Les semaines et les nuits de cristal.

Galouseau et Jacques sortent leurs couteaux pour tuer Sarkozy.

Mercredi 26 octobre 2005, par Paul Vaurs // La France

Scène stupéfiante en vérité... L’autre mardi, tandis que la rue grondait d’une colère sociale, Galouseau de Vi1lepin n’a pas hésité, devant les députés UMP ébahis, à accuser Nicolas Sarkozy, assis face à lui, de se comporter en fauteur de guerre civile en préconisant, sous l’appellation de rupture, une véritable « révolution libérale ». Une telle maladresse eût-elle été envisageable il a six mois ? Non, le ministre de l’Intérieur était alors soutenu par un Premier Ministre compétent qui avait assis son autorité sur la base démocratique du suffrage universel. Ce n’est pas le cas de Galouseau, qui est un « parachuté » qui ne doit son pouvoir éphémère qu’à un homme mis en examen, mais qui est intouchable tant qu’il sera au Palais de l’Elysée.

Il faut croire que le Premier ministre est d’une jalousie maladive, car il était furieux que le Ministre d’État ait préféré maintenir l’audience qu’il avait promise à Brigitte Bardot, qu’à un conseil des Ministres sans importance. Notre Ministre de l’Intérieur se préoccupe du sort qui ait fait à nos amis à quatre pattes, mais aussi à des animaux qui risquent de disparaître de notre vielle terre si l’homme continue à tuer les races les plus protégées.

De nombreux chiraquiens ressortent du coup, leur langue de vipère. Ainsi celui-la, issu du premier cercle comme on dit, qui laissait benoîtement tomber la semaine dernière : « Pour Sarkozy le temps se gâte, sa femme le quitte, et sa candidate on Allemagne n’a pas la majorité absolue ». Il est regrettable que des proches de celui qui par sa fonction se doit d’être au-dessus de toutes polémiques, notamment au sein de la majorité se comportent comme des irresponsables. Critiquer le vice Premier Ministre de la France en se mêlant de sa vie privée est indigne de notre Démocratie. Le patron de L’UMP n’est pas responsable de ces aléas qui, en outre, ne prouvent rien. C’est de la méchanceté gratuite qui ne portera pas chance à ses auteurs.

Le Ministre de l’intérieur, également ministre des Cultes, a tenu à se rendre à l’île de la Réunion, pour clôturer une « Semaine de la Laïcité ». Pour faire ce voyage, le Ministre avait emmené avec lui des contribuables originaires de cette terre Française, plus plusieurs directeurs de son ministère, quelque journalistes et un champion du monde de handball, Jackson Richardson. Tous ces invités, étaient censés représenter la métropole. Il rencontra sur place nos compatriotes de l’île Bourbon, ainsi que l’ensemble des élus locaux.

Ce déplacement coïncidait avec l’aggravation de la crise provoquée par la « privatisation » de la SNCM. Le Ministre ne s’y est pas opposé, quoique septique sur les moyens employés pour négocier cette semi privatisation. Il affirme qu’il avait son idée pour résoudre la crise, mais qu’il la gardait pour lui puisque comme à son habitude le premier ministre ne lui a rien demandé. Certes le Ministre d’Etat avait donné son accord à l’arraisonnement du Pascal Paoli, détourné par des mutins, mais qu’il n’était pas d’accord ni avec l’heure ni avec les modalités de l’assaut, etc.

La réaction du Ministre de l’Intérieur au premier sondage, publié par le Figaro Magazine, qui accorde à Dominique de Villepin un petit point de plus qu’à lui, ne l’a absolument pas affecté ; Nicolas Sarkozy n’est pas un homme qui se laisse influencer par des sondages. Seul compte pour lui le vote des citoyens. D’ordinaire, dans ce cas, on méprise, on ignore. On affirme bien fort qu’on n’accorde aucune attention aux sondages, qu’on n’agit qu’en fonction de convictions et non des enquêtes d’opinion. Eh bien là, aussi ; Interrogé au cours de son passage à la Réunion, Nicolas Sarkozy et commente, « comme le fond tous les hommes politiques, « Ce n’est qu’un sondage de plus » Ce n’est pas significatif. Non, je n’angoisse pas, il faut relativiser ce type d’enquête de popularité. Deux points de moins, cela ne signifie rien, ce qui compte, ce sont les tendances lourdes. Or ; depuis quatre ans, je fais la course en tête.. D’ailleurs, le meilleur panel pour moi, c’est rythme des adhésions, le succès de mes meetings, la chaleur des gens que je rencontre... Et puis, vous avez vu, François Hollande m’a pris en ligne de mire, ce qui vaut tous les sondages. Si je suis devenu la cible privilégiée de la gauche et des écologistes, c’est bien qu’ils font la différence entre moi, qui tient la corde, et Villepin, dont la popularité est fragile, qui peut avoir des problèmes et chuter dans quinze jours ou trois semaines, après la journée de protestation sociale du 4 octobre, par exemple... D’ailleurs, regardez Raffarin, pendant un an, lui et moi, on a été à égalité dans les sondages, il en était très fier et puis, finalement, vous avez vu comment ça a fini….

