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Louis XVI le Roi bienfaisant, le Roi martyr.

Vendredi 17 juillet 2009 // L’Histoire

Louis XVI le Roi bienfaisant, le Roi martyr.

Les Amériques il libéra, les Droits de l’homme il signa, le droit des cultes il autorisa. Ce Fils de France versa son sang dans les ténèbres d’un 21 Janvier. Depuis cette date fatale, la France est orpheline de son Roi.

Au cours de cette vie de Louis XVI, nous avons porté la plus grande attention à l’homme, à ses pensées, aux affections de son cœur et aux aspirations de son âme. Mais nous étions alors dans le temps de son existence, et la confusion des événements le dissimulait parfois à nos yeux. Arrivé au terme, et l’ayant vu mourir, il nous est possible de mieux le voir et de mieux le comprendre. La mort ne supprime pas le mystère, mais après son passage le voile est plus transparent.

Les contemporains de Louis XVI et à leur suite les historiens l’ont souvent jugé. Les jugements des uns et des autres sont souvent inexacts, mais l’accusation la plus fausse de toutes est celle d’indolence. L’histoire de ce règne nous fait voir en effet un homme sinon d’action, du moins désireux d’agir. Il arrive avec un programme de gouvernement. La volonté de réaliser ce programme ne le quittera jamais. Jusqu’à la fin il veut être le roi bienfaisant et le prouver par ses actes.

Nous le voyons pendant toute la durée de son gouvernement de roi absolu s’efforcer continuellement d’agir pour le bien de ses sujets. Nous le voyons tenter d’améliorer la vieille monarchie, combattre pour moins d’inégalité devant l’impôt, et pour donner aux administrés qui n’en avaient pas une représentation provinciale. Nous le voyons enfin conduire une politique extérieure ambitieuse, et prendre sur l’Angleterre la revanche de la guerre de Sept ans, tout en faisant triompher la cause de la liberté américaine. La Révolution venue, il ne s’efface pas devant elle. Autant qu’il le peut, il essaie de la contrôler, de la freiner. La diminution de son autorité par les assemblées successives ne le laisse pas sans réaction. Il réclame, il admoneste, et même quitte clandestinement sa capitale en signe de protestation. Enfin, en 1792, à deux reprises il oppose son veto à certaines décisions de l’Assemblée. Tout cela n’est pas d’un homme indolent.

Seulement ce prince résolu et appliqué ne l’est que par devoir. Le métier de roi lui pèse et lui est difficile. La politique est étrangère à son esprit. Ne connaissant pas les hommes, il ne sait ni récompenser, ni punir, ni commander, ni prévoir. Il prend certaines décisions irréfléchies dont il ne sait pas mesurer les conséquences. Ce sont d’abord les étranges, les inexplicables erreurs du début du règne. Ce sont ensuite le renvoi de Necker et le recours à une Assemblée de notables fermement résolus à défendre leurs privilèges. C’est enfin et surtout la convocation des États Généraux à un moment où l’on sait déjà que ces États ne seront pas des États ordinaires, et qu’ils usurperont la fonction royale. Il sait les réformes nécessaires, mais ne sait pas les réaliser. Il est perdu dès qu’il entre dans l’exécution, ne sachant pas proportionner ses ambitions à ses moyens. Il entreprend de grandes réformes, il tente même en juin et juillet 1789 une contre-révolution. Mais tout échoue. Il voit trop grand, s’aperçoit trop tard de l’infirmité des moyens, et abandonne en cours de route. Ce défaut de clairvoyance a pesé lourd. Il a conduit le régime à sa perte, et mené le roi lui-même à l’échafaud.

Pourquoi voit-il si mal.? Pourquoi tant de maladresses.? Les origines de son impéritie se trouvent dans la structure de son intelligence, dans la nature de son caractère et dans l’éducation qui lui a été donnée. Son intelligence est impuissante à dominer plusieurs objets à la fois. Son caractère le porte à trop consulter. Sa formation politique a été aberrante. Il n’a reçu aucune instruction pratique. Personne n’est jamais venu lui dire que si le bonheur des peuples était une des fins de l’art de gouverner, la politique elle-même ne consistait pas dans la bienfaisance. Et comme la leçon des faits ne l’a pas éclairé, il a cru jusqu’à son dernier jour que le bon roi était un roi bon.

