, les démocrates estiment que cette année ils ont de meilleures chances que d’habitude dans ces Etats clés. C’est avec cette idée en tête que Barack Obama a sillonné le Pennsylvanie ces derniers jours, tandis que son rival républicain, John McCain, faisait campagne dans l’Etat tout aussi critique du Michigan.

Rick Robb, un stratège républicain qui a participé aux campagnes victorieuses de Reagan en 1980 et en 1984, estime que la Pennsylvanie, dit-il, aura également de grandes chances de gagner dans l’Ohio voisin, mais aussi dans le Missouri et en Virginie, voire dans le Michigan et en Floride. Obama, dit-il, « dispose certes d’une légère avance dans cet Etat », mais il n’est pas encore assuré de la victoire en Pennsylvanie. Le candidat démocrate devrait obtenir de bons résultats dans les banlieues très peuplées et habituellement républicaines de Philadelphie, remarque Robb. Mais, poursuit-il, il est probable qu’il ne fera pas le plein de voix dans les fiefs ouvriers qui s’étendent autour des villes de Scranton et de Wilkes-Barre, ni dans les régions minières du sud-ouest de la Pennsylvanie. On est là chez les « démocrates reaganiens » : des électeurs socialement conservateurs, aimant les armes à feu et qui ont préféré Hillary Clinton durant les primaires démocrates. Obama doit réussir à séduire cet électorat et il a, pour cela, besoin de l’aide de Hillary Clinton. Mais, selon Ross Baker, professeur de science politique à l’université Rutgers, la tâche promet d’être difficile : « le vote en faveur de Hillary traduisait moins une adhésion au programme de la candidate qu’un rejet d’Obama, et c’est ce rejet qu’il va devoir aujourd’hui surmonter », analyse-t-il.

Concernant les autres Etats clés, c’est une évolution démographique progressive mais spectaculaire qui a projeté la Virginie en trois Etats de l’Ouest, tous traditionnellement acquis aux républicains, dans la catégorie des Etats aujourd’hui incertains. Au cours de la dernière décennie, la croissance explosive de la population dans les banlieues du nord de la Virginie (autour de la capitale fédérale, Washington) a peu à peu changé la donne, offrant la victoire aux démocrates lors des deux dernières élections au poste de gouverneur et lors de la dernière élection sénatoriale. Mais, pour emporter la Virginie, souligne Robb, Obama devra être porté par une vague nationale qui balaierait également des endroits comme la Pennsylvanie et l’Ohio.

La progression du vote démocrate dans la plus grande partie de l’Ouest s’explique principalement par la croissance de la population hispanique. Le Colorado, le Nouveau-Mexique et le Nevada ont aujourd’hui des gouverneurs démocrates. Mais rien n’est joué là non plus. Lors de la convention républicaine, le ticket formé par John McCain, sénateur de l’Arizona, et Sarah Palin, gouverneur de l’Alaska, a été baptisé le « ticket de l’Ouest » _ dédié aux « valeurs traditionnelle de l’Ouest » : opposé à la fiscalité, favorable aux armes à feu et méfiant à l’égard de Washington. C’est une formule qui semble avoir fonctionné depuis toujours dans l’ouest des Etats-Unis. Mais, dans cette région en pleine mutation, va-t-elle continuer à fonctionner ?

J.Ryan

 

MISSISSIPPI

Assez de division !

Il y a quatre ans, j’aurais aimé que le candidat démocrate John Kerry prenne comme colistier John McCain. A l’époque, le politicien qu’était McCain m’impressionnait et il n’essayait pas de raviver les guerres culturelles ni de dresser les Américains les uns contre les autres afin de favoriser sa propre carrière politiques. Depuis, les choses ont bien changé.

