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Les Fondements du Christianisme et ses Dogmes.

Mercredi 12 septembre 2007, par Paul Vaurs // La Religion

Le Christianisme a la prétention d’être l’expression même, de la seule et unique vérité. Il enseigne que les livres sacrés, sur lesquels il fonde son empire, ont été inspirés par le Saint-Esprit, et sont indiscutables. La libre interprétation des textes n’est pas de mise ; seul le magistère de l’Eglise définit le dogme et ses conséquences.

Se disant unique titulaire de la Vérité, le Christianisme tire de son affirmation une conclusion logique : tout le reste est erreur et mensonge. Il doit, par conséquent, être d’une farouche intolérance, car la moindre fissure, le moindre doute, ruinerait les bases de son édifice théologique. Mais notre attention doit être portée sur un point : au cours de sa longue histoire, la conception même de l’Eglise ne lui a jamais permis d’être tolérante bien au contraire. Pour sen convaincre il suffit de se référer aux périodes où régnait par exemple l’inquisition qu’elle a pratiquée au-delà du seuil de l’acceptable. Il est même extrêmement naïf de croire que le Christianisme ira en s’adoucissant et en se libéralisant dans les années à venir ; bien au contraire, pour ne pas disparaître, il devra se raidit de plus en plus, tout en adaptant sa forme extérieure au goût du public, et borner ses efforts a faire rentrer en son sein ses confessions séparées.

Les Fondements.

Les prises de positions récentes du pape Benoît XVI sont explicites dans ce domaine, nous allons vers une radicalisation visant à fermer la porte à toute forme de modernité et à une quelconque ouverture vers la société. Dans le même temps on voit, en effet, que de très gros efforts sont faits pour ramener vers elle les « Eglises dissidentes » (les Nouveaux évangélistes, le rassemblement des fidèles de Son Excellence Monseigneur Lefêvre etc...), ainsi que les églises séparées d’elle depuis la Grande Réforme (Anglicans, Protestantes et Orthodoxes) pour reconstituer l’unité chrétienne. Celui quelle considérait hier comme étant son principal ennemi à savoir le communisme a disparu avec la chute du mur de Berlin. Aujourd’hui ses principales préoccupations se tournent désormais vers son principal concurrent, nous voulons parler de l’islam.

Mais ce n’est pas le seul danger qui menace son autorité, car de plus en plus elle doit s’opposer à un monde attiré par le matérialisme, un mode de pensée rationaliste, des découvertes scientifiques et archéologiques qui mettent en péril son autorité et contredisent de manière évidente l’enseignement officiel qu’elle tente de continuer à propager depuis vingt siècles. Avec le recul, il est très instructif d’observer le déroulement et les conclusions du Concile oecuménique Vatican Il, qui devait tenter de réaliser la fusion de toutes les formes du Christianisme. Il a répété, à 19 siècles de distance, l’effort fait par Paul de Tarse pour conquérir les survivants de l’épopée politique du Christianisme historique, qui vivaient encore à Jérusalem. Mais ici, le plan était plus vaste et plus ambitieux ; il s’agissait de réussir enfin la conquête du monde entier et d’assurer la domination, par les représentants du Christ.

Cette soif d’impérialisme n’est en réalité, que l’expression de la nostalgie des heures de gloire du sombre Moyen Age, au cours duquel les papes disposaient d’un pouvoir illimité, donnaient et retiraient les couronnes et régentaient toute l’Europe selon leur bon plaisir, jetant l’interdit sur les rebelles, déposant les récalcitrants et les indisciplinés et faisant brûler vifs les opposants qui se dressaient devant elle (l’exemple le plus connu sera celui du massacre des Cathares. Tant qu’une Eglise reste minoritaire, et qu’elle prêche la tolérance et réclame la liberté de tous les cultes, il n’y a rien à craindre. Mais dès le moment, comme on a pu le voir par le passé qu’elle s’assure le pouvoir absolu, elle retrouve automatiquement des attitudes d’intolérance et pèse de tout son poids pour imposer ses vues. N’oublions pas dans ce domaine la déclaration par exemple du Chanoine Van Hove en 1926 professeur de Droit Civil et Ecclésiastique à l’université Catholique de Louvain, qui ouvrait son cours aux juristes de la candidature en droit par cet incroyable aphorisme : « L’Etat est en tout endroit soumis à I’Eglise catholique, car l’Etat est d’origine humaine, alors que l’Eglise est d’origine divine. « C’est ce qui est en train de se passer dans le monde arabe qui subit en son sein plusieurs courants fanatiques et intégristes. » L’Eglise n’a négligé aucun effort pour écraser toute pensée libre, et n’a malheureusement jamais hésité à utiliser la délation, la répression, la soumission mais aussi la torture s’il le fallait pour maintenir son pouvoir.

L’intolérance ne l’oublions jamais est la première conséquence du dogmatisme. Ces dogmes, que le Christianisme nous présente encore comme une Vérité révélée, immuable et intangible, n’ont, en fait, aucune originalité. Ils sont constitués d’éléments divers, d’un mélange confus de sources multiples les plus disparates, comprenant à la fois des traditions helléniques, des légendes juives et des ajoutes variées. Certains dogmes ont ainsi, nous le verrons plus loin, une origine asiatique la création de l’Univers par Brahma, Ormuzd. Samash ou Mardouk (Jéhovah). La création du premier homme, « Uta-napishtin » (Adam). L’intervention d’un Sauveur, Attis ou Mithra (Jésus-Christ). Mais certains dogmes sont repris des traditions égypto grecques. C’est le cas de l’affirmation de l’immortalité de l’âme et de son jugement post mortem, que l’on retrouve clairement développé dans toute la religion égyptienne. Il suffit de se référer au « Livre des Morts » dans lequel on retrouve l’affirmation d’un destin posthume. Il en est de même pour les références à propos des « Champs-Elysées » ou « iles des Biens Heureux » pour les bons, le « Tartare » pour les mauvais.

