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Bonnes vacances au parti Socialiste.

Nicolas Sarkozy Super Talleyrand-Périgord.

Le Chef de l’État, a les qualités de Talleyrand, sans en avoir les défauts.

Mercredi 11 juillet 2007, par Paul Vaurs // La France

Illustre famille noble, claudication dès l’enfance, conviction de n’être pas aimé de sa mère, obligation familiale d’entrer dans les ordres sans vocation : De ces quatre données initiales pourrait se déduire un essai d’explication socio-psychanalytique du personnage, et se dégager le sens fantasmatique plutôt qu’historique de cette « douceur de vivre » sous la douce Monarchie qu’il célébrera dans ses Mémoires.

Compromis par la découverte des papiers secrets de Louis XVI, décrété d’arrestation par la Convention, il passe aux États-Unis et ne revient en France qu’en 1796. Grâce à sa liaison avec Germaine de Staël, il est nommé par Barras ministre des Relations extérieures en juillet 1797. À l’automne, il se dépense efficacement pour ménager des concours à Bonaparte, l’aider à préparer son coup d’État ; au lendemain du 18-Brumaire, il se retrouve ministre des Relations extérieures : son immense fortune ne fait que commencer.

Faute de pouvoir le suivre ici dans les méandres de son activité, de ses intrigues et de ses enrichissements, trois points sont à noter, pour le situer dans le nouveau régime. D’abord, la mutuelle attraction que Napoléon et lui éprouvent l’un pour l’autre : Talleyrand est amoureusement fasciné par le génie et la réussite de ce demi-dieu (il ne cessera de l’aimer passionnément que pour le haïr aussi passionnément) ; Napoléon, plus sauvageon encore que nobliau corse, et Français de fraîche date, est ébloui par ce grand seigneur, merveille de raffinement héréditaire.

Ensuite, en politique intérieure, Talleyrand incarne la réconciliation avec la Monarchie, le retour des émigrés, la promotion des ci-devant nobles, l’effacement des stigmates de la Révolution (en quoi il est le continuel antagoniste de Fouché, malgré de brefs rapprochements qui ne vont jamais sans arrière-pensées de part et d’autre).
 
Toujours portant beau, Talleyrand attend son heure, apparemment inactif : elle sonnera au printemps de 1814 quand Talleyrand incite Marmont à livrer Paris aux Alliés puis, président du gouvernement provisoire, fait prononcer la déchéance de « Buonaparte » et impose aux Alliés mal convaincus le rappel des Bourbons.

Arrive alors, dans la carrière de Talleyrand, cette heure glorieuse que les manuels d’histoire célèbrent encore à l’envi : Au Congrès de Vienne, d’une France accablée par la défaite il fait surgir une France respectable et hautement considérée par ses vainqueurs.

La fin de sa vie le laissera dans une aigre insatisfaction mal dissimulée. Premier ministre de Louis XVIII pour un bref trimestre après Waterloo, vite écarté par les ultras qui comprennent la légitimité mieux que lui, le prince (qui a dû renoncer à son « fief » impérial de Bénévent et qui, depuis 1814, se fait tout simplement appeler le prince de Talleyrand) pose au libéral et reste dans une opposition boudeuse pendant toute la seconde Restauration. Louis-Philippe ne le remettra pas à la tête des affaires, mais l’enverra à Londres comme ambassadeur ; de 1830 à 1834, Talleyrand y déploiera encore une habileté extrême. Le grand âge sonne la retraite des ambitions ; le prince ne veut plus que finir dans l’estime générale ; il y parviendra. Avec dignité, il répare le plus visible accroc à son bas de soie et se réconcilie (sans s’humilier) avec l’Église ; L’évêque d’Autun recevra les derniers sacrements à son lit de mort, il rappellera noblement au prêtre, que les dernières onctions se font sur le dos et non sur la paume des mains quand il s’agit d’un évêque.

Revenons au Parti Socialiste. Le PS boira le calice jusqu’à la lie. Assommé par son échec à cette présidentielle qu’il « ne pouvait pas perdre », à peine rasséréné par sa « défaite victorieuse « des législatives, il n’en finit pas de se déchirer, offrant un spectacle affligeant aux millions de Français qui lui sont restés fidèles.

Depuis l’élection du nouveau Président, pas un jour ne se passe sans qu’un drame, parfois aussi grotesque que jalonnent les mauvais vaudevilles, ne vienne tournebouler le parti créé par François Mitterrand. Après le procès en sorcellerie fait à Ségolène, la rupture, en direct, du couple Royal Hollande ; la défection d’emblèmes comme Besson, Kouchner, Jouyet, Bockel et Védrine, ralliés à la Sarkozie et celles de compagnons de route de la gauche comme Amara et Hirsch, voici Jack Lang, zélateur de la mitterrandie éternelle, suspecté de flirter avec le nouveau Président, qui claque la porte du groupe PS à l’Assemblée...

N’en jetez plus ! En déroulant sous les yeux d’un peuple de gauche interdit le bal des coups tordus, des trahisons à répétition sur fond d’ambitions personnelles et de luttes intestines pour le leadership du parti, les socialistes apparaissent sous leur plus mauvais jour. Devant une telle débandade, Sarkozy aurait tort de ne passe servir. Il le fait sans vergogne, imitant Mitterrand et sa « France unie » de 1988.

« Le PS est dans le caniveau et c’est la faute à Sarkozy », pleurnicherait Gavroche, une rose flétrie à la main Car l’implacable loi des séries continue à dévaster le parti de la rue de Solferino. Il encaisse un nouveau coup dur avec l’annonce par l’Elysée, hier, que Fabius et Strauss-Kahn pourraient être proposés par celui-ci pour la direction du Fonds monétaire international. (FMI). Oui, Fabius et Strauss-Kahn, éléphants parmi les éléphants, pourfendeurs invétérés de la droite, adoubés par celle-ci. En d’autres temps, un premier avril, l’annonce n’aurait trompé personne...

Le diable qui attise les flammes du brasier socialiste loge à l’Elysée. Ravi, Sarkozy, de voir se consumer une opposition trop affairée à renaître de ses cendres pour lui opposer une résistance solide. Le coup du FMI est redoutable. Après avoir fait son marché parmi les seconds couteaux, l’Elysée frappe le PS à la tête en le délestant d’une de ses figures de proue. Quand bien même l’OPA n’aboutirait pas, le mal est fait : Fabius et DSK apparaissent désormais comme « sarko-compatibles », ce qui entachera inévitablement leur crédibilité aux yeux des militants. Machiavel n’aurait pas fait mieux.

« Le PS a besoin de vacances », souffle, dépité, Julien Dray, député de I’Essonne et proche de Ségolène Royal.

Bien vu. Mais la trêve estivale lui suffira-t-elle à retrouver son cap et à redevenir ce qu’il n’aurait jamais cessé d’être :le catalyseur des forces de gauche, respectueux de ses alliés radicaux et verts et porteur d’une alternative politique de gauche prônée par la nouvelle génération de militants ? Acceptons-en l’augure...

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