Jusqu’à ces dernières semaines, les guerres culturelles paraissaient s’être apaisées aux Etats-Unis. Dans une période où la plupart des Américains sont effrayés par le prix de l’essence, le coût des études universitaires, la férocité croissante des ouragans, la dette affolante du pays, à l’heure où ils ne savent pas si leurs fils et filles vont rentrer vivants d’Irak, les guerres culturelles semblent appartenir au passé. Mais voilà : les politiciens aux abois s’abaisseront toujours à des mesures répugnantes. Se présenter comme le franc-tireur bipartisan qu’il a été autrefois ne suffisait visiblement pas à assurer à McCain l’avantage dans la course. C’est pourquoi il a désigné comme candidate à la vice-présidence une combattante à l’épée flamboyante qui, dès son premier discours, a relancé la guerre des valeurs aux Etats-Unis. Rallumer les guerres culturelles n’est pas sonner la priorité au pays, comme se targue de le faire le candidat républicain [« Country first » est l’un des slogans de campagne de McCain]. Nous devons rejeter ces guerres et nous comporter de la meilleure façon possible en tant que nation. Et non de la pire façon, comme semblent le penser McCain et Palin.

Donna Ladd, Jackson FreePress, Jackson

L’élection vue par les blogueurs

Pour McCain et contre l’avortement

Daniellemyers.blogspot.com
Danielle Myers, mère de quatre enfants scolarisés à la maison, Tennessee

Pourquoi faut-il voter McCain ? Quelqu’un m’a posé la question et j’ai décidé de lui répondre en donnant chaque semaine une raison pour laquelle je vais voter McCain-Palin en novembre.

Raison n°1 : Voter McCain, c’est voter pour les droits des bébés à naître, qui ne sont pas en mesure de parler en leur nom. L’un des plus grands péchés de notre pays est l’avortement : on assassine ceux qui ne peuvent même pas se défendre. McCain et Palin ont une position anti-avortement bien plus affirmée qu’Obama et Biden. Obama veut que les avortements soient « moins fréquents », mais l’avortement est moralement répréhensible et on doit y mettre fin.

Palin est un merveilleux exemple de célébration de la vie car elle a eu cinq enfants. On a beaucoup parlé de la grossesse de sa fille ces derniers jours, come s’il s’agissait d’une chose scandaleuse. J’y vois plutôt la confirmation qu’elles sont prêtes à se battre pour leurs convictions et à défendre la vie. Obama devrait féliciter la fille de Palin parce qu’elle contribue à faire que les avortements soient « moins fréquents ».
Je ne fais pas partie de ces électeurs qui ne votent qu’en fonction de l’avortement. Mais, si quelqu’un se voit nier le droit fondamental qu’est le droit à la vie, je trouve que se battre pour le système de santé devient moins important.

C’est l’une d’entre nous !
Mariestwocents.blogspot.com /
Marie, 39 ans, Oklahoma City

Pourquoi le choix de Sarah Palin a-t-il fait se déverser tant de bille et de rage dans des médias acquis depuis le début de la campagne à Barack Obama ?

  • Parce qu’elle est l’une d’entre nous et qu’il est l’un d’entre eux.
  • Barack et Michelle viennent de la discrimination positive, de Princeton, de Columbia, de la faculté de droit de Harvard.
  • Sarah vient de l’enseignement public et de l’université d’Etat de l’Idaho.
  • Barack a travaillé comme éducateur dans les quartiers défavorisés et vécu grâce aux tickets d’alimentation destinés aux nécessiteux.
  • Sarah Palin tue ce qu’elle mange.
  • Michelle, l’épouse de Barack, gagne 300 000 dollars par an pour gérer les relations publiques d’un hôpital de Chicago.
  • Todd Palin, le mari de Sarah, est membre du syndicat de la sidérurgie et arrondit ses revenus en travaillant l’été sur le champ pétrolier de North Slope.
  • Barack a été pendant quinze ans membre de l’Eglise de la Trinité unie du Christ ; ses filles ont été baptisées par le pasteur Jeremiah Wright, dont les sermons débordent de racisme anti blanc et d’antiaméricanisme.
  • Sarah fréquente une église chrétienne ordinaire.
  • Sarah a toujours été fière d’être américaine. Michelle n’a jamais été fière de l’Amérique – sauf à partir du moment où Barack a commencé à gagner.
  • Barack n’a aucune expérience de dirigeant. Sarah a été maire pendant six ans et dirige le plus grand Etat de l’Union.
  • Barack n’a aucune expérience en politique étrangère.
  • Palin dirige un Etat qui abrite des bases de défense antimissiles face à l’Extrême-Orient. Elle commande la garde nationale de l’Alaska et a un fils soldat en Irak.
  • Barack est l’Un d’entre Eux.
  • Sarah est l’Une d’entre Nous.

