Michèle Alliot Marie.

Mardi 15 mars 2011 // La France

Les déclarations de Michèle Alliot-Marie, ministre des Affaires étrangères, sonnent comme un cinglant démenti des principes de la Révolution française. Le droit, la liberté, la fraternité, l’égalité et la justice ne sont donc que des chimères. Lorsqu’elle a proposé, le 11 janvier, au régime de Ben Ali le savoir-faire sécuritaire de la France, elle a illustré le double langage de la France. Elle a aussi illustré le parti pris français en faveur de l’occupant israélien quand [le 21 janvier, 6 en visite à Gaza] elle a qualifié la détention de Gilad Shalit par le Hamas de "crime de guerre" tout en s’abstenant d’évoquer les sept mille prisonniers palestiniens détenus par Israël.

Certes, Gilad Shalit détient la double nationalité franco israélienne, mais cela est également vrai pour Salah Hamouri, prisonnier palestinien détenu par Israël [et de mère française]. Lui aussi possède la nationalité française, mais la ministre n’a pas rendu visite à ses parents, à l’inverse de la démarche qu’elle a faite auprès des parents de Gilad. De même, elle a visité la ville israélienne de Sderot régulièrement visée par des roquettes palestiniennes tirées de la bande de Gaza], mais elle n’a pas cru bon de se rendre dans les zones détruites par les Israéliens pendant la dernière invasion de Gaza par Israël, en décembre 2008.

Elle a ensuite affirmé que l’expression "crime de guerre" lui avait été attribuée à tort par la station arabophone Kol Israël [La voix d’Israël], mais ne la pas démentie dans sa conférence de presse au Centre culturel français de Gaza. Là-bas, elle a préféré critiquer ceux qui avaient protesté contre cette expression en l’accueillant par des jets de chaussures et d’œufs. Par ailleurs, elle n’a accepté la présence des journalistes palestiniens qu’à la toute fin de la conférence, et sans les autoriser à poser la moindre question. C’est donc le droit à la parole des victimes et proches des victimes qu’elle bafoue. Du reste, les Palestiniens sont irrités par le changement de la politique française à leur égard depuis le départ de l’ancien président Jacques Chirac, qui avait reçu un accueil triomphal en Palestine, il y a plus de dix ans.

Ici à Gaza, on ne peut pas se contenter de penser que la France ne se désintéressera pas de nous et qu’elle poursuivra ses efforts pour la paix et le développement en Palestine. Car en même temps perdurent l’occupation, le grignotage des Territoires palestiniens et la violation des droits. C’est déplorable de se féliciter de l’allégement du siège de Gaza par Israël, alors que des milliers d’habitants de la bande de Gaza sont toujours privés de logement en raison de l’interdiction d’importer du matériel de construction. C’est affligeant de se heurter jour après jour à l’hypocrisie de la communauté internationale, surtout si cela est exprimé par le ministre des Affaires étrangères français, en contradiction flagrante avec l’héritage de la Révolte française.

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