NICOLAS SARKOZY : dernières cartouches.

Dimanche 12 février 2012 // La France

Drapeau de France

Contraint de respecter la logique du retour à l’équilibre budgétaire, Nicolas Sarkozy ne pouvait pas faire de promesses susceptibles d’enrayer sa baisse de popularité. Nicolas Sarkozy sera candidat à sa propre succession. Il ne veut pas le déclarer officiellement pour continuer à remplir les devoirs de sa fonction mais « pour le reste, j’ai un rendez-vous avec les Français, je ne me déroberai pas et franchement ça approche ».

Malgré les échos donnés par des journalistes à son pessimisme réel ou feint, le président de la République se battra jusqu’au bout en espérant que son « courage » mot emblématique du programme de l’UMP lui vaudra le soutien d’une majorité de Français.

Depuis plusieurs mois, l’entourage élyséen ne cache pas que la partie sera très difficile. Or Nicolas Sarkozy ne peut multiplier les promesses pour contrer l’offensive de l’opposition. Dans la logique économique qu’il a choisie, il lui faut poursuivre la politique de rigueur afin de préserver sa relation avec Berlin et pour éviter une hausse des taux d’intérêts qui viendrait alourdir encore la charge de la dette.

Depuis le début de l’année, le président de la République navigue donc entre de nombreux écueils. Ainsi, le sommet social du 18 janvier avait pour ambition de désamorcer les contestations syndicales dans un climat alourdi par l’augmentation du chômage. Il fallait donc reporter à plus tard les questions les plus conflictuelles tout en s’efforçant de faire accepter des mesures permettant de baisser le coût du travail. On avait donc évoqué la « TVA sociale » et les « accords de compétitivité » qui permettaient de diminuer les salaires pour sauver l’emploi dans les entreprises en difficulté.

C’est donc sans surprise que les Français ont entendu le président de la République annoncer que « le gouvernement proposera au Parlement d’exonérer la cotisation totale ou partielle des cotisations familiales ou patronales » sur les salaires qui représentent entre 1,6 et 2,1 fois le Smic. En contrepartie, l’ensemble des habitants du pays supportera une hausse de 1,6% de la TVA, qui passera de 19,6% à 21,2%. Par ailleurs, il y aura une hausse de deux points de la CSG sur les revenus financiers.

Pas de surprise non plus quant aux accords compétitivité-emploi, sur le modèle de ceux qui existent en Allemagne : « Si une majorité de salariés se met d’accord dans une entreprise (..,) pour décider de leur durée du travail, pour décider de privilégier l’emploi sur le salaire ou le salaire sur l’emploi, ils pourront le faire ». Nicolas Sarkozy a précisé que ces accords prendraient le pas sur la loi : c’est vouloir un bouleversement complet du droit du travail, en même temps qu’une transformation profonde du financement de la protection sociale qui sera désormais assurée partiellement par les consommateurs. D’autres mesures ont été annoncées, dont la fameuse taxe sur les transactions financières qui frappera (de 0,1%) les entreprises cotées en France. Une banque pour l’industrie sera également créée.

Ces annonces montrent que le président de la République veut aller vite et faire adopter avant l’élection présidentielle des dispositions qui lieront la gauche si d’aventure elle remporte la bataille. Hormis les contraintes en faveur de l’apprentissage, les réformes bientôt adoptées seront impopulaires : le soutien à l’emploi ne produira pas ses effets avant plusieurs mois dans le meilleur des cas, alors que les consommateurs subiront immédiatement les effets de l’augmentation de la TVA. Des syndicats (la CGT, F0) feront part de leur mécontentement et le Parti socialiste profitera de la situation.

Fallait-il intervenir en cette fin janvier et mobiliser tant de chaînes de télévision pour s’exposer à une nouvelle vague de ressentiment ? Il est possible que Nicolas Sarkozy ait préféré subir le feu des critiques avant son entrée en campagne le candidat se réservant des promesses plus agréables pour les dernières semaines de bataille. Il est probable qu’il ait voulu mobiliser les électeurs de droite qui sont actuellement tentés par François Bayrou. Nous n’en sommes qu’à la première phase d’une entreprise qui voudrait être celle de la reconquête.

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