Corrèze.

Les réseaux font les bons amis.

Vendredi 5 août 2011 // La France

A l’heure où l’ancien maire de Paris Jacques Chirac, corrézien d’adoption, monnaie son impunité judiciaire avec son successeur, Bertrand Delanoë, il est intéressant de se pencher sur le département de la Corrèze, ses réseaux, son terroir, son territoire et son économie.

Parce que le département a été en grande partie préservé des grands bouleversements historiques, il regorge de richesses architecturales et patrimoniales. Nombreux sont les villages à avoir préservé leur authenticité sans prendre une ride, et même mieux, retrouvé leur fraîcheur d’antan : Collonges-la-Rouge sur le chemin de Saint-Jacques-de-Compostelle ; Curemonte, village aux trois châteaux et aux trois églises qui accueillit Colette pendant la guerre ; Ségur-le-Château au bord de l’Auvézère, Turenne sur son éperon rocheux ou encore Saint-Robert et son clocher roman...

ARTISANAT : PREMIÈRE ENTREPRISE

Cette authenticité se retrouve aussi dans les spécialités culinaires qui sont à l’image des habitants : à la fois rustiques, goûteuses et généreuses ! Châtaignes, noix, truffes, clafoutis, milhassou (galette de pommes de terre), ris de veau aux cèpes... Les grandes tables de chêne débordent de victuailles, car la nature de ce département limousin sait être magnanime envers une population réputée parfois ombrageuse, un brin taiseuse mais aussi travailleuse, dure à la tâche et au mal. Les Corréziens sont indéniablement liés à leur terre nourricière qui ne manque pas d’atouts économiques. Au point qu’en 2009, le département a augmenté ses exportations de 10%, dépassant les 700 millions d’euros de chiffre d’affaires. Le dynamisme de l’artisanat contribue lui aussi à son essor économique en concentrant 230 artisans pour 10000 habitants, contre 139 en moyenne nationale. Il s’affirme surtout comme première entreprise de Corrèze avec un chiffre d’affaires d’ 1,19 milliard d’euros et une valeur ajoutée de 458 millions d’euros. Autre indice de ce dynamisme : le taux de chômage y est l’un des plus bas de France (6,8% contre 9,5 de moyenne nationale). Une aubaine pour les politiques ! Dans ce départe- ment resté rural et agricole, on aime faire sa petite cuisine, y compris politique et électorale. Très vite gagnée aux idées républicaines, marquée par k résistance et les luttes ouvrières, la Corrèze s’est, il y a déjà long temps, engagée sur la voie du radicalisme et du socialisme.

HOLLANDE : « UN TYPE BIEN »...

Le moindre des paradoxes n’est-il pas que, dans cette terre ancrée à gauche, ce sont les gaullistes qui ont su, pendant près d’un demi siècle, en tirer profit ? Petit à petit, sous l’impulsion de Jear. Charbonnel et Jacques Chirac envoyés sur place dans les année : 1960, la droite a su constituer un réseau assez dense d’élu : locaux. Les réseaux francs-maçons n’étaient jamais loin. Jacquet Chirac n’est-il pas le petit fils de Louis Chirac (1868-1937), militant anticlérical, Vénérable de la loge du Grand-Orient « LU Fidélité » à Brive-la-Gaillarde ? Jacques Chirac n’a-t-il pas été lui-même adoubé et cornaqué par le « bon » Dr Henri Queuille disparu il y a tout juste 40 ans (le Conseil Général lui consacre une exposition, cf : www.cgl9.fr) et qui fut aussi le parrain en politique de François Mitterrand. La droite est parvenue conquérir et à préserver quelques grandes villes locales (Brive Tulle), mais aussi le Conseil Général, avant de céde du terrain à la gauche. En 2008, François Hollande (PS) a ravi la présidence du département (avec une ÿ une voix d’avance) à Jean-Pierre Dupont (UMP) protégé de Jacques Chirac, en promettant de mettre fin au système de l’ancien chef de l’État.

En fait, depuis deux ans, François Hollande ménage Chirac, et même... l’imite. « Il lui fait les yeux doux et la danse du ventre » se lamente le chef de file de l’UMP corrézienne, Miche Paillassou (L’Express, 12 juin 2010). Car François Hollande entend renforcer son fief et le transformer en rampe de lancement nationale pour 2012… Le tout avec le soutien presque non fein de l’ancien maire de Paris qui a reconnu, en public que « Hollande est un type bien »... La Corrèze va-t-elle devenir une terre de présidents ?

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