Cher(e)s ami(e)s internautes.

Merci pour votre fidélité ; les écrits quotidiens seront absents tout le mois de septembre. Vous pouvez cependant parcourir tous les dossiers créés depuis plus de 10 ans et qui figurent sur le site.

Dés le mois d’octobre il vous sera proposé un mensuel auquel vous pourrez participer en me faisant parvenir votre perception des affaires politiques, familiales, sportives ou autres.

Rien ne sera censuré, hormis des articles injurieux et calomnieux.

Je suis attaché aux valeurs chrétiennes, aux valeurs dites républicaines et à une monarchie parlementaire.

Vous pouvez nous contacter en cliquant sur ce lien >>

C’était Hier !

Les industriels fabricants d’éthanol et de Diester sortent leurs projets des cartons pour répondre à l’objectif fixé par Jean-Pierre Raffarin pour 2007.

La mise en musique n’est pas simple.

Dimanche 10 janvier 2010 // La France

« Ce que nous voulons, c’est tripler d’ici 2007, notre production de biocarburants. Ce qui revient à la construction de quatre usines de nouvelle génération produisant chacune 200 000 tonnes par an. » Le 7 septembre, le Premier ministre a donné un objectif quantitatif en matière de biocarburants. Reste à le concrétiser. Le ministre de l’Agriculture pourrait lancer un appel d’offres plus tôt que prévu, d’ici à la fin de l’année. À ce stade, les projets foisonnent, avec trois dossiers sérieux pour l’éthanol, filière qui aujourd’hui produit à peine le quart des biocarburants fabriqués chaque année.

Cristal Union voudrait voir naître Cristanol. Dans les cartons depuis 2002, ce projet consiste à produire trois Mhl sur le site de Bazancourt. La coopération aurait besoin pour cela d’un agrément de 2,5 Hhl (200 000 t), 500 000 hl provenant de la reconversion d’un site déjà en service. « C’est un projet de l’agriculture régionale et de la recherche », résume Daniel Collart, président de Cristal Union. Nous avons la volonté de nous diversifier et d’élaborer des produits complémentaires.

Financièrement parlant, le projet se construirait avec les organismes stockeurs (OS) de Champagne-Ardenne, emmenés par Champagne Céréales, le leader régional. Au Sud, l’AGPM, ( Association générale des producteurs de maïs) soutient un projet d’usine dédiée à l’éthanol de maïs. Abengoa, industriel espagnol, a donné son accord juridique pour la construction d’une unité d’au moins 100 000 t, probablement à Lacq, en Pyrénées-Atlantique. Cinq OS participeraient au capital : Pau Euralis, Lur Berri, Maïsadour, Vivadour et les établissements Lacadée. « Nous sommes en pleine discussion pour intégrer les autres opérateurs du Sud-Ouest », signale Christophe Terrain, président de l’AGPM, qui estime le projet réalisable pour 2007.

Tereos a aussi présenté ses projets. L’un d’eux porte sur l’éthanol de betterave : il s’agit de construire à Origny-Sainte-Benoîte une nouvelle unité de Mhl, qui inclurait les 400 000 hl issus de betteraves produits par l’actuelle usine du site. Le groupe a donc besoin d’un agrément de 1,6 Mhl (environ 130 000 t). L’autre projet porte sur la création d’une nouvelle unité à Lillebonne, en Seine-Maritime, sur le site de la société Sodès que vient de racheter la BENP ( Bio-éthanol Nord Picardie), filiale du groupe sucrier.

 

 

Jouer ou non la cartez collective

Cette unité ne se consacrerait qu’à l’éthanol de blé. L’industriel voudrait y produire trois Mhl des 2007n grâce à un nouvel agrément de 2,5 Mhl (200 000 t), auquel s’ajouteront les 500 000 hl que produit actuellement le groupe à partir de blé. « Dans un rayon de 60 km autour de cette unité, se trouvent 35% des raffineries françaises », se félicite Georges Allard, directeur de la BENP. Ce nouveau dispositif exclut, la construction d’une usine dans le Centre de Jean-Pierre Raffarin avait annoncé au printemps. Mais il associe tout de même les coopératives de la région (Epis-Centre, Agralys et Beauce Gâtinais céréales, notamment), qui, avec les Os normands, se répartiraient une moitié du Capital de la nouvelle unité. Les actuels actionnaires de la BENP (Tereos et ses OS adhérents, Unéal et Cohésis) détiendraient les 50%% restants. Le financement du projet impliquerait directement les adhérents de tous ces OSES, à qui il serait demandé d’acheter des parts de capital social. L’OS abonderait le versement de l’adhérent. À ces parts, correspondrait un droit de livraison. Un système avec lequel s’est créé la BENP.