Il existe aussi dans ces civilisations de la Méditerranée et du Moyen-Orient avant l’apparition du Christianisme, le culte de divinités secourables et médiatrices dans la religion grecque c’est le culte de Dionysos, assassiné par les Titans, ressuscité par Zeus et Sauveur du genre humain par son précieux sang.

L’origine comparative de tous les cultes.

Si nous suivons les travaux de plusieurs savants comme ceux de Charles Dupuis, nous ne pouvons qu’être surpris et interpellés par son analyse et constater que la recherche des origines du Christianisme et de Jésus-Christ procède d’une seule et même culture mythologique ayant engendré toutes les religions du monde, Jésus-Christ est-il un personnage mythologique, au même titre que les dieux Grecs, Romains, Egyptiens, Sumériens. Phéniciens ou Indiens. Ceux-ci sont aujourd’hui perçus comme des mythes plutôt que comme des personnages historiques. Si l’on se réfère au nombre considérable de documents comparatifs, disponibles dans toutes les langues, nous découvrons les preuves que le personnage de Jésus fut « construit » sur des mythes antiques et initiatiques de la plus grande importance pour l’Humanité. Même si des disciples enthousiastes ont tenté de transformer un mythe en une réalité, l’affirmation que le personnage de Jésus-Christ possède de nombreuses références aux différents mythes du passé peut être démontrée assez facilement, Ceci est prouvé par les travaux des dissidents et des « païens » qui ont connu la vérité et qui furent perfidement « éliminés » dans leur combat contre les prêtres chrétiens et les pères de l’église.

Les énoncés des chrétiens eux-mêmes révèlent sans interruption qu’ils ont su que le Christ était un mythe fondé sur des dieux plus anciens, situés dans tout le monde antique connu. Rappelons cette phrase, lourde de signification prononcée par le pape Léon X, qui en raison de son rang élevé et de ses privilèges pontificaux, connaissait la vérité « Quel bénéfice cette fable du Christ ne nous a-t-elle pas apporté ? »

L’histoire de Jésus a certainement Incorporé des éléments de récits d’une série de Dieux enregistrés au Panthéon de toutes les cultures des civilisations précédentes. Nous découvrons que la plupart des personnages mythiques ont subi le même parcours initiatique et ont été soit crucifiés soit exécutés comme Jésus.

Bouddha par exemple est né de la Vierge Maya, considérée elle aussi comme la « Reine du Ciel ». Il était lui aussi, de naissance royale. Il exécutait des miracles et des merveilles, guérissait les malades et parvint même à nourrir 500 hommes à partir d’un « petit panier de gâteaux ». Il marcha sur les eaux. Il écrasa la tète d’un serpent, supprima l’idolâtrie. « Il fut un semeur de mots, et prêcha l’établissement d’un royaume de justice ». Il enseigna la chasteté, la douceur, la tolérance, la compassion, l’amour et l’égalité de tous, il fut transfiguré sur une montagne. Enfin, Bouddha fut crucifié pour expier ses fautes, souffrit durant trois jours en enfer, puis ressuscité, monta au Nirvana (au ciel). Il fut considéré comme le « bon Berger », le « Charpentier », « l’infini et Eternel ». Il fut appelé aussi le « Sauveur du monde, et la lumière du monde ».

Un autre exemple flagrant nous est donné par le personnage d’Horus en Egypte. Horus lui aussi est né de la vierge Isis, le 25 décembre dans une grotte/crèche. Sa naissance, annoncée par une étoile de l’Est, fut attendue par trois hommes sages. Il enseigna à des enfants au Temple et fut baptisé à l’âge de trente ans. Il eut douze disciples. Il effectua des miracles et éleva un homme, El-Azarus, d’entre les morts. Il marcha sur l’eau. Horus fut transfiguré sur la Montagne. Horus fut enterré dans un tombeau et ressuscita. On le nomma de diverses manières « la Voie, la Vérité, la Lumière, le Messie, le fils oint de Dieu, le Fils de l’Homme, le Bon Berger, l’Agneau de Dieu.

Les mythes de Krihna et de Mithra furent aussi très importants et faillirent même s’imposer à un moment donné au culte chrétien. Assimilé au Dieu-Soleil de la Perse le personnage de Mithra, tous comme celui de Krihna précède de six cents ans Jésus-Christ. Il est né d’une vierge, le 25 décembre. Mithra fut considéré comme un grand initié, un maître itinérant qu’on appela le « Bon Berger ». Il fût considéré comme la « Voie, la Vérité et la lumière, le Rédempteur le Sauveur, le Messie. » Il fut identifié à la fois au Lion et à l’Agneau. Son jour sacré était le dimanche, « Jour du Seigneur ».

Le mythe de Mithra était célébré à la date qui allait devenir pour les chrétiens la fête de Pâques, correspondant à sa résurrection. Mithra eut des compagnons et des disciples. Il effectua de nombreux miracles. Il fut enterré dans un tombeau d’où après trois jours, il se releva. Sa résurrection était célébrée chaque année. Le mithraïsme comportait également comme chez les chrétiens une eucharistie ou « Dîner du Seigneur ».

Le Dieu Grec Prométhée, emprunté aux Egyptiens, connu lui aussi une véritable expansion dans les régions des montagnes du Caucase, Prométhée descendit du ciel en Dieu et s’incarna dans un homme afin de sauver l’humanité. Il fut crucifié, souffrit et ressuscita. Il fut appelé le « Verbe ou le Mot. La tradition rapporte que Prométhée fit crucifié sur un rocher ou encore sur un arbre. Partout, le Soleil caché par l’obscurité constitue le parallèle avec le récit chrétien de l’obscurité tombant au moment de la crucifixion de Jésus.

