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Mayotte 101e département français

Mardi 24 mai 2011 // La France

Le 31 mars dernier Mayotte est devenue le 101e département français. Nous souhaitons la bienvenue à ces 200 000 nouveaux concitoyens et nous nous réjouissons avec eux.

C’EST EN 1841 que Mayotte devint colonie française. Par la suite la France étendra son protectorat aux trois autres îles de l’archipel : Grande Comore, Anjouan et Mohéli. En 1946, les Comores, séparées de Madagascar, devinrent territoire d’outre-mer.

Lors d’un référendum organisé sur l’indépendance en 1974, trois des îles de l’archipel optèrent pour l’indépendance à 95%. Mayotte préféra rester française à 63,8%. Plutôt que de considérer le vote global de l’archipel, la-France entérina le choix de Mayotte et, par la loi du 24 décembre 1976, constitua « l’île au parfum » en collectivité territoriale de la République malgré la condamnation de l’ONU. Par la résolution 31/4 adoptée le 21 octobre 1976, celle-ci estima en effet cette annexion non conforme aux règles définies pour la décolonisation et déclara nuls et non avenus tous les référendum, y compris ultérieurs. L’Union Africaine condamna également, bien entendu. Depuis, son statut a évolué, mais « l’île au lagon » est toujours restée un Territoire d’Outre Mer (TOM), ce qui permettait le maintien de ses spécificités.

L’IMIGRATION CLANDESTINE : UN FLÉAU

C’est une promesse électorale du candidat Sarkozy en 2007 qui est à l’origine du processus ayant conduit à la départementalisation : Mayotte, c’est 70 000 voix ! Contrairement à ce qui s’était passé lors de l’indépendance de l’Algérie ou lors du changement de statut de la Nouvelle-Calédonie, où l’on sollicita l’accord du peuple français, le processus a été mené de telle façon que les Français ne soient ni informés ni consultés. Seuls les Mahorais ont été consultés par référendum en 2009 et ils ont opté à 95 % pour la départementalisation. Le 22 octobre 2010, le Sénat a ainsi adopté en catimini les projets de deux lois organisant la départementalisation de Mayotte pour mars 2011. Le 23 novembre, l’Assemblée votait dans les mêmes termes les deux lois qui furent promulguées fort rapidement le 7 décembre, privant les Français de tout débat sérieux permettant de mettre au jour les contradictions et conséquences de cette départementalisation. D’autant plus que les médias, complices, ont observé un silence assourdissant.

Car des spécificités Mayotte n’en manque pas. La population est à 95% musulmane, le mode de vie relève pour partie de la Charia avec en particulier la polygamie - et la langue usuelle n’est pas le français mais deux langues d’origine swahili et malgache.

Depuis que Mayotte a été rattachée à la France, la population est passée de 40 000 à 200 000 personnes dont quelque 60 000 clandestins. Ceux-ci viennent surtout d’Anjouan, l’île voisine, à bord d’embarcations de fortune, des kwassa kwassa surchargées qui sauvent chavirent. On évoque ainsi plusieurs milliers de noyés. Rien que pour l’année 2010, 26 405 clandestins ont été expulsé sans grande procédure. « Si on ne casse pas cette immigration irrégulière, a ainsi récemment déclaré la Préfet, la départementalisation ne sera pas réussie... c’est le cancer de Mayotte ! ». Cette immigration, qui ne fait que croître, s’explique par le niveau de vie à Mayotte, dix fois supérieur à celui des autres Comores mais encore trois fois inférieur à celui de la Réunion sur laquelle Mayotte finira par être alignée. Les Comoriennes mais aussi des Malgaches viennent accoucher à Mamoudzou (8 000 naissances par an, première maternité de France), pour bénéficier du droit du sol.

Les Mahorais, que l’on s’est bien gardé d’informer, n’ont pas conscience qu’on leur demande à terme d’abandonner leur mode de vie imprégné par l’Islam. Ce qui devrait se faire progressivement : si la polygamie a été supprimée, les mariages polygames demeureront valables. De même, les Mahorais relevaient de fonctionnaires musulmans, les cadis, qui rendaient la justice conformément au droit coutumier et faisaient office de notaires. Les Mahorais ayant choisi de conserver leur statut personnel devront être jugés par des magistrats français, non en fonction du code civil, mais selon le droit coutumier !

UNE RÉVOLUTION CULTURELLE ?