Cessons de nous ronger les sangs !
Commentsfromleftfield.com
Kyle E.Moore, 31 ans, Californie

Tous ceux qui soutiennent le sénateur Obama depuis le début vous le diront : la route aura été rude. Et je ne veux pas parler des convertis, ni de la première vague de supporters venue du camp de John Edwards, et encore moins des partisans de Hillary Clinton qui ont fini par se rallier à Obama. Je veux parler de ceux qui sont là depuis le jour où il a annoncé sa candidature, début 2007.

Nous avons vu ce que c’était lorsque Obama avait trente points de retard dans tous les Etats, y compris en Caroline du Sud. Je trouve intéressant que tout le monde sombre dans le désespoir dés qu’il perd quelques points dans les sondages, comme c’est le cas aujourd’hui. Un ou deux points ! Laissez-moi rire ! J’ai vu ce type rattraper un retard de trente points. Mais je pense que ce qui inquiète les gens, c’est qu’ils ne comprennent pas où se joue la vraie bataille. Elle s’est toujours jouée sue le terrain, et c’est là qu’elle va continuer à se jouer jusqu’au jour de l’élection, le 4 novembre. C’était ça, le changement dans les règles du jeu que promettait la nomination d’Obama. Mais, si la meilleure arme d’Obama est sa capacité à mobiliser et à dynamiser ses partisans sur le terrain, la meilleure contre-attaque, pour McCain, est d’essayer de démoraliser ces mêmes partisans. Alors, pour la cent millième fois, cessons de nous ronger les sangs. Nous allons gagner, mais ce la dépend vraiment de vous.

Contre Sarah, reprenons courage
Mudflats.wordpress.com
D’Anchorage, Alaska

Ce matin [13 septembre], j’ai assisté au rassemblement pour le retour de Sarah Palin au pays. C’était quelque chose ! Un millier de supporters s’étaient déplacés pour l’écouter parler au nouveau Dena’ina Convention Center, dans le centre d’Anchorage.

Après avoir avalé un double expresso et fait une marche vivifiante jusqu’à ma voiture, je me suis rendue au rassemblement des Femmes de l’Alaska contre Palin, qui devait se tenir devant la bibliothèque Loussac, pas très loin du centre-ville. L’idée était de proclamer que Sarah Palin ne parle pas au nom de toutes les femmes et de tous les hommes de l’Alaska. Je ne savais pas à quoi m’attendre. Je n’ai jamais rien vu de tel au cours des dix-sept ans et demi que j’ai passé à Anchorage. Les organisateurs ont dénombré plus de 1 400 personnes. C’était le plus grand rassemblement politique qui ait jamais eu lieu dans l’Etat. J’étais sidérée. La seconde chose vraiment stupéfiante était le nombre de gens en voiture qui klaxonnaient et levaient le pouce en signe de soutien.

Donc, si on fait les calculs : le rassemblement des Femmes de l’Alaska contre Palin était nettement plus important que celui en l’honneur de la gouverneure, qui a fait la une de tous les médias du pays. Alors, reprenez courage.

McCain, ce caméléon
Reachm.com/amstreet
Kevin Hayden, fondateur du collectif de blogueurs de gauche American Street.

