Mauvaise pente…

Samedi 29 mai 2010 // Divers

Nous sommes sur une mauvaise pente.

Dans bien des domaines, petits ou grands, les « caïd » sèment la zizanie dans notre société.

Et en pays rémois, « Caïd », le chat « Maine-Coon » ne nous démentira pas.

Sa disparition générerait un « préjudice affectif » de 10 000 euros…

Les époux Lacombe ne s’en remettent pas…

« Caïd » faisait un bref séjour chez le vétérinaire après une opération qualifié de « classique », c’est-à-dire qu’il venait d’être ni plus ni moins castré. Âgé de deux ans, gavé, certes, d’amour par sa maîtresse, il manifestait par trop un comportement conforme à sa nature : il marquait son territoire ! L’amour de sa maîtresse Patricia a des limites. Aussi était-il, sans son consentement, confié au docteur vétérinaire Dugauquier, à Muizon, afin de subir l’opération fatale… La suite ?

Alors que Claude Lacombe s’apprêtait à reprendre « Caïd » chez le véto, l’ingrat « Caïd » a pris la poudre d’escampette. La faute à qui ? Au vétérinaire !

Et comme il se doit, la famille Lacombe entend tout mettre en œuvre pour qu’un tel drame ne se reproduise pas… attaquant le vétérinaire pour « préjudice affectif » évalué à 10 000 euros, évaluation formulée avec l’aide d’un psychologue aux dires de l’avocat de la famille Lacombe.

« Caïd » était à en croire la famille Lacombe un chat formidable. Nous voulons bien la croire. « Caïd » n’a-t-il pas pris conscience de la qualité de l’amour qui lui était dispensé chez les Lacombe ? Ils l’ont fait castrer pour leur confort !

Gageons que nous serons nombreux à soutenir « Caïd », si d’aventure il réapparaît. Nous espérons être rejoints par une cohorte de juristes et de « psy » pour aider « Caïd » quand il porterait plainte contre les Lacombe pour la terrible atteinte qu’il a subit…

Nous sommes sur une mauvaise pente…

Entre Patricia Lacombe et les chats, il s’agit d’une véritable histoire d’amour ! Qu’ils soient Siamois, Orientaux, Européens ou simplement de gouttière, les félidés ont toujours trouvé auprès de cette mère de famille de Gueux une gamelle pleine et des tonnes d’amour. En mai 2007, Claude offre à son épouse un magnifique « Maine Coon ». C’est le coup de foudre ! Tigré, le chaton à peine sevré, conquiert la famille Lacombe. « Ce chat est un spectacle permanent à lui tout seul », confie sa maîtresse. « Il n’était pas rare de le voir glisser une patte dans l’eau destinée à laver la salade. Par exemple… »

« Chaton » devient alors « Caïd ».

Après mûre réflexion, Patricia Lacombe décide de faire stériliser le matou. « Il commençait à marquer son territoire ». Âgé de 2 ans, « Caïd » n’a pas encore atteint sa maturité. « Le Maine Coon n’est adulte qu’à 4 ans ». L’opération est programmée le 25 août à la clinique vétérinaire du docteur Dugauquier à Muizon. « Elle connaît bien notre chat pour s’en être occupée dès sa naissance ». Des trémolos dans la voix, la Gueuxienne évoque toujours cette journée avec beaucoup d’émotion. « On a déposé Caïd le matin. La vétérinaire nous a demandé de venir le rechercher vers 17 heures, munis d’une cage ». C’est à Claude, l’époux de Patricia qu’incombe cette tâche.

« Il est arrivé vers 19 heures, a vu le médecin se diriger vers une cabane de jardin avec la cage. Mon mari a juste eu le temps d’apercevoir notre chat, complètement apeuré, prendre la fuite ».
C’est le branle-bas de combat ! « Claude m’a appelé vers 19 heures pour me prévenir. Tous les deux, on a commencé nos recherches sur Muizon ». Pour Patricia, clairement, il y a eu négligence du côté de la vétérinaire. Les jours s’égrainent sans nouvelle de Caïd. Le couple lance un avis de recherche. « On a placardé des affiches chez les commerçants, lancé un appel via Internet ». Rien. « Plusieurs semaines durant, je suis retournée sur place pour tenter de retrouver Caïd ». Patricia laisse son véhicule sur place, le coffre ouvert histoire d’attirer le félin « qui adorait trouver refuge dans la voiture ».

