Misère ! Misère ! Misère !

Jeudi 24 juin 2010, par Rodolphe Clauteaux // La France

En chanson... « Crise + Austérité = Misère ! ».

Notre ami Rodolphe Clauteaux nous annonce que nous sommes « faits ».

Que nous sommes « bons ».

La Grosse Crise pointe son nez. Face au grand Vampire qui ne s’appelle plus Dracula mais Euro, saurons-nous trouver le chemin de la résistance, puis de la libération ?

Juste rappeler interrogativement : « A l’origine de toute crise économique et financière, n’y-a-t-il pas une crise « morale » ? »

Je sais... bien des grognons vont faire la moue. Vous avez dit « morale » ? Nous persistons et nous répondons « morale »...

Portemont, le 4 juin 2010

Crise + austérité = misère !

C‘est fait. On est bons. Tous. Pour la Grosse Crise. La Comme en 29.


Chômeurs aux Halles

La France, connut durement la Crise après la dévaluation de la livre sterling survenue en septembre 1931

Après la Grèce, et ses « mesures d’austérité » sévères, c’est l’Espagne et la France qui prennent le tour. La Kommission de Bruxelles en est toute réjouie. Les 3% de Maastricht sont au coin de la rue et les marchés les pauvres, sont rassurés.

En attendant, Espagnols, Grecs, Irlandais, Portugais, et… nous les Français, enfin les Petits, les Maigres, les Sanzintérêts, on va payer.

Et on va tous passer de la pauvreté à la misère.

S’en fichent, dans le Bruxelles de la Kommission, dans le Washington du FMI ou dans le Château de la Muette de l’OCDE, s’en foutent des miséreux qu’on va devenir. C’est pas leur problème. Leur problème à eux tous, c’est l’Euro. Et l’Europe. Pas les Européens petits, maigres, sanzintérêts.

Pour gouverner un pays lorsqu’il y a une crise économique, puis financière, puis, devenue celle de la dette, il n’y a pas trente-six (36) moyens. Y’en a deux (2). Deux recours auxquels on a (ils ont) renoncé. Deux, pas plus : le taux de change de SA monnaie, et SES taux d’intérêts.

Soumis aux marchés, sans ces deux instruments, on est mal. Et on va l’être encore plus. L’Espagne, qui avoue franchement ses 20% de chômeurs, et nous, qui cachons nos 15% de sans-emplois, avec de l’austérité en plus de la crise, c’est 30 et 20% qu’il faudra bientôt compter. Et comme, en ce qui nous concerne, on va faire des économies, les “fins de droits”, iront sur le trottoir. Ce qui sera presque tant mieux pour ceux qui auront encore un toit sur la tête, parce que les loyers vont s’effondrer vu qu’il n’y aura plus grand-monde capable de fournir une fiche de paye pour s’en louer, un toit !

Le malheur des uns faisant le bonheur des autres. L’inconvénient c’est que là, les “uns” sont beaucoup plus nombreux que les “autres” ! Après la Grèce, c’est l’Espagne qui est montrée des gras doigts ultralibéraux de la Kommission.

Or… hormis sa bulle immobilière, l’Espagne et les Espagnols n’ont rien à se reprocher quant à la “discipline financière” exigée par Bruxelles. Et même cette bulle, immobilière, elle n’aurait pas pu gonfler du temps de la peseta, parce que en ce temps-là, les Espagnols n’auraient jamais eu des taux d’intérêts aussi bas pour alimenter leurs désirs de toits, de murs, en un mot, de béton.

Cela dit… en Espagne, on parle espagnol, ce qui fait que l’on y comprend ce qu’on fait les Argentins de la fin des années 90… Ces Argentins désargentés qui ont décidé que puisqu’ils n’avaient plus d’argent ne paieraient pas l’argent qu’ils devaient. Ce qui a entraîné tout un tas de conséquences sans conséquences dramatiques pour les Argentins… Une leçon que les Espagnols d’abord, les Européens, grecs, espagnols, ou pas, devraient apprendre.

Mais pour cela, il faudra avoir de nouveau la maîtrise de sa monnaie. C’est-à-dire revenir aux pesos, à la pesetas, au drachme ou, mais bon sang mais c’est bien sûr ! au franc.


Pièce 10 francs – Georges Mathieu

Une question que ne manqueront pas de se poser des pays qui, comme la Grèce, ont 30% de chômeurs dans leur jeunesse, 44% pour l’Espagne, et au moins autant de % au Portugal. Pour la France, on ne sait pas, on n’a pas le droit de le dire.

Que feront ces trois (4) pays si on arrive à ce que plus de la moitié voire davantage de leurs jeunes, y soient chômeurs ?

Ils se poseront des questions sur l’intérêt de continuer à s’accrocher à la locomotive ultralibérale bruxelloise.

La solution, parce qu’il y en a une, c’est de faire comme l’Argentine. Pour l’Etat, ne pas payer sa dette publique. Et pour le particulier, M. et Mme Vouzémoi, pareil… Cesser, tous ensemble, de payer nos crédits à la consommation. Après tout, c’est grâce à ces crédits devenus si « faciles » que nous avons supporté de ne pas avoir d’augmentations réelles de salaires depuis une vingtaine d’années, que personne d’entre nous n’est descendu dans la rue le couteau entre les dents, qu’aucun de nous n’a bien voulu s’immoler par le feu devant le Ministère des finances, ni n’a commencé à couper les routes et autoroutes, ni même encore, plus simplement, s’est mis en grève générale, totale et illimitée.

Faudra bien qu’un jour on y songe. A force de se faire sucer le sang, y’a un moment où le sucé devient vampire soi-même, ou bien alors, terrassé par le saint curé de la paroisse d’à côté,, un pieux de bois au cœur, il est enterré ventre à terre, de l’ail entre les dents, et on n’en parle plus.

Bruxelles c’est Dracula, et l’Euro, le vampire !

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