De toute façon la compétition est passionnante, même si mon concurrent est une pure création artificielle des journalistes. Depuis quatre ans que je suis en tête du peloton, je m’y attendais... Après La Baule, vous m’annonciez terrassé par un été tragique et vous avez vu comment, aux journées parlementaires, j’ai retourné la situation et rebondi. La confrontation avec Villepin le même jour ; à la même tribune, a tourné à mon avantage... Vous avez pu constater que, quand il a déclamé, en direction des députés, Vous m’avez manqué ! c’était
ridicule, sur joué.. Vraiment, il faudra que je demande à celui qui lui tient sa plume,
d’écrire mes discours ?

Profiter de la présence des journaliste pour, en même temps, parler du travail accompli, tant à Bercy que Place Beauvau, et subir les méchancetés, et les jouissances, de Chirac et de Villepin, ce n’est pas forcément très « politique », mais « c’est se battre contre son camp et contre la France ».

Comment peut-on dépenser autant d’énergie, non sans réussite, à redynamiser un des partis de la droite, tout en consacrant une activité au moins égale à faire de L’UMP un mouvement politique au service de la Patrie, et demander le moment venu, à ses militants de voter à bulletin secret pour désigner celui ou celle qui sera son candidat aux élections Présidentielle de 2007 ? A cette question une simple réponse : « L’Esprit d’abnégation et l’esprit démocratique de Nicolas Sarkozy ».

C’est cette constante ambition de servir qui interpelle. Sarkozy justifie, par exemple, sa demande de révision de la loi de 1903 de séparation de l’Eglise et de l’Etat par la nécessité de libérer les mosquées de leur dépendance à l’égard des financements étrangers. Argument fort.

Il regrette l’affaiblissement des syndicats, et dans un but de démocratie, il préconise une liberté totale de candidatures au premier tour des élections professionnelles. D’un côté, il appelle à une restriction des flux migratoires et, de l’autre, il va au-devant des demandes d’un patronat qui exige l’apport de main-d’oeuvre exotique car dans une France qui compte trois millions de chômeurs, les PEM ou PMI manquent cruellement de mains d’œuvre dans l’ensemble des professions qui demandent des compagnons qualifiés pour travailler, notamment dans le BTP.

Sarkozy critique l’existence, au sein de l’Europe, d’un front hégémonique franco-allemand au détriment des petites nations. Il a raison.

Sarkozy dément avoir été favorable à la guerre d’Irak, mais simplement hostile à l’utilisation de son droit de veto par la France. S’il soutenait, la position française, s’il partageait les doutes chiraquiens, il a toujours été hostile à ce que notre Pays prenne la tête des positions anti- Américaine. Nicolas Sarkozy n’a jamais oublié que des soldats Américains sont venus sur notre sol pour nous libérer des occupants Allemands. En vérité, même certains de ses proches témoignent qu’il fut, dans un premier temps, favorable à la guerre d’Irak, totalement sur la ligne de son ami l’ancien Premier ministre espagnol José Maria Aznar, même si les même précisent que, en l’occurrence, ils ont un grand respect pour Jacques Chirac. Il y a un domaine où le président de L’UMP manifeste une grande cohérence et une grande régularité, c’est dans la détermination à prospérer qu’exerce sur lui, le modèle transatlantique. D’où les espoirs « cependant nuancés » qu’ont générées chez lui les deux victoires de George Bush.

En quoi la rhétorique qui consiste à excommunier le modèle social Français qui ne marche pas, contribue-t-elle à mobiliser les forces vives du pays en faveur d’une reconstruction d’une active rénovation de ce modèle ? Jamais en revanche, ce qui se fait au Royaume-uni, ou aux Etats-Unis, ne suscite la moindre critique de ceux qui en ont ras le bol des grèves à répétition, et des avantages dont bénéficient les nantis de la république. Le modèle social Français coûte une fortune aux citoyens de ce Pays, notamment, à ceux pour qui les avantages sociaux sont des privilèges qui leurs sont inconnus. Nicolas Sarkozy a compris depuis longtemps que les contribuables en auront assez de se faire plumer par les assistés qui deviennent de plus en plus nombreux, et qui refusent un travail à plus de 30 minutes de leur habitation ; Faut-il encore que le « job » qui est proposé convienne à ces damnés de la terre.

