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NICOLAS SARKOZY : SÉRÉNITÉ NON FEINTE.

Jeudi 21 avril 2011 // La France

Il y a des soirs où l’on confond le journal télévisé avec le jeu du bandit manchot ; on glisse un jeton dans une machine rutilante, on baisse un bras de fer, des pommes, des poires et des oranges s’alignent sur l’écran et on gagne si le même fruit apparaît trois fois sur la même ligne. A la télévision, les fruits sont remplacés par les visages de Nicolas Sarkozy, de Marine Le Pen et, à tour de rôle, ceux de Dominique Strauss Kahn, de Ségolène Royal et de Martine Aubry On fait tourner la machine à sondages et des pourcentages s’affichent sur l’écran : au premier tour, Nicolas Sarkozy arrive en troisième position dans tous les cas de figure, sauf si Ségolène Royal représente le Parti socialiste.

Ces jeux n’ont rien de scientifique mais ils marquent les esprits. Nicolas Sarkozy, le conquérant de 2006-2007, est en train de se voir attribuer une réputation de perdant. D’où une nervosité certaine dans les rangs de la majorité présidentielle. Le dimanche 3 avril, Jean-Pierre Raffarin a évoqué « le sentiment d’une divergence entre l’Elysée et Matignon », tout en proclamant qu’il était « sûr que François Fillon aura à coeur d’afficher cette loyauté dans les jours à venir ». Ce qui sonnait comme un rappel à l’ordre. Mais de son côté Rama Yade, qui a rejoint les centristes, a évoqué une fracture dans la majorité présidentielle entre ceux qui reprennent des thèmes du Front national et ceux qui s’y refusent.

Bien entendu, Matignon a fait savoir qu’il n’y avait aucun doute sur la loyauté du Premier ministre mais le climat est lourd d’arrière-pensées : certains, comme Jean-François Copé, disent clairement que leur heure sonnera en 2017 ; d’autres pourraient, si la situation s’aggrave, se présenter en sauveurs de la droite...

Les supputations continueront d’aller bon train dans les prochaines semaines mais le président de la République garde un air étonnamment serein. Un ancien compagnon de Nicolas Sarkozy, qui considère ce dernier comme un excellent tacticien, assure que sa confiance en lui-même évoquée par plusieurs journalistes n’est pas feinte. L’homme qui prépare sa nouvelle candidature depuis un an déjà est persuadé qu’il peut battre le candidat de gauche au premier tour, surtout si c’est Dominique Strauss-Kahn qui selon lui ne saurait pas mener une grande campagne électorale.

De plus, Jean-Luc Mélenchon lui prendrait beaucoup de voix de gauche. Mais Nicolas Sarkozy battrait tout aussi bien Martine Aubry car il juge que tous les candidats socialistes sortiront en très mauvais état de la bataille qu’ils mèneront entre eux pour les primaires. Le second tour, qui l’opposerait donc à Marine Le Pen, ne serait donc plus qu’une formalité et c’est sans aucun émoi que le président de la République voit la présidente du Front national progresser dans les sondages.

Ce schéma serait une réplique de celui de la campagne de 2002. Il peut fonctionner si Nicolas Sarkozy réussit à rétablir rapidement son autorité sur la majorité présidentielle en persuadant ses dirigeants que, selon sa propre expression, « le coup est jouable ». Certes, le Chef de l’État n’a pas toujours eu une vie privé sans reproches ; MAIS il a depuis quatre ans endossé l’habit du Chef ; Le président Sarkozy sera réellu en 2012, ce sera son triomphe, sa revanche sur la médiocrité de ceux qui vocifèrent tranquillement assis dans leurs fauteuils de Députés ou de Sénateurs.

La difficulté, c’est que le président est engagé sur beaucoup de fronts en même temps : deux guerres, en Libye et en Afghanistan, une crise de la zone euro, une difficile présidence du G20, une société française qui va mal comme le souligne chaque année le rapport du Médiateur de la République. « Les Français ne sont pas racistes, ils sont malheureux » disait récemment le démographe Emmanuel Todd à propos du vote Le Pen. Un diagnostic qui mérite mieux qu’un coup de poker.

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