Le dossier est donc lourd. Pourtant, Louis XVI n’est pas l’auteur principal, il n’est pas le premier responsable de son propre malheur, de l’effondrement de l’Ancien Régime et du triomphe du mouvement révolutionnaire. Les causes essentielles de ces événements ne se trouvent pas chez lui, dans ses défauts et ses insuffisances. Il faut les chercher dans la décadence du régime, dans la crise de la société et dans la nature et la force des idéologies philosophiques et révolutionnaires. C’est cela qui a perdu la monarchie. Louis XVI n’a pas perdu la monarchie. Il a seulement contribué à sa perte. Peut-être l’a-t-il hâtée. Il n’a pas amené la Révolution. Il l’a seulement aidée à venir.

Et c’est cela aussi qui explique, mieux que ses défauts et ses maladresses, les déconvenues du roi et ses échecs successifs.

En effet, ses réformes ne pouvaient aboutir parce que le régime était devenu irréformable. Ses mesures de bienfaisance et de tolérance ne pouvaient guérir la société parce que la société était inguérissable. Enfin ses tentatives pour maîtriser le mouvement révolutionnaire étaient vouées à l’échec parce que ce mouvement était insurmontable.

Mais la force, dit-on, s’il avait usé de la force.? S’il avait fait marcher la troupe et tirer sur le peuple, n’aurait-il pas triomphé de l’adversité ? On s’est beaucoup impatienté de sa bonté. On lui a beaucoup reproché de n’avoir pas fait couler le sang.

Un tel reproche est surprenant, mais surtout il n’a pas de raison d’être. Le roi en fait ne pouvait pas user de la force parce qu’il n’en disposait pas. Déjà en 1788 et 1789, il n’avait plus d’armée. La propagande révolutionnaire avait si bien retourné les troupes qu’il ne pouvait plus compter sur elles. S’il ne donne pas l’ordre de tirer, ce n’est pas seulement par bonté, c’est parce qu’un tel ordre est devenu impensable. Le mouvement révolutionnaire ne s’est pas contenté d’attaquer le roi, mais il l’a privé de sa défense.

Louis XVI ne livre pas n’importe quel combat. Il affronte des puissances extrêmement subversives de l’ordre établi, et dont il n’y avait eu jusqu’alors aucun exemple connu. Ce sont les puissances des idéologies, celle de la philosophie des Lumières, de la doctrine nationale, du patriotisme révolutionnaire. Extrêmement subversives, disons-nous, parce que de nature utopique. Et l’on sait que l’utopie détruit ce qui est pour affirmer ce qui n’est pas, lui donnant l’apparence de l’être’. Il n’est donc rien de plus subversif. Et l’humanité jusqu’à ce jour n’avait jamais connu semblable entreprise. Elle avait connu des utopies, celles de Thomas More et de Denis Veiras par exemple, mais ces utopies-là étaient restées enfermées dans des boîtes, et leurs germes n’avaient pas été éparpillés dans le monde. Au XVIIIe siècle, l’utopie sort de la boîte, elle se répand, elle s’infiltre dans toutes les têtes. La pure spéculation ne la contente plus. Elle passe à l’acte. Elle se fait opinion publique. Ensuite elle ambitionne le pouvoir politique, le mine dans ses fondements et finalement le conquiert ou plutôt se met à sa place.

À ces fins de conquête, elle se sert des moyens qui lui ressemblent, soit le déguisement de la vérité, la manipulation et l’assassinat. Qui lui ressemblent et qu’il est très difficile de combattre. Louis XVI est l’homme qui doit se mesurer avec ces puissances redoutables et dont on connaît encore bien mal la force de subversion. Comme un médecin devant combattre un virus et ne sachant ni sa nature ni son remède. Bien des chefs d’État après lui ont dû affronter les idéologies révolutionnaires, mais lui a été le premier. Son destin est unique.

Sa position a été très difficile dès le début de son règne, parce que les idéologies ont toujours formé des pouvoirs concurrents du sien. Elle est rapidement devenue intenable parce qu’il a été choisi comme cible principale. Les mouvements d’opposition animés par les idéologies subversives n’ont pas vu en lui un simple élément de l’ordre établi, un élément parmi d’autres, mais l’ont considéré comme la tête, comme le chef dont tout le dispositif à détruire dépendait. C’est la raison pour laquelle ils se sont continuellement acharnés contre lui. Il peut bien se déclarer l’ami du peuple, l’ami de la nation et même l’ami de la Révolution, cela ne lui sert à rien, cela ne le sauve pas. Et quand bien même il serait cet ami, cela ne le sauverait pas non plus. Car il est le gardien de la cité. Il est le premier objectif à détruire, et le plus important. Le combat contre le roi n’est donc pas un épisode parmi d’autres C’est l’action principale avec la lutte contre le sacerdoce catholique.

