Non les Etats-Unis d’Amérique n’avait pas le droit d’infliger à Monsieur Dominique Strauss-Kahn « Une descente aux enfers aussi ignoble ».

Dimanche 5 juin 2011, par Christopher Caldwell // Le Monde

La justice des USA a osée l’inqualifiable, l’ignominie, envers un citoyen Français. Lui mettre les menottes, puis lui entraver les jambes comme ces barbares, l’ont fait aux indigènes couleur ébène ; Cette « justice » bestiale démontre que ces chiens sont capables de se conduire comme des nazis. Si rien n’est plus odieux que le VIOL, à ce jour Monsieur Strauss-Kahna est présumé innocent.

Voici ce qu’en pense la presse des Etats-Unis d’Amérique.

Dominique Strauss-Kahn, [l’ex-] directeur générai du Fonds monétaire international (FMI), n’est pas seulement riche et puissant. Il était aussi, jusqu’au samedi 14 mai, pressenti pour être le prochain président de la République française. Il bénéficiait d’une telle avance que les rumeurs allaient bon train depuis avril. On disait que Martine Aubry, sa principale rivale pour les primaires socialistes, n’allait pas tarder à retirer sa candidature. Même si les Français n’en étaient encore qu’à envisager que Strauss-Kahn devienne leur président, il ne doit pas être très plaisant de voir l’un de ses dirigeants potentiels accusé de viol et baladé devant les caméras, surtout aux mains d’un système judiciaire étranger. Les Français sont scandalisés par le (perp walk), cette tradition qui consiste à trimballer un prévenu devant les médias. Les Français y ont vu une preuve de la vanité de procureurs en quête de publicité et une menace potentielle pour la présomption d’innocence. Dans les deux cas, ils ont raison.

Humiliation

On peut considérer de deux façons le courroux de la presse française après que Strauss-Kahna été photographié échevelé et humilié, à la suite de son interpellation. La première est de le traiter comme une gêne compréhensible face à un acte de lèse-majesté. L’autre consiste ; à penser qu’il s’agit de la réaction d’une opinion publique devenue servile et complaisante. La presse française s’inquiète peut-être que le nom de Strauss-Kahn soit traîné dans la boue, mais elle n’a pas hésité à révéler l’identité de sa victime présumée. A cela s’ajoute son ami Bernard-Henri Lévy, qui prend sa défense d’une façon de moins en moins discrète. Ce dernier a écrit qu"il serait bon que l’on puisse savoir sans tarder comment une femme de chambre aurait pu s’introduire seule, contrairement aux usages qui, dans la plupart des grands hôtels new-yorkais, prévoient des brigades de ménage composées de deux personnes, dans la chambre d’un des personnages les plus surveillés de la planète. Ce texte laisse entendre que les gens de la catégorie sociale de la femme de chambre sont là pour servir ou divertir ceux de la classe de Lévy, "les people", comme disent les pages des potins mondains en France.

Mais peut-être nous montrons-nous injustes envers les Français. Peut-être la cause de Strauss-Kahn n’est-elle défendue que par une cohorte d’intellectuels officiels et de journalistes de cour. Peut-être qu’en réalité la France pense comme ce lecteur qui s’est exprimé sur un forum du site de L’Express pour dire que les Français découvrent, à leur grande stupeur, qu’aux Etats-Unis les délinquants sont tous traités de la même façon, peu importe leur richesse et leur statut social. Plus encore que tout inculpé américain depuis O.J. Simpson, peut-être Strauss-Kahn est-il l’incarnation des privilèges. Mais il représente davantage que cela. Bien que membre d’un parti socialiste européen, il est sans doute bon de rappeler que, dans l’esprit de la plupart des gens, il symbolise le capitalisme. Dominique Strauss-Kahn a été un excellent ministre des Finances la dernière fois que les socialistes ont été au pouvoir, avec Lionel Jospin (1997-2002.). Le gouvernement de Jospin n’avait rien de particulièrement socialiste. Il a privatisé plus d’entreprises que Jacques Chirac et, sans tambour ni trompette, il a maintenu l’expansion de l’Etat français à un niveau inférieur à celui de la Grande-Bretagne, où Tony Blair et Gordon Brown étaient censés se livrer à une expérience de socialisme thatchérien.

Autrement dit, l’ancien patron du FMI était une sorte de démocrate favorable au secteur des affaires. A l’époque qui est la nôtre, c’est tout à l’honneur des socialistes français qu’ils aient été sur le point de nommer et du peuple français qu’il ait été sur le point d’élire un président qui mettait l’accent sur la croissance plutôt que sur la jalousie. C’est également tout à l’honneur du FMI d’avoir jugé bon de recruter quelqu’un qui faisait preuve d’une telle indépendance d’esprit. A gauche, la plupart des économistes sont pris au piège de l’argument qui veut que, puisque la relance est toujours une bonne chose, les déficits publics ne sont jamais dommageables. Pas Strauss-Kahn. A ses yeux, il était plus que temps que les Etats-Unis maîtrisent leur dette. Les marchés obligataires américains ont vu passer trois gros nuages ce printemps. L’un a été l’annonce par Bill Gross, de Pimco, qu’il allaitvendre toutes ses obligations d’État américaines. L’autre a été la réaction de l’agence de notation Standard & Poor’s quant à la perspective "négative" de la dette américaine. Mais le troisième a été tout aussi important : le FMI de Strauss-Kahn a prévenu, mise en garde sans précédent, que les Etats-Unis ne disposaient d’aucune "stratégie crédible" pour gérer leur dette.

Le peuple perd patience

Le départ de Strauss-Kahn du FMI survient au pire moment pour l’Europe. Traditionnellement, le poste a toujours été attribué à un Européen, tout comme celui de président de la-Banque mondiale était confié à un Américain. De fait, pendant trente- neuf des années qui se sont écoulées depuis la fondation du FMI, en 1946, son directeur est venu de France. Ces derniers temps, ce poste a nécessité d’imposer des "programmes d’ajustement structurel" à des pays débiteurs en Amérique latine et en Asie du Sud-Est, afin de veiller à ce qu’ils remboursent les banques occidentales. Mais, aujourd’hui, c’est en Europe et en Amérique du Nord que se trouvent les fauchés, et les pays de l’ancien tiers-monde du Mexique à Singapour, en passant par l’Afrique du Sud mettent eux aussi en avant des candidats crédibles pour la plus haute fonction du FMI. Bientôt, peut-être, l’Europe se verra obligée d’obéir à ceux à qui elle donnait des leçons.

L’affaire Strauss-Kahn est spectaculaire, mais elle s’inscrit dans une tendance. La France est passée à côté du mouvement démocratique arabe à l’hiver dernier parce qu’elle était enlisée dans les scandales. Au paroxysme des manifestations, il s’est avéré que la ministre des Affaires étrangères, Michèle Alliot-Marie, avait accepté des cadeaux inconvenants de la part du gouvernement tunisien déchu et que le Premier ministre, François Fillon, avait bénéficié de l’hospitalité de Moubarak en Egypte. La principale candidate de la France pour succéder à Strauss-Kahn, la ministre des Finances, Christine Lagarde, doit d’abord faire l’objet d’une enquête au sujet d’une indemnisation perçue par l’homme d’affaires et ministre socialiste Bernard Tapie. Le délit présumé de Strauss-Kahn est certes une faute personnelle, mais il faut aussi y voir une étape dans l’effondrement d’une élite politique. Confronté à une classe dirigeante qui a rarement été aussi pétrie d’orgueil, le peuple perd patience face aux  « people »

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