Les raisons principales des correspondances des différents récits, sont basées, comme le signale Charles Dupuis, sur les observations astronomiques du mouvement du soleil dans les cieux et des positions zodiacales des douze constellations fixes autour du globe, à l’origine de tous les mythes.

Jésus-Christ et les autres personnages sont fondés de manière identique sur la symbolisation du soleil, et les écrits des différents Evangiles ne sont qu’une répétition, sous d’autres allégories, du même texte mythologique provenant d’une tradition primordiale. Ainsi, la plupart de ces « hommes dieux » ont été sacrifiés sur la croix et ont leur date anniversaire un 25 décembre. Les anciens avaient observé la position géocentrique du soleil qui effectuait une descente annuelle vers le sud, jusqu’au 21ème ou 22ème jour de décembre. Le solstice d’hiver, repris dans tous les rites, reprend ce passage qui se déplace vers le sud pendant trois jours et recommence ensuite sa progression vers le nord. C’est cette période que les anciens disaient que le « Soleil de Dieu était mort » pour trois jours, avant de « ressusciter » le 25 décembre.

Le soleil se levant le matin est le « Sauveur de l’humanité ». Le soleil porte une couronne d’épines avec ses rayons. Les « disciples » du soleil sont les 12 mois et les 12 signes du zodiaque ou constellations, par lesquels le soleil passe successivement. Le Soleil à 12 heures est dans la maison ou le temple du « Plus Haut » ; par conséquent, il commence le travail de son père à l’âge de 12 ans. Le Soleil entre dans chaque signe du Zodiaque à 3O ans en conséquence, le Soleil de Dieu commence son ministère à l’âge de 30 ans. Le Soleil est tenu sur une croix ou « crucifié », ce qui représente son passage par les équinoxes, celle de Printemps étant Pâques (Easter), époque de la résurrection.

Si en réalité, le Judéo-Christianisme n’a inventé qu’une seule chose : Le concept de Jésus-Christ, fils de Dieu, lequel serait mort sur la croix à Jérusalem et serait ainsi le Sauveur des hommes. Son précieux sang versé selon la doctrine enseignée par l’Eglise nous aurait réconciliés avec Dieu et nous aurait garanti la vie éternelle. Mais Jésus a-t-il vraiment réussi cette mission ? Et cette mission était-elle vraiment celle que l’Eglise a propagée au travers des dogmes qu’elle a institués. On peut quelque peut en douter lorsque l’on voit l’Etat actuel du monde 2.000 ans après son apparition. Et pourtant hors de ce message essentiel pour le maintien de sa doctrine, tout le reste n’est que détail accessoire ou amplification d’un mythe que l’on a au fil du temps construit et parfois même rectifié. On comprend dès lors pour certains esprits critiques que ce soit devenu une pure légende incontrôlable. Même L’infaillibilité pontificale venue bien tardivement et qui devait mettre fin à toute polémique n’est pas une originalité, c’est la déformation d’un vieil adage pythagoricien : « autos epha ipse dixit » soit en clair « il a dit », exprimant que le Maître ayant parlé les disciples n’avaient plus qu’à se taire : c’est devenu : « Rome a parlé ! »

D’un côté, il y avait une religion de vie, d’espérance, d’amour le plus pur ; de l’autre, c’est l’image pitoyable et affreuse, le symbole funèbre et cruel d’une religion de mort, de désespoir. Ce succès n’est pas surprenant si l’on songe que, depuis 2.000 ans une publicité permanente (pour ne pas dire une propagande) a été savamment orchestrée pour répandre la doctrine chrétienne, en faire vivre ses propagandistes, et l’imposer au monde, par la force, la terreur et parfois même il faut le déplorer l’assassinat.

Au-delà de cette polémique, les ressources quasi illimitées de l’Eglise lui ont assuré une prospérité presque indéfinie, celle-ci a, tout au long de son histoire et dans la mesure du possible, toujours essayé de lier son sort à l’Etat, ou de se concilier les bonnes grâces du pouvoir, et ce au mépris de toute autre considération que celle de son intérêt. Un exemple en a encore été fourni pendant la dernière guerre par les propos tenus par l’Abbé Verschaeve ( en1942) qui proclamait haut et fort ; « Dans cette guerre, nous devons nous ranger aux côtés de l’Allemagne. C’est pourquoi les jeunes doivent s’engager dans les SS : la gloire verse du feu dans le sang, elle éperonne l’âme ». L’attitude pour le moins équivoque durant le second conflit mondial du pape Pie XII a alimenté une sérieuse polémique Sur le plan moral, politique et religieux. Dans la longue histoire de l’Occident, la plupart des pays ont subsidié directement ou secrètement l’Eglise et s’en servent pour rendre les peuples crédules, obéissants et disciplinés. C’est le cas particulièrement dans les pays pauvres ou en voie de développement.

Tel est donc devenu le Judéo-christianisme vu sous un angle très critique surtout lorsqu’on s’aperçoit que son message initial a été détourné et monopolisé par une Institution autoritaire, qui continue, hélas, de faire abstraction de la réalité quotidienne d’un monde qui essaye d’évoluer tant bien que mal.

