CÔTE D’IVOIRE

Les élections Présidentielle pas avant août 2010 ?

Jeudi 18 mars 2010 // L’Afrique

Le pouvoir du président Laurent Gbagbo est en train de subir des pressions énormes venant d’une part, de la France, et d’autre part, des Nations-Unies, afin que l’élection présidentielle se déroule dans le pays, dans les tout prochains mois, même si le calendrier de fin février-début mars qui prévoyait l’organisation d’un tel scrutin, n’est pas respecté.

En réalité, Laurent Gbagbo qui n’a pas reçu le trophée de la CAN (Coupe d’Afrique des nations) où les Eléphants, alors qu’ils étaient les favoris de la compétition, ont réalisé une contre-performance notable en se faisant éliminer par les Fennecs d’Algérie en quarts de finale, voudrait attendre deux autres événements majeurs qui vont aussi marquer l’actualité du continent cette année : la coupe du monde de football prévue en Afrique du Sud en juin et à laquelle prendront à nouveau part les Eléphants, dans le groupe dit de la mort, qui comprend outre le Brésil, le Portugal et les Chollima de la Corée du Nord, mais aussi, les cérémonies marquant le 50° anniversaire de l’accession des pays africains francophones à l’indépendance.

Le président français, Nicolas Sarkozy, qui a désigné le chiraquien Jacques Toubon pour préparer, en concertation avec les pays africains concernés, les cérémonies de ce cinquantenaire, va réunir autour de lui, à Paris, le 14 juillet prochain, les chefs d’Etat d’Afrique francophone ainsi que leurs épouses. Le président français ayant dit et redit qu’il ne recevrait son homologue ivoirien en visite en France qu’après l’organisation de l’élection présidentielle, on ne sait pas si un tel événement pourrait se passer de la présence du successeur du Père de la Côte d’Ivoire, le gaulliste Félix Houphouët-Boigny que Nicolas Sarkozy n’a certainement pas bien connu, mais fut un grand ami de la France de droite comme de gauche que ne manquaient pas d’aduler tous ses prédécesseurs à l’Elysée : on se souvient pour le conduire en sa dernière demeure, en décembre 1993 le président (socialiste) François Mitterrand, avait demandé à l’ancien président Valéry Giscard d’Estaing et à tous les anciens Premiers ministre : France encore en vie, à cette époque, de l’accompagner à Yamoussoukro, pour enterrer le « vieux » sage de l’Afrique.

Les relations franco-africaines étant également appréciées sous l’angle du symbolique on imagine mal les organisateurs français de ce cinquantenaire, des indépendances africaines snober le représentant de la Côte d’Ivoire sous prétexte qu’il n’a pas organisé l’élection présidentielle dans son pays. On sait que les temps ont changé depuis l’arrivée de Sarkozy à l’Elysée, mais pas jusqu’à ce point.

On comprend donc pourquoi Gbagbo subit d’énormes pressions. Le pouvoir français n’y est pas pour du beurre. Pour l’heure, le chef de l’Etat ivoirien plie sans rompre. Le problème est que les demandes pour que la Côte d’Ivoire aille aux élections commencent à venir de partout. Même le secrétaire général des Nations-Unies, Ban Ki-Moon, s’y est mis, en demandant la tenue d’une élection au plus tard, fin mars 2010 alors que le Conseil de sécurité se contenterait de fin mai 2010. Ce dernier a fait renouveler de quatre mois seulement, au lieu de six comme c’était le cas toutes ces dernières années, le mandat des soldats de l’ONUCI. Tous les actes dans la haute diplomatie ayant une signification, doit-on analyser la durée de cette reconduction comme une nouvelle pression qui ne dit pas son nom ?

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