Galouseau de Villepin reproche au Ministre d’Etat de pratiquer une politique de rupture, qui serait mise en œuvre par Sarkozy. Faut-il être un homme sans culture politique, pour dire des inepties de la sorte ? Certe le Ministre de l’Intérieur est au gouvernement depuis le début de la mandature de Jacques Chirac ; Mais est-ce une raison pour être en parfaite harmonie avec une équipe gouvernementale qui est déconnecté des réalités qui sont celles que subit le peuple quotidiennement ? Rupture avec quoi ? Quand les socialistes mitterrandiens invoquaient, eux aussi, la rupture, cela signifiait, dans leur esprit, rupture avec le système capita1iste ; Ils n’en firent évidemment rien. Donc, soit le concept de Nicolas Sarkozy de « rupture » ne signifie strictement rien ; soit il implique un rejet radical de certains des acquis du gaullisme et de la social démocratie, c’est-à-dire une conversion à la logique semi libérale, système qui « marche très bien dans la majorité des pays de l’Union. »

Sarkozy est trop intelligent pour croire qu’un régime ultra libéral tel que le préconise Alain Madelin serait admis par le peuple de France. Il apparaît que sa « rupture » à lui est avant tout la forme purement verbale d’une posture. Comme, d’ailleurs, lorsqu’il préconise de remplacer qu’un fonctionnaire sur deux, tout en précisant que cette diminution des agents de la fonction publique ne pourrait se réaliser, qu’en tenant compte des besoins dans chaque discipline. Cela vaut déjà pour la police, l’hôpital, la justice, les pompiers, l’école ou la poste. Sarkozy a raison de vouloir revaloriser le travail manuel, la France dans ce domaine, est en manque de centaine de milliers de travailleurs

Quand il annonce qu’aucun Français ne devra être ponctionné de plus de 50 % du revenu de son travail, il reconnaît qu’à force de prendre l’argent des véritables créateurs d’emplois, ces derniers délocalisent laissant des milliers de citoyens sans travail, et vivant dans le désespoir. En fait. Sarkozy veut redonner aux Français l’envie de travailler sans se faire « plumer » par le fisc.

Or, c’est cela, aussi, que l’opinion perçoit peu à peu. Au Sarkozy ministre de l’Intérieur qui, s’ancrait dans le concret, mouillait sa chemise pour se coltiner le réel s’est substitué un homme politique qui apprend que le peuple souffre de mille maux, qu’il veut l’aider en allant à sa rencontre pour mieux le comprendre et être à son écoute. Sarkozy, contrairement à d’autres politicards, va à la rencontre d’un peuple qui n’a plus de dirigeants, mais des beaux parleurs qui s’insultent par médias interposés. Ce n’est pas son propre destin, qui compte, mais celui des Français.

Sarkozy est une force tranquille qui peut devenir féroce si des situations dramatiques se font jour. Est-il favorable ou défavorable à la privatisation des autoroutes, (parmi ses proches, il y a des pour et des contre), aux contrats nouvelle embauche ? On attend pour voir, il n’est pas certain que les employeurs garderont à leur service des employés qui se trouveront dans l’angoisse du lendemain pendant deux ans). Sarkozy veut favoriser les CDI au détriment des CDD ; Pour cela, il est nécessaire de donner des gages de garanties aux chefs d’entreprises, aux PME, PMI, TPI, et aux familles qui embaucheraient un jeune ou un senior.

Chef du premier parti de France, il refuse de s’identifier aux leaders de la droite espagnole, allemande, polonaise. Bien que ces leaders correspondent à ses idées, Nicolas Sarkozy n’est pas un homme à devenir le clone de quelqu’un d’autre, fut-il son ami.

Il se préoccupe des évolutions catastrophiques de la guerre d’Irak, de l’aggravation de la situation en Afghanistan, de la nouvelle politique de Sharon, de la réforme de L’ONU, et des enseignements à tirer du désastre de La Nouvelle-Orléans. Sarkozy est à l’écoute de tous les évènements qui positivent ou non, ce qui se passe dans le monde.

Pour terminer, je ne peux que souhaiter l’élection à la Présidence de la République d’un homme qui contrairement aux autres candidats à la candidature, a les compétences requises, et connaît les besoins d’un peuple qui ne supporte plus les dictatures de Bercy et des Syndicats.

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