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Marie-Antoinette Reine de France et de Navarre.

Jeudi 8 juin 2006, par Paul Vaurs // L’Histoire

Si vous persistez dans votre cruauté, si vous immolez la Reine , vos succès mêmes périront au milieu de vous. Républicains, ne vous y trompez pas ; c’est peut-être la destruction de la Royauté qui irrite contre vous la plupart des gouvernements de l’Europe, mais ce qui soulève les nations, c’est la barbarie de vos décisions. Là où il existait un Trône, vous avez élevé un échafaud !

Marie-Antoinette n’a que 14 ans lorsqu’elle quitte l’Autriche et sa famille. C’est presque une enfant, une enfant insouciante, sensible, curieuse, qui aime plaire et qui est déjà sûre de son charme. Elle a reçu une bonne éducation morale et religieuse, mais ses études ont été négligées. Lecture l’ennuie et elle aime s’amuser ? Elle parle cependant l’allemand le français et l’italien.

Sa mère l’Impératrice Marie-Thérèse, ne l’a pas laissée partir sans une certaine appréhension. Elle ne l’avait pas prévenue de ce qui l’attendait à la cour de France, fort différente de celle de Vienne, mais elle avait l’intention de la guider par l’intermédiaire de son ambassadeur à Versailles.

Marie-Antoinette partit, ravie d’épouser le dauphin dont elle ne savait rien ; elle savait seulement que cette union scellait le chef-d’œuvre diplomatique de sa mère : l’alliance de la France et de l’Autriche dont elle était le gage.

L’avènement d’un Roi de vingt ans, auprès d’une jeune reine qui n’en a pas 19, apparaît comme la promesse d’un nouvel âge d’or. On croit au règne de la vertu exaltée par les philosophes. Mais l’héritage est lord. Et Louis XVI, souverain intelligent et cultivé, dépourvu d’expérience, au demeurant pétri des meilleures intentions, n’est pas un novateur. Il tient à conserver intact l’héritage de ses pères et se contentera de réformes de conjoncture. Les plans de Turgot, de Necker et de Calonne ne pourront pas se réaliser.

Marie-Antoinette n’a pas trouvé en Louis XVI un mari dont elle puisse être fière. Son manque de prestance, sa rudesse, son goût pour les travaux mécaniques et sa maladresse sexuelle l’humilient et l’exaspèrent. D’autre part, l’ambassadeur d’Autriche la persuade insidieusement qu’elle lui est supérieure. Et si sa mère lui conseille de se comporter en épouse tendre et soumise, de ne pas faire lit à part, de « redoubler de caresses », c’est à des fins politiques. Elle n’éprouve qu’une amitié condescendante à l’égard de « ce pauvre homme »,. L’empereur Joseph II, qui les confessera tous deux en s’improvisant conseiller conjugal, écrira à son frère Léopold qu’elle ne « sent rien pour le Roi ».

Cependant, avec les épreuves, elle se rapproche de Louis XVI et finira par éprouver un véritable attachement pour le Roi. Marie-Antoinette a sans doute été attiré par les homes les plus séduisants de la Cour, en particulier par le duc de Lauzun, célèbre pour ses conquêtes féminines. Elle préférait leur compagnie à celle de son mari et leur présence autour d’elle faisait beaucoup jaser. Lorsqu’elle mit au monde son premier enfant, après hit ans de mariage, les mauvaises langues doutèrent de sa légitimité. On laissa courir les mêmes calomnies lors de la naissance de ses trois autres enfants. La Souveraine eut la maladresse, dès le début du règne, de se cantonner dans une petite société d’amis, hommes et femmes, choisis selon son goût et qui n’avaient pas forcément été recrutés parmi les familles les plus anciennes du Royaume.

Beaucoup s’en trouvèrent offensés. Et c’est de la Cour, où elle était observée en permanence que partirent les premiers pamphlets dirigés contre elle. Quelques mois après l’avènement de Louis XVI, elle passait déjà pour une Reine légère et un peu dépensière. Elle dépensait pour les aménagements de ses appartements et pour son trianon. La Reine introduisit le pharaon avec des banquiers venus de l’extérieur. Comme tout joueur elle dépensa et gagna beaucoup d’argent. Rien n’était exagéré par rapport aux dépenses des joueurs de notre époque.

Le Comte suédois Alex de Fersen tient une place particulière dans la vie de la Reine de France. C’est le seul homme qu’elle ait jamais aimé et qui l’aima. Leur histoire est longue, compliquée et bouleversante. Ils se sont rencontrés au bal de l’Opéra peu avant le décès de Louis XV. Et c’est lui qui organisa le départ qui devait s’achever tristement à Varennes en juin 1991. Les historiens se sont, demandés anxieusement, qu’elle avait été au juste la nature de leur liaison. Cette histoire a fait couler beaucoup trop d’encre, mais il faut bien avouer que les adversaires de la Souveraine, ont tout fait pour la nuire. Sous la Restauration, la Reine martyre fut largement conquise pour son courage exemplaire face aux barbaries des révolutionnaires. Un arrière petit neveu de Fersen publia des lettres de la Reine à Fersen qui prouvaient que la liaison a été uniquement platonique.

