Cher(e)s ami(e)s internautes.

Merci pour votre fidélité ; les écrits quotidiens seront absents tout le mois de septembre. Vous pouvez cependant parcourir tous les dossiers créés depuis plus de 10 ans et qui figurent sur le site.

Dés le mois d’octobre il vous sera proposé un mensuel auquel vous pourrez participer en me faisant parvenir votre perception des affaires politiques, familiales, sportives ou autres.

Rien ne sera censuré, hormis des articles injurieux et calomnieux.

Je suis attaché aux valeurs chrétiennes, aux valeurs dites républicaines et à une monarchie parlementaire.

Vous pouvez nous contacter en cliquant sur ce lien >>

Etats-Unis.

Les conservateurs boivent du petit lait.

Dimanche 7 août 2011 // Le Monde

Pour la première fois, deux femmes — Sarah Palin et Michele Bachmann — pourraient briguer l’investiture républicaine en vue de l’élection présidentielle de 2012. De quoi ravir la base féminine du parti.

Elles n’ont que faire des questions de genre et ne raflent pas vraiment du mot "féminisme" ; pourtant, un grand nombre de femmes conservatrices ne peuvent s’empêcher de se réjouir à l’idée qu’elles pourraient se retrouver à devoir choisir entre deux femmes, des mères de familles ayant leur franc-parler et grandes amatrices de thé [référence au mouvement ultraconservateur Tea Party], à l’occasion des primaires du Parti républicain, en 2012.

Michele Bachmann, députée républicaine du Minnesota, a donné le coup d’envoi à sa campagne le 27 juin, tandis que Sarah Palin, ex-gouverneure de l’Alaska et ancienne colistière du candidat républicain John McCain en 2008, pourrait bien retenter sa chance. Cette perspective enthousiasme les conservatrices qui ne se reconnaissaient pas dans la candidature de Hillary Clinton il y a quatre ans, mais se retrouvent aujourd’hui dans le mode de vie et les valeurs défendues par Bachmann et Palin, deux candidates centrées sur la famille et ouvertement religieuses.

Deux candidates populistes

"Qui dirige les foyers américains ? Ce sont les femmes. Alors, pourquoi pas le pays ?" soulignait récemment Andrea Ouimette, 64 ans, à l’occasion d’un pique-nique républicain organisé dans le New Hampshire et dont Michele Bachmann était l’invitée d’honneur. La candidature de cette dernière et la probable entrée dans la course de Sarah Palin viennent couronner une année mémorable au cours de laquelle les femmes ont été un atout de taille pour les républicains, notamment lors des élections de mi-mandat de novembre 2010. Les femmes sont largement représentées à la tête du Tea Party, un mouvement qui a pesé sur les élections et permis au Parti républicain de regagner la majorité à la Chambre des représentants. Lors de ce scrutin, neuf républicaines ont été élues députées à Washington, une est entrée au Sénat et trois sont devenues gouverneures.

Michele Bachmann ne part pas favorite pour remporter l’investiture républicaine, mais elle a amassé un beau trésor de guerre (environ 3 millions de dollars millions d’euros] à la date du 31 mars), ce qui lui permettra de tenir jusqu’aux primaires du printemps 2012. Une grande partie de cet argent provient de donateurs individuels, preuve qu’elle bénéficie d’un soutien important de la part de la base du parti. Sa candidature serait toutefois probablement éclipsée par celle de Sarah Palin, si cette dernière décidait de se présenter. Lorsqu’elle a pris d’assaut la scène nationale, en 2008, bébé sous le bras et complexes dans la poche, elle est devenue instantanément la nouvelle pasionaria des e conservateurs. Elle a galvanisé de nombreuses militantes qui ont bondi à son secours lorsqu’elle a été ridiculisée par des humoristes et par certains membres de la classe politique.

