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Lignes de défense.

Mercredi 19 mars 2008, par Bertrand RENOUVIN // La France

En toute rigueur, Anicet Le Pors me pousse dans mes retranchements. Les siens ne sont pas éloignés si bien que nous pouvons débattre dans l’amitié et pour un commun profit.

La métaphore militaire signifie que nous sommes tous deux sur la défensive, face aux ultra-libéraux. Cette position est inconfortable, stratégiquement nous préférerions être en mesure de concrétiser les réformes et les révolutions auxquelles nous sommes en train de réfléchir. De plus, nous sommes tous deux exposés à de lourdes ambiguïtés. Avec un minimum de mauvaise foi, nos adversaires peuvent se moquer des nostalgiques de la monarchie, du gaullisme, et du communisme qui rêvent et se disputent dans une feuille de chou au titre ringard. L’État La nation, jacobine ou non L’Europe de l’Atlantique à l’Oural Comme tout cela paraît dépassé au regard du Sarkozysme parfaitement décomplexé et des graves propos des hiérarques socialistes sur la mondialisation...

Il est donc utile de préciser que notre manière de nous défendre n’est pas sans profondeur ni discernement. J’aurais dû souligner qu’Anicet Le Pors reconnaît le rôle joué par l’ancienne monarchie dans la construction de l’Etat national et laïque et qu’il assume cette part de notre histoire. Comme j’assume tout l’héritage positif de la Révolution française, la Déclaration de 1789, l’idée moderne de la nation, et des régimes monarchiques et républicains qui lui ont succédé ; Le parlementarisme, l’administration publique, les principes de 1946, je nous vois installés sur de solides fondations historiques et partageant une commune hostilité aux Bonaparte et à leurs caricatures.

Quant â notre polémique sur la V° République, je voudrais dissiper plusieurs ambiguïtés. Avec une pointe d’ironie, Anicet Le Pors me reproche de vénérer l’article 5 et de vouloir conserver en l’état notre Constitution. Tel n’est pas le cas. J’ai rappelé les propositions faites par la Nouvelle Action royaliste en vue de démocratiser nos institutions et je ne déifie pas l’État gaullien. Au contraire En royaliste conséquent, je ne suis ni religieux en politique ni partisan du pouvoir personnel mais simplement soucieux de ce qui est nécessaire au bien public.

Je souligne régulièrement les risques inhérents â l’élection du président de la République au suffrage universel et je pense que l’article 5 ne peut prendre sa force que dans un régime de monarchie royale - dont l’Espagne nous donne un exemple sur lequel Anicet Le Pors a sans doute une opinion. La réalisation d’un tel projet permettrait au Premier ministre de déterminer et de conduire la politique de la nation sans être pris dans la rivalité entre les deux têtes de l’exécutif. En somme, je propose de rehausser la fonction présidentielle en la « chargeant » de toute l’histoire nationale et en lui assignant la tache arbitrale que les présidents élus ne peuvent pas remplir. Dès lors, le Premier ministre serait pleinement établi dans sa mission et pourrait exercer sa pleine responsabilité devant la représentation nationale.

Tel est le projet que nous avons formé, mes camarades et moi. A longue échéance, il constitue une solution novatrice. Mais nous avons aussi, comme tant d’autres citoyens, le souci des tâches immédiates. Nous défendons la fonction présidentielle telle qu’elle est parce qu’elle offre encore et malgré tout, la possibilité à la personne désignée par le suffrage universel d’en tirer le meilleur. De même, avec Anicet Le Pors nous défendons l’administration française, la sécurité sociale, le Code du travail, nos dernières entreprises publiques parce qu’il faut préserver les piliers de la société française que les ultra-libéraux s’efforcent de ruiner. Mais nous voulons l’un et l’autre rénover ce qui sera sauvé. C’est également vrai dans l’ordre institutionnel puisque mon contradicteur et ami, rejette les fumisteries sur une « sixième république »...

Que le débat continue, en tous domaines, entre citoyens de différentes traditions. C’est, pour nous tous, la meilleure façon de préparer l’événement libérateur qui n’a que trop tardé.

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