Les procédés utilisés sont ceux de l’abaissement par étapes et de la réduction progressive. On lui a peu à peu tout enlevé, pour finir en lui ôtant la vie. On ne pouvait pas faire autrement avec lui. S’il avait été un homme cruel, corrompu, haï, la tâche eût été plus facile. On aurait pu s’en débarrasser rapidement. S’il avait pris les armes et provoqué la guerre civile, on aurait pu l’accuser tout de suite d’un complot contre la sécurité de l’État. Mais il est resté toujours un homme vertueux et bon. Il a toujours été animé d’une sainte horreur de la guerre civile. Ses ennemis ont donc été obligés de le réduire peu à peu afin de pouvoir l’éliminer. Avant de lui couper la tête, ils ont travaillé à faire de lui un inexistant. Ils ont pu dire alors qu’ils ne commettaient pas de meurtre. On ne tue pas un homme qui n’existe pas.

Louis XVI a donc été continuellement et pendant une grande partie de son règne abreuvé d’épreuves et d’humiliations. Il a souffert aussi de n’être pas aimé comme il aurait voulu l’être. Il se posait sans cesse à lui-même cette lancinante question : « Pourquoi mon peuple me persécute-t-il, puisque je ne veux que son bien ? » Il a souffert enfin pour ses sujets dont il craignait qu’ils n’eussent à pâtir du despotisme nouveau et du patriotisme sanguinaire. Il a souffert profondément et longtemps.

L’histoire connaît peu de destinées aussi cruelles. Mais l’homme qui portait celle-ci a réussi à l’assumer malgré ses souffrances et à lui donner un sens. Pas tout de suite. Il lui a fallu d’abord s’habituer à l’adversité, vivre avec elle. Cela ne s’est pas fait en peu de temps. Au début le roi est accablé, écrasé. En 1785, l’année de l’Affaire du Collier, il commence une dépression qui va durer plusieurs années. C’est seulement au cours de l’année 1790 qu’il parvient à réagir et à dominer son infortune.

Il la domine grâce à sa lucidité. Ses propos des dernières années montrent qu’il avait compris la nature des idéologies subversives. Déjà d’ailleurs en 1789, il n’était pas dupe des « machinistes » de la révolution. Enfin il semble avoir eu le pressentiment des guerres totales et des hécatombes engendrées par le patriotisme révolutionnaire. Une telle clairvoyance le sépare du commun des hommes de son temps. Il domine aussi son malheur par son sacrifice. L’idéal du roi se sacrifiant pour ses peuples lui avait été inculqué dès l’enfance. Il se présente à nouveau à son esprit pendant l’été 1791. Il le fait sien, d’autant mieux qu’il vient de se convertir à une vie chrétienne plus profonde. Désormais le mot sacrifice va revenir souvent dans ses écrits et dans ses propos.

Ce sacrifice, il l’accomplit dans cette montée au Calvaire que sont pour lui les journées du 20 juin et du 10 août, le séjour du Temple et les sombres derniers instants de sa vie. Mme de Staël parle de son « étonnante résolution de souffrir et de mourir », mais si l’on connaît son esprit de sacrifice, on ne s’en étonne pas.

En offrant sa vie en sacrifice à l’exemple de son Rédempteur, il réalise parfaitement la vocation royale exprimée par son sacre, et surtout dans le rituel de l’intronisation. En effet selon ce rite, après avoir été oint de l’huile de la sainte ampoule, il avait été conduit sur un trône élevé d’où il pouvait être vu de tous. On signifiait ainsi que le roi ne s’appartenait plus. Cependant le sens de cette cérémonie majestueuse demeurait en partie caché. Certes, le dévouement de la dynastie capétienne au service du royaume en avait éclairé d’une certaine manière la signification véritable. On savait que le rite du roi exposé signifiait l’abnégation. Mais on ignorait qu’il signifiait aussi le sacrifice total et jusqu’au sacrifice de la vie. C’est le mérite de Louis XVI de l’avoir révélé et d’avoir ainsi réalisé pleinement le destin de la troisième race des rois de France.

Jean de Bourbon d’Orléans. Petit fils de Saint Louis, de Jure Roi de France.

Aujourd’hui à l’aube du troisième millénaire la dynastie Capétienne est au rendez-vous de l’histoire. Le descendant d’Hugues Capet ce Roi qui fonda la Dynastie en 987, sera au rendez-vous de l’Histoire.

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