McCain est la quintessence du caméléon. Il est capable de défendre n’importe quelle idée du moment que cela lui procure un avantage, et il est le seul autorisé à contredire John McCain. Il est son plus grand contradicteur et son plus féroce opposant. Il est difficile de savoir ce qu’il pense sur la plupart des questions, hormis un principe de base du conservatisme : chacun doit s’élever à la force du poignet.
Je ne peux pas reprocher à Sarah Palin d’avoir accepté d’être sa colistière. Il s’agit d’un pas de géant vers le haut de l’échelle, du poste relativement obscur de gouverneur de l’Alaska, où elle s’occupait d’à peine 670 000 habitants, à un autre d’où elle pourra, si elle est élue, gouverner le troisième pays le plus peuplé du monde, avec 305 millions d’habitants. Au lieu de se choisir un partenaire politique qui soit à peu près on égal, McCain est allé chercher le seul qu’il pouvait dominer. Et vendre l’idée que l’expérience de maire d’une petite ville donne à Sarah Palin une compétence particulière est une gifle infligée à la majorité des Américains, qui, ayant grandi et vivant dans des grandes villes ou des banlieues, n’ont rien à lui envier côté expérience.

 

GEORGIE Obama aurait dû nommer Hillary

Plutôt que de jouer la sécurité avec Joe Biden, le candidat démocrate aurait pu prendre une colistière.

Barack Obama a tout gâché quand il a décidé de ne pas prendre Hillary Clinton comme colistière, a déclaré la semaine dernière Newt Gingrich, l’ancien président républicain de la Chambre des représentants. « Elle aurait unifié le parti et, ensemble, ils auraient été presque imbattables », a-t-il fait valoir. Et d’ajouter que, avec Hillary dans le tandem démocrate, John McCain n’aurait pas choisi Sarah Palin.

Voici la question du jour : Obama a-t-il tout gâché en choisissant Joe Biden ? Ma première réaction a été de penser que Biden n’étai pas un choix bien fameux. Il a certes rassuré ceux qui ont des sueurs froides à l’idée qu’un gars inexpérimenté puisse avoir le doigt sur le bouton nucléaire, mais aujourd’hui je suis convaincu que Newt Gingrich avait raison. Hillary aurait été un bien meilleur choix, même si elle avait été susceptible de faire de l’ombre à Obama. Ou alors, même sans choisir Hillary, Obama aurait pu nommer une autre femme n’appartenant pas aux cercles de Washington et qui aurait pu galvaniser les démocrates.

L’équipe de campagne d’Obama, admettant que la Géorgie restera aux mains des républicains, est aujourd’hui en train de retirer son personnel de l’Etat. Ces derniers jours, j’ai été dans le sud de l’Etat, et je peux vous dire que les gens ont remarqué Sarah Palin et qu’elle les a séduits. Elle déborde d’énergie, ce dont les républicains avaient bien besoin, et, selon un sondage effectué auprès des indépendants, elle et McCain marquent des points dans cette frange de l’électorat. Un nouveau sondage Fox News donne McCain gagnant face à Obama à 46 points contre 31 parmi les indépendants. Il y a un mois, Obama avait un point d’avance sur son adversaire auprès de ces mêmes électeurs.

Le choix de Biden montre certes au pays qu’un responsable ayant l’expérience de la politique étrangère sera au côté du président lorsque d’importantes décisions en matière de sécurité nationale seront prises. Mais, au-delà de cela, il n’apporte rien. Palin, si. Incontestablement, en matière de vice-président, McCain a fait un bien meilleur choix qu’Obama.

Jim Wooten,
The Atlanta Journal-Constitution, Atlanta

 

LOUISIANE McCain aurait dû choisir Bobby

Le gouverneur de la Lousiane, d’origine indienne, aurait pu faire un excellent vice-président républicain.

En choisissant comme colistière une femme telle que Sarah Palin, John McCain a bousculé les traditions. Il a également pris un grand risque. Il avait une autre possibilité, bien moins risquée, qui aurait tout autant frappé les esprits. Si McCain voulait à ce point prouver que le Parti républicain n’est pas le parti des vieux hommes blancs, il aurait mieux fait de choisir l’actuel gouverneur de le Lousiane, Bobby Jindal. Agé de 37 ans, Jindal est peut-être jeune pour être vice-président, mais il a de sacré arguments face à Sarah Palin, qui n’à, après tout, que 44 ans.