Dès son arrivée en France, Marie-Antoinette a été surnommée « l’Autrichienne », la France du XVIII° siècle était déjà raciste. L’épouse de Louis XVI était manipulée par sa famille, par ses parents, notamment par son frère et l’ambassadeur d’Autriche. On lui reprochait ses entretiens avec lui, et surtout ses sollicitations auprès du ministre des affaires étrangère afin de défendre les intérêts de Vienne au détriment de ceux de la France. On lui reprochait de se comporter plus en Duchesse d’Autriche qu’en Reine de France. Une fois assassinée, ses détracteurs eurent conscience que toutes ces critiques étaient sans fondement, mais, le mal était fait.

Dans une opinion mal informée, le Souveraine passa pour coupable et le scandale contribua à dégrader l’image royale, en accréditant dans l’imaginaire populaire l’idée d’une reine abandonnée à toutes les turpitudes. Cela donnait ainsi une réalité aux nombreux pamphlets publiés depuis une dizaine d’années. Cette incroyable cruauté projetait sous les feux de l’actualité une aristocratie déliquescente et trop souvent corrompe, isolée du monde extérieur, prête à n’importe quelle extravagance pour échapper à l’ennuie.

La reine apparaissait comme un bouc émissaire à abattre. Par les mesures

qu’il avait prises en laissant le Parlement juger le cardinal de Rohan, le Roi avait permis au Parlement de mesurer sa force. Et en acquittant le cardinal, le Parlement condamnait implicitement la Souveraine. Cela pouvait laisser présager que le Roi lui-même pourrait un jour être mis en jugement.

En revendiquant le droit de mener sa vie privée à sa guise, à l’abri des regards de la Cour et du public, la reine se fit un tort considérable. On murmura qu’elle se mattait à l’abri de cette surveillance permanente pour cacher des soi-disant scandales Cependant, en secouant les pesanteurs du cérémonial qui avait déjà beaucoup pesé à Louis XV, on peut dire qu’elle préfigure les Princesses modernes, soucieuse de mener une vie qui ne soit pas une vie de perpétuelle représentation.

Les affaires de l’État ennuyaient la Reine. Elles ne l’intéressaient que si elles mettaient en jeu les intérêts de ses amis ou de ses ennemies. Elle s’adonnait à l’action politique comme à un jeu dans lequel les émotions de l’amour-propre se substituaient à une réelle volonté de puissance. Elle a soutenu ou combattu des ministres en exercice par le biais de cabales de cour, en fonction de ses sympathies ou de ses antipathies, sans véritable dessein cohérent. C’est ainsi qu’elle a pu se joindre à la cabale hostile à Turgot, mais elle n’est pas responsable de son renvoi, bien qu’elle l’ait souhaité. Cependant à partir de 1787, bien malgré elle, elle commence à jouer un véritable rôle politique auprès de Louis XVI, qui se trouvait privé de ses principaux conseillers. Elle le pousse au renvoi de Calonne et à la nomination de Loménie de Brienne, mais c’est, elle aussi, qui lui demande de rappeler Necker en 1788. Sans culture politique, ignorant toutes des réalités du Royaume, elle réagit par instinct et refuse avec horreur tout ce qui pourrait amoindrir le pouvoir royal, qu’elle considère comme immuable et naturellement absolu. Elle essaiera de le conserver, en dépit de tout. Pendant la révolte, on peut dire qu’elle est la principale conseillère du Roi.

Le procès de la Reine de France, véritable machination des révolutionnaires, véritable iniquité juridique. Les révolutionnaires l’ont condamné sans aucune preuve. Ce fut un procès dont tout le monde connaissait le sort avant même le début de cette atroce mascarade. Sa condamnation à la peine de mort sans preuve, a servi sa mémoire par la monstruosité de l’accusation d’inceste. La Reine de France hurla en disant :: » j’en appelle à toutes les mères qui sont ici » lui a valu, selon l’assassin un nommé Robespierre, son grand triomphe. Les redoutables « tricoteuses », elles-mêmes, ont été indignées par ce simulacre de procès.

La Reine de Francd n’a jamais suscité l’Indifférence. Dès son assassina, elle est devenue un mythe. Les républicains porteront à jamais le sang de Marie-Antoinette. Les biographes, répétitifs et attendries « devant tant de barbarie républicaine » ont été publiés jusqu’à nos jours.

La tragédie de cette Souveraine a beaucoup compté dans les vocations des historiens. Partant de cette destinée pathétique, ils ont découvert très tôt, un siècle d’une richesse incroyable, qu’ils se plaisent à visiter depuis des décennies.

Si vous persistez dans votre cruauté, si vous immolez la Reine , vos succès mêmes périront au milieu de vous. Républicains, ne vous y trompez pas ; c’est peut-être la destruction de la Royauté qui irrite contre vous la plupart des gouvernements de l’Europe, mais ce qui soulève les nations, c’est la barbarie de vos décisions. Là où il existait un Trône, vous avez élevé un échafaud !

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