Revenons-en à l’histoire et aux dogmes. Au début, Yahvé, créateur de toutes choses, fabrique à sa ressemblance, le premier homme, Adam, en tire la première femme, Eve, et les place dans le Paradis terrestre. Il leur défend de toucher à la pomme du jardin, mais sur l’instigation du serpent. Eve pousse Adam à cueillir le fruit défendu. Adam cède à la tentation. Yahvé en est irrité, les chasse du Paradis terrestre et les punit dans leur descendance. La conséquence en est que tous les hommes mourront et connaîtront la douleur. Nous sommes donc ici en présence I - De l’existence d’un Dieu personnel. 2, D’une étape de la création, 3, De la faute originelle, cause de tous les malheurs de l’humanité. Pour réparer les affreuses conséquences de cette faute, Dieu, qui aura pitié des hommes, leur enverra un Sauveur, un Rédempteur. Celui-ci s’est fait attendre pendant des millénaires, mais est finalement apparu sur la terre, sous la forme de Jésus-Christ. Il serait né sous Tibère, second empereur de Rome, d’une vierge juive. Marie, après que l’ange Gabriel lui ait annoncé cette fécondation immaculée par l’opération du Saint-Esprit.

Jésus-Christ a été mis à mort et crucifié à l’âge de 33 ans, à Jérusalem, sous Ponce Pilate, gouverneur de la ville. Il est le Rédempteur car, par son précieux sang, il a effacé la faute d’Adam et a réconcilié l’humanité avec son Père, Yahvé. Il a arraché les hommes à la mort car tous ceux qui croiront en lui auront la vie éternelle. Apparaît donc ici le dogme de la Trinité ; Il y aurait eu an Dieu trois personnes : Le père, Yahvé qui a créé le monde le fils, Jésus-Christ qui s’est incarné dans le sein d’une Vierge et le Saint-Esprit ou verbe divin, qui a mystérieusement coopéré à cette opération extraordinaire. Nous avons également ensuite le principe de la rédemption, par le fils de Dieu sous la forme de Jésus-Christ, Mais jésus n’était pas mort de façon définitive, après sa passion et sa crucifixion. Trois jours après sa mise au tombeau, il est ressuscité et monté au Ciel, dans toute Sa Gloire. Marie, sa Sainte mère ne pouvait, sans atteinte à la divinité de son fils, subir la corruption du sépulcre. Elle est aussi montée, en chair et en os, dans le Ciel. Enfin, avant sa mort et sa résurrection, jésus aurait créé une Eglise dépositaire de son message, de son histoire, de ses promesses.

Se sont, les dogmes de la « Résurrection et de l’Assomption. »

La conséquence de ces dogmes est la suivante, à savoir que les hommes qui veulent être sauvés et participer â la Rédemption, doivent être obligatoirement membres, à titre de fidèles de l’Eglise de Jésus-Christ. L’Eglise impose donc ses dogmes et son empire par la crainte de peines posthumes pour les incroyants, et la promesse, illusoire, de félicité réservée à ses seuls membres. Ces dogmes sont appris aux jeunes enfants dès l’école primaire, soit à une période de la vie ou l’individu est encore crédule.

Ainsi Noël, représente le rappel de la naissance du Sauveur dans une étable. Pâques, est le rappel de la Résurrection. Le 15 août, l’Assomption de Marie etc... Ce que beaucoup de non chrétiens ignorent également, c’est qu’il existe dans l’Eglise des congrégations d’hommes ou de femmes dont la seule mission est de propager tel ou tel dogme que nous venons de citer les Pères Assomptionnistes, les chanoines de l’Immaculée Conception ou Pères Conceptionnistes, les Rédemptoristes, les religieuses du Coeur agonisant de Jésus, etc...

Le peuple juif gardait alors la croyance fondée sur de vieilles traditions en un Sauveur qui devait naître parmi lui et rétablir son ancienne splendeur. Les disciples de Jésus le prirent pour le Messie longtemps attendu. Mais les prêtres crurent que les doctrines qu’il enseignait étaient contraires à leurs intérêts, et ils le traduisirent devant le gouverneur romain, qui, pour les satisfaire, le livra avec répugnance à la mort. Les préceptes de charité et de fraternité humaine qu’il avait enseignés survécurent à cet événement.

Les disciples, au lieu de se disperser, s’organisèrent. Ils s’associèrent sur la base du communisme, chacun mettant dans la communauté ses biens et ses gains. Les veuves et les orphelins étaient soutenus, les pauvres et les malades secourus. Ainsi naquit une société nouvelle et toute-puissante « l’Eglise nouvelle ». Car rien de semblable n’avait existé dans l’antiquité ; car les églises particulières, d’abord isolées, ne tardèrent pas à se fédérer dans un intérêt mutuel. C’est par cette organisation que le Christianisme a obtenu tous ses triomphes politiques. Ainsi que nous l’avons dit, la domination militaire de Rome avait produit la paix universelle et engendré un sentiment de fraternité chez les nations vaincues. Les conditions étaient propices à la diffusion rapide du nouveau principe chrétien, à travers l’empire. Parti de la Syrie, il s’étendit bientôt dans l’Asie Mineure, Chypre, la Grèce, l’italie, et pénétra même jusque dans les Gaules et la Grande-Bretagne.

Des missionnaires qui se répandirent dans toutes les directions à la fois, hâtèrent sa propagation. Aucune des anciennes philosophies ne s’était prévalue d’un pareil moyen. Les conditions politiques déterminèrent les limites de la nouvelle religion. Elles furent celles de l’empire romain. Rome, où l’on prétend que mourut Pierre, devint la capitale de la nouvelle religion. Mieux valait s’établir dans la ville impériale aux sept collines que sur les hauteurs de Gethsémani et du Calvaire, malgré leurs souvenirs Sacrés.

Pendant plusieurs années, le Christianisme se montra sous trois aspects. Le respect de Dieu, la pureté de la vie, la charité envers ses frères. Dans ses jours de faiblesse, il ne fit de prosélytes que par la persuasion. Mais, a mesure qu’il croissait en nombre et en force, il commença à manifester des tendances politiques, à vouloir former un état dans l’Etat, un empire dans l’empire. Ce sont là les résultats logiques de son développement.