En tant que premier Américain d’origine indienne nommé colistier d’un candidat à la présidence, il aurait lui aussi marqué son époque. Comme Plin, il a acquis au fil des années une image de réformateur et son conservatisme sur les questions de société lui vaut tout autant l’enthousiasme de la base républicaine. Par ailleurs, il jouit d’une plus grande expérience que la gouverneure de l’Alaska. Si Jindal n’a été élu à la tête de la Louisiane qu’en 2007, il a tout d’un vieux briscard. Il a servi trois ans au Congrès, a occupé plusieurs postes politiques à Washington et a tenu la barre du plus gros ministère de l’Etat de Louisiane. Jindal est aussi plus connu. Palin, elle, est inconnue et les efforts du Parti républicain pour prouver qu’elle est compétente sont presque comiques. Qui croit vraiment que le fait de commander la garde nationale de l’Alaska et de diriger un Etat situé en face de la Russie lui confère une crédibilité en politique étrangère ? Ou que d’être maire d’une petite ville lui donne l’expérience nécessaire pour diriger une grande puissance ? Il arrive que certains soient un peu plus francs, comme l’a été Pete Domenici, le sénateur républicain du Nouveau Mexique. « C’est une femme ordinaire, mais elle est extraordinaire, du moins c’est l’impression est fondée. » Avec Jindal, il aurait pu se fier à autre chose qu’à une simple impression.

Stéphanie Grace,
The Times-Picayune, La Nouvelle-Orléans

 

VIRGINIE-OCCIDENTALE ils passent par les Appalaches !

Habituellement délaissés, les comtés montagneux de l’Ohio ou de Virginie-Occidentale sont l’objet de tous les soins des candidats …

Maintenant que les conventions sont terminées, l’action va se précipiter. Les candidats vont tailler la route pendant huit semaines et multiplier les meetings. Malgré ce qu’on a pu dire auparavant, notre région pourrait être de la fête. Sait-on jamais ? Il y a quelques semaines, Barack Obama était donné gagnant, mais les choses ont bien changé depuis. John McCain est remonté dans les sondages et l’élection pourrait une fois de plus être très serrée dans des Etas comme l’Ohio. Ce qui veut dire que les candidats à la présidence ou à la vice-présidence, ou encore des personnalités s’exprimant en leur nom, pourraient venir dans notre région pour recueillir les voix dont ils ont besoin pour conquérir la Maison-Blanche. Barack Obama s’est rendu il y a deux semaines à New Philadelphia, une petite ville de l’Ohio, pour faire passer son message dans une région où il n’a pas rencontré jusqu’ici beaucoup de succès. John McCain est également venu ici ces dernières semaines. Il a passé la nuit à Huntington (Virginie-Occidentale), avant de faire une escale à Jackson (Ohio). Le fait que McCain ait choisi la gouverneure Sarah Palin comme colistière pourrait lui apporter des voix parmi les électeurs de Virginie-Occidentale, qui sont plutôt conservateurs sur les questions de société. La Virginie-Occidentale est d’ailleurs un Etat plutôt acquis à McCain. Bush y a remporté une large victoire il y a quatre ans. Et Obama va devoir capter les suffrages de nombreux électeurs de Bush s’il veut obtenir les votes des cinq grands électeurs de cet Etat.

Obama et McCain vont en tout cas devoir être attentifs aux villes situées le long de la rivière Ohio, comme Huntington, Parkersburg ou Wheelin, s’ils veulent obtenir de bons résultats dans les comtés du sud et de l’est de l’Ohio. Cette campagne est différente de celles qui l’ont précédée. Les biographies des candidats ont pris le pas sur les grands enjeux. Obama comme McCain ont tous deux leur chance dans la région. Reste à savoir combien de gens de l’Ohio appalachien et de l’est du Kentucky vont se prononcer davantage en fonction du candidat que de son parti. Si l’élection est aussi serrée que le laissent présager les sondages, chaque voix va compter, et les candidats vont devoir gagner chacune d’entre elles à la sueur de leur front. Le jour de l’élection nationale a beau fixé au 4 novembre, certains électeurs vont se prononcer avant cette date. En Virginie-Occidentale, le vote commence dés le 15 octobre. Alors, ouvrez grands vos yeux et vos oreilles, et votez.

The Herald-Dispatch, Huntington

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