La filière se montre partagée vis-à-vis de ce type de projets, qui privilégie certains OS. « Obtenir la défiscalisation de l’éthanol, indispensable à la viabilité des usines, demande une lutte politique des associations syndicales, prêtes à s’unir pour l’occasion, observe un dirigeant de coopérative. On ne peut pas ensuite partir sur une répartition régionale et dire à certains qu’ils ne profiteront pas des acquis obtenus par toute la filière. Pour Yves Le Morvan, directeur de là (fédération des coopératives céréalières), »il faut partir sur une offre commune. » Fidicoop, créé pour structurer la filière Diester, inspire certains. Pour d’autres, les situations diffèrent trop.

L’affichage fiscal manque

L’un des arguments : le Diester concerne la production sur jachère, alors que l’éthanol intéresse surtout les zones excédentaires en céréales, donc, le nord de la Loire pour le blé, et le Sud-Ouest pour le maïs. Et puis en allégeant le marché des céréales, la création d’un débouché fera monter les prix partout. Le blé rendu usine serait livré autour de 110 à 120 € t. plus prosaïquement, les coopératives capables d’investir n’ont pas envie de partager le gâteau avec des OS à la santé financière moins florissante.

Au-delà de ces différences internes à la filière, les projets butent pour l’instant sur des aspects économiques. Daniel Collard, par exemple, ne veut pas se lancer sans un affichage clair du contexte fiscal. « Il nous faut une connaissance de l’avenir pour voir comment assurer les équilibres économiques de nos usines », explique-t-il. L’amendement à la loi de finances adoptée par l’assemblée nationale le 22 octobre 2004, établit la base d’une incorporation obligatoire du Diester et du bioéthanol dans les carburants traditionnels. Un grand pas dans ce dossier très politique. Mais les sanctions à l’encontre des pétroliers contrevenants s’avèrent trop peu dissuasives. Les industriels veulent des règles claires et pérennes en matière de défiscalisation et des assurances tout aussi claires sur les débouchés. D’ici une quinzaine de jours le ministère devrait remettre une copie au Premier ministre présentant peut-être des options en matière de fiscalité. C’est donc une affaire à suivre.

La filière Diester sur le rang

En admettant une répartition à égalité entre le Diester et le bioéthanol, il nous faudrait construire deux usines de 200 000 t en plus d’ici 2007, résumait Bernard Nicol, directeur de Diester industrie, le 9 novembre.

Il est possible que la filière céréales betterave, plutôt restée sur une répartition 500 000/ 300 000 au profit de l’éthanol, ait bondi en attendant ces propos. En cas, ils traduisent la volonté de développement de la filière Diester, qui dispose déjà de 387 500t d’agréments et reçoit le soutien des pétroliers, intéressés par un produit leur permettant de réduire leurs importations de gazole. Dans un premier temps, Diester industries, maître d’œuvre de la filière sur le territoire français, veut démarrer la construction de l’usine de Sète, calibrée pour produire 160 000t de Diester. La société attend toujours l’agrément de 80 000t promis par Jean-Pierre Raffarin, a priori non compris dans les 800 000t annoncée le 7 septembre. Avec cet agrément, l’usine pourrait démarrer dès 2005. La société tient deux autres projets en réserve, dont l’un, voire les deux, eux aussi potentiellement opérationnels en 2007. L’un, situé probablement en limite de Champagne-Ardenne et de Bourgogne, s’inscrirait dans la complémentarité des usines de Compiègne et de Rouen. L’autre, probablement positionné sur la façade Atlantique, à la limite entre Poitou Charente et Pays de la Loire, aurait l’avantage de se trouver dans une région consommatrice de coproduits.

Pour conclure, il faut savoir qu’il y a 130 000 tonnes à se partager dès 2005

Le 22 octobre, les députés ont également voté un amendement donnant 130 000t d’agrément pour 2005. Ce tonnage ferait partie des 800 000t évoquées par le Premier ministre le 7 septembre 2004. A priori, la filière Diester en garderait 30 000 t, et la filière éthanol 100 000 T. Tereos souhaiterait en récupérer une moitié, Cristal Union visant 20 000 à 30 000 T.

Répondre à cet article