Les empereurs romains, s’apercevant que ce système était incompatible avec le système impérial, entreprirent de détruire le Christianisme, fidèles en cela à l’esprit de leur gouvernement militaire, lequel ne connaissait pas d’autre moyen que la force pour produire l’uniformité.

Pendant l’hiver de 302 à303, les soldats chrétiens des légions refusèrent de s’unir aux rites solennels institués en l’honneur des dieux. La révolte se propagea si rapidement que l’empereur Dioclétien tint conseil pour décider de ce qu’il avait à faire. On comprendra la difficulté de la situation quand on saura que la femme et la fille de Dioclétien étaient chrétiennes, C’était un homme talentueux et qui avait de grandes vues politiques, il comprit que c’était une nécessité gouvernementale de s’opposer aux progrès du parti nouveau ; cependant, il ordonna expressément qu’il n y eût point de sang répandu. Nicomédie fut rasée jusqu’au sol. En représailles, le palais de l’empereur fut brûlé, et un de ses édits insulté et taillés en pièces. Les officiers chrétiens qui servaient dans l’armée furent dégradés ; il y eut partout des massacres et des martyrs. La marche des événements était tellement irrésistible que l’empereur, lui-même, ne pouvait plus arrêter la persécution. Il fit, dès lors, évident que les chrétiens formaient un puissant parti dans l’état, et qu’indignés des atrocités qu’ils avaient subies, ils étaient résolus à ne pas les endurer davantage. Après l’abdication de Dioclétien
(305 après J-C.).

Constantin se posa en défenseur et promoteur de la religion chrétienne. Une foule d’hommes et de femmes lui devinrent dévoués jusqu’à la mort et lui assurèrent la fidélité inébranlable de nombreux adhérents dans l’armée. Dans une bataille décisive livrée près du pont Milvien, la victoire prouva la justesse de ses calculs. La mort de Maximin, et bientôt après celle de Licinius, écarta devant lui tous les obstacles. Il s’assit sur le trône des Césars, premier empereur chrétien. Bien des gens mondains qui ne se souciaient guère de ses doctrines religieuses se montrèrent ses zélés défenseurs. Païens par le coeur, ils influèrent d’une façon manifeste sur la paganisation du Christianisme. L’empereur, ne fit rien pour s’y opposer D’ailleurs, il ne se conforma lui-même aux prescriptions cérémoniales de l’Eglise que vers la fin de sa vie et sur son lit de mort en l’an 337. Afin de mieux se rendre compte des modifications survenues dans le Christianisme qui amenèrent, plus tard, un conflit avec la science, nous devons exposer par comparaison, ce qu’il représentait au temps de sa pureté.

Nous trouvons ceci dans l’ »Apologie de Tertullien ou Défense des chrétiens contre les accusations des Gentils ». Cet ouvrage fut écrit à Rome pendant la persécution de Sévère. L’auteur l’avait adressé, non à l’Empereur, mais aux magistrats qui jugeaient les chrétiens accusés. C’est un sérieux et grave exposé, dans lequel se trouvent tous les éclaircissements possibles sur le sujet ; un compte-rendu des croyances et de la cause des fidèles. Il constitue un respectable document historique, et non un appel bruyant et passionné des prêtres. Il a toujours été considéré comme un des meilleurs écrits des premiers siècles du Christianisme et remonte vraisemblablement aux environs de l’an 300 après J-C

Les Juifs abandonnèrent son culte pour un culte profane. Dieu les avertit qu’il se choisirait un autre peuple et qu’il les punirait en les chassant de la Judée. Ils sont, aujourd’hui, dispersés par toute la terre. Ils errent de toutes parts. Ils ne respireront plus l’air de leur pays natal. Ils n’ont plus un Dieu, ni même un homme pour roi. Les menaces du Très Haut se sont accomplies. Il s’est choisi des enfants plus fidèles parmi toutes les nations. Il avait annoncé par ses prophètes qu’ils étaient son peuple, que d’eux naîtrait le Messie qui promulguerait une loi nouvelle. Le Messie n’était autre que Jésus Dieu : car, de même qu’un flambeau s’allume à un flambeau, la Divinité peut sortir de la Divinité. Dieu et son Fils, sont un même Dieu, La lumière est toujours la lumière, d’où qu’elle vienne.

Les Ecritures ont annoncé deux avènements du Fils de Dieu : le premier dans l’humiliation ; le second, dans la gloire. Les Juifs eussent du savoir tout cela par leurs prophètes ; mais ils étaient tellement aveuglés par le péché qu’ils ne le reconnurent pas à sa première venue sur la terre et qu’ils l’attendent toujours en vain. Ils crurent que les miracles opérés par lui étaient oeuvres de magie. Les docteurs de la loi et les princes des prêtres étaient ses envieux, ils l’accusèrent devant Pilate. Il fut crucifié, expira sur la croix, fut enseveli et ressuscita trois jours après. Il demeura quarante jours avec ses disciples, et ensuite il s’est enlevé au ciel dans un nuage. Fait beaucoup plus certain que l’ascension de Romains et autres princes romains, montés au ciel de la même manière, et en faveur de laquelle on n’a recueilli que des témoignages humains.