L’espoir s’amenuise

Patricia Lacombe tente de positiver : « Quand j’ai le moral, je me dis que Caïd a été trouvé et adopté par une gentille famille ». L’espoir s’amenuise pourtant. « Aujourd’hui, je crois qu’il est mort. » Il y a quelques jours pourtant, les Lacombe reprennent espoir. « On nous a signalé sa présence dans la zone artisanale de Muizon ». Caïd reste pourtant introuvable. Finalement, partagée entre la colère et le désespoir, la famille Lacombe décide de saisir la justice. Me Ludot, attaque la vétérinaire pour « préjudice affectif ». Patricia Lacombe assure : « Caïd était vraiment un chat particulier pour notre famille. Ce n’est sûrement pas l’argent qui motive cette procédure. Ce qui nous est arrivé, ne doit plus jamais se passer ».

Réponse le 23 mars au tribunal de Reims.

JUSTICE - Pour « préjudice affectif », et pour que ce genre de drame « ne se reproduise pas »...

Un Caïd se fait la malle, et la justice est saisie. A priori, l’affaire, qu’examinera mardi après-midi le tribunal de Reims est classique. Sauf que le Caïd en question n’est autre qu’un chat. « Un Maine-Coon gris et blanc de deux ans. Il aimait beaucoup jouer avec l’eau et m’attendait tous les soirs devant la porte », raconte Claude, son maître encore sous le coup de l’émotion.
Le 25 juillet 2009, Caïd s’est échappé du jardin de sa vétérinaire après une opération classique. « Elle faisait des travaux dans son cabinet, raconte Claude. Elle a donc enfermé Caïd dans un abri de jardin. Mais le soir, elle a laissé tomber la cage et il s’est échappé. » Pendant des heures, le maître et la vétérinaire tenteront de le faire sortir des broussailles où le félin se terre.

« Le pire, c’est que l’on reste dans l’ignorance »

Sans succès, « il était trop énervé ». Pendant des mois, Claude et sa femme inspectent les alentours de la petite ville de Champagne, posent des affiches sur les réverbères. « Un jour, quelqu’un nous a appelé. Il l’avait vu dans une zone industrielle. On est partis sur le champ. Mais on ne l’a jamais retrouvé ».
Ce n’est qu’au mois de décembre que les maîtres se résignent à saisir la justice « On a toujours beaucoup de peine. Caïd était très attachant. Mais le pire, c’est que l’on reste dans l’ignorance. On ne sait pas s’il est mort ou pas. » C’est pour cela qu’ils réclament 10.000 euros de dommages et intérêts en réparation du « préjudice affectif » causé par la perte de leur animal.

Plus jamais ça

« C’est la première fois en France qu’une vétérinaire est attaquée pour une faute comportementale, nous explique Claude. Il y a des domaines du droit qui restent à explorer... » Pourtant, celui-là ne date pas d’hier. Mais de 1804. Il s’agit de l’article 1385 du Code Civil qui explique que « le propriétaire d’un animal, ou celui qui s’en sert, pendant qu’il est à son usage, est responsable du dommage que l’animal a causé, soit que l’animal fût sous sa garde, soit qu’il fût égaré ou échappé ».

« On a évalué le préjudice par rapport à la douleur de mes clients, explique Emmanuel Ludot. Je dispose d’attestations de leur psychologue très claires à ce sujet. » Interrogé par 20minutes.fr, Claude explique que c’est pour « le principe » qu’il en est arrivé là et pour que ce genre d’aventure « ne se reproduise pas ». Jean Roger, avocat de la vétérinaire, nous a confié que sa cliente ne souhaitait pas s’exprimer avant l’audience. « Mais les plaignants oublient un peu vite tout ce qu’elle a fait pour leur chat avant que ce drame ne se produise... »

Ça ne lui rendra pas son Caïd, mais ça adoucirait sa peine. Claude, qu’une vétérinaire a privé de son chat en le laissant s’échapper de son cabinet, devra encore attendre jusqu’au 8 juin pour savoir s’il touchera les 10.000 euros qu’il réclame au motif de « préjudice affectif ».

« L’affaire a été renvoyée une ultime fois », a déclaré à 20minutes.fr Emmanuel Ludot, l’avocat de Claude. Le tribunal de Reims a en effet laissé du temps à « la compagnie d’assurances de la vétérinaire », qui n’était pas prête, selon le conseil.

Depuis le couple est effondré par la perte de Caïd. "Pendant des semaines, vous êtes persuadé que le chat va rentrer à la maison(...) Je voyais mon Caïd pointé sa tête à la porte" raconte Patricia sur RTL. En cause, selon le couple, une faute du vétérinaire : "Pour moi c’est une négligence lourde", explique Patricia. Ils ont donc décidé d’assigner la vétérinaire devant le tribunal pour "préjudice affectif", raconte RTL.
Lire l’intégralité : http://www.lepost.fr/article/2010/02/24/1957737_le-veterinaire-perd-leur-chat-ils-portent-plainte-pour-prejudice-moral.html

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