"Nombre d’entre nous se sont senties attaquées autant qu’elle", témoigne Teri Christoph, cofondatrice du site Smart Girls Politics, un réseau social rassemblant environ 40 000 femmes conservatrices. Jan Biller, une nutritionniste qui a participé au pique-nique républicain dans le New Hampshire, hésitait encore récemment entre Michele Bachmann et l’ancien gouverneur du Massachusetts, Mitt Romney. Aujourd’hui, elle estime qu’une femme aurait davantage de compétences pour être présidente. "Je pense que les femmes sont plus conscientes du fait que les gens attendent des choses simples de quoi manger à leur faim, un environnement sûr pour leurs enfants, une bonne éducation, soutient-elle. Toutes ces choses qui partent aujourd’hui à vau-l’eau."

Selon elle, la montée du militantisme politique chez les femmes conservatrices n’a rien à voir avec le mouvement féministe radical des années 1960 et 1970. Ce sont plutôt des femmes discrètes qui ne disaient jamais rien et qui ont aujourd’hui décidé de sortir du bois.

Une étude récente de l’institut de sondages Pew Research Center a révélé que les républicains se montraient plus enthousiastes à l’idée qu’une femme soit élue Présidente. En 2007, l’année où Hilton s’est portée candi-investiture démocrate, 2O% des républicains 20% et femmes confonmnt admis qu’ils étaient -eptibles de voter pour mme. En mai 2011, ce Fre était descendu à 5 % les hommes et à 12% les femmes.

D’après la stratège républicaine Kellyanne Conway, les conservateurs affirment tenir compte du sexe origine ethnique des candidats. Historiquement, explique-t-elle, les électrices conservatrices n’ont jamais montré de préférence pour les femmes par rapport aux hommes. Cependant, l’électorat recherche de plus en plus des candidats auxquels il puisse s’identifier, et Sarah Palin et Michele Bachmann font parfaitement l’affaire pour nombre de militantes républicaines.

"La force d’attraction populiste joue à plein à notre époque. Les gens s’identifient beaucoup plus facilement à une femme ordinaire, qui n’a pas étudié dans une grande université mais possède un esprit conquérant et sait s’occuper de cinq enfants", souligne Kellyanne Conway. Elle ajoute que les électeurs ne jugent plus seulement les candidates à l’aune de questions censément féminines comme l’avortement, l’assurance-maladie ou les prestations sociales. De surcroît, les candidates républicaines gagnent du terrain à un moment où la guerre et l’économie sont au coeur du débat national.

Palin et Bachmann ont certains points communs fondamentaux, comme leur popularité auprès des sympathisants du Tea Party, leur discours ouvertement chrétien et leur franc-parler. Elles ont également en commun un aspect soigné qui est apprécié des électeurs républicains, car, selon Kellyanne Conway, cela montre que ces candidates sont fières de leur féminité. "On dirait des reines du bal, mais qui parlent comme Rônald Reagan. Comment pourrait-on ne pas fondre face à un tel mélange ? Michele Bachmann n’a cessé de répéter que Sarah Palin était une amie et qu’elle ne considérait pas l’ancienne gouverneure de l’Alaska comme une rivale. L’année dernière, les deux femmes ont participé à un rassemblement organisé à Minneapolis qui réunissait principalement des femmes. On a pu les voir monter sur scène ensemble avec comme musique de fond la chanson de Martina McBride This One Isfor the Girls.

Femme, mère, présidente ?

Bachmann a déclaré que sa priorité, en tant que présidente, serait d’abroger la réforme de l’assurance-maladie. Elle n’a pas mis en avant le fait qu’elle était une femme candidate ; toutefois, on la présente souvent comme la première femme du Parti républicain à représenter le Minnesota au Congrès de Washington. Elle n’omet jamais non plus de rappeler qu’elle est mère de cinq enfants et en a recueilli vingt-trois autres placés chez elle en famille d’accueil. Lors de ses apparitions publiques, elle est toujours accueillie avec enthousiasme par les femmes. Après l’intervention de Bachmann lors du pique-nique républicain dans le New Hampshire, Andrea Ouimette a serré la députée du Minnesota dans ses bras et lui a confié : Vous êtes une femme remarquable. Puis Bachmann s’est éclipsée. Salut les filles ! a-t-elle lancé, en serrant une dernière fois le bras d’Andrea Ouimette. Je vous adore ! A la prochaine !

Répondre à cet article