Tertullien d’écrit ensuite l’origine et la nature des démons qui, sous Satan, leur prince, sont les auteurs des maladies, des intempéries, des pestes, de la destruction des germes de la terre, qui persuadent les hommes d’offrir des sacrifices sanglants, afin de se repaître du sang des victimes. Ils sont aussi légers que les oiseaux et savent comme eux, tout ce qui se passe sur la terre ; ils vivent dans les airs et voient ce qui s’accomplit dans les cieux. C’est ainsi qu’ils peuvent tromper les hommes par de fausses prophéties et rendre des oracles menteurs. Ce sont eux qui ont annoncé à Rome la victoire prochaine sur Persée, quand déjà la bataille était gagnée. Ils prétendent guérir les maladies, parce qu’ils s’emparent du corps d’un homme et y engendrent eux-mêmes des désordres qu’ils apaisent ensuite par des remèdes, ce que les hommes croient être des maladies naturelles et des guérisons.

Quoique les chrétiens nient que l’empereur soit Dieu, ils prient pour sa prospérité, parce qu’ils savent que tant que durera le glorieux éclat de l’empire romain, la conflagration du monde et la dissolution générale qui menace l’univers sera suspendue. Ils ne désirent point la subversion de la nature. Ils ne reconnaissent qu’une république, c’est la république des chrétiens et celle-là embrasse le monde entier. Ils ne forment qu’un corps, n’adorent qu’un Dieu et attendent la félicité éternelle. Ils ne prient pas seulement pour l’empereur, et pour les magistrats, mais aussi pour la paix. Ils lisent les Ecritures pour nourrir leur foi, élèvent leurs pensées, s’affermissent dans la confiance en Dieu. Ils s’assemblent pour s’exhorter mutuellement. Ils se séparent des pécheurs. Ils ont des évêques pour présider à leurs assemblées, lesquels sont élus par le suffrage de ceux qu’ils gouvernent, à la fin de chaque mois chacun fait son offrande librement. L’argent ainsi réuni est le don de la piété.

Nous comprenons mieux grâce à l’ouvrage de Tertullien, ce qu’était le Christianisme du temps où il souffrait de persécutions et luttait pour son l’existence. Nous allons voir, maintenant, ce que devînt le Christianisme quand il fut parvenu au pouvoir sous Constantin. Bien des doctrines, devenues courantes dans la seconde période, étaient inconnues dans la première. Deux causes conduisirent à l’amalgame de la religion chrétienne avec le paganisme. La première, les nécessités politiques de la dynastie ; la seconde, la marche adoptée par la nouvelle religion pour développer sa propre expansion. Quoique les chrétiens fussent assez forts pour donner un maître à l’Empire, ils ne le furent jamais assez pour détruire leur ennemi, le paganisme.

L’Empereur, en homme occupé uniquement des affaires humaines et pour qui les opinions religieuses étaient peu de chose, pensa que le mieux pour l’Empire, pour les parties belligérantes et pour lui-même, était que chrétiens et païens fusionnent entre eux, Il semble que les chrétiens les plus sincères n’y furent d’ailleurs pas opposes. Peut-être crurent-ils que les nouveaux dogmes se répandraient d’une façon plus générale en incorporant les anciens, que la vérité finirait par triompher et que l’impureté serait détruite. Hélène, mère de l’Empereur, aidée en cela par les femmes de la cour, travailla la première à opérer cette fusion ou cet amalgame. Pour contenter son désir, on sortit d’une caverne de Jérusalem, où elles étaient restées ensevelies pendant plus de trois siècles, la croix hypothétique du Sauveur et celles des deux larrons, ainsi que l’inscription et les clous qui avaient servi au crucifiement.
On vérifia l’authenticité par le moyen du miracle et un vrai culte des reliques fut institué. Les superstitions de la vieille Grèce reparurent, alors que l’on montrait à Métaponte les outils qui avaient servi à faire le cheval de Troie, à Chéronée, le sceptre de Pelops, à Phaselis, la lance d’Achille, à Nicomédie, l’épée d’Agamemnon. Alors que les Phéagœtes pouvaient faire voir au pèlerin la retraite du sanglier calydonien, et que plusieurs cités se vantaient de posséder le vrai Palladium de Troie, alors qu’il y avait des statues de Minerve qui brandissaient la lance, des peintures qui pouvaient rougir, des images qui suaient, et des sanctuaires et châsses en nombre infini, où s’opéraient des guérisons miraculeuses.

A mesure que les années s’écoulaient, la foi décrite par Tertullien se changeait en une autre, plus chargée d’ornements et moins pure. Elle se fondait avec la vieille mythologie grecque. L’Olympe se reformait. Seulement, les dieux avaient changé de noms. Les provinces, dont l’influence était la plus puissante, parvinrent à faire admettre leurs vieux mythes honorés. On commença à concevoir la Trinité d’une manière conforme aux traditions de I’Égypte.

Non seulement le culte d’Isis fut rétabli sous un nouveau nom, mais son image même, debout sur le croissant de la lune, reparut. La figure bien connue de cette divinité, tenant dans ses bras l’enfant Horus, est arrivée jusqu’à nous dans les belles créations artistiques de la Madone et du « Bambino » De tels retours aux conceptions anciennes mais sous des formes nouvelles étaient partout accueillis avec bonheur. Quand on annonça aux Ephésiens que le Concile tenu dans leur ville avait décrété que la Vierge porterait le titre de Mère de Dieu, ils embrassèrent les genoux des évêques avec des larmes de joie.

Leurs ancêtres en eussent fait de même pour Diane. Ces efforts pour se concilier des convertis encore profanes, en adoptant leurs idées et leurs plastiques, soulevèrent des remontrances de la part de ceux dont l’intelligence découvrait les vais motifs. Il faut bien faire le constat de la dégradation Intellectuelle que cette politique de paganisation devait conduire. Tout les éléments du vieux culte furent empruntés en rituel pompeux, des robes magnifiques, la mitre, la tiare, les cierges, les processions, les lustrations, les vases d’or et d’argent furent introduits dans l’Eglise ; le bâton augural devint la crosse des évêques. Des églises s’élevèrent sur la tombe des martyrs et on les consacra avec des rites imités des pontifes de Rome. Les fêtes et les commémorations des saints se multiplièrent avec les prétendues découvertes de reliques. Le jeûne devint le grand moyen de chasser le démon et d’apaiser la colère de Dieu.

