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HUMOUR

Lettre de motivation

Lundi 30 janvier 2012, par Yves LA MARCK // Divers

Lettre adressée à Mme Fatou Bensouda, procureur général près la Cour Pénale Internationale (CPI), La Haye.

Permettez-moi d’abord de vous féliciter pour votre élection le 12 décembre à l’unanimité à New York par l’Assemblée des 120 États-parties au traité de Rome (1998) portant création de la CPI. J’ignorais que la principauté de Liechtenstein avait sa diplomatie propre et un ambassadeur en mesure de présider une telle conférence internationale. C’est dire la singularité de l’événement. J’eusse préféré que l’on ne se contente pas de choisir un successeur mais que l’on dresse un vrai bilan de ses neuf années de mandat. Mais votre nomination vaut orientation.

La Gambie (capitale Banjul) n’est pas non plus le plus petit État du continent africain s’il a pu produire deux juristes d’aussi haut vol que vous-même et votre aîné Hassan Boubakar Jallow, procureur général près le tribunal pénal international pour le Rwanda à Arusha depuis 1999 jusqu’à ce jour. Il fut ministre de la Justice, comme vous après lui, dans votre pays et vous fîtes vos classes auprès de lui comme substitut à Arusha de 2002 à 2004 avant de rejoindre La Haye. Le fait que la Gambie soit dirigée depuis le coup d’État militaire de 1994 par l’ex-lieutenant Jammeh, autocrate pro-Kadhafi (réélu à 72 % des voix l’autre dimanche), permet à ses meilleurs fils et filles de servir hors de leur pays.

N’est-ce pas d’ailleurs la vocation du TPI que de se substituer aux juridictions nationales quand celles-ci sont incapables d’instruire, en l’occurrence les crimes contre l’humanité, crimes de guerre et de génocide ? La justice gambienne est ce qu’elle est, mais il est certain que vous bénéficiez d’une chance exceptionnelle de vous trouver au cour du dispositif international mis en place pour pallier ces dénis de droit. Votre exemple devrait promouvoir un sursaut d’indépendance et de motivation dans l’exercice des carrières judiciaires dans les pays faibles ou faillis.

En même temps, le TPI â besoin de ces mêmes États pour effectuer ses enquêtes, arrêter les suspects, et exécuter les peines. Le Traité n’a pas organisé de gendarmerie internationale, dotée de pouvoirs d’exécution propres, ni même en collaboration avec les autorités nationales. Le procureur doit donc compter sur sa seule force de persuasion. Les États-parties comptent sur vous, comme substitut du procureur actuel, comme Africaine, voire même comme musulmane, pour convaincre les récalcitrants du genre du président du Soudan Al-Béchir de se soumettre à cette justice. N’est-ce pas trop présomptueux ? Noire vous n’êtes pas au service d’une justice blanche, musulmane au service d’un droit judéo-chrétien, mais de valeurs universelles.

Les commentateurs ont salué votre élection à ta tête de la CPI : c’est dire la place attribuée au procureur dans les média. On ne dira jamais d’une cour de justice qu’elle a à sa tête un procureur ! La Cour est constituée de 18 juges et d’un président. Le procureur soumet des demandes à la Cour qui sont acceptées ou rejetées. Ce lapsus est révélateur du caractère de la CPI dans l’opinion. Le procureur Luis Moreno-Ocampo, argentin, auquel vous succéderez en juin prochain pour un mandat de neuf ans (soit au total pour vous quinze ans dans ce bureau), a beaucoup fait pour créer cette impression. On vous dit humble, discrète, professionnelle (au sens de moins politique). Acceptons-en l’augure.

Je verrai bien à vos côtés comme nouveau substitut un Européen, modeste, intègre, respectueux, dépourvu de complexe de supériorité, un homme sans qualités hors de celles de sa robe de magistrat, grâce à quoi serait enfin renversée l’image du couple inégal noir/blanc récemment caricaturée dans cette même ville de New York. La place devrait revenir à un francophone (quoique vous soyez bilingue). J’irai même jusqu’à vous recommander un Français.

C’est pourquoi j’ai rédigé cette lettre de motivation. Maître Fatou, vous êtes pour moi l’honneur perdu de votre sœur, Safiatou.

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