Cher(e)s ami(e)s internautes.

Merci pour votre fidélité ; les écrits quotidiens seront absents tout le mois de septembre. Vous pouvez cependant parcourir tous les dossiers créés depuis plus de 10 ans et qui figurent sur le site.

Dés le mois d’octobre il vous sera proposé un mensuel auquel vous pourrez participer en me faisant parvenir votre perception des affaires politiques, familiales, sportives ou autres.

Rien ne sera censuré, hormis des articles injurieux et calomnieux.

Je suis attaché aux valeurs chrétiennes, aux valeurs dites républicaines et à une monarchie parlementaire.

Vous pouvez nous contacter en cliquant sur ce lien >>

MAURITANIE.

Lundi 7 septembre 2009, par Paul Tedga. // L’Afrique

Avec 52,58% des voix obtenues dès le premier tour, le général Mohamed Ould Abdel Aziz a remporté l’élection présidentielle du 18 juillet 2009 en Mauritanie. Cette victoire de l’auteur du coup d’état du 6 août 2008, va sans doute permettre à la Mauritanie de renouer avec la communauté internationale. Mais elle embarrasse au plus haut point car au sein des instances internationales comme l’Union Africaine et l’Union Européenne, on œuvrait certes pour une élection, réellement libre, transparente et démocratique, afin de permettre à la Mauritanie de se doter d’un chef d’état le plus incontesté possible qui disposerait de toute la légitimité nécessaire pour relancer la coopération avec les bailleurs de fonds.

Mais on ne pensait pas que ce chef d’État élu de façon incontestée serait le général Aziz. « En faisant pression sur ce dernier pour qu’il démissionne de l’armée et abandonne sa fonction de chef d’État, avant de pouvoir se présenter à la présidentielle », certains n’acceptaient pas le résultat des urnes. L’objectif recherché était de lui couper les moyens de l’État dont il devait faire usage pour faire campagne. La volonté affichée par les organisateurs du scrutin sous la supervision internationale, était, donc, une participation des candidats à l’élection sans qu’aucun d’entre eux ne dispose d’une longueur d’avance sur les autres. En réalité, les partenaires internationaux de la Mauritanie caressaient secrètement l’espoir de voir ce général trébucher pendant ce scrutin.

Voilà que c’est le contraire qui s’est produit. Malgré les contestations d’usage d’après élection, Mohamed Abdel Aziz a vu sa victoire validée par la Cour constitutionnelle tandis que l’Assemblée nationale majoritairement composée de ses partisans, a clairement appelé à valider son élection. Du coup, les bailleurs de fonds et partenaires au développement de la Mauritanie qui le boudaient parce qu’il était putschiste, vont désormais lui dérouler le tapis rouge, maintenant qu’il a été élu démocratiquement. Autrement dit, ceux qui ne voulaient pas le saluer hier, vont être obligés de lui faire la révérence. La pilule sera dure à avaler pour certains. Je reconnais, aussi, en toute modestie que votre bimensuel lui avait rendu la vie dure, en tant que putschiste. Nous avons soutenu tant que nous l’avions pu, le président évincé Sidi Ould Cheik Abdallahi.

Nous aurions préféré un autre à sa place, un Ahmed Ould Daddah, par exemple, qui est une grande figure de l’opposition nationale ou un Mohamed Ould Vali qui a gravé son nom dans l’histoire de la Mauritanie en réussissant une transition et une élection présidentielle à laquelle il avait refusé de prendre part en 2007, préférant laisser le pouvoir à un civil. Non, ce ne sera ni l’un ni l’autre, mais celui qui, dans un premier temps, avait préféré venir par les armes avant de légitimer son pouvoir dans les urnes. Cette stratégie, elle aussi, peut donner des idées à d’autres putschistes tapis dans l’ombre dans d’autres pays. Pourtant, les Mauritaniens recon- naissent qu’en très peu de temps, Aziz, illégitime, c’est vrai, a su mouiller sa chemise en résolvant les problèmes de ses compatriotes sans prononcer de grosses phrases ni de grands discours.

 Il a une gestion pragmatique des affaires de l’état. Afrique Education lui souhaite bonne chance.

Après un temps de réflexion qui a duré plusieurs longs jours, le nouveau chef d’État démocratiquement élu commence à crouler sous les télégrammes de félicitation de ses homologues. Nicolas Sarkozy, le président français et son homologue égyptien Hosni Moubarak, comptent parmi les chefs d’États les plus importants à lui avoir adressé, les premiers, un message de félicitation. Si l’Américain Barack Obama se donne encore les limites qu’il n’arrive pas à dépasser, son chef de mission diplomatique accrédité à Nouakchott, l’ambassadeur Marc Boulwar, a été reçu par le nouveau président, preuve que la hache de guerre des Américains (qui lui avaient rendu la vie dure) est désormais enterrée.

Reste maintenant que le nouveau président, devenu le président de tous les Mauritaniens, sache se comporter en véritable père de la nation. Saura-t-il rassembler tous ses compatriotes au-delà de la couleur de la peau, de la religion et des tabous dont les Mauritaniens ont du mal à se débarrasser ? Car les énormes défis qui s’annoncent demandent que le pays soit solidement uni derrière son président.

Répondre à cet article