Le célibat fit érigé en vertu de premier ordre alors que les prêtres à l’origine étaient mariés. On fit des pèlerinages en Palestine et au tombeau des martyrs. On vanta la vertu de l’eau bénite, et on en fit son commerce. On introduisit dans les Églises des images et des reliques auxquelles on rendit un culte, comme pratiquaient les païens. On prétendit, comme ils avaient prétendu, que des prodiges et des miracles s’accomplissaient en certains lieux. Les âmes des bienheureux furent invoquées, et l’on crut qu’elles erraient sur la terre et particulièrement autour des tombeaux. On multiplia les temples, les autels, les habits de pénitents. On inventa la fête de la Purification de la Vierge, pour satisfaire ceux qui regrettaient les Lupercales ou fêtes de Pan. On apporta sans aucune possibilité de vérification de la Palestine, les squelettes de Saint Marc, de saint Jacques et d’autres personnages illustres par leur sainteté. La canonisation remplaça l’apothéose. Les saints patrons succédèrent aux divinités tutélaires. Puis, vint le mystère de la transsubstantiation, ou changement du pain et du vin par le prêtre en corps et sang de Jésus-Christ. A mesure que le temps s’écoulait, la paganisation devenait de plus en plus complète. Des fêtes furent instituées en l’honneur des clous qui avaient attaché le Sauveur à la croix, de la lance qui avait percé son côté, des épines qui avaient couronné sa tête. Pendant l’hiver de 302 à303, les soldats chrétiens des légions refusèrent de s’unir aux rites solennels institués en l’honneur des dieux. La révolte se propagea si rapidement que l’empereur Dioclétien tint conseil pour décider de ce qu’il avait à faire. On comprendra la difficulté de la situation quand on saura que la femme et la fille de Dioclétien étaient chrétiennes, C’était un homme talentueux et qui avait de grandes vues politiques, il comprit que c’était une nécessité gouvernementale de s’opposer aux progrès du parti nouveau. Cependant, il ordonna expressément qu’il n y eût point de sang répandu. Nicomédie fut rasée jusqu’au sol. En représailles, le palais de l’empereur fut brûlé, et un de ses édits insulté et taillés en pièces. Les officiers chrétiens qui servaient dans l’armée furent dégradés. Il y eut partout des massacres et des martyrs ; la marche des événements était tellement irrésistible que l’empereur, lui-même, ne pouvait plus arrêter la persécution. Il fut, dès lors, évident que les chrétiens formaient un puissant parti dans l’état, et qu’indignés des atrocités qu’ils avaient subies, ils étaient résolus à ne pas les endurer davantage. Après l’abdication de Dioclétien (305 après J-C.). Constantin se posa en défenseur et promoteur de la religion chrétienne.

Une foule d’hommes et de femmes lui devinrent dévoués jusqu’à la mort et lui assurèrent la fidélité inébranlable de nombreux adhérents dans l’armée. Dans une bataille décisive livrée près du pont Milvien, la victoire prouva la justesse de ses calculs. La mort de Maximin, et bientôt après celle de Licinius, écarta devant lui tous les obstacles. Il s’assit sur le trône des Césars, premier empereur chrétien. Bien des gens mondains qui ne se souciaient guère de ses doctrines religieuses se montrèrent ses zélés défenseurs. Païens par le coeur, ils influèrent d’une façon manifeste sur la paganisation du Christianisme. L’empereur, ne fit rien pour s’y opposer D’ailleurs, il ne se conforma lui-même aux prescriptions cérémoniales de l’Eglise que vers la fin de sa vie et sur son lit de mort en l’an 337. Afin de mieux se rendre compte des modifications survenues dans le Christianisme qui amenèrent, plus tard, un conflit avec la science, nous devons exposer par comparaison, ce qu’il représentait au temps de sa pureté. Nous trouvons ceci dans l’Apologie de Tertullien ou Défense des chrétiens contre les accusations des Gentils. »

Cet ouvrage fut écrit à Rome pendant la persécution de Sévère. L’auteur l’avait adressé, non à l’Empereur, mais aux magistrats qui jugeaient les chrétiens accusés. C’est un sérieux et grave exposé, dans lequel se trouvent tous les éclaircissements possibles sur le sujet. Un compte-rendu des croyances et de la cause des fidèles. Il constitue un respectable document historique, et non un appel bruyant et passionné des prêtres. Il a toujours été considéré comme un des meilleurs écrits des premiers siècles du Christianisme et remonte vraisemblablement aux environs de l’an 300 après J-C.

L’Eglise se proclama dépositaire et arbitre de toute science. Elle était toujours prête à se servir de la force pour rendre obligatoires ses décisions. Elle prit ainsi une route qui fixa son rôle futur dans le monde. Elle devint une pierre d’achoppement pour le progrès en Europe pendant plus deux mille ans. Le règne de Constantin marque l’époque où le Christianisme subit sa transformation, et devient, au lieu d’une religion, un système politique. Le paganisme fut modifié par le Christianisme, comme le Christianisme l’avait été par le paganisme. Dans la dispute sur la Trinité qui éclata d’abord en Égypte (l’Égypte était la terre des Trinités) le principal point en litige était de définir le rapport du Fils. Il y avait à Alexandrie un prêtre du nom d’Arius (un candidat évincé à l’épiscopat), qui prit pour point de départ de son argumentation que le Fils n’avait pas toujours été, parce que le Père est nécessairement plus vieux que le Fils, Le Fils avait donc commencé d’être. Cette prétention détruisait la coéternité des trois personnes divines. Elle supposait une subordination où inégalité entre elles et un temps où la Trinité n’eut pas existé. Là-dessus, l’évêque en place et adversaire d’Arius, fit étalage de rhétorique dans un débat public sur le sujet, et la querelle s’étendit, les Juifs et les païens, qui formaient une grande partie de la population d’Alexandrie, s’amusaient à mettre en scène la dispute et les combattants, et, se livrant à des plaisanteries sur l’égalité d’âge du Père et du Fils, La controverse finit par devenir si violente qu’il fut nécessaire d’en référer à l’Empereur.