La population mahoraise a-t-elle compris quelle révolution culturelle on va lui demander de faire ? A-t-elle compris qu’elle devra payer des impôts sur le revenu et locaux à partir de 2014 ? Ce qui n’est d’ailleurs pas sans poser problème car l’état civil, en cours d’établissement depuis dix ans, se heurte aux homonymies et à la polygamie. De plus, le cadastre n’a pas été établi. Les enseignants mahorais se plaignent des conditions de travail et d’accueil des élèves, du manque d’effectif, du manque de locaux et de fournitures scolaires et même de l’insalubrité de certains établissements. Si avant 1974 l’enseignement était assuré par les écoles coraniques, on compte, en 2010, 81 506 élèves (sur 200 000 Mahorais) relevant de l’Éducation nationale. 195 écoles, 19 collèges et 9 lycées, ont été construit. Il y a 6 000 enseignants dont le coût moyen annuel est de 39 000 € soit un total faramineux de plus de 230 millions d’euros ! Un coût qui devrait encore s’envoler puisque le taux de croissance de la population est de 5 % par an et qu’on scolarise aussi les clandestins. Le vice-recteur a ainsi prévenu que « le rythme des constructions scolaires ne pourra jarnais suivre le rythme des utérus des Mahoraises »... Un professeur déclarait récemment dans l’hémicycle du Conseil Général que quasiment tous les enfants mahorais ont leur brevet des collèges. Pourtant, lorsque l’armée fait passer des tests de recrutement, elle s’aperçoit que 70 % des candidats ne savent pas lire.

Ce qui n’empêche pas les enseignants mahorais de manifester et de se mettre en grève. Dernière revendication en date ? Leur syndicat revendique la départementalisation du système éducatif à Mayotte au plus tard au mois d’avril 2011. Il réclame en particulier l’indexation des salaires (sur le coût de la vie), la titularisation des contractuels, la reconstitution des carrières pour l’intégration dans le corps des professeurs des écoles. Accepteront-ils de patienter pendant les 20 à 25 ans prévus pour un alignement progressif sur les autres départements ? Rien n’est moins sûr. C’est pourtant le délai prévu pour aligner Mayotte sur la Réunion pour les prestations sociales : allocations familiales, RSA, CMU, retraites. Il ne sera, à l’évidence, pas respecté. Déjà les grèves, quelquefois à caractère raciste, se multiplient chez les instituteurs, les fonctionnaires, les électriciens, le personnel hospitalier, les services pénitentiaires, les éboueurs...

Mayotte espère devenir une Région Ultra Périphérique (RUP) de l’Europe, ce qui la rendrait éligible aux fonds structurels européens. Mais il faut l’accord des 27 membres de l’Union dont certains ont condamné à l’ONU l’annexion de Mayotte par la France. Il serait bien étonnant qu’ils donnent leur accord. Bon an, mal an, le coût total estimé du département de Mayotte est d’un milliard d’euros par an. À la charge des Français...

UN TROU NOIR DANS L’OCÉAN INDIEN

Mayotte, elle-même, ne dispose que de peu de ressources : tourisme, cultures vivrières, pêche, ylang ylang. 5 millions d’euros d’exportations contre 274 d’importations. Au prix de la main-d’oeuvre aucun développement n’est possible. La culture de la vanille a déjà disparu et celle du ylang ylang est en chute libre : la production exportée a chuté de 40 à 3 tonnes en 2010. Mayotte ne peut vivre que dans son environnement : les Comores, Madagascar, l’Afrique de l’Est.

Quelques remarques pour terminer. La départementalisation de Mayotte va créer une sorte de trou noir dans l’océan indien qui irrésistiblement attirera toutes les populations de la zone : déjà, des demandeurs d’asile arrivent du Rwanda, du Burundi, et de la RDC. Pour limiter l’immigration clandestine un mur de radars a été élevé et des vedettes de la gendarmerie quadrillent les environs. Croit-on sincèrement que la communauté internationale, qui a déjà condamné l’annexion de Mayotte, va accepter cette situation ?

On va créer une collectivité d’assistés, multiplier les fonctionnaires il sont déja 30 000, provoquer un ravage écologique par une circulation automobile que celle de la Réunion permet d’imaginer. Enfin, prétendre gommer ou même estomper les différences culturelles entre Mayotte et la France relève de l’illusion. Et d’ailleurs est ce souhaitable ? Tôt ou tard, le problème du rattachement de Mayotte aux Comores ressurgira. Bref, on n’a pas fini de payer la départementalisation de Mayotte.

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