Constantin donna aussitôt à la décision du Concile, l’appui du pouvoir séculier Quelques années après, l‘Empereur Théodose défendit de pratiquer les sacrifices, fit de l’inspection des entrailles des victimes un crime capital, et prohiba l’entrée des temples. Il institua des inquisiteurs de la Foi et ordonna que quiconque n’aurait pas une croyance conforme à celle de Damase, évêque de Rome, et de Pierre, évêque d’Alexandrie, soit envoyé en exil et privé de ses droits civils. Il condamna à mort ceux qui oseraient célébrer la Pâque le même jour que les Juifs. C’était aussi l’époque où on commençait à oublier le grec en Occident et la vraie science allait en s’éteignant Durant cette période un certain Théophile occupait le siège épiscopal d’Alexandrie. Un ancien temple d’Osiris ayant été donné aux chrétiens pour construire une église sur son emplacement, il arriva qu’en creusant les fondations du nouvel édifice, on découvrit quelques obscènes symboles de l’ancien culte.

Théophile, avec plus de zèle que de pudeur, les fit exposer, livrés à la dérision publique. Les païens, moins patients que ne l’avaient été les chrétiens quand on avait mis en scène au théâtre leurs disputes sur la Trinité, recoururent à la force et s’insurgèrent Ils établirent leur quartier général dans le Sérapion et suivirent désordre et effusion de sang.

Il est inutile de rappeler la venue de la mort sur la terre, les interventions des esprits, celles des anges et des démons, la Tour de Babel, la confusion des langues, la dispersion des hommes. Non plus que l’interprétation donnée aux phénomènes naturels, comme les éclipses. l’arc-en-ciel, etc.. Peut-être, peut-on citer quelques-unes des idées qu’on avait au sixième siècle, tirées de Cosmas indicopleustes. Il écrivit un ouvrage intitulé : « Topographie chrétienne », dans le but de réfuter l’opinion hérétique de la sphéricité de là terre et l’assertion païenne qu’il existe une zone tempérée au sud de la zone tropicale. Il affirme que d’après le véritable système orthodoxe de géographie, la terre est une surface plane et quadrangulaire s’étendant à quatre cents journées à l’Est, autant à l’Ouest, deux cents au Sud et deux cents au Nord. Qu’elle est entourée de montagnes sur lesquelles repose la voûte des cieux et qu’une de ces montagnes, située au Nord et plus haute que les autres, interceptant les rayons du soleil, cela cause l’obscurité de la nuit. Que le plan de la terre n’est pas parfaitement horizontal ; mais incline un peu du Nord au Sud, ce qui fait que l’Euphrate, le Tigre, et les autres fleuves qui coulent du septentrion au midi ont un cours rapide, tandis que le Nil, qui remonte vers le Nord, en a, nécessairement, un plus lent.

Etait-ce donc pour ces spéculations extravagantes, pour ce produit de l’ignorance et de l’audace, qu’il fallait abandonner les ouvrages des philosophes grecs ? Il était temps que les grands critiques de la Réforme, vinssent, en comparant les oeuvres des uns avec les divagations des autres, réduire celles-ci à leur juste valeur, et nous apprendre à les regarder toutes d’un oeil de mépris. La plus étrange partie de tout ce présomptueux système était encore sa logique et la nature de ses preuves. Celles-ci reposaient toujours sur le miracle. On supposait un fait prouvé par un fait extraordinaire, mais différent. Un écrivain arabe, parlant de cela, dit ; « Si quelqu’un m’affirme que trois sont plus que dix et ajoute ; en preuve de ceci, je vais changer ce bâton en serpent ; je peux admirer son adresse, mais je ne serai certainement pas convaincu. » Et cependant, pendant plus de mille ans, ce fut là, la logique courante, acceptée dans toute l’Europe. Des propositions absurdes étaient acceptées sur des preuves non moins absurdes. Du moment que le parti devenu dominant dans l’Empire ne pouvait pas produire des oeuvres dignes de rivaliser avec celles des païens, et du moment qu’il ne pouvait accepter une position d’infériorité, la persécution, l’extinction de la science profane devint une nécessité politique. C’est en vertu de cette nécessité que les Platoniciens furent poursuivis sous Valentinien, qu’on les accusa de magie et que beaucoup d’entre eux furent mis à mort.

La philosophie était devenue dangereuse. On en faisait un crime d’Etat ; à sa place, il se produisit une vraie fureur de merveilleux et de superstition. L’Egypte échangea les grands hommes qui avaient rendu son muséum immortel contre des troupes de moines solitaires et de vierges cloîtrées qui préparèrent et achevèrent sa ruine.

L’Eglise est donc devenue au fil des siècles une organisation reposant sur un dogme absurde, puéril et sans fondement, ainsi que sur des rites qui lui sont antérieurs, et qu’elle a singés.

Il est temps que celui qui incarne le successeur de Pierre redonne un élan de pureté, d’ouverture et de simplicité à cette institution.

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